Le président français, Emmanuel Macron, et la première ministre britannique, Theresa May, ont tenu un point de presse dans les jardins de l'Élysée, mardi.

Brexit, terrorisme, soccer pour Macron et May

Les négociations du Brexit commenceront comme prévu la semaine prochaine, a assuré mardi soir à Paris la première ministre Theresa May aux côtés du président Emmanuel Macron, qui a annoncé «un plan d'action» conjoint et «très concret» pour renforcer la lutte antiterroriste.
Ce dernier sujet était en toile de fond de la soirée des deux dirigeants, qui ont assisté à une rencontre de soccer amicale entre leurs équipes nationales, précédée par une minute de silence des quelque 80 000 spectateurs en hommage aux victimes des attentats de Londres et Manchester. 
À la mi-temps, les deux dirigeants ont également déposé une gerbe de fleurs devant la plaque apposée en mémoire de Manuel Dias, tué dans les attaques jihadistes perpétrées aux abords du Stade de France le 13 novembre 2015, avant de rencontrer sa famille.
Lors d'un point de presse dans les jardins de l'Élysée, un peu plus tôt dans la soirée, Mme May, très affaiblie depuis son échec aux législatives, avait assuré que le calendrier des négociations du Brexit était «maintenu» et qu'elles commenceraient «la semaine prochaine». M. Macron venait de redire son souhait que ces négociations «démarrent le plus rapidement possible».
Le président français, comme le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble l'avait fait déjà dans la journée, a lancé que «la porte (était) toujours ouverte» pour que le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne «tant que la négociation du Brexit n'est pas achevée».
May fragilisée 
Mais «une fois commencée, il est beaucoup plus difficile de revenir en arrière», a ajouté M. Macron, qui a affirmé «respecter la volonté du peuple britannique».
Mme May, en pleine tourmente après ses élections législatives ratées, aborde ces négociations en position de faiblesse. À l'opposé, le nouveau président français est susceptible de rafler une large majorité absolue dimanche, au deuxième tour des législatives en France.
Comme on lui demandait si son propre affaiblissement politique la ferait revenir sur l'hypothèse d'un «Brexit dur», Mme May a affirmé qu'il existait «une volonté commune au sein du peuple britannique», puisqu'il «a voté pour quitter l'UE», «que leur gouvernement le fasse, et en fasse un succès».
Ce processus mènera à «un arrangement, concernant le Brexit, qui servira les intérêts du Royaume-Uni et ceux des 27 membres de l'Union européenne», a-t-elle ajouté.
Évoquant la coopération antiterroriste, quelques jours après les attentats de Londres et de Manchester, M. Macron a affirmé avoir travaillé «depuis plusieurs jours» avec Mme May «sur un plan d'action très concret», visant notamment à «renforcer les obligations des opérateurs en ligne pour supprimer les contenus qui promeuvent la haine».
Le G7, réuni fin mai en Sicile, avait signé une déclaration commune sur le terrorisme dans laquelle il accentuait la pression sur les grands groupes internet pour qu'ils luttent davantage contre les contenus radicaux, à la demande de la Grande-Bretagne.
«Nous avons décidé ensemble d'aller plus loin», a souligné M. Macron. Mme May a rappelé «il y a quelques semaines que ce sont durant les deux premières heures» après un attentat «que 50 % des esprits qui peuvent être manipulés sont touchés», a-t-il expliqué, donc les opérateurs doivent «prendre des engagements pour agir dans les 48 heures».
Il faut que, «dans des conditions qui préservent la confidentialité, les messageries ne soient pas les outils des terroristes», a-t-il insisté.
Radicalisation sur internet 
«Nous lançons une campagne conjointe britannico-française pour faire en sorte qu'internet ne puisse pas servir de lieu sûr pour les criminels et les terroristes et d'endroit où afficher des matériels visant à la radicalisation qui mènent à tant de mal», a déclaré de son côté Mme May.
Un point «crucial» dans ce projet sera de réfléchir à la possibilité de poursuivre les opérateurs «s'ils ne font pas ce qu'il faut pour faire retirer ces contenus inacceptables».
M. Macron et Mme May ont ensuite assisté au Stade de France, près de Paris, à la rencontre amicale de football entre France et Angleterre.
Mais pas de quoi conforter Mme May : la France à battu l'Angleterre 3-2.
En début de match, alors que le protocole prévoit que le God Save the Queen soit entonné avant la Marseillaise, cet ordre a été inversé en hommage aux victimes des récents attentats en Grande-Bretagne.
En novembre 2015, quatre jours après les attentats de Paris et du stade de France, le match amical face à l'Angleterre avait été maintenu malgré l'émotion.
À Wembley, le public anglais avait rendu hommage aux victimes de Paris en chantant une Marseillaise.