Des volontaires recherchent des enfants et des enseignants possiblement coincés dans l'école Enrique Rebsamen, qui s'est partiellement effondrée sous la force du séisme d'une magnitude 7,1.

Angoisse totale dans les décombres de Mexico

Adriana se mord les lèvres avec angoisse : sa fille de sept ans est ensevelie sous les décombres de son école à Mexico, partiellement écroulée sous l'effet du terrible séisme qui vient de secouer le Mexique.
Au moins 21 élèves âgés de 7 à 13 ans ainsi que cinq adultes sont morts et trente enfants restent disparus dans les ruines de l'école primaire et secondaire Enrique Rebsamen, dans le sud de la capitale mexicaine. Onze enfants et au moins une institutrice ont été retrouvés vivants dans les ruines.
«Aucun être humain ne peut imaginer ma douleur», confie mercredi matin à l'AFP Adriana Fargo dans un abri improvisé, tout en espérant obtenir des nouvelles de sa fille.
Assise sur une chaise, les poings serrés et les yeux rivés au sol, cette maman ne parvient même pas à prononcer le prénom de sa fille. Quand on le lui demande, elle serre les lèvres pour contenir ses sanglots.
Son mari, lui, travaille aux côtés de centaines de soldats, pompiers et sauveteurs qui, dans le jour naissant, dégagent prudemment les décombres à la recherche du moindre signe de vie.
Avec des pelles et des pioches, mais aussi à mains nues, ces hommes ne ménagent pas leur peine, après de longues heures sans dormir et presque sans manger.
«Silence, s'il vous plaît! Ne marchez pas, ne respirez pas, nous essayons d'écouter les voix» d'enfants ensevelis, lance un policier à la cantonnade.
Une équipe de volontaires, équipés de lampes frontales, transporte de grosses poutres de bois pour soutenir des plafonds qui menacent de s'effondrer. La zone est bouclée par l'armée.
Le tremblement de terre, de magnitude 7,1, s'est produit mardi à 13h14 (heure locale) et a fait au moins 217 morts. Il est survenu 32 ans jour pour jour après le grand tremblement de terre de 1985 qui avait fait plus de 10 000 morts (30 000, selon certaines estimations) et reste un traumatisme national au Mexique.
Cette nouvelle tragédie frappe un pays encore sous le coup d'un autre séisme, de magnitude 8,2 - le plus puissant en un siècle au Mexique -, qui a fait 100 morts et plus de 200 blessés le 7 septembre dans le sud du pays. Après ce séisme, les autorités ont assuré avoir inspecté toutes les écoles du pays pour en vérifier la structure.
Aux côtés d'Adriana Fargo, d'autres mères enveloppées dans des couvertures attendent anxieusement des nouvelles de leurs enfants disparus dans l'école Enrique Rebsamen, un bâtiment de trois étages réduits à un seul. Certaines font des crises de nerfs, aucune n'est vraiment capable de parler.
Selon une institutrice de l'école, Maria del Pilar Marti, les enfants ne sont pas parvenus à sortir après le séisme. «Nous nous étions réfugiés dans nos salles pour attendre la fin du tremblement de terre [...]. Une partie du bâtiment s'est effondrée et un nuage de poussière est venu sur nous», a-t-elle dit à la chaîne Televisa, la bouche et le nez protégés par un masque.
L'un des sauveteurs confie à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, qu'«apparemment il y a neuf autres corps localisés» et qu'il pourrait y avoir «une vingtaine d'enfants et une institutrice sains et saufs dans une salle».
Chaîne humaine
Des civils volontaires forment une chaîne humaine pour faire passer aux secouristes des paniers remplis de bouteilles d'eau, qui reviennent remplis de gravats.
Devant l'école, deux personnes assises à une table avec un ordinateur tiennent une liste des enfants décédés, retrouvés vivants ou disparus.