Samedi, à Vienne, le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz (à droite) a confirmé que son parti formerait une coalition avec le parti d'extrême droite FPÖ, dont le chef, Heinz-Christian Strache (à gauche) deviendrait vice-chancelier du pays.

Autriche : un leader d’extrême droite devient vice-chancelier

PRAGUE - Des dirigeants de partis d’extrême droite européens, dont Marine Le Pen et Geert Wilders, réunis samedi à Prague, ont salué «l’évènement historique» en Autriche où le chef du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), Heinz-Christian Strache, s’apprêtait à enfiler l’habit de vice-chancelier.

Alliés au sein de l’«Europe des nations et des libertés», un groupe politique du parlement européen fondé il y a deux ans, ces leaders doivent travailler sur leur coopération, lors de cette conférence intitulée «Pour une Europe des nations souveraines».

«Il ne reste qu’à applaudir qu’une fois de plus en Autriche aujourd’hui [samedi], un parti membre de notre groupe au Parlement européen soit pris au sérieux au point d’avoir sa chance au sein du gouvernement», s’est réjoui devant les journalistes Geert Wilders, le chef du Parti néerlandais pour la Liberté.

La présidente du Front national français, Marine Le Pen, a quant à elle salué un «évènement véritablement historique».

Selon elle, «d’autres suivront, car, dans un certain nombre de pays, la résistance à l’Union européenne s’organise.

«Je pense que les élections européennes peuvent apporter un véritable bouleversement de la donne politique en Europe et même permettre à ceux qui s’opposent à l’Union européenne et qui sont des défenseurs de l’Europe des nations et des libertés d’être majoritaires dans le cadre de la future assemblée», a-t-elle estimé.

Avec trois ministères et l’arrivée au pouvoir de ses principaux dirigeants, le parti autrichien FPÖ est entré en force dans le gouvernement du conservateur Sebastian Kurz, décrochant notamment pour la première fois l’Intérieur et les Affaires étrangères.

Soutien à Poutine

Marine Le Pen, qui a perdu la finale de l’élection présidentielle française face à Emmanuel Macron en mai, a apporté aussi son soutien au président russe Vladimir Poutine, qui briguera un nouveau mandat en mars prochain.

«En ce qui concerne le Front national, bien sûr nous souhaitons la victoire de Vladimir Poutine. Car nous pensons que la France et la Russie doivent améliorer leurs relations diplomatiques», a déclaré Marine Le Pen.

«La Russie est un grand pays et il n’y a absolument aucune raison de la mettre au ban de la vie internationale», a-t-elle insisté. «Il n’y a donc absolument aucune raison  de traiter la Russie de manière hostile comme l’Union européenne le fait depuis déjà un certain nombre d’années.»

Fortes mesures de sécurité

L’accès des médias aux participants à la réunion a été limité à la seule conférence de presse. Selon les organisateurs, outre Mme Le Pen et Geert Wilders, devaient y être présents notamment des représentants de la Ligue du Nord italienne, du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) et de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

La police tchèque a renforcé ses mesures de sécurité, alors que quelques centaines de manifestants ont répondu à l’appel de groupements de gauche pour protester contre la xénophobie.

Réunis à Prague, en République tchèque, les leaders de l'extrême droite, notamment la Française Marine Le Pen et le Néerlandais Geert Wilders (à droite) ont salué la nomination de Heinz-Christian Strache.

La police veille particulièrement à la sécurité personnelle de Geert Wilders, confronté à des menaces de mort pour ses propos hostiles à l’islam.

La conférence se tient deux mois après que le parti d’extrême droite tchèque SPD (Liberté et Démocratie Directe) de l’homme d’affaires Tomio Okamura, né à Tokyo, a obtenu le soutien de 10 % des électeurs lors du scrutin législatif, grâce à son discours fermement anti-islam et anti-UE, dans un contexte de montée des mouvements d’extrême droite en Europe.

Soutenu ouvertement par Marine Le Pen, le SPD a gagné 22 sièges au parlement tchèque, qui compte 200 députés.

Tomio Okamura a bénéficié du soutien du président tchèque Milos Zeman, issu de la gauche et connu pour son discours pro-russe, pro-chinois et anti-musulman, qui a assisté à un congrès du SPD le week-end dernier.

Milos Zeman, qui a déjà comparé la crise migratoire à «une invasion organisée» et considère les musulmans comme des gens «impossibles à intégrer», est le grand favori de l’élection présidentielle en janvier 2018.

La République tchèque, qui s’oppose avec véhémence au système européen des quotas de relocalisation des migrants, a accueilli seulement 12 migrants sur son sol, dans le cadre de ce programme.