Il reste encore du chemin à faire avant de crier haut et fort que la cathédrale de Notre-Dame est sauvée.

2020, année de consolidation et des choix pour Notre-Dame de Paris

PARIS — Il est trop tôt pour dire si Notre-Dame de Paris est sauvée et aucun choix n’a encore été arrêté pour la reconstruction de la charpente et de la flèche, a indiqué dimanche le général Jean-Louis Georgelin, chargé de piloter la restauration de la cathédrale ravagée par le feu en avril.

Neuf mois après l’incendie qui a ravagé sa toiture, fait tomber sa flèche et ému à travers le monde, «Notre-Dame n’est pas sauvée», «elle est toujours en état de péril», a rappelé dimanche cet officier, Jean-Louis Georgelin, sur les médias CNEWS/Europe 1/Les Echos.

Ce militaire mandaté par Emmanuel Macron a promis un Te Deum à Notre-Dame le 16 avril 2024. En conformité avec l’engagement du président de parvenir à sa restauration en cinq ans, un délai jugé serré par certains et qui sera ponctué de nombreuses étapes, en vue de la sécurisation puis de la reconstruction à proprement parler de l’édifice.

«Ce sur quoi nous ne pouvons pas nous prononcer, c’est l’état de la voûte, il faut aller l’inspecter», a expliqué Jean-Louis Georgelin, à la tête de l’établissement public mis en place début décembre pour gérer la consolidation et la remise en état de ce chef-d’oeuvre de l’art gothique construit du XIIe au XIVe siècles.

«Aujourd’hui, vous ne me ferez pas dire +la voûte est sauvée+», a insisté le général, tout en se montrant positif : «Tous les signaux que nous avons» vont dans un sens qui est «rassurant».

«Tous les trésors de la cathédrale ont été sauvés», a-t-il noté, parlant des vitraux, des rosaces ou encore du grand orgue, «à la pollution au plomb près».

La prochaine opération de sécurisation, très complexe, est le démontage de l’échafaudage installé autour de Notre-Dame avant l’incendie du 15 avril et «soudé» par le sinistre, qui menace le bâtiment.

Un diagnostic complet permettra ensuite aux architectes de préconiser la manière de restaurer la cathédrale. Une fois conclus les appels d’offres se profilera le début de la reconstruction proprement dite en 2021.

«Nous ferons tout pour que cette cathédrale rouvre, soit rendue au culte et je n’ai aucun doute là-dessus», ni sur «le délai affiché» par le président français, a assuré Jean-Louis Georgelin.

Charpente en bois? 

Au plan patrimonial et architectural, le débat reste ouvert, entre une restauration à l’identique, comme le souhaite l’architecte chargé de Notre-Dame lui-même, Philippe Villeneuve, et un geste architectural audacieux, tel qu’évoqué par l’exécutif français.

«Nous allons, pour la flèche, définir dans les semaines qui viennent le processus précis qui va permettre de faire la consultation qui a été annoncée», a annoncé le général Georgelin. «Ceci nous conduira dans le courant de l’année 2020».

Le ministre français de la Culture Franck Riester a affirmé en mai que les Français pourraient donner leur avis au cours d’une «grande consultation», même si le choix final reviendra à l’Etat.

Mais «pour reconstruire la flèche, il faut d’abord que la charpente ait été faite, que le toit ait été refait», a rappelé Jean-Louis Georgelin. Pour le choix du matériau de la charpente, il dit que le processus sera le même, avec «étude» et «examen de toutes les options possibles», démentant que la décision ait déjà été arbitrée en faveur d’une réfection à l’identique, c’est-à-dire avec du bois.

Composée d’un enchevêtrement de poutres massives en chêne, la charpente de Notre-Dame, surnommée «la forêt», était l’une des plus anciennes de la capitale française.

«On dit que ce serait moins cher et plus rapide sans avoir à ce stade étudié les autres options», a commenté le général, relevant que parmi d’autres cathédrales endommagées en France au XXe siècle, «aucune n’a été reconstruite en bois».

Sur les 922 millions d’euros de dons promis pour reconstruire Notre-Dame, a-t-il par ailleurs déclaré, «de l’ordre de 400 ou 500 millions» ont été pour le moment collectés.