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Monde

Deux chefs d’accusation contre Trump

WASHINGTON — Dans un tournant historique, les démocrates ont retenu mardi deux chefs d’accusation dans la procédure de destitution visant Donald Trump : abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Ces chefs, jugés «ridicules» par le président américain, seront débattus dès mercredi au sein de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, en vue d’un vote en séance plénière la semaine prochaine.

Monde

Des centaines de milliers de manifestants à nouveau dans la rue en France

PARIS — Plusieurs centaines de milliers de personnes ont à nouveau manifesté mardi contre une réforme des retraites dans toute la France, où la grève va se poursuivre notamment dans les transports, les opposants restant déterminés à faire reculer le gouvernement, qui s’apprête à présenter mercredi ce projet controversé.

Le ministère de l’Intérieur a recensé 339 000 manifestants en France (dont 31 000 dans la capitale). De son côté, le syndicat CGT a annoncé 885 000 manifestants. Les cortèges étaient moins fournis que la première journée de mobilisation, le 5 décembre, où le Ministère avait recensé 806 000 manifestants à travers la France.

Les syndicats opposés à la réforme des retraites «appellent à organiser des actions de grève et de manifestations localement le 12 décembre, puis le week-end, et de faire du 17 décembre une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grève et de manifestation», selon un communiqué intersyndical adopté à l’issue de près de trois heures de réunion commune mardi soir.

«On est aujourd’hui contre ce projet de réforme des retraites, on le trouve injuste, inéquitable [...] c’est un danger pour le modèle social français», a déclaré Edgar, employé de la Régie des transports parisiens, parmi les manifestants à Paris, mardi.

Si la mobilisation dans la rue est en repli, «le mécontentement reste aussi haut», a fait valoir le numéro un de la CGT, Philippe Martinez. «Aujourd’hui, on est dans l’installation d’un mouvement», a indiqué de son côté Yves Veyrier, secrétaire général du syndicat FO.

La journée de mercredi s’annonce cruciale pour l’exécutif français, qui n’entend pas faire marche arrière sur cette réforme, promesse de campagne du président Emmanuel Macron avant son élection en 2017, et semble même prêt au bras de fer.

La retraite est un sujet éminemment sensible en France. Les opposants les plus virulents espèrent faire durer le mouvement et mettre le pays à l’arrêt comme en décembre 1995. La mobilisation d’alors, notamment contre une réforme des retraites, avait paralysé les transports en commun durant trois semaines et forcé le gouvernement de l’époque à reculer.

«Pas d’annonces magiques»

Les manifestants veulent amener le gouvernement à renoncer à mettre en place un «système universel» de retraite par points censé remplacer les 42 régimes existants, et être «plus juste» et équilibré financièrement.

Or, le contexte social est déjà tendu en France, avec la mobilisation depuis plus d’un an du mouvement inédit des «gilets jaunes», exaspérés par les fins de mois difficiles et qui contestent la politique fiscale et sociale du gouvernement, mais aussi des mécontentements exacerbés dans les hôpitaux, parmi les étudiants, les cheminots, les policiers, les sapeurs-pompiers, les enseignants, les agriculteurs...

Sur cette réforme des retraites, le premier ministre Édouard Philippe a déclaré mardi devant les députés du parti présidentiel La République en marche qu’«il n’y a pas d’annonces magiques» qui puissent faire «cesser les manifestations».

«Ce n’est pas parce que je fais un discours [mercredi midi] que les manifestations vont cesser. Ce discours va même susciter de nouvelles questions. Et c’est normal. Il y aura des questions et il y aura des débats dans l’hémicycle sur des sujets légitimes», a lancé le chef du gouvernement lors d’une réunion à huis clos.

«Chacun autour de la table sait ce qu’est une réforme indispensable à son pays» et ce que la mener «implique», a de son côté plaidé le président Macron dans la nuit de lundi à mardi.

«Je n’ai pas senti une grande inquiétude», a assuré celui qui, tout juste élu, déclarait en août 2017 : «La France n’est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n’ont pas réussi, car les Français détestent les réformes.»

De fait, pour l’heure, une majorité de Français déclarent soutenir la grève, redoutant une précarisation des retraités après la réforme ou ayant des inquiétudes pour les retraites des métiers les plus pénibles.

Monde

Argentine: Alberto Fernandez, nouveau président d'un pays en crise

BUENOS AIRES — Promettant «de remettre l'Argentine sur pied» après plus d'un an de récession, le péroniste de centre gauche Alberto Fernandez a été investi mardi à la tête d'un pays qui vit selon lui une «catastrophe sociale», avec une inflation galopante et des taux de chômage et de pauvreté en hausse.

Après avoir prêté serment devant le Parlement, il a reçu l'écharpe présidentielle des mains de son prédécesseur, le libéral Mauricio Macri, sous les vivats des élus de sa coalition et de ses partisans dans la rue.

Monde

Trump dit avoir mis en garde la Russie contre toute ingérence, Lavrov dément

WASHINGTON — L'ingérence électorale russe dans les élections américaines continue de faire obstacle au rapprochement avec Moscou voulu par Donald Trump : la Maison-Blanche a affirmé mardi que le président américain avait lancé un avertissement au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui a aussitôt démenti.

Le président Trump, qui a reçu le ministre russe, «a mis en garde contre toute tentative d'ingérence de la part de la Russie dans les élections américaines», a déclaré l'exécutif américain.

Monde

La formation des militaires saoudiens aux États-Unis suspendue

WASHINGTON — Le Pentagone a suspendu temporairement mardi le programme d’entraînement des militaires saoudiens sur le sol américain après la fusillade de Pensacola, dans laquelle trois jeunes militaires américains ont été tués par un pilote saoudien.

L’entraînement opérationnel des militaires saoudiens reprendra à l’issue d’une révision des procédures de sécurité et de vérification des antécédents de tous les militaires étrangers actuellement formés aux États-Unis, a indiqué à la presse un haut responsable du ministère américain de la Défense ayant requis l’anonymat.

Cette revue des procédures, ordonnée par le vice-ministre de la Défense David Norquist, devrait prendre de 5 à 10 jours, a précisé un autre responsable du Pentagone.

Cette suspension avait été réclamée par des élus républicains comme démocrates après qu’un membre de l’armée de l’air saoudienne a ouvert le feu vendredi avec une arme de poing dans une salle de cours de la base de Pensacola, en Floride, faisant trois morts et huit blessés avant d’être abattu par la police.

Il avait publié sur Twitter avant son attaque des messages hostiles envers les États-Unis, selon le groupe de surveillance des mouvements jihadistes SITE.

«Le ministère coopère étroitement avec le gouvernement saoudien pour répondre à cet incident», a souligné David Norquist dans une lettre aux chefs des services de l’armée américaine concernés par cette mesure, qui a été «approuvée» par Ryad.

L’US Navy avait annoncé un peu plus tôt avoir suspendu l’entraînement des 303 militaires saoudiens en formation sur les bases navales de Pensacola, Whiting Field et Mayport, en Floride.

Pressions des élus 

Les responsables du Pentagone n’ont pas été en mesure de préciser combien de militaires saoudiens au total sont entraînés sur le sol américain, mais ils ont indiqué que les États-Unis formaient actuellement quelque 5000 militaires étrangers sur des bases américaines.

Ils seront tous concernés par les changements de procédures de sécurité pour leur accès à l’entraînement et aux bases elles-mêmes.

Des centaines de militaires saoudiens suivent chaque année des formations au sein des forces armées américaines, illustration des liens forts qui unissent les deux pays alliés.

Dimanche, le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président Donald Trump, avait estimé que ce programme devait «être suspendu» tant que la lumière n’aura pas complètement été faite sur les événements en Floride.

Les enquêteurs américains cherchent notamment à savoir si le tireur saoudien a agi seul.

«L’Arabie saoudite est un allié, mais il y a ici quelque chose de fondamentalement mauvais. Nous devons ralentir ce programme et le réévaluer», avait insisté M. Graham.

Un autre républicain, Matt Gaetz, qui représente au Congrès la Floride où a eu lieu l’attaque, avait lui aussi appelé à «mettre le programme en pause».

«Nous ne devrions pas accueillir de nouveaux étudiants saoudiens tant que n’avons pas absolument confiance en notre processus de contrôle», avait-il expliqué.

Le ministre américain de la Défense Mark Esper a cependant défendu l’utilité de ce type de programmes.

«Nous disposons de quelque chose que n’ont pas nos adversaires potentiels, comme la Russie et la Chine», a-t-il souligné dimanche. «La possibilité de faire venir ici des étudiants étrangers pour s’entraîner avec nous, pour comprendre la culture américaine, nous est très importante afin de construire ces relations au long cours qui contribuent à notre sécurité».

Monde

Une fusillade de plusieurs heures fait six morts au New Jersey

JERSEY CITY — Six personnes sont mortes dans une fusillade qui a duré plus de deux heures mardi au cœur de Jersey City, une ville du New Jersey voisine de New York, ont indiqué les autorités locales.

Michael Kelly, chef de la police de cette ville de 270 000 habitants, a confirmé qu'un policier et trois civils avaient été tués, ainsi que les deux suspects soupçonnés d'avoir déclenché la fusillade à la mi-journée, dans un cimetière de la ville.

Autour du globe

Monde

Nouvelle-Zélande: le volcan encore trop menaçant pour récupérer les corps

WHAKATANE — La police néo-zélandaise a expliqué mercredi qu’envoyer des secouristes récupérer les corps des personnes tuées par l’éruption du volcan de White Island serait «de la folie», l’île étant encore dangereuse.

L’éruption de lundi a fait six morts sur cette île très touristique au large de l’île du Nord. Les corps de huit autres personnes, portées disparues, se trouvent encore sur place, selon les autorités. Quelque 47 excursionnistes au total étaient sur l’île au moment de l’éruption.

«Ce serait de la folie pour nous d’envoyer des hommes et des femmes à White Island» alors que les conditions de sécurité pour les secouristes n’y sont pas réunies, a expliqué le ministre de la police Stuart Nas, sur Radio New Zealand. «Nous avons la responsabilité, envers les membres de la police néo-zélandaise, de veiller à ce que toute situation dans laquelle nous les plaçons n’est pas dangereuse».

Monde

Aung San Suu Kyi appelée à «cesser le génocide rohingya» devant la Cour internationale de justice

LA HAYE - L’ancienne icône de la paix Aung San Suu Kyi a assisté mardi aux appels de la Gambie, au nom du monde musulman, pour que la Birmanie «cesse le génocide» contre la minorité rohingya, au premier jour d’audiences devant la Cour internationale de justice.

Celle qui fut lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 est à la tête de la délégation birmane devant la Cour qui siège à La Haye pour assurer elle-même la défense de son pays, à majorité bouddhiste, mis en cause pour les massacres et persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas.

Depuis août 2017, quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de «génocide» par des enquêteurs de l’ONU.

Des milliers de personnes ont marché mardi dans plusieurs villes de Birmanie afin de soutenir Aung San Suu Kyi, qui a vu son image ternie au sein de la communauté internationale depuis qu’elle a pris la défense des généraux de l’armée birmane.

«Tout ce que la Gambie demande, c’est que vous disiez (à la Birmanie) de mettre fin à ces tueries insensées, d’arrêter ces actes de barbarie et de cesser ce génocide contre son propre peuple», a plaidé le ministre gambien de la Justice, Abubacarr Tambadou, devant les juges de la CIJ.

La Gambie, mandatée par les 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique, estime que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948.

La CIJ, organe judiciaire principal des Nations unies, créé en 1946 pour régler les différends entre États membres, tient de premières audiences de mardi à jeudi dans ce dossier ultrasensible.

«Chaque jour à ne rien faire, ce sont plus de gens tués, plus de femmes violées et plus d’enfants brûlés vifs. Quel crime ont-ils commis ? Seulement celui d’être nés dans une religion différente», a dénoncé M. Tambadou, ancien procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda.

«Un autre génocide se déroule sous nos yeux, mais nous ne faisons rien pour l’arrêter», a-t-il martelé.

La Gambie demande à la CIJ des mesures d’urgence pour mettre fin aux «actes de génocide en cours» en Birmanie en attendant que soit rendu l’arrêt définitif sur le fond de l’affaire, ce qui pourrait prendre des années.

«Défendre la dignité»

Vêtue d’une robe traditionnelle birmane, Aung San Suu Kyi, 74 ans, a écouté les déclarations des avocats gambiens des victimes rohingyas, notamment celui d’une mère dont le fils d’un an a été battu à mort et celui d’une femme enceinte de huit mois qui a été piétinée et violée à plusieurs reprises.

En Birmanie, des sympathisants de la cheffe de facto du gouvernement birman se sont rassemblés dans plusieurs villes, agitant des drapeaux. Quelque 2.000 personnes ont marché dans les rues de Rangoun, la capitale économique, et des dizaines de milliers d’autres ont défilé à Mandalay (nord).

«Nous devons la soutenir alors qu’elle voyage pour défendre la dignité de notre pays», a déclaré Thant Zin, un habitant de Rangoun de 57 ans, arborant des autocollants de Suu Kyi sur les deux joues.

Les avocats de la Gambie ont toutefois dénoncé l’apparition d’énormes panneaux d’affichage à travers la Birmanie ces dernières semaines, montrant Aung San Suu Kyi avec trois généraux de l’armée birmane souriants. Pour l’avocat Paul Reichler, cela montre que ces derniers sont «tous impliqués» dans les exactions commises à l’encontre des Rohingyas.

Cela prouve «que la Birmanie n’a absolument aucune intention de tenir ses dirigeants militaires pour responsables», a-t-il affirmé.

«Demander justice»

Suu Kyi devrait présenter mercredi la défense de la Birmanie, devenant l’un des premiers dirigeants à s’adresser personnellement aux juges de la Cour. Celle-ci n’a établi qu’une seule fois qu’un génocide avait été commis : le massacre de 8.000 hommes et garçons musulmans en 1995 à Srebrenica, en Bosnie.

Aung San Suu Kyi devrait faire valoir que la CIJ n’a pas compétence en la matière, que l’armée birmane ciblait des rebelles rohingyas et que le pays est parfaitement capable de mener à bien ses propres enquêtes.

«Je demande que le monde nous rende justice», a déclaré Nur Karima, une réfugiée rohingya dont les frères et grands-parents ont été tués lors d’un massacre dans le village de Tula Toli en août 2017.

«Je veux voir les condamnés être menés à la potence. Ils nous ont tués sans pitié», a témoigné auprès de l’AFP Saida Khatun, une autre réfugiée de Tula Toli.

Les autorités birmanes maintiennent quant à elles que les militaires n’ont fait que réagir aux attaques de la rébellion rohingya et qu’il n’y a eu ni nettoyage ethnique ni génocide.

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Monde

L’incendie de Notre-Dame, fait d’actualité le plus twitté en 2019

PARIS — L’incendie de Notre-Dame de Paris en avril a été le fait d’actualité le plus commenté sur Twitter en 2019, selon un classement publié par le réseau social lundi.

Le mot-clé «#NotreDame» s’est hissé en tête du classement des hashtags en lien avec des faits d’actualité les plus utilisés cette année dans le monde, indique ainsi Twitter sans toutefois donner de chiffres. 

Suivent la nouvelle ère impériale au Japon «Reiwa» et les manifestations au Venezuela. 

Le 15 avril, un incendie a ravagé la charpente en bois de la cathédrale Notre-Dame de Paris, un des monuments les plus visités d’Europe. La flèche s’est effondrée et une bonne partie du toit a été réduite en cendres, créant une vague d’émotion mondiale. 

Monde

Une «semaine morte» en France

PARIS — La grève qui met la France au ralenti et n’a pas faibli lundi, devrait continuer d’engendrer son lot de perturbations notamment dans les transports publics mardi, nouvelle journée de manifestations contre la réforme des retraites dont le gouvernement devrait détailler le contenu le lendemain.

Métros et trains de banlieue bondés, quais noirs de monde, des centaines de kilomètres de bouchons en région parisienne : la situation de lundi devrait se reproduire mardi pour la sixième journée consécutive de grève. À la SNCF, seulement 20 % des TGV et des trains de la banlieue parisienne pourront circuler, a indiqué la direction.

Dans la capitale, dix des seize lignes du métro opéré par la RATP resteront fermées au moins jusqu’à mercredi, voire vendredi. «La semaine est morte», résume Thierry Babec, secrétaire général de l’Unsa RATP (1er syndicat de la régie).

Environ 25 % des vols intérieurs et 10 % des moyen-courriers d’Air France seront annulés. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies de réduire leur programme de vol.

Un an après la naissance du mouvement de contestation sociale des «gilets jaunes», qui leur a porté un coup dur, et à l’approche des fêtes de fin d’année, ce nouveau mouvement inquiète commerçants, hôteliers, restaurateurs et professionnels du tourisme qui d’ores et déjà font état d’une baisse de leur chiffre d’affaires.

Le mouvement social touchant aussi le monde de la culture, des spectacles ont été annulés lundi à l’Opéra Bastille, à l’Opéra Garnier ou à la Comédie française, tandis que des musées étaient partiellement fermés.

Si l’énervement gagnait les usagers des transports publics, selon un sondage Harris Interactive/RTL lundi, 68 % des Français déclarent soutenir la grève.

«Une grosse vague»

La nouvelle journée d’action de mardi, qui devrait entraîner des perturbations dans de nombreux secteurs, notamment dans les écoles, mais aussi dans les ports et les docks par exemple, s’accompagnera à nouveau de manifestations partout en France.

Cette deuxième journée sera «une grosse vague», a prédit le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Sous pression après une première journée de mobilisation qui a jeté dans la rue plus de 800 000 manifestants le 5 décembre, l’exécutif doit lever le voile mercredi sur une réforme des retraites encore floue.

Le gouvernement, soutenu par la Commission européenne qui juge la réforme «nécessaire», défend un «système universel» par points censé remplacer à partir de 2025, ou un peu plus tard, les 42 régimes existants et être «plus juste». Mais ses opposants redoutent une «précarisation» des retraités.

Manque de clarté

Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye, après avoir reçu les partenaires sociaux lundi avec la ministre des Solidarités Agnès Buzyn, a estimé que le «statu quo» n’était «pas tenable».

De son côté le syndicat patronal Medef a reproché au gouvernement un «manque de clarté» qui conduit à «mobiliser les gens, parce qu’ils ne savent pas». Dans une tribune publiée par le journal Le Monde, des économistes proches d’Emmanuel Macron ont également appelé à davantage de «clarté».

Le syndicat CGT est «déjà en réflexion» pour une nouvelle journée de mobilisation jeudi.

C’est «la semaine de vérité», titrait le quotidien Le Figaro tandis que Libération ne voyait qu’une alternative pour Emmanuel Macron : «la réforme ou la retraite».

D’autant que le gouvernement est confronté à un risque d’élargissement de la contestation. Les internes en médecine sont par exemple appelés à une grève illimitée à partir de mardi pour dénoncer la «dégradation des soins» et les généralistes à fermer leurs cabinets samedi.

De leur côté quatre syndicats du transport routier et de la logistique ont appelé à la grève le 16 pour de meilleures conditions de travail.

Venant encore brouiller l’image du gouvernement, le quotidien Le Parisien a révélé que Jean-Paul Delevoye n’avait pas déclaré une fonction d’administrateur dans un Institut de formation de la profession de l’assurance dans sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Une «erreur» et «une omission par oubli», a réagi M. Delevoye, accusé par l’opposition de conflit d’intérêts, et qui a démissionné de cette fonction lundi.

Monde

Décès de l’homme à l’origine du «défi du seau d’eau glacée»

BOSTON — Pete Frates, un ancien joueur de baseball universitaire dont la lutte acharnée contre la maladie de Lou Gehrig a contribué à inspirer le «défi du seau d’eau glacée» ayant permis de récolter plus de 200 millions $US dans le monde, est mort lundi. Il avait 34 ans.

M. Frates s’est éteint paisiblement, entouré de sa famille, ont déclaré ses proches dans un communiqué. «Aujourd’hui, le ciel a reçu notre ange», ont-ils écrit.

Le défi du seau d’eau glacée — le Ice Bucket Challenge, en anglais — a commencé en 2014 lorsque le golfeur professionnel Chris Kennedy a lancé le défi à la cousine de sa femme, Jeanette Senerchia, dont le mari était atteint de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), également connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig, du nom du légendaire joueur des Yankees de New York qui en a souffert.

Lorsque M. Frates et sa famille se sont joints à l’initiative, le phénomène a explosé sur les réseaux sociaux. Le processus était simple : il fallait prendre un seau d’eau glacée, le verser sur votre tête, publier une vidéo sur les réseaux sociaux et inciter les autres à faire de même ou à faire un don à une œuvre caritative. La plupart des gens ont fait les deux.

Célébrités

Des milliers de personnes ont participé, y compris des célébrités, des vedettes du sport et des politiciens — même Donald Trump avant son élection, ainsi que le personnage de dessin animé Homer Simpson. Les vidéos en ligne ont été vues des millions de fois.

«Le défi du seau d’eau glacée de la SLA représente tout ce qui est génial dans ce pays — ça représente le plaisir, les amis, la famille, et il fait une différence pour nous tous vivant avec la SLA», avait expliqué M. Frates à l’époque.

Le défi a permis de recueillir environ 220 millions $US à travers le monde, dont 115 millions $US pour l’association SLA de Washington.

La maladie de Lou Gehrig est une maladie neurodégénérative qui conduit à la paralysie due à la mort des motoneurones de la moelle épinière et du cerveau. Il n’y a pas de remède connu.

M. Frates laisse dans le deuil sa femme Julie, sa fille Lucy, ses parents John et Nancy, et ses frères et sœurs Andrew et Jennifer.

Monde

La tension remonte entre Washington et Pyongyang

WASHINGTON — Le ton a continué de monter lundi entre les États-Unis et la Corée du Nord qui, à l’approche d’un ultimatum fixé par Pyongyang à Washington pour la fin de l’année, risquent de renouer avec les tensions extrêmes de 2017.

Après avoir fait le dos rond face à la multiplication des tirs de missiles nord-coréens de courte et moyenne portée ces derniers mois, l’administration de Donald Trump a changé d’attitude après le mystérieux essai annoncé dimanche par Pyongyang.

Monde

Mégacontrat du Pentagone: Amazon accuse Trump d’avoir fait pression

NEW YORK — Amazon a accusé directement le président américain Donald Trump d’avoir influencé l’attribution par le Pentagone, fin octobre, d’un mégacontrat de stockage de données en ligne (cloud) de 10 milliards $ à Microsoft, selon un document judiciaire rendu public lundi.

Selon le géant du commerce en ligne, le locataire de la Maison-Blanche a «mené de manière répétée des attaques publiques et en coulisses» pour qu’Amazon n’obtienne pas le contrat JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure), d’une durée de dix ans, qui vise à moderniser la totalité des systèmes informatiques des forces armées américaines dans un système géré par intelligence artificielle.

La division Amazon Web Services (AWS), qui domine le secteur du cloud computing et fournit des serveurs sécurisés à d’autres organismes gouvernementaux américains, dont la CIA, était considérée comme favorite pour l’obtention du contrat.

«Vendetta»

Dans un document d’une centaine de pages, le groupe de Seattle estime que l’inimitié de Donald Trump envers le patron d’Amazon Jeff Bezos, «perçu comme un ennemi politique» a joué un rôle conséquent dans la décision du Pentagone.

M. Bezos est la cible fréquente d’attaques virulentes de la part du président républicain, notamment en raison de son investissement dans le Washington Post, un des journaux quotidiens parmi les plus critiques de M. Trump et de son gouvernement.

«Le président des États-Unis et commandant en chef de notre armée s’est servi de son pouvoir pour “dégager Amazon” du contrat JEDI dans le cadre d’une vendetta personnelle et hautement médiatisée contre M. Bezos, Amazon et le Washington Post», affirme le document.

Dans cette plainte, Amazon demande au Pentagone de «réévaluer les offres de manière juste et sans influence inappropriée, directe ou indirecte».

«La question à se poser est la suivante : le président des États-Unis devrait-il être autorisé à utiliser le budget du ministère de la Défense à des fins personnelles et politiques?» assène le groupe.

Monde

Destitution de Trump: des conclusions diamétralement opposées, à l’image du pays

WASHINGTON — Démocrates et républicains américains se sont écharpés lundi en offrant leurs conclusions diamétralement opposées de l’enquête en destitution contre Donald Trump, illustrant les profondes divisions partisanes qui traversent les États-Unis.

L’opposition démocrate a présenté son dossier contre le président républicain, en amont d’un vote crucial à la Chambre des représentants sur sa mise en accusation («impeachment»), qui pourrait intervenir avant Noël.

Et les parlementaires pourraient selon plusieurs médias dévoiler dès mardi les deux chefs d’accusation retenus contre le milliardaire new-yorkais: l’abus de pouvoir et l’entrave à la bonne marche du Congrès.

Au terme d’une audition acrimonieuse longue de près de dix heures, marquée par de vives passes d’armes, le chef démocrate de la commission judiciaire n’a laissé aucun doute sur sa position.

La conduite de Donald Trump «est à l’évidence passible d’une mise en accusation. Cette commission agira en conséquence», a déclaré Jerry Nadler, sans préciser les dates des étapes à venir.

Le milliardaire «a violé son serment envers les Américains, il a fait passer son propre intérêt avant notre sécurité nationale», a-t-il martelé. M. Trump «représente encore aujourd’hui une menace pour l’intégrité de nos élections et notre système démocratique».

Les républicains ont eux tenu la ligne de défense de la Maison-Blanche, dénonçant «un spectacle politique».

Les démocrates «n’arrivent pas à se remettre du fait que Donald Trump est président» depuis sa victoire surprise en 2016, a lancé le numéro deux républicain de la commission, Doug Collins.

Proclamant depuis le début de l’affaire qu’il n’a rien fait de mal, Donald Trump a confié lundi avoir regardé «un petit peu» cette audition fleuve. «C’est une honte, c’est un coup monté», a-t-il encore dit.

«Complot» 

Forts de leur majorité à la Chambre, les démocrates ont initié fin septembre l’enquête en destitution, après avoir appris que Donald Trump avait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020.

L’accusant d’abus de pouvoir, ils estiment que le président a fait pression sur l’Ukraine, notamment en suspendant une importante aide militaire destinée à ce pays en guerre avec la Russie.

Les parlementaires pourraient aussi inclure le refus de la Maison-Blanche de collaborer dans l’enquête en destitution, qu’elle juge «anticonstitutionnelle», dans un second chef d’accusation : l’entrave à la bonne marche du Congrès.

Compte tenu de la majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump deviendra certainement le troisième président de l’histoire, après Andrew Johnson et Bill Clinton, mis en accusation au Congrès américain.

Lâché par ses troupes, Richard Nixon avait démissionné avant le vote en séance plénière.

Cependant, le milliardaire devrait ensuite être acquitté lors du procès au Sénat, où les républicains sont majoritaires et le soutiennent largement.

Contre-feux 

Des semaines d’auditions et d’enquête n’y ont rien fait, au contraire: républicains et démocrates sont encore apparus fermement retranchés dans leurs positions lundi.

«Le président Trump a mené pendant des mois un complot pour solliciter une aide étrangère dans sa campagne de réélection en 2020», a affirmé un juriste qui représentait les démocrates, Daniel Goldman.

Le juriste Steve Castor, au service des républicains, a lui jugé que les démocrates n’étaient pas parvenus à démontrer un abus de pouvoir au cours de cette enquête «précipitée».

Il a aussi évoqué à plusieurs reprises Joe Biden et son fils.

Hunter Biden avait été nommé au conseil d’administration d’un grand groupe gazier ukrainien, Burisma, lorsque son père était vice-président de Barack Obama. Ce qui mène le président à les accuser, sans preuves, d’être corrompus.

Ces accusations font partie des nombreux contre-feux allumés par le président républicain pour délégitimer la batterie d’enquêtes qui le visent depuis son arrivée à la Maison-Blanche, en janvier 2017.

Avant l’affaire ukrainienne, les plus de deux ans d’enquête sur le dossier russe n’étaient, aussi, qu’une «chasse aux sorcières» selon lui, voire une «tentative de coup d’État».

Mais un rapport officiel publié lundi a largement contredit ses allégations, en établissant que le FBI n’avait pas d’arrière-pensée politique quand il a ouvert en 2016 une enquête sur de possibles liens entre l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.

L’inspecteur général du ministère de la Justice Michael Horowitz souligne toutefois que certains agents ont par la suite commis des «erreurs et des omissions».

De quoi conforter le président américain. «Ce qui s’est passé est une honte», a-t-il réagi.

Autour du globe, 10 décembre 2019

Monde

Un volcan aurait fait 13 victimes en Nouvelle-Zélande [PHOTOS]

WHAKATANE, Nouvelle-Zélande — La première ministre néo-zélandaise a exprimé mardi sa «douleur insondable» après la mort de cinq personnes dans l’éruption d’un volcan sur une île touristique, où huit autres personnes toujours portées disparues sont présumées mortes.

Comme la police, la première ministre Jacinda Ardern a déclaré n’avoir plus d’espoir de retrouver vivants les disparus, indiquant que plusieurs survols de l’île n’avaient permis de trouver aucun signe de vie. «Ce matin, l’effort est mis sur la récupération [des corps] et sur le fait de s’assurer que la police peut faire ça en toute sécurité», a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse.

Parmi les disparus et blessés figurent des touristes d’Australie, des États-Unis, du Royaume-Uni, de Chine et de Malaisie, ainsi que des Néo-Zélandais qui les guidaient.

«À ceux qui ont perdu de la famille ou des amis ou sont sans nouvelles d’eux, nous partageons votre douleur insondable et votre tristesse», a-t-elle dit. «Nous pleurons avec vous».

Monde

Les démocrates optimistes concernant la destitution de Trump

WASHINGTON — Soupçonné d’abus de pouvoir, Donald Trump serait déclaré coupable «en trois minutes chrono» par un jury s’il était devant un tribunal, a affirmé dimanche le démocrate menant les travaux vers la probable mise en accusation au Congrès du président américain, qui dénonce une procédure «bidon».

«Nous avons un dossier en béton», a déclaré sur CNN Jerry Nadler, président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants. «Si ce dossier était présenté à un jury, un verdict de culpabilité serait rendu en trois minutes chrono».

Selon lui, «l’accusation au cœur (du dossier) est que le président a placé ses intérêts au-dessus de ceux du pays à plusieurs reprises et qu’il a demandé l’ingérence d’une puissance étrangère dans nos élections à plusieurs reprises».

Cela pose «un véritable danger pour le scrutin» présidentiel de novembre 2020, a-t-il mis en garde.

Forts de leur majorité à la Chambre, les démocrates ont ouvert fin septembre une enquête en destitution contre Donald Trump après avoir appris qu’il avait demandé à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle.

Donald Trump proclame son innocence et dénonce une enquête anticonstitutionnelle, une «mascarade» montée à charge contre lui avec laquelle il refuse de coopérer.

Après deux mois d’enquête à la chambre basse, la commission judiciaire va commencer à rédiger la semaine prochaine les chefs d’accusation visant le milliardaire.

Elle commencera par entendre lundi des représentants des groupes républicain et démocrate, qui présenteront chacun leur version, aux antipodes, des conclusions à tirer de l’enquête.

Cette audition sera «bidon», a tweeté Donald Trump dimanche.

Plusieurs chefs d’accusation pourraient être retenus : abus de pouvoir et corruption, entrave à la bonne marche du Congrès et entrave à la justice.

Cette nouvelle étape accélère la procédure vers le vote en séance plénière à la Chambre sur la mise en accusation («impeachment» en anglais) du président, probablement avant Noël. Il faudra avant cela passer par un vote clé en commission judiciaire sur ces mêmes chefs d’accusation. M. Nadler n’a pas écarté dimanche qu’il puisse être organisé d’ici la fin de la semaine prochaine.

Compte tenu de la majorité démocrate, Donald Trump deviendra certainement le troisième président de l’histoire, après Andrew Johnson et Bill Clinton, mis en accusation au Congrès américain. Mais il devrait ensuite être acquitté lors du procès politique qui sera organisé au Sénat, où les républicains sont majoritaires et le soutiennent largement.

Trump «va être acquitté»

Les républicains accusent les démocrates d’aller trop vite, avec pour objectif de destituer Donald Trump car ils craignent de ne pas le battre lors de la présidentielle. Le président républicain jure de prendre sa revanche dans les urnes.

«Ils ont peur de la prochaine élection», a affirmé dimanche sur Fox News la porte-parole de la Maison-Blanche, Stephanie Grisham, pour qui l’enquête des démocrates est une «véritable honte».

Monde

Incendie mortel dans une usine en Inde

NEW DELHI — Au moins 43 personnes sont mortes dimanche à New Delhi, piégées dans l’incendie dévastateur d’une usine de cartables où dormaient des ouvriers, dans un quartier ancien et surpeuplé de la capitale indienne.

L’incendie s’est déclenché à l’aube à Sadar Bazar, un important marché de gros situé dans le nord de New Delhi. Des familles éplorées ont raconté avoir reçu vers cinq heures du matin des appels désespérés d’ouvriers appelant au secours dans le noir, suppliant d’être libérés de l’enfer des flammes.

Un survivant, Sabi Abbas, venait de finir de travailler et s’apprêtait à se coucher, lorsqu’il a entendu des hurlements au troisième étage. «Je me suis précipité au sol et j’ai vu que des câbles électriques pendaient, en feu, et qu’une fumée noire se propageait dans le couloir», a-t-il témoigné à l’AFP. L’homme a tout de même réussi à s’échapper avec sa femme et ses filles.

Victimes asphyxiées 

Les victimes sont des «ouvriers qui dormaient à l’intérieur de ce bâtiment comprenant quatre ou cinq étages», a indiqué à l’AFP Sunil Choudhary, chef adjoint des pompiers de New Delhi.

Plus de 150 pompiers ont combattu les flammes pendant près de cinq heures pour venir à bout du sinistre, selon l’agence Press Trust of India (PTI).

Dans nombre de grandes villes indiennes, les usines et petites unités de fabrication sont situées dans des quartiers anciens et exigus, où le prix de l’immobilier est moins élevé.

La nuit, ces bâtiments servent souvent de dortoirs pour les travailleurs pauvres, pour la plupart des migrants, qui parviennent ainsi à économiser de l’argent en dormant sur leur lieu de travail.

Ce bâtiment abritait plusieurs unités de production fabriquant des cartables et des matériaux d’emballage notamment, ce qui n’a fait qu’aggraver l’incendie, ont affirmé des responsables indiens.

Les autorités locales ont annoncé un bilan de 43 morts. La police et les pompiers ont affirmé qu’au moins 58 personnes avaient été secourues.

«Lors de l’incendie, les gens ne savaient pas comment sortir», a raconté Mohammed Khalil, témoin du drame.

Selon des voisins, cet immeuble n’avait qu’une seule entrée principale et comprenait vingt pièces par étage, reliées à un escalier intérieur, rendant très difficile toute évacuation. «La plupart des victimes (...) sont mortes asphyxiées», a expliqué Monika Bhardwaj, adjointe au commissaire de police chargée du quartier nord de New Delhi.

La chaîne d’informations indienne ABP Hindi a diffusé le témoignage d’un homme, Musharaff, affirmant au téléphone qu’il ne pouvait «plus respirer» et qu’il y avait «beaucoup d’autres personnes» autour de lui.

Le lourd bilan s’explique également par le fait que les pompiers ont eu des difficultés à atteindre les personnes piégées par les flammes, en raison de l’étroitesse des rues alentour.

Plusieurs témoins ont évoqué la présence au premier étage de l’immeuble de fils électriques non protégés. Certains affirment qu’ils pourraient être la cause de l’incendie qui se serait ensuite propagé à des blocs de mousse et du mobilier en plastique.

Les raisons du départ du feu qui a abouti au pire incendie à New Delhi, depuis la mort de 59 spectateurs dans un cinéma en 1997, sont toutefois encore inconnues, ont affirmé les autorités indiennes.

Mais le directeur des services d’incendie de la ville a affirmé à l’agence PTI que le site n’était vraisemblablement pas en conformité avec les règles anti-incendie. Le propriétaire et le gérant de l’usine, qui fabriquait également des sacs et des vestes, ont pour l’heure été arrêtés, a affirmé la police à PTI.

À l’extérieur d’une morgue non loin des lieux du drame, plusieurs proches des victimes se sont rassemblés pour identifier les corps.

Travailleurs migrants

«Cette tragédie était inexorable», affirme Naushad Ahmad, désespérément à la recherche d’un ami porté disparu.

«Il n’y avait qu’une seule entrée et sortie dans l’immeuble, et tous les compteurs d’électricité étaient installés près de la porte principale... Les gens n’avaient aucune chance de s’échapper.»

Plusieurs membres des familles des victimes ont affirmé à l’AFP que les travailleurs étaient pour la plupart des ouvriers migrants venant de l’État de Bihar, l’une des régions les plus pauvres du pays.

Certains étaient payés seulement 1000 roupies, soit 14 dollars, par mois, ont-ils ajouté.

Cet incendie «est particulièrement atroce. Mes pensées vont à ceux qui ont perdu des êtres chers», a déclaré le premier ministre Narendra Modi sur Twitter. «Souhaitant un prompt rétablissement aux blessés. Les autorités apportent toute l’aide possible sur les lieux de la tragédie», a-t-il ajouté.

Monde

L'épidémie de rougeole continue de se propager aux Samoa

APIA, Samoa — L'épidémie de rougeole continue de se propager aux Samoa où elle a fait 70 morts, pour l'essentiel de jeunes enfants, selon des chiffres publiés.

En 24 heures, 112 nouveaux cas se sont déclarés en dépit d'une campagne sans précédent de vaccination menée la semaine dernière durant deux jours afin de tenter de juguler l'épidémie de cette maladie très contagieuse.

Autour du globe, 9 décembre 2019

Monde

La Corée du Nord mène un «test très important» depuis une base de lancement

SÉOUL — La Corée du Nord a annoncé dimanche avoir mené un «test très important» depuis sa base de lancement de satellites de Sohae, entouré de mystère, mais significatif de l’impasse des négociations sur le nucléaire entre Pyongyang et Washington.

L’information a été rapportée par l’agence officielle KCNA, qui n’a donné aucune précision sur l’engin ou l’arme testée.

«Un test très important a eu lieu à la base de lancement de satellites de Sohae l’après-midi du 7 décembre», a déclaré un porte-parole de l’Académie nationale des sciences du Nord.

Le résultat de ce test aura un «effet important» en changeant le «statut stratégique» de la Corée du Nord, a-t-il ajouté.

Ce même samedi, le président américain Donald Trump se félicitait encore devant la presse à Washington de sa «très bonne relation» avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

«Je pense qu’on veut tous les deux garder ça comme ça. Il sait que j’ai une élection qui arrive», avait-il dit, confiant qu’il serait «surpris si la Corée du Nord agissait de manière hostile».

Situé sur la côte nord-ouest de la Corée du Nord, le site de Sohae, également connu sous le nom de Tongchang-ri, a été au coeur de la diplomatie à trois entre Pyongyang, Séoul et Washington depuis plus d’un an.

Il donne toutes les apparences d’un centre spatial pour mettre des satellites sur orbite. Mais les Nord-Coréens l’ont utilisé pour plusieurs lancers de fusées condamnés par la communauté internationale, laquelle dénonce des entraînements au tir de missiles à longue portée.

Rapide reconstruction

Lors d’un sommet à Séoul en septembre 2018, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s’était engagé à le fermer. Puis les progrès pour aller vers la «dénucléarisation» de la péninsule coréenne avaient fait long feu.

En mars avaient été repérés par satellite des travaux sur cette base en vue d’une «rapide reconstruction».

D’autres images satellites prises jeudi montraient un grand conteneur qui semblait «un indicateur à peu près fiable des préparatifs d’un test d’engin», d’après Jeffrey Lewis, un spécialiste de l’armement nucléaire en Asie orientale au Middlebury Institute à Monterey (Californie, ouest des États-Unis).

S’exprimant avant l’annonce de la Corée du Nord dimanche, cet expert y voyait «un signe de plus que la Corée du Nord mène de plus en plus d’activités dans les missiles à mesure qu’approche la date butoir de Kim Jong Un pour un relâchement des sanctions».

À Washington, un haut responsable de l’administration américaine a réagi de manière très prudente, affirmant: «nous avons pu voir les rapports concernant un test et nous nous travaillons en étroite collaboration avec nos alliés et partenaires».

Pyongyang souhaite qu’avant le 31 décembre Washington formule une proposition de nature à relancer les pourparlers de paix.

Mais samedi, deux déclarations avaient confirmé que l’heure était aux tensions.

«La situation actuelle dans la péninsule coréenne est grave», avaient estimé les présidents américain et sud-coréen, Donald Trump et Moon Jae-in, lors d’une conversation téléphonique, selon la présidence sud-coréenne.

Et l’ambassadeur nord-coréen aux Nations unies Kim Song a affirmé que «la question de la dénucléarisation n’est plus sur la table des négociations».

Monde

Grève en France: début de semaine chaotique en vue

PARIS — Les Français s’attendent à une grosse pagaille dans les transports lundi en particulier en région parisienne, paralysés depuis quatre jours par une grève contre une réforme des retraites défendue par le gouvernement et qui menace de s’installer dans la durée.

Nombre d’acteurs économiques en France redoutent une prolongation de cette grève et un manque à gagner pour les commerçants, mais aussi des blocages routiers ou une pénurie de carburants qui affecteraient leur activité plus sévèrement durant la période cruciale des fêtes de fin d’année.

À l’origine de la colère : le «système universel» de retraite censé remplacer à partir de 2025 les 42 régimes de retraite existants (général, des fonctionnaires, privés, spéciaux, autonomes, complémentaires...). L’exécutif français promet un dispositif «plus juste», quand les opposants redoutent une «précarisation» des retraités.

La retraite est un sujet éminemment sensible en France. Les opposants les plus virulents espèrent faire durer le mouvement et mettre le pays à l’arrêt comme en décembre 1995. La mobilisation d’alors, notamment contre une réforme des retraites, avait paralysé les transports en commun durant trois semaines et forcé le gouvernement de l’époque à reculer.

Pour Emmanuel Macron, qui a fait de la «transformation» de la France la raison d’être de son quinquennat, les jours à venir s’annoncent déterminants.

Pour sauver cette réforme emblématique, promesse de campagne du président Macron avant son élection en 2017, des consultations gouvernementales ont lieu tout le weekend, avant une semaine cruciale et une nouvelle journée de manifestations mardi.

Dimanche soir, Emmanuel Macron et le premier ministre Edouard Philippe réuniront à l’Élysée les ministres concernés. Lundi, en compagnie de la ministre française des Solidarités Agnès Buzyn, le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye présentera aux partenaires sociaux les conclusions de sa longue concertation. Enfin, mercredi, Edouard Philippe détaillera son plan.

Affluence «dangereuse»

Le trafic restait très fortement réduit dimanche à la compagnie ferroviaire nationale (SNCF), avec 1 train à grande vitesse sur 6, 15 % des Transiliens (trains de banlieue en région parisienne) et 2 trains régionaux sur 10 (grâce à des bus) en circulation. La régie des transports parisiens RATP a annoncé que 14 lignes de métro sur 16 étaient fermées.

Lundi s’annonce catastrophique dans les gares et stations en région parisienne. La SNCF a recommandé aux usagers d’éviter les Transiliens, craignant une affluence dans les gares en région parisienne «très dangereuse». Même ton alarmant à la RATP, qui invite «tous les voyageurs qui en ont la possibilité à différer leurs déplacements», compte tenu du «fort risque de saturation du réseau», avec notamment 10 lignes de métro fermées.

Les trois premiers syndicats de cheminots (CGT, Unsa et SUD) ont en outre appelé à amplifier la grève à partir de lundi.

Dimanche, Edouard Philippe et son principal opposant sur ce dossier, le secrétaire général du syndicat CGT Philippe Martinez - regonflé par la mobilisation massive du 5 décembre qui a fait descendre plus de 800 000 manifestants dans la rue — se sont affrontés dans la presse.

Le premier ministre «déterminé» 

«Si on ne fait pas une réforme profonde, sérieuse, progressive aujourd’hui, quelqu’un d’autre en fera une demain brutale, vraiment brutale», prévient dans des propos au Journal du Dimanche (JDD) M. Philippe, «déterminé» à mener «jusqu’à son terme» le projet de système universel de retraite par points.

«Nous tiendrons jusqu’au retrait» de la réforme, dans laquelle «il n’y a rien de bon», réplique dans une interview au JDD Philippe Martinez, alors qu’une deuxième grande journée de grèves et manifestations est prévue mardi à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU et de quatre organisations de jeunesse.

Cette réforme, «nous avons besoin de la réexpliquer» et sa présentation par le premier ministre mercredi «permettra à chacun de se positionner», a estimé sur le média France Info la secrétaire d’État à la Transition écologique, Emmanuelle Wargon.

Mais y aura-t-il matière à éteindre l’incendie? Rien n’est moins sûr, vu la réponse apportée par Philippe Martinez à l’hypothèse d’une transition sur dix ou quinze ans entre les régimes actuels et le futur système: «Ce sera non».

De leur côté, les professionnels du commerce et du tourisme s’inquiètent des conséquences d’un mouvement social potentiellement durable.

En fin d’année 2018, ils avaient déjà pâti de la crise inédite des «gilets jaunes», mobilisés depuis plus d’un an contre la politique fiscale et sociale du gouvernement, notamment lors de manifestations tous les samedis qui ont parfois dégénéré, inquiété à l’étranger et entraîné un manque à gagner pour les commerçants et les hôteliers.

Le premier jour de grève jeudi a entraîné 30 % de baisse d’activité en moyenne, selon l’Alliance du commerce, qui représente 26 000 magasins et 200 000 salariés dans le secteur de l’équipement de la personne.

Monde

Immense foule à Hong Kong pour les six mois de la contestation

HONG KONG — Une immense foule de militants pro-démocratie a défilé dimanche dans les rues de Hong Kong, pour marquer l’anniversaire de six mois de contestation face au régime de Pékin, lors du plus important rassemblement depuis des mois dans le territoire.

Les organisateurs ont estimé à environ 800 000 le nombre de manifestants. La police, qui traditionnellement fournit des chiffres bas, a déclaré à la presse que 183 000 personnes ont participé au rassemblement, son estimation la plus haute depuis plusieurs mois.

À la tombée de la nuit, les participants ont allumé la lumière de leurs téléphones, créant un immense tapis de lumière, et entonné des chants.

L’ex-colonie britannique traverse depuis juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, avec des actions quasi quotidiennes pour réclamer des réformes démocratiques ou demander une enquête sur le comportement de la police.

Cette manifestation se déroulait deux semaines après le triomphe des candidats pro-démocratie aux élections locales du 24 novembre, qui est venu démentir avec force l’affirmation des autorités selon laquelle la majorité silencieuse s’opposerait aux manifestants.

Nombre d’entre eux, vêtus de noir, entendaient exprimer leur colère à l’égard de Pékin et de la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam qui refuse d’accéder à des demandes encore renforcées par la large victoire électorale des pro-démocratie.

«Quelle que soit la façon dont nous exprimons nos opinions, par une marche pacifique, par des élections civilisées, le gouvernement n’écoutera pas», a déploré un manifestant de 50 ans, se faisant appeler Wong. «Il n’obéit qu’aux ordres du Parti communiste chinois».

«Je ne sais pas combien de temps durera le combat», a ajouté un autre manifestant, prénommé Kelvin.

«Nous ne reculerons pas»

«Pour l’instant, je n’en vois pas la fin, mais nous ne reculerons pas», a-t-il affirmé.

La star cantonaise de la musique pop Denise Ho, dont la musique est interdite en Chine continentale, a posté sur Twitter une vidéo de la manifestation avec la légende «Voilà votre majorité, Carrie Lam».

Un marchand de fruits, qui a donné son nom de famille, Leung, distribuait gratuitement des fraises aux manifestants. «Je voulais apporter quelque chose de sucré pour les Hongkongais qui ont vécu six mois très difficiles», a-t-il déclaré à l’AFP.

La police a autorisé ce rassemblement organisé par le Front civique des droits de l’Homme (CHRF) à travers l’île de Hong Kong, une première depuis la mi-août.

«C’est la dernière chance donnée par le peuple à Mme Lam», avait déclaré vendredi aux journalistes Jimmy Sham, un des responsables du CHRF.

Celui-ci, qui prône la non-violence, avait organisé les grandes manifestations de juin et juillet.

Au cours des derniers mois, les autorités hongkongaises ont interdit les principaux rassemblements, invoquant des risques de violences.

D’importantes manifestations n’ont cependant pas cessé de braver ces interdictions. Nombre d’entre elles ont dégénéré en affrontements violents entre les protestataires et les forces de l’ordre, plongeant la mégapole, habituellement ordonnée, dans la récession, voire le chaos.

Armes saisie

Quelques heures avant le début de la manifestation, la police avait présenté des armes, notamment un pistolet et des couteaux, affirmant les avoir saisies lors d’opérations de police, dans la nuit. Onze personnes ont été arrêtées.

«Nous pensons que le groupe avait l’intention d’utiliser ces armes pour inciter au chaos lors du rassemblement […] et d’attaquer la police», a déclaré à la presse le commissaire principal Lee Kwai-Wa, du bureau de la lutte contre le crime organisé.

Le rassemblement de dimanche intervient à la veille de l’anniversaire des six mois de la mobilisation. Celle-ci avait débuté avec une imposante manifestation, le 9 juin, contre un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine, et qui a depuis été enterré.

De nombreux forums en ligne utilisés par les protestataires appellent à marquer lundi cet anniversaire par une nouvelle action de blocage de grande ampleur des transports en commun, en cas d’absence de réponse de l’exécutif local.

Mais aucun signe ne laisse présager un changement de position de Mme Lam.

Depuis les élections locales, la cheffe de l’exécutif, dont le taux de soutien au sein de la population est à un niveau historiquement bas, n’a fait aucune concession au camp pro-démocratie.

La réputation de la police a également été sérieusement écornée par ces mois de troubles. Elle a cependant défendu sa manière de gérer les manifestations et affirmé que les forces de l’ordre étaient confrontées à une montée en puissance de la violence des protestataires les plus radicaux.

Monde

Inde : au moins 43 morts dans l'incendie d'une usine à New Delhi

NEW DELHI — Au moins 43 personnes sont mortes dimanche à New Delhi, piégées dans l’incendie dévastateur d’une usine fabriquant des cartables, également utilisée comme dortoir pour des ouvriers.

L’incendie s’est déclenché aux premières heures de la matinée dans un quartier ancien et surpeuplé de la capitale indienne.

Des familles éplorées ont raconté avoir reçu vers cinq heures du matin des appels désespérés d’ouvriers suppliant d’être libérés de l’enfer des flammes, dans le quartier commercial de Sadar Bazar, un important marché de gros faiblement éclairé.

Les victimes sont des «ouvriers qui dormaient à l’intérieur de ce bâtiment comprenant quatre ou cinq étages», a indiqué à l’AFP Sunil Choudhary, chef adjoint des pompiers de New Delhi.

Le bâtiment abritait plusieurs unités de production fabriquant des cartables et des matériaux d’emballage notamment, ce qui n’a fait qu’aggraver l’incendie, ont affirmé des responsables indiens.

Les autorités locales ont annoncé un bilan de 43 morts. La police et les pompiers ont affirmé qu’au moins 58 personnes avaient été secourues.

Asphyxiées

«Lors de l’incendie, les gens ne savaient pas comment sortir», a raconté Mohammed Khalil, témoin du drame.

«La plupart des victimes dormaient au moment où l’incendie s’est déclenché et sont mortes asphyxiées», a expliqué Monika Bhardwaj, adjointe au commissaire de police responsable du quartier nord de New Delhi.

Dans nombre de grandes villes indiennes, les usines et petites unités de fabrication sont situées dans des quartiers anciens et exigus, où le prix de l’immobilier est moins élevé.

La nuit, ces bâtiments servent souvent de dortoirs pour les travailleurs pauvres, pour la plupart des migrants, qui parviennent ainsi à économiser de l’argent en dormant sur leur lieu de travail.

Des habitants voisins ont appelé la police et les services d’urgence alors que le feu s’emparait des lieux, mais les pompiers ont eu des difficultés à atteindre les personnes piégées par les flammes, en raison de l’étroitesse des rues aux alentours.

À l’extérieur d’une morgue non loin des lieux du drame, plusieurs proches des victimes étaient rassemblés pour identifier les corps.

«Cette tragédie était inexorable», affirme Naushad Ahmad, désespérément à la recherche d’un ami porté disparu.

«Il n’y avait qu’une seule entrée et sortie dans l’immeuble, et tous les compteurs d’électricité étaient installés près de la porte principale... Les gens n’avaient aucune chance de s’échapper.»

Sajjamuddin Ahmad a quant à lui raconté à l’AFP qu’il avait cherché pendant deux heures son beau-père et son beau-frère parmi les morts et les blessés, avant de découvrir qu’ils étaient décédés.

Travailleurs migrants

D’autres personnes présentes ne savaient toujours pas ce qui était arrivé à leurs proches.

«Je ne sais pas s’ils sont vivants ou morts», a expliqué Noorjehan Bano, qui attendait près d’un hôpital. Son père et son beau-frère travaillaient et vivaient dans l’usine.

Plusieurs membres des familles des victimes ont affirmé à l’AFP que les travailleurs étaient pour la plupart des ouvriers migrants venant de l’État indien de Bihar, l’une des régions les plus pauvres du pays.

Certains étaient payés seulement 1.000 roupies, soit 14 dollars, par mois, ont-ils ajouté.

Les causes de cet incendie mortel, le pire à New Delhi depuis la mort de 59 spectateurs dans un cinéma en 1997, sont encore inconnues, ont affirmé les autorités indiennes.

Mais le directeur des services d’incendie de la ville a affirmé à l’agence de presse Press Trust of India (PTI) que le site n’était vraisemblablement pas en conformité avec les règles anti-incendie.

Un manque de planification et des manquements dans l’application des règlements de construction et de sécurité entraînent souvent de tels accidents.

Cet incendie «est particulièrement atroce. Mes pensées vont à ceux qui ont perdu des êtres chers», a déclaré le premier ministre Narendra Modi sur Twitter. «Souhaitant un prompt rétablissement aux blessés. Les autorités apportent toute l’aide possible sur les lieux de la tragédie», a-t-il ajouté.

Arvind Kejriwal, chef de l’exécutif local, a qualifié ce drame de nouvelle «très très tragique».

Monde

Déjà menacés, les océans en manque d'oxygène

PARIS — Déjà menacés par le réchauffement climatique, l’acidification et la surpêche, les océans souffrent aussi d’une perte en oxygène, selon une étude publiée samedi par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Le rapport, basé sur les travaux de 67 experts et présenté comme le plus important à ce jour sur ce sujet, se penche sur ce phénomène mal connu. Il en ressort que cette perte d’oxygène «constitue une menace croissante pour la pêche et certains groupes d’espèces comme les thons, les marlins et les requins», avertit l’UICN, qui fait référence pour les espèces menacées avec sa «liste rouge».

«Au fur et à mesure que les océans perdent leur oxygène, en se réchauffant, l’équilibre délicat de la vie marine se fragilise», avertit Grethel Aguilar, directrice générale par intérim de l’UICN.

«Pour limiter la perte d’oxygène dans les océans, parallèlement aux autres effets dramatiques des changements climatiques, les dirigeants mondiaux doivent s’engager à réduire immédiatement et de manière substantielle leurs émissions», exhorte-t-elle, alors que se tient la COP25 sur le climat à Madrid.

Le Chili, qui préside cette réunion délocalisée en Espagne, a promis de mettre l’accent sur les océans.

La désoxygénation s’explique principalement par deux phénomènes : l’eutrophisation (prolifération de certains végétaux, en général des algues) «due au ruissellement des nutriments provenant des continents et aux dépôts d’azote provenant de l’utilisation de combustibles fossiles, et le réchauffement des eaux océaniques dû au changement climatique», alors que les océans absorbent en partie les émissions de gaz à effet de serre générées par les humains.

À l’échelle mondiale, le taux d’oxygène dans les océans a diminué d’environ 2 % entre 1960 et 2010, selon le rapport.

Ils pourraient encore perdre 3 à 4 % de leurs stocks d’oxygène d’ici à 2100 si les émissions continuent à croître au rythme actuel, «la majeure partie de cette perte se concentrant dans les premiers 1000 mètres de la colonne d’eau, où la richesse et l’abondance des espèces sont les plus élevées», avertit le rapport.

Équilibre modifié

Environ 700 sites à travers le globe, souvent sur des côtes et dans des mers semi-fermées, souffrent de faible teneur en oxygène, contre 45 dans les années 1960. «Au cours de la même période, le volume des eaux anoxiques dans les océans mondiaux, c’est-à-dire des zones complètement vides d’oxygène, a quadruplé», selon le rapport.

Cette diminution de la teneur en oxygène des océans «a déjà commencé à modifier l’équilibre de la vie marine, favorisant les espèces tolérantes à l’hypoxie (les microbes, les méduses et certains calmars) au détriment d’espèces sensibles à l’hypoxie (comme de nombreuses espèces marines, dont la plupart des poissons)», constate l’UICN.

Certaines zones océaniques très riches en poissons consommés par l’homme doivent leur existence à des courants océaniques riches en nutriments, mais sont pour autant pauvres en oxygène, ce qui les rend «particulièrement vulnérables aux changements, même minimes», selon les auteurs.

Certaines espèces cruciales pour la pêche, comme les thons, les marlins et les requins, sont également «particulièrement sensibles à une faible teneur en oxygène en raison de leur grande taille et de leurs besoins énergétiques élevés». Elles risquent de se retrouver «acculées dans des couches de surface de plus en plus fines d’eau riche en oxygène» et être ainsi encore plus exposées à la surpêche.

D’autres espèces, comme celles vivant au fond des eaux, les varechs, les macroalgues, les coraux, les herbiers marins, les mangroves, les poissons, le plancton, les mammifères marins, sont aussi concernées, énumère l’UICN, même s’il est parfois difficile de mesurer les impacts.

Si les conséquences de la désoxygénation des océans pour les humains sont encore mal connues, l’UICN relève toutefois la dépendance de populations côtières, en particulier dans des pays en développement, à l’océan et plus généralement des hommes à la pêche.

Monde

Destitution: le procès Trump va perturber la primaire démocrate

WASHINGTON — La mise en accusation de Donald Trump pourrait non seulement mener à un procès historique du président américain devant le Sénat, mais aussi entamer les chances de plusieurs candidats démocrates à la présidentielle à un moment critique de la campagne électorale.

C’est toute l’ironie de ce processus de destitution.

Cinq des 15 candidats à l’investiture démocrate pour affronter le milliardaire républicain en novembre 2020 sont des sénateurs et ils devront, selon la Constitution, siéger au procès de M. Trump qui devrait s’ouvrir en janvier. Bloqués à Washington, ils laisseront le champ libre à leurs rivaux dans l’Iowa et le New Hampshire, les deux premiers États à voter pour la primaire.

Ces deux scrutins sont cruciaux, car ils influenceront la suite de la course.

C’est «bizarre», a résumé le sénateur républicain John Cornyn pour résumer la situation de ses collègues démocrates, qui sont tous en faveur d’une destitution de Donald Trump.

L’élu estime que, parmi les favoris, Bernie Sanders et Elizabeth Warren seront «désavantagés» face à Joe Biden et Pete Buttigieg, qui vont continuer à sillonner l’Iowa avant le scrutin du 3 février, puis se rendre dans le New Hampshire qui votera huit jours plus tard.

C’est encore plus compliqué pour Amy Klobuchar, Cory Booker et Michael Bennet, qui sont loin derrière et doivent impérativement faire vivre leur campagne.

Le procès en destitution de Bill Clinton en 1999 — qui n’était pas une année électorale — avait duré cinq semaines, du 7 janvier au 12 février.

Selon le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, les audiences dureront du lundi au samedi, écourtant les possibilités de déplacements.

Et surtout, «les sénateurs ne seront pas autorisés à s’exprimer» pendant le procès, a souligné M. McConnell. Le procès sera instruit par des juristes sous les ordres du président de la Cour suprême, privant les candidats démocrates d’une occasion de briller à la télévision.

Liaisons vidéo

Face à ces obstacles, les candidats tentent de faire bonne figure.

«Nous devons tous accomplir notre devoir constitutionnel», affirme à l’AFP Michael Bennet, qui est à environ 1 % des intentions de vote dans les sondages.

«On va trouver une solution», ajoute-t-il.

Amy Klobuchar réfute l’idée d’être désavantagée en restant à Washington, même si Joe Biden et Pete Buttigieg sont comme elle sur une ligne centriste.

«Je surmonte n’importe quel obstacle qui se trouve sur ma route», a-t-elle affirmé sur CNN, ajoutant qu’elle pouvait compter sur des remplaçants solides, comme sa fille, pour faire campagne à sa place.

Dans l’Iowa et le New Hampshire, la tradition n’est pas aux grand-messes. Les candidats se doivent d’être sur le terrain et d’aller au contact des électeurs en multipliant les réunions en petit comité.

Les sénateurs-candidats «pourraient perdre un temps précieux face aux électeurs de l’Iowa qui attendent des tête-à-tête avec ceux qui veulent l’investiture», explique Jim Manley, un consultant politique qui a longtemps travaillé pour des démocrates au Sénat.

Les solutions de rechange existent, comme des conférences de presse en marge du procès ou des liaisons vidéo lors d’évènements sur le terrain.

Les candidats chercheront aussi à quitter la capitale fédérale dès le samedi soir, pour être sur le terrain toute la journée du dimanche.

Mais il leur sera impossible de rater une partie du procès.

«Il n’y a rien de plus important, si ce n’est une déclaration de guerre, que ce procès», assure Jim Manley, soulignant que sécher une audience ne serait pas «politiquement viable».

Pour MM. Biden et Buttigieg, ce procès en destitution n’a pas non plus que des avantages. Ils pourront continuer à labourer le terrain dans l’Iowa et le New Hampshire sans craindre leurs rivaux. Mais ils ne participeront pas à «l’évènement politique le plus important de cette année, ou de l’histoire récente», selon le stratégiste.

Monde

Fusillade en Floride: questions sur les motivations du tireur

MIAMI — A-t-il agi seul? Était-il fasciné par les tueries? Nombre de questions se posaient samedi sur les motivations du Saoudien en formation militaire aux États-Unis qui avait tué la veille trois personnes sur une base aéronavale de Floride.

«Nous allons faire toute la lumière là-dessus», a affirmé le président américain Donald Trump depuis les jardins de la Maison-Blanche. «Nous cherchons à savoir ce qui s'est passé, s'il s'agit d'une seule personne ou de plusieurs.»

Le New York Times rapporte que le tireur avait montré des vidéos de fusillade de masse lors d'une fête jeudi soir, citant une personne au courant de l'enquête.

Le tireur était un membre de l'armée de l'air saoudienne qui a ouvert le feu vendredi matin avec une arme de poing dans une salle de cours de la base de Pensacola, faisant trois morts et huit blessés, avant d'être abattu par la police.

Six collègues saoudiens de l'assaillant ont été interrogés après l'attaque selon les médias américains. Le Washington Post précise que trois d'entre eux se trouvaient sur les lieux de la fusillade, et deux l'ont d'ailleurs filmée en intégralité. Les trois autres, arrivés aux États-Unis en compagnie du tireur, sont stationnés dans d'autres centres de formation en Louisiane et en Oklahoma.

«Les motivations du tireur sont toujours indéterminées», a indiqué sur Twitter le bureau de Jacksonville de la police fédérale américaine (FBI), qui enquête aux côtés d'une unité spécialisée dans l'antiterrorisme.

Vidéos de fusillades

L'homme avait publié sur Twitter avant son attaque des messages hostiles envers les États-Unis, a rapporté le groupe de surveillance des mouvements djihadistes SITE.

«Je suis contre le mal, et l'Amérique dans son ensemble s'est transformée en nation du mal», a écrit l'assaillant, identifié par SITE comme s'appelant Mohammed al-Shamrani.

Selon les médias américains, les enquêteurs cherchaient à vérifier si l'auteur de l'attaque avait bien publié ces écrits, dans lesquels il citait l'ancien dirigeant du réseau djihadiste Al-Qaïda, le Saoudien Oussama ben Laden.

Après avoir condamné cette fusillade «abominable», Ryad a tenté samedi de prendre ses distances avec son ressortissant.

«Comme de nombreux membres de l'armée saoudienne, j'ai été formé sur une base militaire américaine et nous avons mis à profit cet entraînement [...] pour combattre le terrorisme et d'autres menaces, main dans la main avec nos alliés américains», a souligné sur Twitter le prince Khaled ben Salmane, vice-ministre saoudien de la Défense.

Donald Trump, qui s'est directement entretenu par téléphone avec le roi Salmane, a affirmé samedi que les dirigeants saoudiens étaient «très affectés» par les événements de la veille.

«Le roi veillera à ce que l'on prenne soin des familles et des proches» des victimes, a ajouté le président américain. «Je pense qu'ils [les Saoudiens] aideront très largement les familles.»

«Informations cruciales»

Le gouvernement saoudien «se retrouve redevable d'une dette ici, étant donné qu'il s'agit d'un de ses ressortissants», avait déclaré vendredi le gouverneur de la Floride Ron DeSantis.

Le 11 septembre 2001, 15 des 19 pilotes qui avaient détourné des avions et provoqué la mort de quelque 3000 personnes étaient originaires d'Arabie Saoudite.

Adam Watson, frère aîné de Joshua Kaleb Watson, l'une des trois personnes abattues par l'assaillant, a confié vendredi soir dans un poignant message sur Facebook avoir vécu «la pire journée de [sa] vie».

Son frère, en formation sur la base depuis deux semaines, «a sacrifié sa vie pour son pays dans une fusillade absurde», a-t-il écrit. «Atteint de plusieurs balles, il a réussi à sortir du bâtiment pour préciser aux équipes d'intervention où était le tireur, des informations qui se sont avérées cruciales. Il est mort en héros et nous en sommes plus que fiers, mais sa mort laisse dans nos coeurs un vide qui ne sera jamais comblé.»

Située dans le nord-ouest de la Floride, la base aéronavale de Pensacola est utilisée par l'US Navy pour des programmes d'entraînement destinés aux militaires de pays alliés.

Monde

Les Irakiens dans la rue malgré une tuerie à Bagdad

BAGDAD — Des milliers d'Irakiens se sont à nouveau mobilisés samedi contre le pouvoir et son parrain iranien à Bagdad et dans le Sud, malgré la mort la veille de 20 manifestants tués par des hommes armés, faisant craindre une escalade.

Quelques heures après cette tuerie vendredi soir, un obus tiré par un drone a visé avant l'aube la maison du leader chiite Moqtada Sadr, une attaque qui pourrait «déclencher une guerre civile», a averti son porte-parole, tout en appelant à «la retenue».

Politicien versatile et ex-chef de milice qui a officiellement rendu les armes mais conserve des milliers de combattants, Moqtada Sadr n'était pas chez lui au moment de l'attaque. Il avait été le premier à avoir réclamé le départ du gouvernement d'Adel Abdel Mahdi dont la démission a été acceptée le 1er décembre par le Parlement.

Samedi, les manifestants ont afflué plus nombreux sur la place Tahrir, épicentre de la contestation à Bagdad, et dans les villes du Sud, pour réclamer la chute du système tout entier et ses politiciens avec, malgré un déploiement massif des forces de sécurité.

En soirée, une manifestante a dit redouter de nouvelles violences. «Les forces de sécurité bloquent les rues menant à Tahrir et les manifestants n'arrivent pas à l'atteindre, mais les mêmes [assaillants] qui nous ont attaqués hier, eux, passent.»

Néanmoins, elle est décidée à manifester malgré ce que les protestataires appellent «le massacre de Senek», du nom du pont proche de la place Tahrir à Bagdad où a eu lieu la tuerie.

L'État assure ne pouvoir ni identifier ni arrêter les auteurs d'attaques contre les manifestants dans un pays où les factions armées pro-Iran gagnent en influence.

Courant et hurlant

Vendredi soir, des hommes armés non identifiés ont attaqué un stationnement à étages occupé par les manifestants aux abords du pont Senek. Bilan: 20 manifestants, 4 policiers tués et une centaine de blessés, selon un dernier bilan de sources médicales.

Les quatre policiers ont été tués par les assaillants qui tiraient depuis les étages dans le noir vers les rues en contrebas, selon des témoins.

Le chaos des tirs — filmé en direct sur les réseaux sociaux par des protestataires courant ou hurlant — s'est poursuivi durant plusieurs heures jusque dans la nuit.

Des membres non armés du mouvement de Moqtada Sadr se sont déployés pour «protéger» les manifestants, selon des sources du mouvement.

«Les forces de sécurité étaient à un kilomètre et n'ont rien fait», a affirmé à l'AFP un médecin. «Les tirs sur les manifestants étaient intenses, ils n'avaient aucune pitié, ils n'ont pas laissé les gens évacuer les blessés», selon un manifestant.

Sur la responsabilité de la tuerie, des sources policières disent avoir collecté des informations sur la volonté de factions armées pro-Iran, d'attaquer les manifestants qui disent craindre désormais le pire.

Pour Amnistie internationale, «l'attaque bien coordonnée» de nombreux hommes «lourdement armés et à bord d'un long convoi de véhicules» posent «de graves questions sur comment ils ont pu traverser les points de contrôle dans Bagdad et commettre un tel massacre».

Monde

France: la grève continue contre la réforme des retraites, des manifestations tendues

PARIS — La mobilisation en France contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron s'installait samedi dans la durée pour tenter de faire plier le gouvernement, avec des manifestations tendues dans le pays et des transports très perturbés, avant des annonces cruciales la semaine prochaine.

Pour le président Emmanuel Macron, qui a fait de la «transformation» de la France le leitmotiv de son quinquennat, les jours à venir s'annoncent déterminants.

Après une mobilisation massive jeudi — plus de 800 000 manifestants dans le pays selon le ministère de l'Intérieur — et le lancement d'une grève qui affecte très fortement le trafic ferroviaire et les transports en commun, TGV et métro parisien compris, les syndicats ont appelé à une nouvelle journée de manifestations mardi.

Celle-ci aura valeur de test à la veille de la présentation, annoncée pour mercredi par le premier ministre Edouard Philippe, de la réforme dans son détail.

Plusieurs cortèges, certains émaillés de tensions et comprenant parfois des «gilets jaunes», ont défilé samedi à Paris et en province. La police a compté 2800 manifestants à Nantes (ouest), 1800 à Marseille (sud), 1200 à Caen (nord-ouest), 1100 à Bordeaux (sud-ouest), 800 à Lille (nord) et au Havre, 700 à Lyon (centre-est).

«Le retrait du projet»

Les trois premiers syndicats de cheminots ont appelé à amplifier la mobilisation contre le projet de «système universel» de retraite par points, qui doit sonner la fin des 42 dispositifs actuels, dont le régime spécial de la compagnie ferroviaire nationale SNCF, et modifier le système de calcul des pensions.

«Nous appelons [...] au renforcement du mouvement à partir de lundi pour bien matérialiser auprès du gouvernement que nous voulons le retrait de son projet par points», a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots.

Le numéro un du syndicat CGT, Philippe Martinez, qui défilait à Paris avec 1600 manifestants selon la préfecture, s'est montré cinglant envers le Premier ministre Edouard Philippe: «Il fait tout pour que la mobilisation et les grèves durent».

Au même moment, une autre manifestation, celle-ci de «gilets jaunes», rassemblait environ un millier de personnes dans la capitale et donnait lieu à quelques incidents avec les policiers, mobilisés en force et qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

À Nantes également, la manifestation a dégénéré quand des manifestants ont attaqué la préfecture, en jetant bouteilles, pavés, mais aussi fusées, la police ripostant par des tirs de lacrymogène. D'autres heurts ont eu lieu à Lyon.

La retraite est un sujet éminemment sensible en France, où existe un système par répartition, que le gouvernement assure ne pas vouloir remettre en cause. Les opposants les plus virulents, qui craignent une «précarisation», espèrent faire durer le mouvement et mettre le pays à l'arrêt comme en décembre 1995. La mobilisation d'alors avait paralysé les transports en commun durant trois semaines et forcé le gouvernement de l'époque à reculer, déjà, sur un projet de réforme des retraites.

Le contexte social est en outre tendu, depuis le mouvement social inédit des «gilets jaunes» fin 2018, mais aussi des mécontentements exacerbés dans les hôpitaux, parmi les étudiants, les cheminots, les policiers, les sapeurs-pompiers, les enseignants, les agriculteurs.

Samedi, seuls 15% des trains de banlieue en région parisienne, un train à grande vitesse (TGV) sur six et un train régional sur dix étaient assurés à travers la France. Neuf lignes du métro parisien (RATP) sur 14 étaient fermées.

Plusieurs représentations prévues ce week-end à la Comédie-Française et à l'Opéra de Paris — où existent aussi des régimes spéciaux de retraite — ont de nouveau été annulées, tandis que des musées parisiens n'ont ouvert que partiellement.

«Chacun sera perdant»

Le premier ministre Edouard Philippe a promis qu'il livrerait mercredi prochain «l'intégralité du projet du gouvernement».

Des réunions autour du projet de réforme des retraites se succèdent ce week-end autour du premier ministre, ont indiqué, sans autre détail, les services d'Edouard Philippe à l'AFP.

Mais y aura-t-il matière à éteindre l'incendie dans ces annonces très attendues?

«Le calendrier est bouleversé mais rien ne change dans l'objectif du gouvernement: casser notre régime de retraite solidaire pour le remplacer par un système individualisé où chacune et chacun sera perdant», a estimé la CGT, où des voix militent déjà pour une troisième journée de mobilisation jeudi prochain.

Le gouvernement a plusieurs foyers à éteindre, et pas seulement sur les régimes spéciaux.

Il doit notamment répondre aux inquiétudes des enseignants, qui craignent que leurs pensions baissent avec les nouvelles règles de calcul. Le premier ministre s'est engagé à une «revalorisation progressive» de leur traitement.

De leur côté, les professionnels du commerce et du tourisme en France commencent à faire part de leur inquiétude sur les conséquences d'un mouvement social potentiellement durable, à quelques semaines des fêtes de fin d'année.