Devin Nunes

«Aucune preuve» de collusion entre la Russie et l'équipe Trump

Il n'y a aucune «preuve de collusion» entre l'entourage de Donald Trump et la Russie pour tenter d'influencer l'élection américaine en faveur de l'homme d'affaires, a affirmé dimanche Devin Nunes, le président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants américaine.
TM. Nunes a fait cette déclaration sur Fox News à la veille d'une importante audition, devant sa commission, du chef du FBI et du patron de l'agence de collecte de renseignement électronique pour tenter de faire la lumière sur les interférence russes dans l'élection présidentielle. Les services américains avaient affirmé en janvier que ces interférences avaient pour but de favoriser l'élection de M. Trump.
M. Nunes, un républicain, a également accusé certains membres de la communauté du renseignement et de la police fédérale de laisser fuiter des informations pour "nuire à l'administration Trump".
«Cela me semble très clair. C'est très clair que c'est ça qui se passe», a dit M. Nunes.
C'est grâce à des fuites de ces services dans la presse que l'on a su que le conseiller pour la sécurité nationale de Donald Trump Michael Flynn avait menti - y compris au vice-président - sur des conversations avec l'ambassadeur de Russie à Washington avant l'investiture.
M. Flynn a été forcé de démissionner dans la foulée après seulement une quinzaine de jours à la Maison Blanche. Un épisode très embarrassant pour le président, qui avait dénoncé violemment les fuites et sévèrement critiqué les services de renseignement.
Témoignage attendu
Tous les regards seront tournés lundi vers une audition du directeur du FBI James Comey, espérant des lumières sur les liens entre Donald Trump et la Russie ainsi que les accusations d'écoutes du président proférées contre son prédecesseur.
Jusqu'à présent, le principal dirigeant de la police fédérale américaine s'est refusé à commenter publiquement les deux sujets, suscitant l'ire de nombreux parlementaires, républicains notamment, qui dénoncent un refus de coopérer.
Après qu'ils lui aient soumis un ultimatum, menaçant de bloquer la nomination de l'adjoint du ministre de la Justice, Rod Rosenstein, James Comey s'est finalement rendu au Capitol mercredi pour une présentation au président de la commission de la Justice du Sénat américain, le républicain Chuck Grassley.
Mais rien n'a filtré de ce briefing à huis clos, qui a porté sur des «sujets sensibles et hautement classifiés», a indiqué, à l'issue de l'entrevue, la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, qui fait partie de la commission et était présente.
Lors de l'audition publique de lundi devant la commission sur le Renseignement de la Chambre des représentants, James Comey devrait ainsi indiquer, pour la première fois, si les relations entre l'équipe de Donald Trump et la Russie avant l'investiture de l'homme d'affaires font l'objet d'une véritable enquête du FBI.
La révélation de contacts entre le conseiller à la sécurité de Donald Trump, Michael Flynn, et l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis avant l'investiture, a poussé l'ancien général à la démission, mi-février.
Plusieurs médias américains ont avancé que d'autres proches de M. Trump, y compris son gendre et proche conseiller Jared Kushner, auraient rencontré Sergueï Kisliak à la Trump Tower à New York en décembre.
La Maison Blanche a nié de manière répétée toute collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie.
James Comey sera aussi interrogé sur l'état d'avancement d'une autre enquête, annoncée publiquement celle-là, concernant d'éventuelles interférences de la Russie dans le déroulement du scrutin présidentiel aux Etats-Unis.
Le renseignement américain a accusé publiquement Moscou d'avoir piraté les comptes de responsables du parti démocrate et suggéré que ces attaques avaient été menées pour favoriser l'élection de Donald Trump.
La Russie a réfuté en bloc ces accusations.
Des réponses sur les écoutes
James Comey devrait également être questionné au sujet de possibles investigations de ses services concernant les allégations du président Trump qui affirme avoir été mis sur écoute à la demande de Barack Obama.
Les président et vice-président de la commission sur le Renseignement du Sénat ont indiqué ne disposer d'aucune information validant ces accusations.
Leurs homologues de la Chambre des représentants ont eux aussi mis en doute les propos du président des Etats-Unis, tout comme le président de la Chambre, Paul Ryan.
Mais le président des Etats-Unis n'en démord pas et a encore fait référence à cette prétendue surveillance lors de sa conférence de presse conjointe avec Angela Merkel, vendredi.
Sur le ton de la plaisanterie, il a lancé à la chancelière allemande qu'«en matière de mise sur écoute par la précédente administration, au moins (ils avaient) quelque chose en commun... peut-être».
Donald Trump et son porte-parole, Sean Spicer, ont fait plusieurs fois référence à des propos tenus par un présentateur de la chaîne Fox News, Brett Baier, qui, comme d'autres médias conservateurs, appuie ses accusations sur un article publié par le site conservateur Heat Street début novembre.
L'article assure que l'administration Obama aurait demandé que des communications, notamment celles de Donald Trump et de certains de ses conseillers, soient interceptées par le renseignement américain.
Aucun média n'a pu confirmer ces allégations.
Vendredi, Sean Spicer a été plus loin sur ce chapitre, relayant les propos d'un ancien juge sur Fox News assurant que les écoutes avaient été menées, à la demande de l'administration Obama, par l'agence de surveillance britannique GCHQ.
Dans un entretien à la BBC publié samedi, le numéro deux de l'agence de renseignement américaine NSA, Rick Ledgett, a estimé que ces accusations étaient «complètement insensées».
Outre James Comey, le directeur de la NSA, Mike Rogers, sera également entendu lundi par la commission sur le Renseignement de la Chambre des représentants.