Ban Ki-moon estime que sa candidature a été lourdement endommagée par du «salissage politique» et les «fausses nouvelles».

Ban Ki-moon renonce à briguer la présidence de la Corée du Sud

L'ancien secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a révélé mercredi qu'il ne briguera finalement pas la présidence de la Corée du Sud. Son annonce étonnante laisse le chemin libre au libéral Moon Jae-in, qui jouissait déjà d'une avance confortable dans les sondages depuis la destitution de la présidente Park Geun-hye.
M. Ban était perçu comme le seul candidat conservateur ayant une chance de l'emporter.
M. Ban a déclaré, lors d'une conférence de presse organisée à la hâte, que son intention avait été d'utiliser l'expérience acquise pendant dix ans à la tête de l'ONU pour résoudre une crise nationale et unifier la Corée du Sud. Il estime toutefois que sa candidature a été lourdement endommagée par du «salissage politique» et les «fausses nouvelles» dont il a fait l'objet.
Allégations de corruption
Il n'a pas fourni plus de détails, mais la presse remettait de plus en plus en question sa compétence politique. M. Ban a aussi été éclaboussé par des allégations de corruption.
M. Ban a déclaré avoir été déçu par l'attitude «vieux jeu, étroite d'esprit et égoïste» de plusieurs politiciens, et en être venu à la conclusion qu'il serait futile d'essayer de collaborer avec eux.
M. Ban, dont le dernier mandat à la tête de l'ONU s'est conclu en décembre, était rentré en Corée du Sud le 12 janvier. La presse lui reprochait depuis le caractère vague de ses propositions de réformes, le manque de précision de son identité politique et son manque d'expérience.
Journalistes «salauds»
M. Ban avait traité les journalistes de «salauds» lors d'un échange musclé le 18 janvier. Il s'était ensuite excusé.
M. Ban a également dû se défendre d'allégations selon lesquelles il aurait accepté un pot-de-vin d'un homme d'affaires au coeur d'un scandale qui a mené au suicide de l'ancien président Roh Moo-huyn, en 2009. Deux membres de la famille de M. Ban ont aussi été accusés de corruption aux États-Unis.