Le soleil se couche sur la Maison-Blanche pour la dernière nuit qu'y passera le président Barack Obama.

Barack Obama signe 330 commutations de peine avant son départ

Le président Barack Obama a commué jeudi les peines de réclusion de 330 personnes majoritairement condamnées dans des affaires de drogue, un nombre record annoncé à la veille de son départ de la Maison-Blanche.
M.Obama s'est dit « fier » d'avoir pris cette mesure parmi ses dernières actions en tant que président. « L'Amérique est une nation de secondes chances » a-t-il indiqué sur Twitter.
Chelsea Manning
Il s'agit de la deuxième décision de clémence prise par M. Obama en une semaine, après la commutation surprise mardi de la peine de prison de Chelsea Manning, la militaire transsexuelle condamnée pour avoir transmis plus de 700 000 documents confidentiels au site WikiLeaks.
Mme Manning, qui purgeait une peine jusqu'en 2045, sortira en fait de prison le 17 mai prochain.
Le président américain a également gracié mardi 64 personnes, dont un ex-général comptant parmi ses proches, et commué la peine de 208 prisonniers en plus de Chelsea Manning.
Ces nouvelles remises de peine annoncées jeudi viennent conforter le record de M. Obama qui, avec un total de 1715, a procédé à davantage de commutations présidentielles que l'ensemble de ses prédécesseurs à la Maison-Blanche.
Les prisonniers bénéficiaires de ces raccourcissements de détention sont censés ne plus présenter de dangerosité.
Pour la plupart, il s'agit de simples trafiquants de stupéfiants qui ont écopé de lourdes sentences, en vertu d'un système pénal très répressif aujourd'hui dénoncé comme excessif.
Barack Obama s'est déclaré en faveur d'alternatives pénales pour les petits délinquants, en constatant l'échec d'une politique judiciaire qui a longtemps fait de l'incarcération systématique l'alpha et l'oméga de la lutte contre la criminalité.
Les États-Unis ont actuellement plus de 2,2 millions de personnes derrière les barreaux, dont des légions de malades mentaux et de toxicomanes souvent issus des minorités défavorisées. Ce système engendre des taux de récidive dramatiques.
Ces dernières semaines les services du ministère de la Justice ont mis les bouchées doubles pour passer en revue toutes les demandes de clémence qui lui ont été adressées. Plus de 16 000 dossiers ont été traités depuis avril 2014, a précisé jeudi le ministère.