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COVID-19

COVID-19: Trump au centre des points de presse à la Maison-Blanche

WASHINGTON — Chiffres en cascade, digressions, attaques contre tel ou tel élu, séquence de questions/réponses cacophonique. Et Donald Trump au centre de tout.

Le point de presse quotidien de la cellule de crise sur le coronavirus suscite chaque jour un peu plus la perplexité. Voire, pour certains, l’ennui tant il s’éternise parfois sans véritable fil conducteur.

COVID-19

COVID-19: bientôt 100 000 morts dans le monde

BRUXELLES — À l’approche de la barre symbolique de 100 000 morts du coronavirus, la communauté internationale cherche des réponses économique et diplomatique à la pandémie, qui menace d’une récession planétaire un monde largement en confinement.

Plus de 94 000 personnes ont succombé à la pandémie qui, selon la patronne du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, aura «les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression» de 1929.

Autour du globe, 10 avril 2020

COVID-19

Le Turkménistan épargné par le coronavirus: véritable immunité ou affirmation d’État?

ALMATY — Le Turkménistan, un des rares pays à être épargné par la COVID-19 — selon les déclarations officielles — continue à organiser de grands rassemblements publics. Mais des experts doutent de ces affirmations, relevant que l’ex-république soviétique n’est guère habituée à reconnaître les mauvaises nouvelles.

Pays d’Asie centrale, parmi les plus fermés et autoritaires de la planète à l’instar de la Corée du Nord, le Turkménistan a fêté comme tous les ans en grande pompe la journée mondiale de la santé le 7 avril.

COVID-19

COVID-19: le Conseil de sécurité de l’ONU exhorté à s’unir, sa «raison d’être»

NATIONS UNIES — Le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres, a exhorté jeudi le Conseil de sécurité, divisé depuis des semaines, à se montrer uni face à la COVID-19, soulignant qu’il s’agissait «du combat d’une génération — et la raison d’être des Nations Unies elles-mêmes».

«Un signal d’unité et de détermination du Conseil compterait beaucoup dans la période anxiogène actuelle», a-t-il ajouté lors de sa toute première réunion — par visioconférence — consacrée à la pandémie.

Monde

Quelle colistière pour Joe Biden?

WASHINGTON — Plus jeune, issue des minorités, plus progressiste ou sachant attirer les électeurs du Midwest? Tour d’horizon des colistières potentielles dans le viseur de Joe Biden, vétéran septuagénaire de la politique qui a promis de choisir une femme pour devenir, en cas de victoire contre Donald Trump, la première vice-présidente des États-Unis.

Vainqueur d’une primaire démocrate qui avait démarré avec un nombre record de candidates, affichant une diversité inédite, l’ancien vice-président de Barack Obama, 77 ans, doit rassembler le parti, notamment l’aile gauche, après l’abandon mercredi du sénateur indépendant Bernie Sanders.

Monde

Nouveau record de morts dans l’État de New York, mais les hospitalisations en baisse

NEW YORK — L’État de New York, épicentre de la pandémie aux États-Unis, a enregistré un nouveau record journalier de décès, avec 799 morts, mais le nombre de nouvelles hospitalisations n’a jamais été aussi bas, a indiqué jeudi le gouverneur Andrew Cuomo.

«Nous sommes en train d’aplatir la courbe, nous avons eu une augmentation nette des hospitalisations de 200», ce qui est «le chiffre le plus bas que nous ayons eu depuis que ce cauchemar a commencé», a déclaré le gouverneur lors de son point quotidien sur l’épidémie.

Les derniers jours ont tous marqué des records de décès quotidiens - le dernier datait de mercredi avec 779 morts. Cet État de près de 20 millions d’habitants compterait désormais plus de 7000 morts, selon les chiffres donnés quotidiennement par le gouverneur, soit près de la moitié des plus de 14 800 morts recensés aux États-Unis par l’université Johns Hopkins.

Mais tour en qualifiant de «choquant» ce nouveau record, le gouverneur a, pour le troisième jour consécutif, fait valoir les «bonnes nouvelles» que constitue la baisse du nombre de nouvelles hospitalisations comme la baisse des admissions en soins intensifs.

Il a aussi souligné que les pires scénarios des différents modèles de projection ne semblaient pas se matérialiser, grâce aux mesures de confinement et de distanciation, et aux mesures prises pour augmenter la capacité du système hospitalier.

Mais il a de nouveau appelé à «ne pas relâcher» les mesures de confinement qu’il a prolongées jusqu’au 29 avril, malgré leurs conséquences dramatiques.

«On ne peut pas supposer que, parce qu’on voit des signaux positifs, tout cela va se terminer bientôt ou qu’on ne sera pas touché par de nouvelles vagues».

Alors que le bilan de l’épidémie à New York dépassait largement celui des attentats du 11 septembre 2001, il a souligné que les conséquences économiques seraient, elles, beaucoup plus graves.

Le 11-septembre était «une catastrophe émotionnellement, physiquement et culturellement, ça nous a donné un sentiment de vulnérabilité qu’on n’avait jamais eu», a souligné le gouverneur.

«Mais pour l’économie (la pandémie) est plus dévastatrice».

Monde

Boris Johnson est sorti des soins intensifs

LONDRES — Le premier ministre britannique Boris Johnson, contaminé par le nouveau coronavirus, est sorti jeudi soir des soins intensifs et son gouvernement a prévenu qu’il fallait se préparer à une prolongation du confinement face à l’aggravation de la pandémie au Royaume-Uni.

«Le premier ministre a été transféré des soins intensifs vers un autre service de l’hôpital, où il sera placé sous surveillance étroite pendant la phase initiale de sa guérison», a annoncé son porte-parole dans un communiqué. «Son moral est extrêmement bon.»

L’hospitalisation dimanche du charismatique, mais clivant dirigeant conservateur de 55 ans, 10 jours après avoir été diagnostiqué positif à la COVID-19, puis son transfert en soins intensifs lundi soir avaient choqué au Royaume-Uni.

L’amélioration de son état est une des rares notes positives au moment où ce pays s’enfonce dans la crise du nouveau coronavirus, avec des bilans humains quotidiens parmi les plus élevés en Europe.

Le Royaume-Uni a enregistré 881 décès supplémentaires de patients, portant le total à 7978 morts à l’hôpital, selon un compte-rendu quotidien communiqué jeudi par le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, qui dirige provisoirement le gouvernement.

Parmi les personnes ayant perdu la vie figure un médecin quinquagénaire qui avait donné l’alarme auprès de l’exécutif sur le cruel manque d’équipements de protection pour les soignants.

Le virus a officiellement contaminé 65 077 personnes dans ce pays.

Dominic Raab a une nouvelle fois exhorté les Britanniques à respecter le confinement, qui devrait être prolongé au-delà des trois semaines initialement prévues, soit en principe jusqu’à lundi prochain, malgré un coût économique et social considérable.

«Il faut continuer»

À l’issue d’une réunion gouvernementale de crise, par vidéoconférence, sur l’avenir de la stratégie britannique, il a déclaré qu’une décision officielle ne serait prise qu’«à la fin de la semaine prochaine».

Il est «trop tôt» pour assouplir les mesures de distanciation sociales en place, a-t-il cependant averti, précisant que cela ne pourrait avoir lieu qu’une fois le «pic» franchi, ce qui n’est pas attendu avant plusieurs semaines.

«Notre priorité immédiate est de ralentir la propagation du virus», a souligné Dominic Raab. «Nous commençons à voir les effets des sacrifices» consentis par la population, mais «nous n’y sommes pas encore, il faut continuer», a-t-il martelé.

Les autorités se sont félicitées de bons signes dans la tendance des nouvelles contaminations et des hospitalisations, pouvant influer dans les semaines à venir sur la mortalité, même si le nombre des décès devrait continuer à augmenter au cours des deux prochaines semaines, selon le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance.

Mais elles craignent un relâchement du respect des consignes qui provoquerait une nouvelle vague de contaminations, en particulier pendant les quatre jours de la fin de semaine de Pâques, qui s’annoncent ensoleillés.

La police, qui peut sanctionner les contrevenants, a souligné qu’elle renforcerait son dispositif pendant cette longue fin de semaine et augmenterait le nombre des patrouilles.

Le Royaume-Uni avait tardé à suivre ses voisins dans la mise en confinement, mais, depuis le 23 mars, les Britanniques sont priés de rester chez eux autant que possible et la plupart des magasins sont fermés.

Sans attendre une décision sur une prolongation à Londres, le pays de Galles et l’Écosse ont déjà averti que le confinement devrait être prolongé encore «plusieurs semaines».

Selon une étude rendue publique en début de semaine par l’Institute for Health Metrics de l’Université de Washington, le Royaume-Uni pourrait avoir à déplorer jusqu’à 66 000 morts au cours de la première vague de la pandémie, sur un total d’environ 150 000 décès attendus en Europe.

Coronavirus: la pandémie poursuit sa course macabre

WASHINGTON — Le monde se prépare à une profonde récession sous l’effet du coronavirus, à l’image de la France où le confinement va continuer au-delà de la mi-avril pour freiner la pandémie qui poursuit ses ravages, notamment aux États-Unis, le pays le plus touché en nombre de cas recensés.

La COVID-19, qui a fait plus de 86 000 morts depuis le début de la pandémie, a placé plus de la moitié de l’humanité en quarantaine et des «secteurs entiers des économies nationales ont été fermés» ou «directement touchés» par l’arrêt de l’activité, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Les échanges commerciaux devraient accuser une baisse à «deux chiffres» dans «presque toutes les régions» de la planète, a-t-elle prévenu mercredi, prédisant une contraction du commerce «probablement supérieure» à celle causée par la crise financière mondiale de 2008-2009.

Pour la Banque centrale américaine, l’incertitude liée à la pandémie fait peser un «grave danger sur les perspectives économiques» des États-Unis, selon les minutes de sa réunion à la mi-mars. Mais la Fed estimait alors que les effets négatifs seraient peut-être moins durables que ceux de la crise de 2008.

Les États-Unis ont enregistré pour la deuxième journée consécutive près de 2000 morts liées au nouveau coronavirus tandis que le monde se préparait à une profonde récession sous l’effet de la pandémie, à l’image de la France où le confinement va continuer au-delà de la mi-avril.

«Depuis le début de cette crise, nous sommes assis à la maison, plus un sou ne rentre», se lamente Mohamed Said, charpentier de 36 ans au Caire et père de trois enfants, en faisant la queue pour une distribution d’aide alimentaire.

77 jours!

La France a annoncé mercredi une baisse d’environ 6 % de son produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, une chute historique qui marque l’entrée du pays en récession. Locomotive du continent européen, l’Allemagne table sur un recul de près de 10 % au deuxième trimestre.

Face à cette crise inédite, l’UE continue pourtant de se déchirer et ses 27 ministres des Finances ont échoué à s’entendre sur une réponse économique commune.

Le ministre italien de l’Économie Roberto Gualtiere a appelé à «la solidarité et à des choix courageux et partagés», mais l’Allemagne comme les Pays-Bas refusent de mutualiser les dettes publiques pour relancer l’économie.

Un enterrement, un anniversaire, une chaîne de contagions et 3 morts

WASHINGTON — C’est l’histoire d’un homme à Chicago, fin février, quand les États-Unis se croyaient encore protégés de la COVID-19, qui n’avait pas encore été déclarée une pandémie. Il avait quelques symptômes respiratoires légers, mais pas au point de l’inquiéter, encore moins de se confiner.

Cet individu, anonymisé dans une enquête publiée mercredi par les Centres américains de prévention et de contrôle des maladies (CDC), est invité à un enterrement d’un ami de famille et décide de participer. La veille des obsèques, il se rend à dîner chez des amis; pendant trois heures ce soir-là, les trois partagent un repas emporté d’un restaurant; ils se servent dans les mêmes plats.

Le lendemain, jour de l’enterrement, c’est à un buffet que ce «patient index» se sert à manger, probablement en se servant des mêmes ustensiles. Il présente ses condoléances à la famille endeuillée, prend dans ses bras au moins trois proches du mort.

Trois jours après les obsèques, il a toujours des symptômes légers (ils ne sont pas détaillés, mais la toux est un symptôme fréquent de la COVID-19, la maladie provoquée par le nouveau coronavirus). Il se rend tout de même à une fête d’anniversaire, cette fois dans sa propre famille.

Le virus, qu’il porte en lui à son insu, va y faire des ravages.

Extrême contagiosité 

Il y a neuf personnes à la fête. Tous entrent en «contact proche» les uns avec les autres. Pendant trois heures, ils s’embrassent et partagent la même nourriture.

Sur les neuf présents, sept attraperont ce jour-là le coronavirus. Deux tomberont si gravement malades qu’ils seront hospitalisés. Trois semaines après l’anniversaire, ces deux-là seront morts.

Ce ne sont pas les seuls à tomber dans cette catastrophique chaîne de transmission : les deux hôtes du premier dîner à emporter ont aussi été infectés ce soir-là; l’un d’eux finira par décéder, 27 jours après le repas.

Pire, le premier cercle des malades en a provoqué un second. Les gens qui se sont occupés de plusieurs premiers malades ne se sont pas protégés avec masques ou gants, et ont eux-mêmes été infectés.

Et trois convives de la fête d’anniversaire, bien que malades, se sont rendus à l’église plus tard, après six jours de symptômes.

À l’église, ils ont touché et passé la corbeille de la quête à leurs voisins de bancs. Un fidèle, assis pendant 90 minutes à une rangée d’écart, est la dernière personne recensée de ce «cluster» par les enquêteurs épidémiologistes des CDC et de l’Illinois.

Au total, le patient index, qui n’a jamais eu besoin de voir un médecin, a contaminé, directement et indirectement, au moins 15 personnes en trois semaines, dont trois sont mortes. L’ordre de confinement dans l’Illinois n’arrivera que le 21 mars, plusieurs jours après la dernière de ces contaminations.

L’histoire illustre l’importance de la distanciation sociale, et la contagiosité élevée et invisible du nouveau coronavirus, que les scientifiques tentent encore de quantifier exactement, entre la très contagieuse rougeole ou la moins contagieuse grippe.

Au début de l’épidémie, le consensus était qu’il se transmettait surtout par des postillons et des éternuements, et en touchant une surface souillée, où le virus peut rester quelques jours, selon les matériaux.

Puis il est apparu que les personnes sans symptômes étaient aussi responsables d’une bonne partie des contaminations, probablement par l’air qu’elles expirent, et récemment les États-Unis et d’autres pays ont recommandé à leurs populations de se couvrir le visage hors de chez eux, afin d’empêcher les personnes sans ou avec peu de symptômes de donner, à leur insu, la mort aux gens qu’ils croisent.

Coronavirus : le déconfinement doit être progressif pour éviter une «seconde vague»

PARIS — Le confinement en Chine doit être levé de façon progressive pour éviter une «seconde vague» de contaminations par le nouveau coronavirus, avertissent jeudi des spécialistes de la modélisation des épidémies, alors que le pays vient de lever le bouclage de Wuhan, épicentre de la pandémie.

Les mesures strictes pour assurer la distanciation sociale, incluant l’interdiction faite à la population de quitter la ville depuis fin janvier, semblent avoir porté leurs fruits, et la vie revient progressivement à la normale dans cette mégalopole du centre de la Chine, aux 11 millions d’habitants.

Alors que la province du Hubei, où se situe Wuhan, enregistrait des milliers de nouvelles contaminations chaque jour au pic de la maladie, cette dernière semble désormais sous contrôle en Chine, où seuls deux morts ont été recensés au cours des dernières 24 heures. Même si la pandémie, elle, tue toujours plus ailleurs, en particulier en Europe et aux États-Unis.

Les auteurs de l’étude, chercheurs à l’université de Hong Kong, ont analysé à l’aide de modèles mathématiques le nombre de cas confirmés dans quatre villes chinoises (Pékin, Shanghai, Shenzhen et Wenzhou) entre mi-janvier et fin février.

Ils concluent que la fermeture des entreprises et des écoles et la stricte restriction des voyages ont permis de réduire le taux de reproduction du virus (le nombre de nouvelles personnes infectées par chaque malade) à moins de 1, permettant une diminution progressive du nombre de cas, selon leur article dans la revue médicale britannique The Lancet.

Damas responsable d’attaques chimiques en Syrie en 2017

LA HAYE — Deux avions et un hélicoptère de l’armée de l’air syrienne ont lâché des bombes contenant du sarin et du chlore sur une localité du nord syrien en 2017, «affectant» une centaine de personnes, selon l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Pour la première fois, l’OIAC, basée à La Haye, a désigné l’armée de Bachar al-Assad comme responsable d’attaques chimiques sur son propre sol.

Les faits se sont déroulés il y a deux ans, presque jour pour jour, à Latamné, alors aux mains des rebelles et cible d’une série de trois attaques aériennes sur lesquelles se sont penchés les enquêteurs d’une équipe spéciale de l’OIAC. Celle-ci a mis à profit de nouveaux pouvoirs qui lui ont été conférés en 2018, malgré l’opposition de Damas et de son allié russe.

Le gouvernement syrien nie constamment toute implication dans des attaques chimiques, affirmant avoir remis tous ses stocks d’armes chimiques sous supervision internationale aux termes d’un accord conclu en 2013.

L’équipe d’enquêteurs «n’étant pas un organe judiciaire ayant le pouvoir d’attribuer la responsabilité pénale individuelle, il appartient désormais au secrétaire général de l’ONU et à la communauté internationale dans son ensemble de prendre les mesures jugées nécessaires et appropriées», a déclaré le directeur de l’OIAC Fernando Arias, cité dans un communiqué.

«Plus hautes autorités»

L’IIT (équipe d’identification et d’enquête de l’OIAC), chargée d’identifier les auteurs présumés d’attaques chimiques en Syrie, a conclu qu’il existe «des motifs raisonnables de croire que les auteurs» de ces attaques au sarin les 24 et 30 mars 2017 et au chlore le 25 mars 2017 «étaient des individus appartenant à l’armée de l’air arabe syrienne».

C’est ce qu’a déclaré mercredi le coordinateur de cette équipe, Santiago Oñate-Laborde, cité dans le communiqué de l’OIAC qui a suivi la remise d’un rapport, le premier de l’IIT, créée en 2018.

«Des attaques d’une telle nature stratégique n’ont pu avoir lieu que sur ordre des plus hautes autorités du commandement militaire de la République arabe syrienne», a poursuivi M. Oñate-Laborde.

«Même si l’autorité peut être déléguée, la responsabilité ne le peut pas», a-t-il ajouté.

«Malgré les efforts de désinformation de la part des soutiens d’Assad en Russie et en Iran, il est clair que le régime syrien est responsable de nombreuses attaques chimiques», a commenté le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

«L’utilisation d’armes chimiques par un pays, quel qu’il soit, représente une menace inacceptable pour la sécurité de tous les États et ne peut pas rester impunie», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a lui aussi dénoncé une «violation flagrante des lois internationales».

Human Rights Watch estime que les travaux de l’IIT «devraient lever tout doute sur le fait que l’État syrien a délibérément utilisé des armes chimiques contre son propre peuple», selon son directeur pour les Nations unies, Louis Charbonneau.

«Les conclusions de l’OIAC devraient être utilisées pour soutenir une forme de justice pénale pour les personnes responsables», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Représailles

Un autre rapport de l’IIT est par ailleurs attendu concernant une attaque qui avait fait une quarantaine de morts à Douma en avril 2018 après l’utilisation de chlorine, selon les enquêteurs de l’OIAC.

Les Occidentaux, avec à leur tête les États-Unis, avaient à l’époque accusé le régime syrien d’être à l’origine du bombardement chimique et avaient attaqué des installations militaires syriennes en représailles.

Malgré de fortes objections de la part de la Syrie et de ses alliés, dont Moscou, une majorité des 193 États membres avaient voté en juin 2018 en faveur du renforcement des pouvoirs de l’OIAC, en l’autorisant à désigner l’auteur d’une attaque chimique et non plus seulement à documenter l’utilisation d’une telle arme.

Les conclusions de l’IIT «placent la Syrie en violation de la Convention sur les armes chimiques», a déclaré mercredi dans un tweet Peter Wilson, ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’OIAC.

«Les États parties doivent réagir», a-t-il ajouté.

Monde

En Asie, des pays résistent avec succès aux sirènes du confinement

HONG KONG — Quatre milliards de personnes sont confinées contre l’épidémie. Mais la vie suit un cours relativement normal à Taïwan, en Corée du Sud où à Hong Kong, trois des premiers territoires touchés, et ce grâce à des mesures énergiques prises très tôt pour désamorcer la crise.

On aurait initialement pu croire Taïwan voué au pire face à l’émergence du nouveau coronavirus chez le voisin chinois, son premier partenaire commercial.

Mais trois mois plus tard, le bilan de l’île s’établit à 376 cas confirmés et cinq décès. Ses restaurants, bars, écoles, commerces et bureaux sont toujours ouverts.

Ce pays dont le vice-président est épidémiologiste a pris des mesures décisives au tout début de la crise pour en éviter à sa population d’autres, bien plus douloureuses, quelques semaines plus tard.

«Des pays comme Taïwan ont été exemplaires», a salué au micro de Fox News cette semaine le fondateur de Microsoft Bill Gates, qui a débloqué des milliards de dollars pour aider la recherche sur un vaccin. «Et ainsi, ils n’auront ni le fardeau sanitaire ni les répercussions économiques que subiront les autres pays».

Expérience

Si Taïwan a été à la pointe, c’est que l’île s’était jurée, après l’épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2003, de ne plus jamais revivre ça. Après la Chine et Hong Kong, elle avait alors enregistré le plus lourd bilan : 84 morts.

Elle avait dans la foulée créé un centre de commandement dédié aux crises sanitaires qui a été activé dès le 20 janvier, avant même que Pékin ne boucle Wuhan.

D’emblée, les autorités ont contrôlé les arrivées, multiplié les tests et enquêté sur les personnes entrées en contact avec les malades.

Très tôt, l’île a pris la décision lourde d’interdire l’entrée des voyageurs de Chine, alors même que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) déconseillait de telles mesures. L’ironie est d’ailleurs que Taïwan, l’un des meilleurs élèves au monde dans la lutte contre la COVID-19, n’est pas membre de l’OMS, en raison des pressions chinoises.

Dans un récent article, le Journal of the American Medical Association détaillait les 124 mesures initiales prises dans ce pays quand le reste du monde ne croyait pas au risque épidémique.

«Sans certitude, la prudence»

Jason Wang, professeur à l’Université de Stanford et co-auteur de cette étude, est convaincu que Taïwan a ainsi gagné un temps précieux pour accélérer la production de masques et de tests.

«Deux semaines, c’est énorme quand un virus est en train de se propager de façon exponentielle», explique-t-il à l’AFP. «Avant que les certitudes n’apparaissent, il vaut mieux faire preuve de la plus grande prudence face à un virus inconnu», poursuit-il. «Nous en faisons tous l’amère expérience.»

Si la Corée du Sud est exemplaire également, c’est parce qu’elle a su «aplatir» la courbe des nouveaux cas.

C’est fin février que l’épidémie a explosé dans la ville de Daegu, à partir d’un foyer au sein d’une organisation considérée par certains comme une secte. Au pire de la crise, 909 nouvelles infections furent enregistrées en une seule journée. Le total dépasse aujourd’hui les 10 000 cas, et 192 personnes ont succombé à la maladie.

Mais le nombre de nouveaux cas sur 24 heures à Daegu vient de passer pour la première fois sous les 10. Et dans tout le pays, la vie suit un cours à peu près normal. Les consignes de distanciation sociale sont largement suivies, sans résulter d’un ordre du gouvernement.

Les experts ont salué la stratégie sud-coréenne de dépistage massif de la population (plus de 485 000 tests), de même que le traçage des contacts des malades et la quarantaine imposée à tous les patients.

Autour du globe, 9 avril 2020

Monde

La Finlande découvre que des masques achetés à la Chine sont inadaptés

HELSINKI — Deux millions de masques achetés par la Finlande à la Chine pour se protéger du nouveau coronavirus ne sont pas adaptés à une utilisation à l’hôpital, a admis mercredi le gouvernement finlandais.

Mardi le ministre de la Santé Aino-Kaisa Pekonen avait posté sur twitter une photo de l’arrivée à l’aéroport d’Helsinki de la première cargaison des deux millions de masques chirurgicaux et 230 000 respirateurs arrivant de Chine, précisant que ce matériel serait «vérifié et testé» avant usage.

Mais mercredi, des responsables finlandais ont découvert que les masques ne respectaient pas les normes de protection contre le coronavirus requises pour être utilisés dans un environnement médical.

«C’est bien sûr un peu décevant», a déclaré la secrétaire permanente du ministère de la Santé Kirsi Varhila en conférence de presse.

Les masques pourront cependant être utilisés par exemple par des soignants qui rendent visite à domicile, a-t-elle souligné.

D’autres pays européens ont eu la même fâcheuse surprise avec du matériel venu de Chine, car le marché chinois est «très chaotique» en raison de la forte demande de masques, selon Tomi Lounema, chargé de la logistique pour lutter contre la pandémie.

«Les prix n’arrêtent pas de monter, il faut acheter rapidement et payer d’avance, a-t-il expliqué. Le risque commercial est très élevé».

Ces dernières semaines, l’Espagne, les Pays-Bas, la Turquie et l’Australie ont dû renvoyer des masques achetés en Chine.

Le gouvernement finlandais n’a pas révélé combien il avait payé pour ces équipements non conformes.

La Finlande a annoncé mercredi une enveloppe de 600 millions d’euros (917 millions $CAN) qui seront consacrés aux équipements de protection, au matériel médical et aux médicaments.

La Finlande comptait mercredi 2.487 cas officiellement recensés de COVID-19 et déplorait 40 morts.

Monde

Bernie Sanders abandonne la course à la Maison-Blanche

WASHINGTON — Bernie Sanders a abandonné mercredi la course à la Maison-Blanche tout en promettant de travailler avec Joe Biden, désormais vainqueur assuré de la primaire démocrate, qui a appelé au rassemblement pour battre Donald Trump.

En annonçant à ses partisans qu’il se retirait de la primaire démocrate, le sénateur indépendant a salué en Joe Biden un «homme très respectable» et a affirmé qu’il travaillerait avec le candidat plus modéré afin de faire avancer son programme résolument ancré à gauche.

Prenant acte des tensions réelles entre les deux camps, l’ancien vice-président américain Joe Biden, 77 ans, a rapidement tendu la main aux partisans de Bernie Sanders, 78 ans.

«Je sais que je dois gagner vos voix. Et je sais que cela pourra prendre du temps. Mais je veux que vous sachiez que je vous vois, que je vous entends, que je comprends le sentiment d’urgence qui vous anime», a tweeté celui qui affrontera Donald Trump le 3 novembre.

«J’espère que vous nous rejoindrez. Nous avons besoin de vous!», a-t-il ajouté.

Mais tout en reconnaissant que «Joe Biden sera le candidat choisi» par les démocrates pour défier Donald Trump à la présidentielle, Bernie Sanders, 78 ans, a annoncé qu’il resterait en lice dans les primaires restantes, afin d’accumuler plus de délégués qui lui permettront «d’exercer une influence significative sur le programme du parti» lors de la convention démocrate, en août.

«Ensuite ensemble, unis, nous avancerons pour battre Donald Trump, le président le plus dangereux de l’histoire moderne américaine», a-t-il ajouté lors d’un discours retransmis en ligne, depuis sa maison de Burlington, dans le Vermont.

Bernie Sanders met ainsi fin à sa deuxième tentative de décrocher l’investiture démocrate après une série de lourdes défaites face à l’ancien vice-président de Barack Obama, plus modéré. Il a reconnu que l’avance accumulé par Joe Biden était désormais irrattrapable.

Monde

Le saut dans l’inconnu des premiers pays à «déconfiner»

VIENNE — Si le confinement de millions d’Européens est un défi sans précédent, les modalités d’une reprise de la vie économique et sociale s’annoncent aussi comme une opération complexe.

«Il n’y a pas de référence internationale en la matière», a relevé le chancelier autrichien Sebastian Kurz, dont le pays a, le premier dans l’Union européenne, détaillé un calendrier d’allègement progressif des restrictions.

Le Danemark et la Norvège, en régime de «semi confinement», ont aussi communiqué des dates de redémarrage. Le Portugal et la Grèce évoquent des échéances.

Dans tous les cas, la reprise se fera par étapes avec le maintien de mesures de précaution. La circulation mondiale du virus, qui nécessiterait des stratégies coordonnées, est un facteur supplémentaire d’incertitude.

Déterminer le bon moment

L’Autriche, la Norvège, le Danemark estiment avoir réussi à «aplatir» durablement la courbe des contaminations.

En Autriche, où plus de 12 500 cas positifs de COVID-19 ont été diagnostiqués, le gouvernement a annoncé son plan de déconfinement en constatant la nette décrue des nouveaux cas. Le taux quotidien d’augmentation se maintient autour de 2 % depuis plusieurs jours alors qu’il était de 40 % à la mi-mars.

La Norvège a jugé que l’épidémie, avec 5863 cas recensés, était «sous contrôle» sur son sol. Selon les dernières statistiques, un malade en Norvège ne contamine plus que 0,7 personne en moyenne contre 2,5 avant l’imposition des restrictions.

Le nombre de décès dans ces pays a été contenu et les structures hospitalières n’ont pas été débordées. La maladie avait fait mercredi 243 morts en Autriche, 187 au Danemark et 69 en Norvège.

Actualités

Le point sur la pandémie de COVID-19 dans le monde [8 avril]

PARIS - Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19, qui a fait près de 83.000 morts dans le monde.

Pire bilan journalier aux États-Unis

Près de 2.000 personnes contaminées par le nouveau coronavirus sont mortes aux États-Unis en 24 heures, selon le comptage mardi à 20H30 locales de l’université Johns Hopkins. Il s’agit du pire bilan journalier dans le monde depuis le début de la pandémie.

Près de 83.000 morts dans le monde

La pandémie a contaminé plus de 1,4 million de personnes et fait au moins 82.721 morts dans 192 pays depuis son apparition en décembre en Chine, selon un comptage AFP à partir de sources officielles mercredi vers 10h00 GMT.

L’Italie compte au moins 17.127 décès, l’Espagne 14.555, les États-Unis 12.911, la France 10.328, le Royaume-Uni 6.159.

La France en récession

Le produit intérieur brut (PIB) français a chuté d’environ 6% au premier trimestre, pire performance trimestrielle depuis 1945 qui marque l’entrée du pays en récession, selon la Banque de France.

En Allemagne, l’économie devrait se contracter de près de 10% au deuxième trimestre, prévoient les principaux instituts économiques.

Ruée dans les gares à Wuhan

Des dizaines de milliers de voyageurs se sont rués mercredi dans les gares routières et ferroviaires pour quitter la ville chinoise de Wuhan, berceau de la pandémie, après la levée de deux mois et demi de bouclage.

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Monde

Pédophilie: le cardinal Pell libéré

LARA — Le cardinal George Pell, naguère l’un des prélats les plus puissants du Vatican, est sorti mardi de la prison australienne où il était détenu depuis un an, et le Saint-Siège s’est félicité de son acquittement au bénéfice du doute par la plus haute juridiction d’Australie dans une retentissante affaire de pédophilie.

Le Vatican s’est félicité du «verdict unanime prononcé par la Haute Cour à l’égard du cardinal George Pell, qui le blanchit de toutes les accusations d’agressions sur mineurs», dans un communiqué. Plus tôt dans la matinée, le pape François avait appelé à prier pour ceux «qui souffrent pour un jugement injuste», sans nommer le cardinal Pell.

L’ex-secrétaire à l’Économie du Saint-Siège, âgé de 78 ans, avait été condamné en mars 2019 à six ans d’incarcération pour des viol et agressions sexuelles sur deux enfants de chœur en 1996 et 1997 dans la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne (sud-est) dont il était l’archevêque.

Sa condamnation, confirmée en appel en août, a été finalement cassée mardi par la haute cour d’Australie qui l’a acquitté de cinq chefs d’accusation de violences sexuelles, au bénéfice du doute.

M. Pell, qui a toujours clamé son innocence, a quitté dans la foulée la prison de Barwon, près de Melbourne, où il était détenu depuis plus d’un an et affirmé dans un communiqué que cet arrêt permettait de réparer «une grave injustice».

Le jugement de culpabilité rendu en première instance en décembre 2018 à Melbourne avait été conforté l’été dernier par la Cour suprême de l’État de Victoria (sud-est), tout en étant alors déjà fragilisé puisque cette juridiction d’appel n’était pas unanime.

Deux magistrats avaient voté la culpabilité de l’ancien archevêque, mais le troisième avait donné raison au prélat.

Crédibilité du plaignant

Mardi, les sept juges de la haute cour, plus haute juridiction du pays, ont été unanimes pour estimer que la Cour suprême de Victoria avait «omis de se pencher sur la question de savoir s’il restait une possibilité raisonnable que l’infraction n’ait pas été commise», en mettant ainsi en avant le principe fondamental du «doute raisonnable» qui doit bénéficier à l’accusé.

Si elle solde le volet pénal d’une affaire très ancienne, cette décision ne libère pas le cardinal du risque de poursuites au civil.

Le père d’un des deux enfants de chœur, qui est décédé en 2014 d’une overdose sans jamais avoir fait état d’une éventuelle agression, projette en effet de lancer des demandes de dédommagements.

L’affaire opposait donc le deuxième enfant de chœur aujourd’hui trentenaire à M. Pell, un homme qui a participé à l’élection de deux papes, qui a été un des proches conseillers du pape François et qui a même été impliqué dans la réponse de l’Église face aux scandales de pédophilie. Le procès tournait donc essentiellement autour de la crédibilité du témoignage du plaignant.

Monde

Les angoisses de l’accouchement multipliées par la pandémie

MADRID — Ainhoa Martinez Garcia attend des jumeaux et, en pleine pandémie, se doute qu’il n’est pas prudent de continuer tous les jours à servir la clientèle de sa boutique de thé des environs de Madrid.

Tout le commerce non alimentaire a fermé ses portes depuis trois semaines pour freiner la contagion du nouveau coronavirus, qui a tué plus de 13 000 personnes en Espagne.

Ainhoa, 36 ans, n’a pas d’autre choix que de travailler pour gagner sa vie. Mais ce qui l’effraie vraiment, c’est d’aller faire l’échographie des 20 semaines de grossesse dans un hôpital débordé par l’afflux massif de patients atteints de la COVID-19.

«On m’a dit que l’examen des 20 semaines est très très important, et c’est ma première grossesse, mais je ne veux pas prendre de risque», dit-elle.

«Et si j’y vais avec mon mari et que la police nous arrête?», s’interroge-t-elle alors qu’elle est censée s’y rendre seule à cause des mesures de confinement.

«Nous ferions perdre son temps à un policier et, au bout du compte, c’est peut-être lui qui est infecté... c’est fou», lâche-t-elle.

En Espagne, les autorités verbalisent ceux qui bravent l’interdiction de sortir si ce n’est pour acheter de la nourriture, des médicaments ou en cas d’urgence médicale.

La pandémie meurtrière a provoqué une poussée d’anxiété chez les femmes enceintes à travers le monde et soulevé une multitude de questions qui, pour la plupart, restent sans réponse.

«Cela ne devrait pas être aussi effrayant d’aller faire une échographie, c’est censé être enthousiasmant», dit Sophie Hayes, une future maman qui vient de passer l’examen des 20 semaines dans un hôpital de Luton, près de Londres.

Un cauchemar devenu réalité 

Bien les hôpitaux britanniques ne soient pas soumis à la même pression que ceux d’Espagne, l’ambiance à la clinique où elle a fait son échographie était tendue, elle y a vécu une expérience «inquiétante».

«Aller toute seule à un endroit où ne sait pas si on va côtoyer des gens qui ont peut-être contracté ce virus... c’est très très troublant», poursuit Sophie qui attend son premier bébé à 25 ans.

«Pour ma part, je serais terrifiée d’apprendre que je suis positive, car une femme enceinte doit être aussi forte et en aussi bonne santé que possible», ajoute-t-elle.

Pour Vanessa Muro, ce cauchemar est devenu réalité quelques jours avant qu’elle n’accouche dans un hôpital de Madrid, la région d’Espagne la plus durement frappée par le virus, avec plus de 5.000 morts et un système sanitaire au bord de la rupture.

«J’avais vraiment peur de l’avoir transmis à mon bébé», se souvient-elle.

Elle a été prise en charge sur le champ par des médecins en combinaison de protection intégrale, car «ils voulaient que le bébé sorte le plus vite possible pour voir s’il avait été infecté», raconte-t-elle. Le petit garçon a testé négatif.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne sait toujours pas si une mère peut transmettre la maladie à son bébé bien que pu le moment on n’a trouvé aucune trace du virus dans le liquide amniotique ni dans le lait maternel.

Pour ces femmes, la peur joue un rôle important, explique Maria Jesus Garcia Diaz, sage-femme dans une clinique de la capitale espagnole.

«Elles sont inquiètes pour elles, mais surtout pour leur bébé. L’incertitude est une grande source de stress», dit-elle.

Monde

Coronavirus: près de 2000 morts aux États-Unis en 24 heures [PHOTOS]

WASHINGTON — Le coronavirus continue de faire des ravages aux États-Unis, qui ont enregistré près de 2000 morts supplémentaires au cours des dernières 24 heures, pire bilan journalier dans le monde depuis le début de la pandémie partie de la ville chinoise de Wuhan, où la vie reprend lentement ses droits.

Avec cette progression record, la première puissance mondiale se rapproche un peu plus des deux pays les plus endeuillés jusqu’ici, Italie et Espagne.

«Je sais pertinemment que certains pays très peuplés ont beaucoup plus de cas que nous, mais qu’ils ne les déclarent pas», s’est défendu mardi Donald Trump, mettant en avant le grand nombre de tests effectués aux États-Unis.

Le président américain a aussi menacé de suspendre le financement de son pays à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), trop proche à ses yeux de Pékin. «Tout semble très favorable à la Chine [...] Ils ont eu tort sur beaucoup de choses», a-t-il lancé.

À Londres, le premier ministre Boris Johnson passait sa troisième nuit à l’hôpital. Dans un état stable, il était toujours dans une unité de soins intensifs, mais conscient et sans respirateur artificiel.

On s’approche dans le monde des 100 000 morts, avec plus de 80 000 recensés mardi par l’AFP. Mais ce comptage, à partir de sources officielles, est en-dessous de la réalité, puisque de nombreux morts hors des hôpitaux ne sont ni testés, ni comptabilisés, par exemple aux États-Unis, où les règles varient d’une juridiction à une autre.

Monde

Petite lueur d’espoir à New York malgré un record de morts

NEW YORK — L’État de New York, épicentre de l’épidémie de coronavirus aux États-Unis, entrevoyait mardi de petites lueurs d’espoir dans son combat contre la maladie, même s’il a enregistré un nouveau nombre record de 731 morts au cours des dernières 24 heures.

Le précédent record datait de samedi, avec 630 morts en un jour. L’État de New York a désormais recensé 5489 morts depuis le début de l’épidémie, selon son gouverneur Andrew Cuomo, soit près de la moitié des décès comptabilisés dans l’ensemble des États-Unis.

Mais les autorités locales ont mis en avant des chiffres plus encourageants, comme la moyenne des nouvelles hospitalisations enregistrées ces trois derniers jours, dans un État qui compte quelque 139 000 personnes officiellement contaminées.

«Si vous regardez, la moyenne sur trois jours est en baisse, ce qui est une bonne nouvelle», a souligné M. Cuomo lors de son point presse quotidien sur cette crise.

Les projections montrent que «nous atteignons un plateau du nombre total des hospitalisations», a souligné le gouverneur. «On voit l’augmentation et on voit que ça commence à s’aplatir».

Le maire de la capitale économique des États-Unis, dont les écoles et la plupart des activités non essentielles sont à l’arrêt depuis le 16 mars, a lui aussi prudemment mis en avant quelques tendances encourageantes.

«C’est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions», mais «au cours des deux derniers jours, quelque chose a commencé à changer [...], nous voyons un peu d’amélioration dans les besoins de respirateurs», cela permet aux hôpitaux de «tenir plus longtemps», a souligné Bill de Blasio.

Monde

Le fondateur de Twitter donne 1 milliard $ pour lutter contre la COVID-19

SAN FRANCISCO — Le fondateur et patron de Twitter, Jack Dorsey, a annoncé mardi qu’il allait donner 1 milliard de dollars pour participer à la lutte contre la pandémie de coronavirus.

Dans une série de tweets il explique que cette somme représente 28 % de sa fortune. Pour parvenir à ce montant il va progressivement céder des actions de son autre société, Square, spécialisée dans le paiement numérique.

«Quand nous aurons désamorcé cette pandémie, l’argent sera redirigé vers la santé et l’éducation des filles, ainsi que le revenu universel», précise le milliardaire, dont la fortune est estimée à 3,3 milliards de dollars par Forbes.

Jack Dorsey voit dans ces deux domaines des solutions potentielles aux «problèmes auxquels le monde fait face».

Le revenu universel suscite un regain d’intérêt de nombreux politiques et hommes d’affaires, alors que la crise économique liée à la COVID-19 a mis des millions de personnes au chômage.

«C’est une idée géniale qui a besoin d’être testée», continue-t-il.

Monde

Le Wisconsin aux urnes en pleine pandémie [PHOTOS]

MILWAUKEE — La Garde nationale déployée dans les bureaux de vote, où les électeurs portent des masques : les habitants du Wisconsin votent mardi, en pleine pandémie du coronavirus, pour des scrutins locaux et la primaire démocrate entre Joe Biden et Bernie Sanders, qui a dénoncé une décision «scandaleuse» risquant de se révéler «mortelle».

Après un intense bras de fer entre démocrates et républicains, les bureaux de vote ont finalement ouvert mardi dans cet État du Midwest américain, frappé, comme tous les États-Unis, par la COVID-19.

Depuis deux semaines, ses près de six millions d’habitants sont appelés à rester chez eux pour empêcher la propagation du virus, qui a déjà fait plus de 11.000 morts aux Etats-Unis, dont 77 dans le Wisconsin, qui dénombre plus de 2.400 cas.

Les électeurs attendaient, espacés, dans de longues files d’attente dans la grande ville de Milwaukee, où seuls cinq bureaux de vote ont pu être ouverts pour près de 600 000 habitants.

À Kenosha, plus au sud sur les rives du Lac Michigan, électeurs et employés des bureaux de vote étaient séparés par des parois en plexiglas, et environ 90 % portaient des masques. Des membres de la Garde nationale du Wisconsin désinfectaient régulièrement les tables et machine à voter. Quelque 2500 ont été déployés à travers l’État.

Faute d’employés électoraux, certains étant malades et d’autres craignant la contagion, plus d’une centaine de municipalités n’ont pas pu ouvrir un bureau de vote.

En jeu : la primaire démocrate mais aussi des élections locales cruciales pour l’équilibre des pouvoirs dans l’État, ce qui explique la bataille politique acharnée autour du scrutin.

Autour du globe, 8 avril 2020

Actualités

Le point sur la pandémie de COVID-19 dans le monde [7 avril]

PARIS - Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 75.500 morts dans le monde.

Boris Johnson en soins intensifs 

Le premier ministre britannique Boris Johnson, testé positif au nouveau coronavirus le 27 mars, a été placé en soins intensifs lundi. Il a reçu de l’oxygène, mais ne se trouve pas sous respirateur, a précisé un ministre.

Le chef de la diplomatie Dominic Raab a été chargé de remplacer M. Johnson.

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Monde

Zéro mort en Chine, une première depuis le début de l’épidémie

WUHAN - La Chine attendait cela depuis trois mois : pour la première fois mardi, le pays n’a annoncé aucun décès de la COVID-19, quelques heures avant la levée du bouclage de Wuhan, la ville épicentre de la maladie.

Le pays s’achemine ainsi encore un peu plus vers une sortie de crise face au nouveau coronavirus. Apparu fin 2019 sur son territoire, il a depuis fait plus de 70 000 morts dans le monde.

Afin d’endiguer la progression du virus, la Chine avait décrété fin janvier le confinement drastique de plus de 50 millions de personnes à Wuhan, berceau de l’épidémie, et dans le reste de la province du Hubei (centre).

Technique payante : après avoir dépassé la centaine courant février, le nombre quotidien de décès a plongé ces dernières semaines, pour tomber au chiffre de zéro annoncé mardi par le ministère de la Santé.

Mais ce chiffre rassurant doit être tempéré.

Car deux nouveaux risques sont apparus : les personnes contaminées arrivant de l’étranger, et la menace invisible des patients asymptomatiques — qui n’ont ni toux ni fièvre, mais peuvent tout de même transmettre le virus.

Les habitants du Hubei sont restés confinés chez eux pendant deux mois. Fin mars, ceux d’entre eux qui n’habitent pas Wuhan ont pu ressortir de leur logement et même quitter la province, sous réserve qu’ils ne soient pas malades.

Et l’un des derniers grands obstacles a sauté, alors que les personnes en bonne santé sont désormais autorisées à quitter la capitale provinciale.

«Pas de relâchement»

«Les personnes âgées sont plutôt enthousiastes. Elles sont impatientes de pouvoir sortir», déclare à l’AFP M. Xia, un habitant âgé de 43 ans.

Mais les candidats au départ sont limités par la réduction du nombre de vols et de trains desservant Wuhan, mesure imposée au plus fort de l’épidémie, a rappelé la mairie à l’AFP.

La municipalité a également souligné que diverses restrictions aux déplacements dans la ville seraient maintenues. Objectif affiché : empêcher toute résurgence des infections.

«Beaucoup de personnes pensent qu’à partir du 8 avril, elles pourront se relâcher un peu. Mais dans les faits, nous aurons besoin d’une vigilance accrue», a indiqué dimanche le Quotidien du Hubei, citant un haut responsable de Wuhan.

«Il n’y aura pas de relâchement», a-t-il promis.

La mairie reste sur le qui-viv e: elle a retiré à 70 quartiers d’habitation précédemment classés «sans épidémie» cette appellation qui permet aux habitants de sortir de leur logement.

La municipalité a justifié cette décision par la découverte dans ces complexes résidentiels de personnes asymptomatiques. Wuhan en a rapporté lundi 34 nouveaux cas.

«Cette découverte montre que les contrôles sont renforcés», déclare à l’AFP Mme Xiao, médecin. «La fin du confinement ne veut pas dire que tout sera rouvert totalement. Il faudra toujours s’inscrire en rentrant ou sortant d’un endroit», souligne-t-elle.

Doutes

«Même si le confinement est levé, on doit essayer de rester à l’intérieur autant que possible», renchérit M. Xia, habitant de Wuhan.

La baisse ces dernières semaines des cas de contaminations et de morts en Chine s’accompagne de doutes sur la fiabilité des chiffres officiels publiés par le gouvernement.

Des familles ont notamment fait état dans la presse chinoise de la non-comptabilisation de personnes mortes à leur domicile ou n’ayant pas été testées au début de l’épidémie, lorsque les hôpitaux étaient surchargés.

Par ailleurs, si les nouveaux cas de contamination d’origine locale sont tombés à zéro, la Chine reste confrontée à une vague d’infections importées. Le ministère de la Santé a annoncé mardi un millier de cas cumulés.

L’organisme a également fait état de 32 nouveaux cas de contamination - tous d’origine importée.

Au-delà des seuls aéroports, les autorités vont également renforcer leurs contrôles aux frontières terrestres, a indiqué lundi le gouvernement.

La Chine avait fait état de son premier décès le 11 janvier dernier. Depuis, près de 82 000 personnes ont été contaminées dans le pays, dont 3331 mortellement.

Autour du globe, 7 avril 2020

Monde

Terrorisme: des suprémacistes blancs sur la liste noire américaine

WASHINGTON — Washington a inscrit lundi pour la première fois un groupe suprémaciste blanc sur sa liste noire pour terrorisme international afin de montrer sa détermination face à cette «menace» particulièrement vive aux États-Unis, malgré l’ambiguïté souvent reprochée à Donald Trump.

La mesure vise un groupe nommé Mouvement impérial russe et trois de ses chefs, Stanislav Vorobiev, Denis Gariev et Nikolaï Trouchtchalov.

COVID-19

COVID-19: les États-Unis dépassent le cap des 10 000 morts

WASHINGTON — Les États-Unis, qui ont dépassé les 10 000 morts du nouveau coronavirus depuis le début de la pandémie, ont recensé 1150 décès supplémentaires en 24 heures, selon le comptage lundi soir à 20h30 de l’Université Johns Hopkins.

Le pays dénombre officiellement plus de 366 000 cas d’infection (quasiment 30 000 cas supplémentaires en 24 heures) et déplore 10 783 décès au total, selon cette base de données actualisée en continu.