Roger Stone a été reconnu coupable d’avoir exercé des pressions sur des témoins et menti au Congrès sur ses contacts avec l’organisation WikiLeaks, au sujet de courriels démocrates piratés lors de la campagne présidentielle de 2016.
Roger Stone a été reconnu coupable d’avoir exercé des pressions sur des témoins et menti au Congrès sur ses contacts avec l’organisation WikiLeaks, au sujet de courriels démocrates piratés lors de la campagne présidentielle de 2016.

Ami de Trump à l’ombre 40 mois

WASHINGTON — Roger Stone, l’ancien conseiller ami de Donald Trump dont le procès a déclenché une polémique à Washington en raison des interventions du président américain dans le dossier, a finalement été condamné jeudi à 3 ans et 4 mois de prison.

Le ministère de la Justice, en se défendant d’agir sur instruction de la Maison-Blanche, avait déjugé ses procureurs qui avaient initialement requis entre 7 et 9 ans contre

M. Stone, reconnu coupable en novembre d’avoir menti au Congrès.

Ses recommandations d’une sentence comprise entre 3 et 4 ans ont bien été suivies par la juge fédérale Amy Jackson, qui a condamné l’accusé à 40 mois de prison.

«Il n’a pas été poursuivi, comme certains l’ont dénoncé, pour avoir défendu le président. Il a été poursuivi pour avoir couvert le président», a-t-elle déclaré après le prononcé de peine, se félicitant que «la vérité existe et importe toujours».

Le président Donald Trump a assuré jeudi que son ami avait «de bonnes chances d’être innocenté», sans confirmer qu’il utiliserait son droit de grâce pour réhabiliter son ancien conseiller.

La semaine dernière, les procureurs fédéraux qui instruisaient l’affaire avaient requis entre 7 et 9 ans de prison contre M. Stone.

Mais Donald Trump avait dans la foulée dénoncé une «erreur judiciaire» et laissé planer le doute quant à une amnistie présidentielle pour ce consultant de 67 ans, connu pour son style flamboyant et son tatouage de Richard Nixon dans le dos.

Le lendemain, le ministère de la Justice avait à son tour jugé la recommandation «excessive» et suggéré une sentence comprise entre 3 et 4 ans de détention. Désavoués par leur hiérarchie, les quatre procureurs fédéraux s’étaient retirés de l’affaire.

La réaction du président n’avait pas tardé : «Félicitations au ministre de la Justice Bill Barr pour avoir pris en charge un dossier totalement hors de contrôle!»

L’Attorney général des États-Unis a eu beau assurer que les commentaires présidentiels n’avaient eu aucun impact sur la décision de ses services, il s’est retrouvé sous le feu des critiques.

Outre l’opposition démocrate, plus de 2200 anciens fonctionnaires du ministère de la Justice l’ont appelé à démissionner, l’accusant dans une lettre ouverte d’avoir accordé un «traitement de faveur» à Roger Stone et d’être «aux ordres du président».

Jeudi, la juge Amy Jackson, sur laquelle Donald Trump avait mis la pression sur Twitter, a fait référence aux «commentaires étrangers» dans ce dossier et aux «actions sans précédent du ministère de la Justice de la semaine passée».

Mais elle a reconnu que la recommandation de peine initiale était trop lourde, même si elle a salué le travail des quatre procureurs.

«Je doute sincèrement que je me serais prononcée» pour une sentence entre 7 et 9 ans, a-t-elle expliqué, ajoutant qu’elle avait pris en compte l’âge de M. Stone pour prononcer sa peine.

Expert des «coups fourrés»

Roger Stone, expert autoproclamé des «coups fourrés», a été reconnu coupable d’avoir exercé des pressions sur des témoins et menti au Congrès sur ses contacts avec l’organisation WikiLeaks, au sujet de courriels démocrates piratés lors de la campagne présidentielle de 2016.

Clamant son innocence, il soutient que des membres du jury étaient «partiaux». Il n’a pas été immédiatement incarcéré jeudi au prononcé de sa peine à Washington.

Durant son procès, il s’était notamment fait remarquer en postant sur Instagram une photo de la juge Amy Jackson à côté d’un viseur d’arme à feu. Elle lui avait interdit de commenter son dossier publiquement.