L’Ukraine a déclaré samedi avoir reçu les excuses du président iranien Hassan Rohani pour l’écrasement de son avion de ligne abattu par erreur mercredi près de Téhéran.
L’Ukraine a déclaré samedi avoir reçu les excuses du président iranien Hassan Rohani pour l’écrasement de son avion de ligne abattu par erreur mercredi près de Téhéran.

Avion abattu: Rohani a appelé Zelensky pour présenter ses «excuses»

KIEV — L’Ukraine a déclaré samedi avoir reçu les excuses du président iranien Hassan Rohani pour l’écrasement de son avion de ligne abattu par erreur mercredi près de Téhéran avec 176 personnes à bord, et la promesse de punir les coupables.

Le président iranien a appelé son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour lui «présenter ses excuses» et lui promettre de «traduire en justice» les responsables de la catastrophe, selon la présidence ukrainienne.

«Nous nous sommes mis d’accord sur le fait que personne ne se tirera d’affaire. Tous les coupables seront punis», a ensuite déclaré M. Zelensky dans une adresse vidéo à la nation publiée sur Facebook. «Nous nous sommes mis d’accord sur une pleine coopération juridique (...) en matière de compensations», a-t-il assuré.

Après trois jours de dénégations, Téhéran a reconnu dans la matinée avoir abattu mercredi le Boeing 737 de la compagnie Ukraine Airlines International (UAI).

Cabine de pilotage touchée

Selon M. Zelensky, ce sont notamment des découvertes «convaincantes» des experts ukrainiens dépêchés à Téhéran pour élucider les circonstances de la catastrophe qui «ont empêché de cacher la vérité».

Ces spécialistes ont très vite «trouvé des preuves montrant qu’il s’agissait d’un missile» qui avait touché la cabine des pilotes, notamment des «trous» percés par ses éclats, a affirmé dans une interview à la BBC Oleksiï Danylov, secrétaire du Conseil de sécurité et de défense nationale ukrainien.

«Nous ne pouvions pas le dire publiquement aussitôt» par crainte que l’Iran ne renvoie les experts, a-t-il assuré. «Nous savons très probablement le nom de ce missile, quand et à qui le pouvoir iranien l’a acheté», a-t-il encore dit.

«Suffisamment de données»

Kiev a néanmoins souligné que Téhéran avait fait preuve d’ouverture après la catastrophe en donnant tout l’accès nécessaire aux experts ukrainiens.

«Nous avons suffisamment de données pour comprendre que l’enquête sera prompte et objective», avait indiqué la présidence ukrainienne, plusieurs heures avant l’entretien téléphonique avec M. Rohani.

Le vol PS752 reliant Téhéran à Kiev a été abattu peu après son décollage, dans un contexte de tensions militaires croissantes dans la région. Ce jour-là, l’Iran avait pris pour cible des bases hébergeant des soldats américains en Irak en représailles au raid ayant tué le général iranien Qassem Soleimani.

Les 176 personnes à bord ont été tuées, essentiellement des Irano-Canadiens, mais aussi des Afghans, des Britanniques et des Suédois ainsi que onze Ukrainiens dont neuf membres d’équipage.

Cette catastrophe, pour l’Ukraine, fait écho à celle du vol MH17 de Malaysia Airlines, qui s’était écrasé en 2014 dans la zone de conflit armé avec les séparatistes prorusses dans l’Est ukrainien, faisant 298 morts.

Selon les enquêteurs internationaux, cet avion avait été abattu par un missile BUK provenant de la 53e brigade antiaérienne russe, mais Moscou et les rebelles continuent de démentir toute responsabilité.

«L’Iran s’est avéré plus civilisé que la Russie [...] Téhéran a reconnu sa culpabilité en trois jours, tandis que la Russie continue de tenter de se tirer d’affaire», a jugé sur Facebook le député ukrainien pro-occidental Volodymyr Ariev.

La compagnie aérienne UAI a pour sa part reproché à Téhéran de ne pas avoir fermé l’aéroport de la capitale, à l’heure où l’Iran visait les troupes américaines en Irak.