Des équipes de secours composées d'ouvriers de la compagnie de construction Julius Berger, la police, l'armée, les pompiers, l'association médicale du Nigeria étaient toujours sur place dimanche pour tenter de trouver des survivants sous les décombres.

Au moins 160 morts dans l'effondrement d'une église au Nigeria

Le toit d'une église bondée s'est effondré dans le sud du Nigeria, tuant au moins 160 personnes, et le bilan pourrait s'alourdir.
L'église située dans la ville d'Uyo était en construction. Des ouvriers se dépêchaient à finir les travaux à temps pour la cérémonie d'investiture du fondateur de la congrégation.
Des centaines de personnes se trouvaient à l'intérieur de l'immeuble lorsque des poutres de métal sont tombées sur elles. Le toit de fer s'est ensuite affaissé.
Une enquête tentera de déterminer si les normes de construction ont été respectées. Des effondrements de la sorte surviennent souvent au Nigeria en raison de la corruption endémique sévissant dans le pays.
Ukeme Eyibio, un analyste informatique qui effectuait un appel à l'extérieur de l'édifice, a été en mesure, avec trois autres personnes, de secourir 10 blessés tout juste devant l'église effondrée.
Ils ne se sont toutefois pas aventurés dans la structure principale, un travailleur de la construction les ayant prévenus des risques d'autres effondrements. Celui-ci a joint son patron de l'entreprise Julius Berger, qui envoyait de l'équipement pour aider à soulever les débris.
En attendant, M. Eyibio a tenté d'aider un homme dont les jambes étaient piégées sous une poutre d'acier. «Je me suis précipité à ma voiture, j'ai pris un cric et je l'ai utilisé pour soulever la poutre. Nous avons été en mesure de le retirer de là, mais nous avons vu des gens mourir tout autour», a-t-il confié.
Le porte-parole du gouverneur a indiqué qu'il y aurait enquête pour déterminer s'il y avait eu un non-respect des règles ou un geste de négligence pour expliquer le drame.
Selon une source proche de l'hôpital universitaire d'Uyo, où a eu lieu le drame, «plus de 200 victimes» ont été amenées sur place pour recevoir des soins.
«Tous nos médecins ont été appelés pour faire face à cette situation d'urgence», a déclaré le directeur médical de l'hôpital, le Pr Etete Peters, refusant toutefois de commenter ces chiffres.
Des équipes de secours composées d'ouvriers de la compagnie de construction Julius Berger, la police, l'armée, les pompiers, l'association médicale du Nigeria étaient toujours sur place dimanche pour tenter de trouver des survivants sous les décombres.
Appel au don du sang
Le président de l'Association médicale nigériane pour l'État d'Akwa Ibom a exprimé sa «sincère gratitude à tous ceux qui ont écouté notre appel à donner du sang».
«Davantage de sang est encore nécessaire. Le nombre de vies que votre litre de sang sauvera ne doit pas être sous-estimé», a prévenu dans un communiqué le Pr Aniekeme Aniefiok Uwah.
Le gouverneur de l'État, Emmanuel Udom, qui était également sur place et a réchappé à l'accident, a déclaré deux journées de deuil dans l'État. Il tiendra une cérémonie d'hommage aux victimes lundi après-midi.
Dans un communiqué, le gouverneur a appelé au calme et à prier pour les blessés.
Dès samedi soir, le président nigérian Muhammadu Buhari a exprimé ses condoléances «au nom de sa famille et de la nation tout entière pour les nombreux morts et blessés dénombrés à la suite de cet accident tragique», a annoncé le porte-parole de la présidence Garba Shehu, dans un communiqué.
En septembre 2014, 116 personnes, dont 84 Sud-Africains, avaient trouvé la mort à Lagos dans l'effondrement d'une église appartenant au célèbre télévangéliste nigérian TB Joshua.
La catastrophe avait été attribuée à des défaillances structurelles de l'édifice, qui n'avait pas reçu de permis de construire pour l'ajout d'étages à la structure d'origine, mais le pasteur n'a pour l'instant toujours pas été inquiété et a refusé de coopérer avec la justice.
Le Nigeria, classé comme deuxième pays le plus religieux au monde par l'Institut de Sondage Gallup International, est divisé entre le nord, musulman, et le sud chrétien, à grande majorité évangélique.  Avec AFP