Le dessin animé avait été diffusé dimanche au cours d’une émission hebdomadaire commentant l’actualité sur un ton léger.  
Le dessin animé avait été diffusé dimanche au cours d’une émission hebdomadaire commentant l’actualité sur un ton léger.  

Accusée de racisme, la chaîne NHK retire un dessin animé sur les manifestations américaines

Agence France-Presse
TOKYO - La chaîne de télévision publique japonaise NHK a présenté des excuses et retiré de son site un dessin animé destiné à expliquer le mouvement Black Lives Matter, mais qui s’est attiré un flot de plaintes pour racisme, y compris de la part de l’ambassade des États-Unis et de la vedette du tennis Naomi Osaka.

Dans un communiqué, le groupe audiovisuel a reconnu que le film manquait de «considération» et a présenté ses excuses «à ceux qui ont été offensés».

«Le dessin animé a été réalisé pour expliquer d’une manière simple à comprendre les difficultés des Afro-américains aux États-Unis. Cependant, nous avons décidé de supprimer cette animation après avoir entendu les critiques sur son manque d’exactitude par rapport à la réalité du problème», explique la chaîne.

Le petit film avait été diffusé dimanche au cours d’une émission hebdomadaire commentant l’actualité sur un ton léger. Il expliquait que la pandémie en cours, et les destructions d’emplois engendrées dont un grand nombre d’entre eux ont été victimes, avaient nourri la colère des Afro-américains, mais il passait sous silence la mort de George Floyd ou le débat sur le racisme et les violences policières.

Le court métrage, d’une minute 20 secondes, mettait en scène des personnages noirs manifestant avec colère dans les rues contre les inégalités dans le pays ou dévalisant des magasins.

Le film a rapidement provoqué une vague de condamnations sur les réseaux sociaux nippons, sous le mot-dièse  #JemanifestecontreNHK en japonais, accusant le contenu d’être raciste et inexact.

«Il est regrettable qu’il n’y ait pas eu plus de soin et de réflexion dans la réalisation de cette vidéo», a estimé sur Twitter un responsable de l’ambassade des États-Unis à Tokyo, Joseph M. Young, «les caricatures sont dégradantes et insensibles».

L’ex-numéro 1 mondiale de tennis Naomi Osaka a tweeté un GIF pour exprimer son incompréhension dans cette image animée.

Les critiques ont également ciblé la manière dont le compte Twitter officiel du programme tentait de décrire les manifestations qui secouent les États-Unis.

L’un des tweets sur ce compte expliquait notamment que «la société américaine est profondément divisée en deux camps aux opinions divergentes qui s’insultent l’un l’autre».

Le mouvement Black Lives Matter a trouvé un écho au Japon où plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues de Tokyo et Osaka le week-end dernier en soutien aux manifestants américains.