La chancelière allemande Angela Merkel a été réélue mardi à la tête de son parti.

Angela Merkel reconduite à la tête de son parti

La chancelière allemande Angela Merkel a été réélue mardi à la tête de son parti conservateur, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), et mènera donc la campagne électorale des législatives en vue de conserver la chancellerie en 2017.
Mais en obtenant 89,5 % des voix, son deuxième plus mauvais résultat en 16 ans à la tête de la CDU, elle perd 7 points par rapport à sa réélection il y a deux ans à la présidence du parti, sur fond de critiques en raison de sa politique d'accueil des migrants de 2015.
Il s'agit aussi de son plus mauvais score depuis qu'elle a accédé à la chancellerie il y a onze ans et son deuxième plus mauvais score de présidente du parti.
Mme Merkel n'a pas commenté le résultat du vote du millier de délégués réunis en congrès à Essen (ouest). «Merci pour la confiance», a-t-elle seulement dit.
La chancelière, qui a annoncé fin novembre être candidate à un quatrième mandat à la tête du gouvernement allemand, a été très critiquée en 2015 et 2016 jusque dans ses propres rangs pour sa décision d'ouvrir l'Allemagne à quelque 900 000 demandeurs d'aile. Une décision qui a pris à rebrousse-poil son parti et son électorat traditionnel.
Cet afflux inédit a vu la CDU perdre des sympathisants au profit de la droite populiste notamment et la chancelière sa cote de popularité chanceler. Elle a toutefois récemment regagné une partie du terrain perdu.
Discours ferme sur l'immigration
Pour tenter de rassurer la base de son parti, Angela Merkel a d'ailleurs tenu un discours ferme sur l'immigration mardi à la mi-journée devant les délégués de la CDU, insistant sur les valeurs de l'Allemagne, le refus de la charia et prônant une interdiction du voile intégral dans l'administration, les écoles, les universités ou devant les tribunaux.
Cela n'a pas empêché des voix critiques de s'exprimer lors du congrès. «Vous avez modifié le cap de la CDU vers la gauche», a déploré à la tribune un délégué, Eugen Abler, mais «à gauche nous ne gagnons que peu d'électeurs alors que nous en perdons beaucoup à droite».