En France, à partir du 11 mai, le masque sera de rigueur dans les transports et conseillé pour faire ses courses.
En France, à partir du 11 mai, le masque sera de rigueur dans les transports et conseillé pour faire ses courses.

Après la planète confinée, le temps du monde masqué

Florence de Marignan
Agence France-Presse
PARIS — Il avait été qualifié d’inutile, il semble désormais indispensable : le port du masque pour contrer le nouveau coronavirus se généralise presque partout dans le monde à mesure que s’organisent les premiers déconfinements.

Obligatoire, recommandé ou facultatif : voici un panorama mondial des consignes données par les autorités, réalisé grâce au réseau des bureaux de l’AFP.

Obligatoire dans tout le pays

Plus de 50 pays exigent désormais que leurs habitants se couvrent le visage quand ils sortent de chez eux, notamment dans les transports et les commerces.

En Afrique, le Cameroun a imposé le port d’un masque dès le 9 avril, suivi par le Gabon, la Guinée, le Rwanda, la Guinée équatoriale, la Zambie, l’Éthiopie, le Liberia, la Sierra Leone, le Kenya, le Burkina Faso, l’Angola ou encore le Bénin. D’autres comme l’Afrique du Sud ou le Nigeria les rejoindront début mai.

Par scepticisme, pénurie ou manque de moyens dans ces pays souvent pauvres, la règle est loin d’être toujours respectée. Le Tchad, qui avait décrété le masque obligatoire, est revenu sur sa décision faute de matériel disponible. Mais les contrevenants risquent parfois l’arrestation, comme au Liberia ou en Guinée.

En Amérique Latine, se masquer nez et bouche est obligatoire dans les lieux publics en Colombie, Équateur, Venezuela, au Salvador et à Cuba. En Argentine, au Chili ou en Uruguay, la règle ne concerne que les transports ou les magasins. Le masque deviendra obligatoire au Honduras à partir du 3 mai.

En Europe, l’utilisation de masques est imposée dans l’espace public en Bulgarie, Géorgie, Luxembourg, Pologne, République Tchèque, Ukraine. Mais elle est limitée aux lieux publics fermés, aux transports ou aux commerces en Autriche, Slovénie, Roumanie ou en Lituanie.

En France, à partir du 11 mai, le masque sera de rigueur dans les transports et conseillé pour faire ses courses. En Allemagne, où il était déjà obligatoire dans une majorité de régions, l’usage de masques — ou foulards — a été étendu à l’ensemble des transports publics et magasins.

Au Moyen-Orient, Israël, Liban, Bahrein, Émirats arabes unis ont opté pour cette mesure stricte dans l’espace public, le Qatar la limitant au travail et à certains commerces, ainsi que la Turquie.

Obligation variable

Au Pakistan, plusieurs agglomérations ou provinces ont rendu le masque obligatoire, bien que le gouvernement fédéral le recommande seulement. Mais beaucoup les réutilisent ou emploient des masques non appropriés.

Pas de consigne générale en Chine, mais se couvrir la bouche et le nez est exigé dans certaines circonstances, notamment dans les lieux publics bondés.

L’Indonésie conseille fortement à ses citoyens de porter des masques à l’extérieur, mais ce n’est obligatoire que dans certaines régions. Mêmes dispositions en Inde, au Brésil ou au Mexique. En Russie, l’usage du masque est recommandé à l’échelle nationale et obligatoire dans certaines régions, mais pas à Moscou.

En Italie, seule la Lombardie, région la plus touchée, impose de se couvrir le nez et la bouche à l’extérieur. Ailleurs, c’est facultatif, sauf pour certaines catégories de personnes.

De nombreuses métropoles comme Delhi, Manille, Lagos, Kinshasa, New York ou Bombay, mais aussi Niamey ou Abidjan, exigent une protection.

Recommandé

Le masque est conseillé en Tanzanie, au Bangladesh, en Tunisie, en Centrafrique, aux Maldives, en Jordanie, en Bolivie ou encore au Mali.

En Europe, certains pays ont également opté pour la recommandation, comme l’Estonie ou la Grèce.

En Espagne, le port du masque est recommandé quand il n’est pas possible de respecter les distances de sécurité au travail, dans les magasins, les espaces fermés ou la rue. Dix millions de masques ont été distribués dans les transports publics le 13 avril, jour du retour au travail de nombreux salariés.

En Asie centrale, le port du masque est le plus souvent recommandé mais sans obligation, à l’exception de l’Ouzbékistan.

Spontané

Dans de nombreux pays d’Asie, l’usage des masques — lors de la grippe hivernale ou du rhume des foins au printemps — est depuis longtemps entré dans les moeurs. Son recours face à la COVID-19 a donc été spontané.

C’est le cas en Corée du Sud ou au Japon, où ils sont toutefois devenus quasiment introuvables du fait de la forte demande.

En Afghanistan, où le masque est recommandé, il est beaucoup porté dans les villes, y compris dans les mosquées. Il était déjà souvent utilisé pour se protéger de la pollution ou par les femmes pour masquer leur visage.

Facultatif

Une trentaine de pays (Canada, Arabie saoudite, États scandinaves, Australie ou Nouvelle-Zélande notamment) laissent toute latitude à leurs habitants.

Des pays africains (Malawi, Botswana, Comores, Lesotho, Namibie, Burundi, Somalie, Soudan du Sud, Djibouti, Érythrée, Ouganda) ou européens (Pays-Bas, Royaume-Uni) n’ont également émis aucune consigne.

En Irlande, le gouvernement estime que le masque n’apporte probablement rien, sauf si l’on est malade. Avec les bureaux de l’AFP