Joe Biden a fait un bon débat, dimanche. Il a annoncé qu'il choisirait une femme pour briguer la vice-présidence.
Joe Biden a fait un bon débat, dimanche. Il a annoncé qu'il choisirait une femme pour briguer la vice-présidence.

Biden super-favori pour des primaires décisives, perturbées par le coronavirus

MIAMI - Des millions d'Américains sont appelés mardi aux urnes dans quatre États malgré l'épidémie de coronavirus qui bouleverse la campagne pour les primaires démocrates, dominées par Joe Biden, net favori qui pourrait encore creuser l'écart avec Bernie Sanders.

Rassemblements en ligne, débat sans public et des élections reportées : la pandémie, qui a fait plus de 70 morts aux États-Unis, affecte profondément la campagne des deux candidats à l'investiture démocrate pour défier le républicain Donald Trump en novembre.

Les scrutins prévus mardi dans quatre États —Arizona, Floride, Illinois et Ohio— sont maintenus avec des mesures de précaution renforcées dans les bureaux de vote qui ouvriront dès le petit matin.

Un juge a rejeté lundi soir la requête de dernière minute du gouverneur de l'Ohio qui voulait repousser le vote, mais un appel était encore possible, selon les médias locaux.

Donald Trump a lui jugé lundi «inutile» de reporter les primaires.

La Louisiane, la Géorgie et le Kentucky, qui devaient voter plus tard, ont reporté leurs primaires à mai et juin. D'autres pourraient rapidement suivre puisque les mesures de prévention se renforcent très vite à travers les États-Unis.

Alors qu'il a déjà décroché plus de délégués, clé de l'investiture démocrate, l'ancien vice-président Joe Biden enregistre quelque vingt points d'avance dans les sondages nationaux sur son rival bien plus à gauche, le sénateur indépendant Bernie Sanders.

Les scrutins de mardi pourraient donc permettre à l'ex-bras droit de Barack Obama d'obtenir un avantage décisif.

Mais l'impact du coronavirus sur cette campagne, qui a déjà enregistré de spectaculaires rebondissements, reste imprévisible.

Joe Biden peut compter sur le soutien du camp modéré, dont plusieurs ex-candidats à la présidentielle et d'influents élus. Comme le gouverneur de l'Illinois, JB Pritzker, qui a déclaré lundi voir en Joe Biden «le bon candidat pour battre Donald Trump», objectif numéro un des électeurs démocrates.

Célèbre pour ses gaffes, il aurait fallu que Joe Biden, 77 ans, s'effondre lors du onzième débat démocrate dimanche soir pour que Bernie Sanders, 78 ans, puisse vraiment espérer reprendre le dessus mardi.

Mais l'ancien vice-président a fait un bon débat. Et annoncé au passage, en premier, qu'il choisirait une femme pour briguer la vice-présidence. De quoi se rallier des soutiens chez ces démocrates déçus de voir une grille de départ qui affichait une diversité record réduite à deux hommes septuagénaires.

Neil Young en ligne

Après une série d'échecs, Bernie Sanders, socialiste autoproclamé, avait reconnu dès la semaine dernière qu'il n'était pas parvenu à convaincre de sa capacité d'empêcher le milliardaire républicain d'empocher un second mandat.

Très populaire chez les jeunes, le sénateur s'accroche toutefois à la course et a profité du débat pour interpeller Joe Biden sur certaines positions potentiellement embarrassantes de sa longue carrière en politique, avec plus de 35 ans passés au Sénat et huit à la vice-présidence.

Comme pour donner des gages à l'aile plus progressiste du parti, Joe Biden a de son côté annoncé dimanche qu'il adoptait deux propositions : l'une de Bernie Sanders sur l'allègement de la dette étudiante et l'autre de son ancienne rivale, la sénatrice Elizabeth Warren, pour protéger notamment les Américains des créanciers qui «abusent» du système.

Cela ne va pas assez loin, a répliqué Bernie Sanders. Mais le sénateur, qui peut se targuer d'avoir déjà ancré le parti plus à gauche, l'a encore promis : s'il perd les primaires, il soutiendra le candidat désigné pour défier Donald Trump.

Joe Biden, lui, a martelé l'argument qu'il oppose à son rival pour se présenter en candidat plus pragmatique :«Les gens veulent des résultats, pas une révolution».

Dans un pays de plus en plus au ralenti à cause du coronavirus, les rivaux font campagne en ligne, avec des styles bien à eux.

Lundi, Joe et sa femme Jill Biden ont parlé, par écrans interposés, avec des électeurs des quatre États qui voteront mardi. En Floride, notamment, les démocrates d'origine cubaine digèrent mal certains propos de Bernie Sanders jugés trop bienveillants à l'égard du régime castriste.

Soutenu par une ribambelle d'artistes à la mode, Bernie Sanders a lui organisé un rassemblement avec en tête d'affiche prestigieuse le musicien Neil Young et sa femme, l'actrice Daryl Hannah.