«C'est une réflexion qu'on a menée depuis quelques temps déjà, notamment après le Brexit et l'élection de Donald Trump» aux États-Unis, a expliqué à l'AFP, le directeur des rédactions du Parisien/Aujourd'hui en France Stéphane Albouy.

Après Trump, un quotidien français renonce à publier des sondages

À quatre mois de la présidentielle française, l'un des principaux quotidiens du pays, Le Parisien, a annoncé mardi qu'il ne publierait plus de sondages, très critiqués pour avoir échoué à prédire les récents bouleversements politiques.
«C'est une réflexion qu'on a menée depuis quelques temps déjà, notamment après le Brexit et l'élection de Donald Trump» aux États-Unis, a expliqué à l'AFP, le directeur des rédactions du Parisien/Aujourd'hui en France Stéphane Albouy.
«On peut entendre les critiques qui nous sont faites, à nous, médias, d'être coupés d'une forme de réalité. Nous allons privilégier le terrain», a-t-il dit.
Diffusé à plus de 340 000 exemplaires, le journal ne commande plus de sondages depuis plusieurs semaines déjà et entend continuer cette "pause" pendant la campagne présidentielle, a-t-il ajouté.
Il ne s'interdit pas toutefois de commenter les sondages commandés par d'autres médias.
«Ce n'est pas une question de défiance envers les sondeurs mais une façon de travailler différemment que nous voulons tester pour la suite de la campagne», a assuré Stéphane Albouy.
Les sondeurs s'étaient retrouvés sous le feu des critiques après la victoire surprise fin juin 2016 des partisans d'une sortie du Royaume-uni de l'Union européenne. Et la polémique sur la pertinence des enquêtes d'opinion a été relancée par l'élection en novembre du populiste américain Donald Trump que quasiment tous les experts prédisaient battu.
Les électeurs français voteront fin avril et début mai pour élire leur président, avant des élections législatives en juin.
Le candidat de droite François Fillon est actuellement le favori des sondages, mais il est talonné par la patronne du parti d'extrême droite Front national Marine Le Pen. La gauche part éparpillée, avec plusieurs candidats déjà officiellement sur les rangs avant même l'organisation fin janvier de la primaire du parti socialiste.