Monde

Vers un nouveau vote au Sénat pour sortir du «shutdown»

WASHINGTON — Un nouveau vote est programmé pour lundi au Sénat américain afin de tenter de trouver un accord entre républicains et démocrates sur le budget du gouvernement et de sortir du «shutdown», la fermeture partielle des services fédéraux.

Un an jour pour jour après son arrivée à la présidence, Donald Trump s’est trouvé confronté samedi à cette fermeture dont la durée, liées aux âpres négociations budgétaires en cours au Congrès, est imprévisible. «C’est le premier anniversaire de ma présidence et les démocrates voulaient me faire un joli cadeau», a ironisé M. Trump dans une série de tweets matinaux.

En fin de journée, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a annoncé qu’il convoquait un nouveau vote, après celui de vendredi soir dont l’échec avait entraîné le «shutdown». «Je vous assure que nous aurons le vote à 13h00 (06h00 GMT) lundi, sauf s’il y a un désir qu’il ait lieu plus tôt», a déclaré M. McConnell dans un communiqué.

Cependant, à Washington, New York ou Chicago, des centaines de milliers de manifestants célébraient, eux, l’anniversaire de la «Marche des femmes», immense rassemblement qui avait défié Donald Trump au lendemain de son investiture.

Au moment où les élus se retrouvaient au Congrès, le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a estimé que les démocrates étaient les seuls responsables de l’impasse politique. «Nous faisons de drôles de choses à Washington, mais là, c’est de la pure folie», a-t-il lancé.

Pour Donald Trump, qui se targuait en campagne d’être passé maître dans l’art de la négociation, la pilule est amère. Le 45e président des États-Unis, qui avait prévu de passer le week-end dans son club privé de Mar-a-Lago, en Floride, où il devait célébrer l’anniversaire de son arrivée à la Maison-Blanche lors d’une soirée de levée de fonds, a annulé son déplacement.

Le dernier «shutdown» remonte à 2013, sous l’administration du président démocrate Barack Obama. Il avait duré 16 jours.

«C’est un peu effrayant»

Les effets du «shutdown», psychodrame récurrent de la vie politique américaine, devraient être nettement plus marqués à partir de lundi si aucune solution n’a été trouvée d’ici là.

Il se traduira par la mise au chômage technique de centaines de milliers d’employés fédéraux considérés comme «non essentiels». Les activités de nombreuses agences, comme les services fiscaux, seront réduites mais les services de sécurité seront globalement épargnés. Les 1,4 million de militaires américains poursuivront leurs opérations mais sans être payés.

«Nous n’avons qu’une seule chose à faire: attendre et voir ce qui va se passer. C’est un peu effrayant», expliquait samedi à l’AFP Noelle Joll, employée fédérale de 50 ans contrainte au chômage technique à Washington.

À New York, la Statue de la Liberté était fermée au public pour le week-end.

«Il y a des soldats américains qui s’apprêtent à passer six mois au Koweït et qui s’inquiètent de ne pas être payés tout de suite. C’est inconcevable», a déclaré le vice-président Mike Pence durant une escale à Shannon (Irlande), où il a croisé des militaires américains en transit.

Autre effet collatéral possible de cette paralysie budgétaire: la Maison Blanche a indiqué que l’incertitude pesait désormais sur la participation de Donald Trump au Forum économique de Davos (Suisse), en milieu de semaine prochaine.

Tensions sur l’immigration

Le président américain a multiplié samedi les échanges téléphoniques avec les ténors du Congrès mais aucun signe de progrès tangible n’était perceptible en milieu d’après-midi.

De son côté, le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer, ironisait sur la difficulté de négocier avec un président «qui change tout le temps de position».

Donald Trump accuse l’opposition de négliger les intérêts fondamentaux du pays. «Les démocrates sont bien plus préoccupés par les immigrants illégaux que par notre grande Armée ou la Sécurité à notre dangereuse frontière Sud», a-t-il tweeté.

Point de discorde central: les démocrates exigent une avancée sur la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux États-Unis, et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre.

Quand Donald Trump a abrogé ce programme Daca, qui a permis à 690 000 jeunes sans-papiers de travailler et d’étudier en toute légalité, il avait donné jusqu’à mars au Congrès pour trouver une solution pérenne pour ces clandestins connus sous le nom de «Dreamers» (Rêveurs). Rien n’a bougé depuis.

Manifs géantes pour la Marche des femmes anti-Trump

Monde

Attaque terroriste: au moins 5 morts à l'Intercontinental de Kaboul

KABOUL — Au moins cinq personnes ont trouvé la mort dans l'attaque en cours de l'hôtel Intercontinental à Kaboul, dont les forces spéciales tentaient de déloger dimanche le dernier assaillant.

Selon ce premier bilan, certainement appelé à s'alourdir, fourni dimanche [samedi en fin de soirée, heure du Québec] par les services de renseignement afghans (NDS) à l'AFP, «cinq personnes ont été tuées», toutes Afghanes, et huit blessées, évacuées dans la nuit.

Selon une source de sécurité, trois des quatre assaillants ont été tués mais le dernier résistait toujours, retranché «dans une grande chambre avec des otages, afghans et étrangers» dont il n'a pas précisé le nombre.

«On l'entend crier aux otages qu'il les tuera tous s'il ne peut s'en sortir», a précisé cette source.

L'opération n'a toujours pas été revendiquée.

Une centaine d'otages ont pu être libérés précédemment, «dont 16 étrangers, parmi lesquels huit femmes» a précisé dimanche le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Najib Danish. Mais le nombre d'otages restant est inconnu.

Alors qu'une fumée noire s'échappait du sixième et dernier étage peu après 8h locales dimanche (22h30 samedi, heure du Québec), des hommes tentaient de s'enfuir par le balcon au moyen de draps noués. L'un d'eux a lâché prise, en direct à la télévision.

Feu sur les clients

Le commando s'était introduit dans l'hôtel peu après 21h samedi (12h30, heure du Québec), déclenchant une explosion avant d'ouvrir le feu au hasard.

«Quatre assaillants sont à l'intérieur du bâtiment, ils tirent sur les clients», avait annoncé à l'AFP un responsable de la Direction nationale de la sécurité (NDS), les services de renseignements afghans.

L'électricité a été coupée dans le quartier et l'hôtel, situé sur une colline de l'ouest de Kaboul, plongé dans l'obscurité toute la nuit à l'exception de hautes flammes qui s'échappaient du toit : selon une source sécuritaire, les assaillants ont mis le feu au quatrième étage de l'hôtel avant de se retrancher au deuxième.

«Je peux entendre des coups de feu qui semblent provenir du premier étage, mais je ne sais pas où ils sont. Nous sommes cachés dans nos chambres. Faites que les secours arrivent vite», a supplié un client retranché au 3e étage, joint au téléphone par l'AFP, sous couvert de l'anonymat.

Au cours de la nuit, les forces spéciales déployées ont repris progressivement le contrôle des étages. «Mais nous progressons lentement pour éviter les victimes civiles», a expliqué le porte-parole adjoint du ministère de l'Intérieur, Nasrat Rahimi.

Sur Twitter, des proches angoissés demandaient des nouvelles des leurs séjournant dans l'établissement : «Mon oncle est là-bas, son téléphone est coupé. Toute info bienvenue». De Washington, le département d'État appelait à signaler l'éventuelle présence de ressortissants américains.

Plusieurs fortes explosions ont été entendues peu après 4h30 après une relative accalmie. Puis le jour s'est levé sur la façade en partie noircie du bâtiment.

Gardes inexpérimentés

Selon Abdul Sattar, qui vit en face de l'hôtel et a joint des membres du personnel qu'il connaît bien, «les assaillants sont arrivés par le couloir pendant le dîner. Ils ont forcé les chambres, pris des otages avec eux et ouvert le feu sur certains d'entre eux», a-t-il rapporté.

M Danish a indiqué qu'une nouvelle compagnie de sécurité avait pris récemment en charge la sécurité de l'hôtel. «Nous enquêtons pour comprendre par où sont entrés les assaillants», estimant qu'ils «ont pu utiliser les portes de l'arrière-cuisine».

Un comptable de l'hôtel qui a pu s'échapper grâce à sa bonne connaissance des lieux a affirmé que «les nouveaux gardes se sont sauvés sans combattre, ils n'ont pas riposté; ils n'avaient aucune expérience».

Le nombre de personnes se trouvant dans l'hôtel lors de l'attaque est inconnu à ce stade, de même que celui des étangers et leur nationalité.

L'Intercontinental de Kaboul — qui n'appartient pas à la chaîne internationale éponyme — accueille fréquemment des mariages, des conférences et des réunions politiques.

Sa terrasse illuminée dominant la ville est particulièrement prisée des classes aisées.

L'établissement, ouvert en septembre 1969, avait été la cible d'une précédente attaque en juin 2011, revendiquée par les talibans, qui avait fait 21 morts.

Depuis, l'hôtel avait renforcé la surveillance. Mais une journaliste de l'AFP a constaté samedi, quelques heures avant la tuerie, que la fouille au corps, à l'entrée même du bâtiment, pouvait être aisément contournée en sautant les barrières.

Cette opération intervient pourtant après une série de mises en garde précises depuis 48 heures concernant le risque d'attaques contre des lieux fréquentés par les étrangers. Ce qui avait conduit l'ONU et certaines ambassades à décréter l'état d'alerte.

La dernière attaque contre un grand hôtel avait visé l'autre Cinq étoiles de Kaboul, le Serena; neuf personnes avaient été tuées, dont un journaliste de l'AFP et sa famille.

Lundi, une délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies à Kaboul avait conclu une visite de quatre jours dans la capitale afghane, qui avait donné lieu vendredi à une réunion de haut niveau du Conseil sur l'Afghanistan au siège de l'ONU à New York.

Monde

Mike Pence en première tournée sous tension au Proche-Orient

Le vice-président américain Mike Pence est arrivé samedi soir en Jordanie après une visite en Égypte lors de son premier déplacement au Proche-Orient, une tournée sous tension après la décision controversée de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Initialement prévu fin décembre, ce déplacement avait été repoussé après la décision unilatérale du président Trump sur Jérusalem, un choix qui a rompu avec des décennies de diplomatie américaine et avec le consensus de la communauté internationale sur cette question épineuse du conflit israélo-palestinien.

Cette fois, malgré la persistance des crispations doublée d’un contexte politique explosif aux États-Unis, la tournée, qui comprend également Israël, a été maintenue.

Selon des journalistes de l’AFP, M. Pence est arrivé en soirée à Amman où il doit rencontrer dimanche le roi Abdallah II.

Le vice-président s’est rendu plus tôt samedi en Égypte où il a rencontré le président Abdel Fattah al-Sissi, à qui il a souligné le «partenariat stratégique» entre les deux alliés, selon un communiqué de son bureau.

Lors d’une conférence de presse conjointe, les deux dirigeants n’ont cependant pas voulu répondre aux questions pressantes des journalistes qui voulaient savoir s’ils avaient parlé de la décision américaine de reconnaître Jérusalem et du gel de fonds américains à l’agence de l’ONU pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

Le président Sissi a affirmé lors de la rencontre «son soutien au droit du peuple palestinien à établir un État indépendant avec pour capitale Jérusalem-Est», a indiqué de son côté la présidence égyptienne dans un communiqué.

La visite de M. Pence au Caire survient au lendemain de l’annonce par M. Sissi, un allié des États-Unis qui dirige l’Égypte d’une main de fer, de son intention de briguer un nouveau mandat en mars 2018. M. Sissi avait destitué en 2013 le président islamiste Mohamed Morsi démocratiquement élu.

Boycott palestinien

En réaction à l’annonce américaine sur Jérusalem, qui a provoqué un tollé général dans la région, les Palestiniens clament que les États-Unis ne peuvent plus prétendre à un rôle de médiateur dans le processus de paix que Donald Trump rêvait de relancer.

Ils ont fait savoir qu’ils boycotteraient la visite de Mike Pence, qui ne rencontrera pas le président Mahmoud Abbas, contrairement à ce qui était initialement prévu en décembre.

Le statut de Jérusalem est l’une des pierres d’achoppement du processus de paix avec Israël, au point mort depuis 2014. Les Palestiniens entendent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’État auquel ils aspirent. La partie orientale de la ville sainte est occupée par Israël qui l’a annexée, une annexion jugée illégale par l’ONU.

Les relations entre Washington et les Palestiniens ont encore été aggravées par la décision des États-Unis, cette semaine, de «geler» plus de la moitié de leurs versements prévus à l’UNRWA. Cette agence aide les plus de cinq millions de Palestiniens enregistrés comme réfugiés dans les Territoires, en Jordanie, au Liban ou en Syrie, depuis la création de l’État d’Israël et les conflits qui ont suivi.

Prudence égyptienne

La décision américaine sur Jérusalem avait provoqué des manifestations dans de nombreux pays arabes et musulmans, dont l’Égypte, où le grand imam d’Al-Azhar a annoncé en décembre son refus de recevoir M. Pence.

Le pape des coptes (chrétiens) d’Égypte, Tawadros II, a lui aussi refusé de rencontrer le vice-président américain, arguant que M. Trump a «fait fi des sentiments de millions d’Arabes».

Mais les régimes arabes alliés de Washington sont tiraillés entre leur opinion publique hostile et leur puissant partenaire américain. C’est le cas notamment de l’Égypte et de la Jordanie, qui ont établi des liens géopolitiques ou de dépendance financière vis-à-vis de Washington. L’Égypte qui a connu la destitution de deux présidents depuis 2011 se trouve en proie à une crise économique aiguë.

L’aide militaire américaine, qui atteint 1,3 milliard de dollars par an, est jugée cruciale par le régime de M. Sissi d’où la réaction prudente du Caire à l’annonce d’un futur transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem: l’Égypte avait alors estimé que ce choix risquait de «compliquer» la situation.

Après l’Égypte, et la Jordanie, M. Pence doit se rendre en Israël lundi et mardi pour des entretiens qui s’annoncent chaleureux avec le premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin.

Toutefois, son discours au Parlement israélien sera boycotté par une coalition des partis arabes qui le qualifient d’homme «dangereux et messianique».

Monde

Incertitude sur le déplacement de Trump à Davos

La participation du président américain Donald Trump au Forum économique de Davos (Suisse) pourrait être remise en cause par la fermeture partielle de l’administration fédérale, a indiqué samedi la Maison Blanche.

«Concernant Davos (...) nous examinons la situation au jour le jour», a déclaré Mick Mulvaney, directeur du budget à la Maison Blanche, lors d’un point de presse, sans autres précisions.

Le conseiller de M. Trump a par ailleurs confirmé que le président ne se rendrait pas en Floride ce week-end comme initialement prévu.

L’édition 2018 du Forum économique mondial (WEF) aura lieu de mardi à vendredi dans cette station de ski huppée de l’est de la Suisse.

Le dernier président américain à avoir fait le voyage de Davos est le démocrate Bill Clinton en 2000.

Monde

Un homme de 33 ans inculpé à Paris pour projet d’attentat

PARIS — Un homme de 33 ans, soupçonné de préparer un attentat et qui avait prêté allégeance au groupe État islamique dans une vidéo, a été mis en examen samedi à Paris et écroué, a appris l’AFP de sources proches de l’enquête et judiciaire.

Inconnu des services, l’homme avait été interpellé mardi dans la région de Nîmes (sud) par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Des produits pouvant servir à confectionner des explosifs ont été retrouvés, mais aucune cible précise n’a été identifiée, selon ces sources.

«Il s’agit du premier attentat déjoué depuis le début de l’année par la DGSI, a déclaré à l’AFP une source proche de l’enquête.

L’homme, a priori sans antécédents judiciaires, a été mis en examen samedi à Paris pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle» et placé en détention provisoire, selon une source judiciaire. Selon «les premiers éléments de l’enquête, il nourrissait le projet d’un passage à l’acte violent», a-t-elle ajouté.

«L’enquête a débuté par une veille de la DGSI sur les réseaux sociaux où les policiers ont détecté la volonté d’acquisition d’une arme par un homme habitant la région de Nîmes et qui tenait des propos islamistes», selon une source proche de l’enquête.

Au cours des perquisitions, des «produits pouvant servir à la confection d’explosifs, un engin potentiellement explosif (un tube rempli de poudre) et un système de mise à feu ont été saisis», selon cette source.

«Différentes poudres, mais en quantité peu importante et qui sont en cours d’analyse, ainsi qu’une mèche, ont été retrouvées», a affirmé une autre source proche du dossier.

Plusieurs vidéos, tournées entre l’été et la fin de l’année, ont également été retrouvées. Dans l’une d’entre elles, le suspect prêtait allégeance au chef de l’EI Abou Bakr Al-Baghdadi, avec le drapeau noir de l’organisation en fond.

En 2017, vingt attentats ont été déjoués en France, a affirmé début janvier le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Deux attentats revendiqués par le groupe Etat islamique (EI) ont été commis en France l’an dernier: le 20 avril sur les Champs-Élysées à Paris et le 1er octobre à la gare Saint-Charles à Marseille. Ils ont fait trois morts.

Depuis le 7 janvier 2015, et l’attaque contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher, les attentats jihadistes ont fait en France 241 morts.

Monde

Ode à la liberté de la presse sur les podiums parisiens

La mode a célébré la liberté de la presse samedi à la Fashion week parisienne, où deux marques ont présenté des vêtements couverts de slogans issus d’une campagne du New York Times en réaction aux attaques de Donald Trump contre les médias.

La griffe japonaise Sacai a imprimé 19 phrases issues de cette campagne publicitaire sur la recherche de la vérité, «The Truth is Hard», lancée par le quotidien américain en février dernier, sur le dos d’un t-shirt et d’un sweat à capuche.

Donald Trump a annoncé mercredi ses prix «Fake News» très controversés et dénoncés par avance par deux sénateurs de son propre camp effarés par ce spectacle et par les «assauts» présidentiels répétés contre la presse.

La créatrice à la tête de la marque, Chitose Abe, portait elle-même un t-shirt frappé du logo du journal et la phrase «Truth. It’s more important now than ever». («La vérité n’a jamais été aussi importante»).

«Je trouve que le New York Times a raison, c’est la raison pour laquelle je voulais collaborer avec eux et les soutenir», a expliqué la créatrice japonaise à l’AFP après la présentation de sa collection mixte automne-hiver 2018, dans les anciens bâtiments du journal Libération.

«C’est aussi un message sur l’importance de la tolérance et de la nécessité d’accepter tout le monde, de la bonté», a-t-elle ajouté.

Le message du New York Times a aussi séduit la jeune marque française Etudes, qui a imprimé le logo du journal sur des écharpes de sa collection, inspirée par la «scène underground».

Les créateurs Jeremy Egry et Aurélien Arbet ont indiqué à l’AFP n’avoir pas voulu envoyer «un message politique, mais être évidemment pour la liberté d’expression».

Le New Look de l’homme

Plus tard dans la journée, le directeur artistique de Dior homme Kris Van Assche a présenté sa version masculine du «New Look». Le tailleur Bar de 1947 imaginé par Christian Dior sert d’inspiration à des vestes de costumes, dont les tailles sont très appuyées et les manches affinées.

«Monsieur Dior pour ces vestes Bar s’inspirait beaucoup de l’homme, des vêtements d’officiers et donc finalement l’exercice de remettre cela sur des vêtements d’homme n’était pas si compliqué que cela», a expliqué le créateur belge à l’AFP.

«On vit une époque où les gens disent le tailleur c’est fini, tout doit être loose, baggy, oversized... Dans cette période où tout est un peu brouillé, entre le streetwear et le haut de gamme, je pense qu’il est important de vraiment insister sur l’ADN de la marque, ce qui nous différencie des autres, donc le tailleur», a-t-il ajouté.

Mais dans cette collection intitulée «Forever Young» transparaît toutefois aussi l’univers du streetwear, de la jeunesse et du clubbing des années 1990, l’époque où Kris Van Assche était adolescent.

Pour le décor, le créateur explique s’être inspiré de sa chambre d’ado, éclairée par une barre de spots de toutes les couleurs, où il avait l’habitude d’écouter de la musique à fond.

Dans le vestiaire, des jeans, des polos, des baskets type Converse et des chaussures type Doc Martens, des bandanas, des motifs de tatouages tribaux s’impriment sur des chemises ou se déclinent en bijoux.

Monde

Brexit: accord spécial entre le Royaume-Uni et l’UE possible, dit Macron

Un accord spécial entre le Royaume-Uni et l’Union européenne comme le souhaite le gouvernement britannique est possible après le Brexit, a déclaré Emmanuel Macron dans une interview à la BBC qui en a diffusé des extraits samedi.

Y aura-t-il une solution sur mesure pour le Royaume-Uni? «Bien sûr» répond le président français qui s’exprime en anglais. «Mais cette voie spéciale devra être compatible avec la préservation du marché unique et de nos intérêts collectifs».

«Et vous devriez comprendre que vous ne pouvez pas, par définition, avoir un accès total au marché unique si vous ne cochez pas la case» (de l’appartenance à l’Union européenne), a souligné M. Macron, précisant que la solution «est peut-être quelque chose entre cet accès total et un accord commercial».

Le plein accès des services financiers au marché unique «n’est pas réalisable», a toutefois insisté le président français, «Il ne devrait pas être possible de choisir ce qu’on veut dans le marché unique car cela signifie le démantèlement du marché unique».

L’intégralité de cet entretien sera diffusée dimanche matin.

Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont approuvé en décembre l’ouverture d’une nouvelle phase de leurs négociations, incluant leur future relation commerciale.

Theresa May a répété vouloir nouer «un nouveau partenariat étroit et spécial» avec l’UE, avec un minimum d’obstacles au commerce, plutôt qu’obtenir une réplique d’un accord existant comme celui récemment signé entre l’UE et le Canada, ou la relation entretenue par la Norvège, membre du marché unique sans faire partie des 27.

En janvier débutera la négociation d’une période de transition d’environ deux ans demandée par Londres. Pendant cette parenthèse, le Royaume-Uni devrait continuer d’appliquer les règles européennes, sans participer «à la prise de décision» au sein de l’UE.

Et les 27 ne prévoient d’adopter qu’en mars 2018 des directives de négociations plus précises sur les futures relations commerciales avec Londres après cette période de transition.

La sortie du Royaume-Uni de l’UE est prévue en mars 2019. Tout en affirmant «respecter» le choix des Britanniques de quitter l’UE, Emmanuel Macron a dit «regretter» ce choix, ajoutant: «J’aimerais vous accueillir de nouveau» (dans l’UE).

Monde

En Espagne, Puigdemont serait arrêté malgré son immunité

Le parquet général en Espagne a averti samedi l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont que son immunité de député n’empêcherait pas son arrestation s’il rentrait de Belgique en Espagne pour se faire investir à la tête de la région.

M. Puigdemont s’était installé fin octobre en Belgique, juste avant d’être poursuivi par la justice espagnole pour «sédition», «rébellion» et «détournement de fonds», suite à la proclamation à Barcelone d’une «République catalane» restée sans effets. Réélu député régional le 21 décembre, il est actuellement le seul candidat à la présidence du gouvernement catalan.

«Immunité» ne signifie pas «impunité»: tel est le message que lui a envoyé le parquet général, à travers un communiqué.

«La garantie de l’immunité ne signifie pas qu’on ne puisse pas ordonner le placement en détention sur ordre judiciaire», a-t-il écrit.

Le parquet général considère que M. Puigdemont «en s’enfuyant et en défendant des agissements qui avaient culminé avec la déclaration d’indépendance, montre qu’il persiste dans son plan délictueux».

Le parquet général fait par ailleurs valoir que d’autres indépendantistes - bénéficiant aussi de l’immunité parlementaire - sont actuellement en prison: «La Cour suprême a déjà décidé pour ces mêmes faits, compte tenu de leur extrême gravité, la mise en examen et le placement en détention de personnes ayant le même statut de député», écrit le parquet.

«Il est inadmissible qu’une interprétation du privilège d’immunité parlementaire dérive en impunité», a conclu le parquet.

Le 5 janvier, la Cour suprême avait décidé de maintenir en prison l’ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras. Il venait lui aussi d’être réélu député régional.

Depuis les élections du 21 décembre, les indépendantistes jouissent de nouveau de la majorité absolue en sièges au nouveau parlement catalan (70 sur 135) mais huit d’entre eux ne peuvent siéger: ils sont soit en fuite en Belgique soit en prison pour trois d’entre eux.

M. Puigdemont avait assuré vendredi pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique et éviter ainsi d’être emprisonné s’il rentrait.

Son avocat Jaume Alonso-Cuevillas a cependant expliqué samedi, dans un entretien à la télévision publique catalane, que tous les scénarios étaient encore envisagés, y compris un retour de M. Puigdemont à Barcelone.

«Le président Puigdemont n’a jamais écarté la possibilité de se présenter et de se soumettre à l’investiture en personne», a assuré son avocat, tout en le disant «conscient des risques qu’il encourt».

L’avocat avait plaidé que M. Puigemont jouissait de l’immunité parlementaire et «ne pourrait pas être arrêté» s’il se présentait à Barcelone.

Monde

Le parlement français passe aux tablettes pour lutter contre le gaspillage

Une page se tourne ou plutôt ne se tournera plus pour les députés français: des tablettes numériques remplacent désormais les épaisses liasses de papier, dans le souci d’une Assemblée nationale sans «gaspi».

Depuis leur arrivée en juin, «beaucoup de nouveaux parlementaires se sont émus de la quantité de papier» utilisée lors de l’examen des textes, avec des amendements systématiquement imprimés, a expliqué à l’AFP Laurianne Rossi, questeure de l’Assemblée et membre de la commission du Développement durable.

Avec environ 52 000 ramettes utilisées chaque année, le Palais Bourbon est gourmand en feuilles, même si ce chiffre a été déjà quasiment divisé par deux depuis 2008 et la législature précédente, avec la dématérialisation de certains travaux.

La «décision du collège des questeurs, en accord avec la présidence» de faire de même pour l’examen des textes en séance, «était une mesure attendue», explique Mme Rossi. Et ce, même s’il y aura «toujours des députés un peu moins connectés qui devront s’adapter».

Depuis lundi, les élus peuvent donc récupérer une tablette numérique à leur nom pour suivre l’évolution des textes dans l’hémicycle.

Ils sont 368 sur 577 à en avoir fait la demande, certains ayant déjà leurs propres outils et n’en souhaitant pas un second. Chaque député devant avoir accès aux amendements, des tablettes «de secours» sont aussi prévues en cas de tablettes déchargées ou oubliées.

À la clé, une économie «non négligeable», selon Laurianne Rossi, de 55 000 euros (84 000 $CAN) par an pour les séances (à laquelle s’ajouteront des économies en commission). Le coût des tablettes s’élève, lui, à 300 000 euros (457 000 $CAN), la questure tablant sur un amortissement sur quatre ans.

Mais quelques réserves se sont exprimées, notamment concernant «les dépenses d’énergie» liées à l’utilisation de ces nouveaux outils, faisant «douter des gains en termes environnementaux, et même financiers», a fait valoir la socialiste Marie-Noëlle Battistel.