D’abord l’eau est devenue sale, puis elle a été polluée par un détergent : les habitants de Rio de Janeiro voient depuis plusieurs semaines couler de leurs robinets une eau qu’ils n’ont plus envie de boire.
D’abord l’eau est devenue sale, puis elle a été polluée par un détergent : les habitants de Rio de Janeiro voient depuis plusieurs semaines couler de leurs robinets une eau qu’ils n’ont plus envie de boire.

À Rio, une eau souillée coule des robinets

RIO DE JANEIRO — D’abord l’eau est devenue sale, puis elle a été polluée par un détergent : les habitants de Rio de Janeiro voient depuis plusieurs semaines couler de leurs robinets une eau qu’ils n’ont plus envie de boire, dernier scandale environnemental au Brésil.

Tout a débuté début janvier, quand les habitants de nombreux quartiers ont commencé à se plaindre d’une eau brunâtre et dégageant une forte odeur de terre.

Ourlée de plages d’une beauté à couper le souffle, la «Ville merveilleuse» est également connue pour ses atteintes à l’environnement et sa gestion déficiente de l’eau pour les 12 millions d’habitants du grand Rio.

La compagnie publique des eaux, la Cedae, a d’abord expliqué que le problème n’était dû qu’à la présence d’un composé organique inoffensif, la géosmine.

La Cedae a limogé le patron de l’usine de Guandu — la principale station de traitement des eaux de la métropole —, utilisé du charbon pour éliminer la géosmine et assuré à la population que l’eau était tout à fait potable.

Mais lundi, la compagnie a dû faire une annonce embarrassante : des niveaux élevés de détergent provenant d’une source inconnue ont été détectés à l’usine de Guandu, que les autorités ont dû mettre à l’arrêt.

Cette usine approvisionne neuf millions de personnes. C’est donc une grande partie de la métropole qui a été privée d’eau pendant les 13 heures de fermeture de Guandu — avec les températures élevées de l’été austral.

Alors que la panique gagnait de nombreux habitants, des supermarchés se sont trouvés en rupture de stock d’eau minérale.

Les problèmes d’eau ont poussé les autorités à retarder la rentrée scolaire d’une journée, à ce jeudi, dans plus de 1500 écoles publiques. Des inquiétudes s’élèvent aussi concernant le carnaval, fête populaire qui va drainer deux millions de touristes à la fin du mois.

«Si nous ne réglons pas ce problème vite, on pourrait avoir une pénurie d’eau en bouteille pour le carnaval», s’inquiète Leonardo Do Santos, un employé de banque qui fait le plein d’eau minérale dans le centre de Rio.