Le «Village du père Noël» de Rovaniemi, en Finlande, fait le bonheur des touristes des quatre coins du globe.

À la rencontre du «vrai» père Noël

ROVANIEMI — Les visiteurs admirent les mécanismes du balancier qui permettent au légendaire vieillard de ralentir la vitesse de rotation de la Terre afin de distribuer ses cadeaux en une nuit sur tous les continents.

En attendant le 25 décembre, jour de la fête chrétienne de Noël, ce sont les touristes qui garnissent généreusement sa hotte en écumant les boutiques où peluches et souvenirs du Grand Nord se paient au prix fort.

Car le père Noël reçoit à tour de bras en son royaume, sur le cercle arctique, avant sa tournée planétaire qui le mènera des vallons boisés de Finlande aux gratte-ciel de New York et aux «estancias» de Patagonie.

Venus d’Europe, de Russie, d’Amérique et d’Asie, ils attendent patiemment, bonnets en main, la brève audience que leur accordera «Joulupukki», son nom en finnois, et le rituel de la photo auquel il consent volontiers... contre monnaie sonnante et trébuchante.

«Nous avons vu d’autres pères Noël, mais ce n’était pas le vrai. Mais là, on nous a dit que ça, c’était le vrai père Noël», se réjouit Mary Gleadall, jeune Anglaise de huit ans, venue de Southampton avec parents, frère et soeur.

Les contes l’affirment : depuis toujours, il vit dans un endroit secret au milieu des sapins enneigés. Oui, mais où? Pôle Nord, Alaska, Suède, Finlande? Les versions divergent.

Rovaniemi, «capitale» de la Laponie finlandaise, entend mettre tout le monde d’accord puisqu’elle s’est proclamée ville officielle du père Noël depuis 2010.

À quelques kilomètres de là, au «Village du père Noël» planté en face d’une énorme station-service, les gens se pressent de franchir le cercle polaire — matérialisé par un câble — pour pouvoir le rencontrer dans son bureau en bois au toit pointu.

Pas question en revanche de se rendre dans son chalet, la mère Noël veille à préserver leur intimité.

Des touristes exaltés

Dans une vaste pièce, le débonnaire barbu est bien là, assis sur un imposant fauteuil à côté d’un coffre rempli de lettres. Chaque année, il reçoit plus de 300 000 visiteurs. Une mission qu’il embrasse avec bonhommie.

«Je suis très heureux. Je ne suis pas épuisé, mais bien sûr, je me fatigue de temps en temps», confie-t-il dans la langue de Charles Dickens. La parade? «15 minutes de sommeil et puis tout va très bien!»

À la vue du bonnet rouge et de la longue barbe blanche qui repose sur un ventre rebondi, Shizuka Kawahara et Saki Itoi, trentenaires japonaises, exultent. Elles ont fait plus de 24 heures de vol depuis Kyoto pour l’enlacer quelques secondes, un moment précieux immortalisé en numérique par un lutin.

Premier prix pour un cliché :
50 $. Interdiction bien sûr de sortir son propre appareil, cela nuirait à la magie du moment, affirme le personnel de la maison.

Harry, quatre ans, s’approche sans crainte du géant paterne. Rapidement, il décline sa liste — des robots Transformers et encore des Transformers — avant de lui serrer vigoureusement la main, un brin sceptique.

«Mais si ce n’était pas le vrai père Noël?», s’inquiète-t-il. Sa mère s’empresse de le convaincre, soucieuse de justifier le déplacement.

Un tour à la boutique où peluches de rennes et de chiens husky disputent la vedette aux écussons en bois «faits à la main en Laponie» et revoilà la famille Gleadall sur la place du village entre les chalets et les boutiques de souvenir, bercée par les chants de Noël qui s’échappent des haut-parleurs.

Safari polaire

À un jet de pomme de pin, les rennes du père Noël attendent paisiblement les touristes désireux de s’élancer sur la neige.

Un «safari» de 400 mètres coûte 25 $ par enfant et 18 par adulte, une expérience exotique pour nombre d’étrangers qui découvrent les paysages arctiques imprégnés de lumière rosée.

«Tout ce qu’on m’a raconté pendant mon enfance est devenu réalité», s’émerveille Perpetua, venue de Dubaï. Les -13°C ne découragent pas les valeureux pèlerins emmitouflés dans leurs combinaisons de ski.

«C’est vrai qu’il fait plutôt froid, mais on le savait puisqu’on est très près du Pôle Nord», constate Max, un touriste italien. Et surtout, «tout semble magique : les lumières, l’endroit».

En échange universitaire dans le sud de la Finlande, Miriana, une Italienne de 24 ans, est plus réservée. «C’est vraiment joli. Mais quand même, c’est très commercial», déplore-t-elle.