Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Monde

Coronavirus: la gravité de l’épidémie dépend de plusieurs inconnues

PARIS — Quelle est la dangerosité du nouveau coronavirus? Quels symptômes provoque-t-il? Quel est son niveau de transmission entre humains? On en apprend un peu plus chaque jour sur l’épidémie partie de Chine, mais de nombreuses inconnues empêchent encore de déterminer son degré de gravité à l’échelle mondiale.

Quel bilan pour l’instant?

Il se monte samedi à 1300 cas, dont 41 mortels, en Chine, d’où l’épidémie est partie. D’autres pays d’Asie sont touchés et quelques cas ont été détectés en Australie, en France et aux États-Unis. Aucun patient n’est mort hors de Chine.

«À l’heure actuelle, il est difficile de déterminer le taux de mortalité puisqu’au stade initial de l’épidémie, on détecte seulement les cas sévères plutôt que les cas plus légers, voire asymptomatiques» (sans symptôme), explique dans la revue médicale The Lancet la scientifique chinoise Lili Ren.

En d’autres termes, on sait combien de patients sont morts à cause de ce virus, mais pas combien sont réellement infectés au total.

«Le taux de mortalité pour l’instant est de moins de 5 pour cent», juge toutefois le professeur français Yazdan Yazdanpanah, expert auprès de l’OMS et qui a pris en charge des patients en France.

Baptisé 2019-nCoV, ce nouveau virus appartient à la vaste famille des coronavirus.

Auparavant, seules deux épidémies mortelles ont été causées par un coronavirus: le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et le Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient).

Selon l’OMS, l’épidémie de SRAS avait fait 774 morts dans le monde sur 8096 cas en 2002/2003 avant d’être jugulée, soit un taux de mortalité de 9,5%. Toujours en cours, l’épidémie de Mers a fait 858 morts sur 2494 cas depuis septembre 2012, soit un taux de mortalité de 34,5%.

«De façon générale, les patients (touchés par le nouveau virus) sont dans un état moins grave qu’avec le SRAS», selon le Pr Yazdanpanah.

Quels symptômes?

Certains sont similaires à ceux du SRAS, selon les travaux de scientifiques chinois publiés vendredi par The Lancet, basés sur les 41 premiers cas repérés en Chine.

Tous ces patients avaient une pneumonie, la quasi-totalité avait de la fièvre, les trois quarts toussaient, plus de la moitié avait des difficultés respiratoires.

Mais «il y a d’importantes différences avec le SRAS, comme l’absence de symptômes affectant les voies aériennes supérieures (nez qui coule, mal de gorge, éternuements)», analyse l’auteur principal de ces observations, le Pr Bin Cao.

L’âge moyen des 41 patients est de 49 ans, 30 d’entre eux sont des hommes et 27 s’étaient rendus au marché de Wuhan, d’où est partie l’épidémie. Enfin, près d’un tiers a présenté une détresse respiratoire aiguë et six sont morts.

Bien qu’il ne faille pas tirer de conclusion générale étant donné le faible nombre de patients considérés, ces observations permettent de dresser un premier tableau clinique de la maladie.

Des indications d’autant plus précieuses que le diagnostic est rendu difficile par l’épidémie de grippe qui sévit actuellement, avec des symptômes proches.

Il n’existe ni vaccin ni médicament contre le coronavirus, et la prise en charge médicale consiste à traiter les symptômes.

Quelle transmission d’humain à humain?

C’est une question centrale. Si le risque de transmission d’humain à humain était d’abord jugé «faible», il ne fait aujourd’hui plus de doute. Reste à connaître son intensité.

«Le problème, c’est que nous n’avons pas encore assez de données pour déterminer précisément le taux de reproduction de base de cette maladie», souligne le Pr William Keevil (Université de Southampton, Angleterre).

Utilisée en épidémiologie, cette unité désigne le nombre moyen de cas provoqués par un seul patient atteint d’une maladie transmissible.

«Si ce taux est élevé et que le virus mute à l’avenir vers une forme plus dangereuse, cela deviendrait préoccupant», selon le Pr Keevil.

La période d’incubation (entre l’infection et l’apparition de symptômes) est estimée à deux semaines maximum.

Quelle origine?

Les chercheurs estiment que ce nouveau virus provient probablement des chauves-souris, comme celui du SRAS, avec lequel il partage 80% de similitudes sur le plan génétique.

Mais on ne sait toujours pas quel animal l’a transmis à l’homme. Mercredi, une équipe chinoise a émis l’hypothèse que cela pourrait être le serpent, mais cela a aussitôt été contesté par d’autres experts, qui penchent plutôt pour un mammifère.

Identifier cet animal est important, car cela pourrait contribuer à juguler l’épidémie.

Dans le cas du SRAS, l’animal en cause s’était avéré être la civette, mammifère dont la viande est appréciée en Chine. «C’est en interdisant la consommation des civettes et en fermant les fermes d’élevage qu’on avait pu prévenir toute réintroduction» du virus, rappelle le Pr Arnaud Fontanet, de l’Institut Pasteur à Paris.

À l’inverse, l’une des raisons pour lesquelles l’épidémie de Mers se poursuit est le fait que le réservoir du virus est le dromadaire, un animal domestique.

Comment se protéger?

Autorités sanitaires et scientifiques mettent en avant l’importance des «mesures-barrières», efficaces pour d’autres maladies virales comme la grippe: se laver les mains fréquemment, tousser ou éternuer dans le creux de son coude ou dans un mouchoir dont on se débarrasse ensuite, éviter de se toucher le visage (nez, mains, bouche)...

En outre, si un cas est avéré, le patient doit être placé à l’isolement pour éviter la contagion.

«Étant donné qu’un grand nombre de malades du SRAS et du Mers ont été infectés dans des lieux de soins, il faut prendre des précautions pour éviter que le virus se propage dans les établissements de santé», écrivent des scientifiques internationaux dans un commentaire publié par The Lancet.

Monde

Destitution: le procureur en chef démocrate se dit menacé par Trump

WASHINGTON — Le parlementaire Adam Schiff, qui mène l’accusation au procès en destitution de Donald Trump, s’est dit menacé dimanche par le président qui a tweeté que l’élu démocrate devait « payer le prix ».

«Schiff le Fourbe est un homme politique corrompu, et vraisemblablement un homme très tordu. Il n’a pas payé le prix, pour l’instant, pour ce qu’il a fait à notre pays !», a tweeté dimanche matin M. Trump.

Monde

Interrogé sur l’Ukraine, Pompeo perd son sang-froid avec une journaliste

WASHINGTON — Cris, regard furieux et gros mots : une journaliste américaine a raconté comment le chef de la diplomatie des États-Unis Mike Pompeo avait perdu son sang-froid vendredi après avoir été pressé de questions sur l’affaire ukrainienne au cœur du procès en destitution de Donald Trump.

Dans un communiqué à la tonalité très agressive dénonçant « le manque d’intégrité » de nombreux journalistes, le secrétaire d’État a accusé samedi la journaliste de lui avoir « menti ».

Tout est parti d’une entrevue accordée en début de matinée à NPR, la radio publique américaine.

L’essentiel de l’entretien porte sur l’Iran, mais la journaliste, Mary Louise Kelly, termine par l’Ukraine, alors que le président Trump est actuellement inculpé d’abus de pouvoir devant le Sénat américain pour avoir fait pression sur Kiev afin d’obtenir des enquêtes sur ses adversaires démocrates.

Mike Pompeo, pilier du trumpisme, est personnellement accusé de n’avoir pas défendu l’ex-ambassadrice des États-Unis en Ukraine, Marie Yovanovitch, abruptement relevée de ses fonctions au printemps après avoir fait l’objet d’une campagne de dénigrement menée par Rudy Giuliani, l’avocat personnel de Donald Trump.

« Devez-vous des excuses à l’ambassadrice Marie Yovanovitch ? », demande la journaliste.

Suit un échange tendu, où il assure avoir « défendu chaque responsable du département d’État », tandis qu’elle demande, en vain, à quelle occasion il aurait publiquement défendu Marie Yovanovitch.

« J’ai dit tout ce que j’avais à dire aujourd’hui. Merci », coupe sèchement Mike Pompeo.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, et Mary Louise Kelly l’a racontée vendredi soir sur les ondes de NPR. « Il s’est penché, m’a lancé un regard furieux » avant de « quitter la pièce », a-t-elle expliqué.

Une conseillère a ensuite demandé à la journaliste de la suivre dans le salon privé du secrétaire d’État, mais sans micro.

« Il était là à m’attendre et il m’a crié dessus » durant une dizaine de minutes, « il n’était pas content d’avoir été interrogé sur l’Ukraine », a-t-elle dit, assurant qu’il avait proféré des insultes pendant toute la conversation.

Selon la journaliste, Mike Pompeo lui a lancé : « Vous pensez que les Américains s’intéressent à l’Ukraine ? ». Puis il a demandé à ses conseillers d’apporter une carte du monde sans les noms des pays afin qu’elle prouve qu’elle savait bien où se situe l’Ukraine – qu’elle a donc dû montrer du doigt sous les yeux du secrétaire.

« Les gens vont entendre parler de tout ça », a ensuite menacé le secrétaire d’État, qui s’en est déjà publiquement pris à des journalistes par le passé.

Dans son communiqué, Mike Pompeo affirme que la journaliste s’était engagée à ce que leur échange post-entrevue reste « off the record » et ne puisse donc être utilisé publiquement.

« C’est une honte que cette journaliste ait choisi de violer les règles élémentaires du journalisme et de la décence », écrit-il, y voyant « un nouvel exemple » de la volonté des médias « de nuire au président Trump et à son équipe ».

Le chef de la diplomatie américaine conclut d’une phrase chargée d’ironie laissant entendre que la journaliste n’a pas été capable de localiser l’Ukraine sur la carte.  

« Il est important de noter que le Bangladesh n’est PAS l’Ukraine », écrit-il.

Monde

Le plan de paix de l’administration Trump sera historique, dit Nétanyahou

JÉRUSALEM — Le plan de paix pour le Moyen-Orient de l’administration Trump sera « historique », ont soutenu samedi soir le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son rival Benny Gantz à l’approche de leur départ pour Washington afin de discuter de cette initiative américaine.

Le président américain Donald Trump avait annoncé jeudi que son plan de paix, dont la présentation a été retardée à maintes reprises, allait être dévoilé d’ici mardi, jour où il devait rencontrer M. Nétanyahou à la Maison-Blanche.

Mais samedi soir, un haut responsable israélien a indiqué à l’AFP qu’une première rencontre Trump-Nétanyahou était prévue dès lundi, et qu’elle serait suivie par un second entretien le lendemain.  

« J’ai bon espoir que nous sommes au seuil d’un moment historique pour notre État », a déclaré M. Nétanyahou dans un communiqué à propos du projet de paix américain.  

« Une opportunité de la sorte n’arrive qu’une seule fois dans l’histoire et nous ne pouvons pas la rater […] J’ai bon espoir que nous sommes au seuil d’un moment historique pour notre État », a-t-il ajouté.

« Aujourd’hui, nous avons à la Maison-Blanche le plus grand ami qu’Israël ait jamais eu et donc la plus grande opportunité que nous ayons jamais eue », a ajouté le premier ministre israélien à propos de ce plan, déjà rejeté par les Palestiniens qui jugent l’administration Trump trop pro-israélienne.

Les États-Unis avaient déjà présenté en juin les grandes lignes économiques de leur plan qui prévoit environ 50 milliards d’investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. Mais les détails concrets de ce projet et son éventuel volet politique demeurent le sujet de spéculations.

Encore secret

Benny Gantz, le chef de l’opposition israélienne et rival de M. Nétanyahou aux législatives de mars, doit aussi se rendre dans la capitale américaine pour ces discussions, auxquelles les Palestiniens disent ne pas avoir été conviés.

« J’ai eu de nombreuses rencontres et discussions sur le “Plan de paix” avec les conseillers du président, des responsables de la Maison-Blanche et mon ami l’ambassadeur (américain à Jérusalem) David Friedman […] Le contenu de nos échanges comme les détails du plan resteront secrets pour le moment », a déclaré samedi soir à Tel-Aviv M. Gantz, un ancien chef de l’armée israélienne.  

« Mais je peux déjà vous dire que le “Plan de Paix”, conçu par le président Trump marquera l’histoire comme un jalon important permettant à différents acteurs au Moyen-Orient d’aller enfin de l’avant avec un accord régional historique », a ajouté M. Gantz qui doit rencontrer Donald Trump lundi à Washington.

Mais « “l’accord du siècle” que le président Trump pourrait annoncer est déjà mort », a estimé jeudi le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas à l’issue d’une rencontre de ce dernier avec le président russe Vladimir Poutine.

« Nous rejetons absolument ce que l’administration Trump a réalisé jusqu’à présent […] Notre position est claire : Israël doit mettre fin à l’occupation des terres palestiniennes en vigueur depuis 1967 », a ajouté Nabil Abou Roudeina.  

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion de M. Nétanyahou et de son allié à Washington.

Le projet américain a aussi été rejeté par le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants séparée géographiquement de la Cisjordanie, où se limite l’autorité de Mahmoud Abbas.  

Dans ce contexte, certains analystes estiment que le plan américain pourrait ranimer le conflit israélo-palestinien plutôt que de le résoudre.  

Monde

Tempête au Brésil: au moins trente morts, des disparus

BELO HORIZONTE — La violente tempête qui s’abat depuis jeudi sur l’État de Minas Gerais, dans le sud-est du Brésil, a déversé des quantités record de pluie par endroits, provoquant d’importantes inondations et des glissements de terrain ayant fait au moins trente morts et dix-sept disparus.

La Défense civile a indiqué samedi que ces intempéries exceptionnelles avaient également fait sept blessés et plus de 3000 déplacés. Une trentaine de villes sont affectées.

Les personnes décédées ont péri lors de glissements de terrain ou lors de la destruction de maisons causée par des inondations et des précipitations sans précédent.

L’Institut national de météorologie a indiqué avoir enregistré en 24 heures les précipitations les plus importantes jamais relevées depuis le début des mesures il y a 110 ans.

Entre 9 h jeudi et 9 h vendredi, 171,8 millimètres de pluie sont tombés à Belo Horizonte, capitale de l’État de Minas Gerais. Un record.

Les autorités anticipent une baisse de l’intensité des chutes de pluie dans la journée de dimanche tout en prévenant que le risque de glissement de terrain allait persister dans neuf villes de la région de Belo Horizonte.

Les images des télévisions locales montraient des éboulements, des maisons ensevelies, des arbres et des poteaux électriques arrachés, des rivières en crue et des quartiers inondés par cette tempête, qui touche aussi les États voisins de Rio de Janeiro et d’Espirito Santo.

Digue défaillante

Les fortes averses tombées sur l’État de Rio ont entraîné la crue de trois cours d’eau qui ont inondé sept villes du nord et du nord-ouest. Aucun décès ni blessé n’ont été signalés à ce stade.

Plusieurs routes ont été coupées par la montée des eaux et des dizaines de ponts se sont effondrés. Selon le site d’informations G1, une digue a cédé à Monjolos, une zone rurale du Minas Gerais, provoquant le débordement d’un cours d’eau qui a affecté plusieurs maisons sans faire de victime.

Vendredi, deux enfants et deux adultes ont perdu la vie dans l’effondrement de deux habitations à Ibirite.

Deux autres personnes ont péri dans l’écroulement d’habitations dans le quartier de Vila Bernardete, à Belo Horizonte. Quatre autres personnes sont mortes dans cette ville, et une à Contagem.

Ces intempéries coïncident avec le premier anniversaire de la rupture d’un barrage minier situé à Brumadinho dans l’État du Minas Gerais, qui a provoqué un torrent de boue de déchets de 13 millions de m3 ayant tout emporté sur son passage. Cette tragédie survenue le 25 janvier 2019 a fait 211 morts et 95 disparus.

La majorité des victimes travaillaient dans la mine Corrego do Feijao appartenant au groupe Vale, premier producteur mondial de minerai de fer.

Il y a une semaine, six personnes étaient mortes à la suite d’inondations et de glissements de terrain causés par des pluies diluviennes dans l’État d’Espirito Santo, dans le sud-est du Brésil. Plus de 3000 personnes avaient dû être évacuées, selon des sources officielles.

Monde

Destitution de Trump: «Il n'a rien fait de mal», martèle sa défense

WASHINGTON — Après le long réquisitoire des démocrates en faveur d’une destitution, les avocats de Donald Trump ont entamé samedi leurs plaidoiries, mettant en garde, tout en restant évasifs sur le fond, contre la tentation de remettre en cause le verdict des urnes.

«Quand vous entendrez les faits […] vous verrez que le président n’a absolument rien fait de mal», a lancé Pat Cipollone, avocat de la Maison-Blanche, qui a pris la parole devant le Congrès lors d’une brève séance exceptionnellement organisée un samedi.

«Toute personne honnête qui a regardé le procès au Sénat aujourd’hui a pu voir à quel point j’ai été traité de manière injuste», a tweeté Donald Trump peu après.

L’ancien homme d’affaires de New York est accusé d’avoir utilisé le pouvoir de la présidence pour essayer de forcer l’Ukraine à enquêter sur l’un de ses adversaires potentiels, le démocrate Joe Biden, et ainsi le «salir», selon les termes de l’accusation.

Dans un Sénat contrôlé par les républicains (53 sièges sur 100), l’acquittement du 45e président des États-Unis fait peu de doute. Mais à moins de 300 jours de l’élection présidentielle, les débats sont aussi une bataille pour l’opinion publique.

Face à des sénateurs impatients de quitter Washington pour le week-end, en particulier les candidats démocrates Bernie Sanders et Elizabeth Warren désireux de retrouver les estrades de campagne dans l’Iowa, les défenseurs du président ont été brefs: à peine deux heures.

Ancien animateur d’une émission de télé-réalité et avide téléspectateur, Donald Trump avait lui-même donné le ton la veille : le samedi est la «Vallée de la mort» en termes d’audience, pas la peine de perdre son temps dans de longues plaidoiries, mieux vaut garder des forces pour lundi.

Comme l’accusation, les avocats du milliardaire disposeront au total de 24 heures, étalées sur trois journées.

La présentation de samedi s’assimilait plutôt à une «bande-annonce», selon les termes de la défense, avant le plat de résistance que constituera l’intervention du célèbre constitutionnaliste Alan Dershowitz, qui fut, entre autres, l’avocat d’O.J. Simpson et du financier Jeffrey Epstein.

Troisième président de l’histoire à subir l’infamie d’un procès en destitution, Donald Trump est mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Face aux sénateurs, Pat Cipollone a accusé les adversaires politiques du président de chercher à organiser «la plus grande interférence dans les élections de l’histoire américaine».

«Ils vous demandent de [destituer le président] sans la moindre preuve […] Ils vous demandent de déchirer tous les bulletins de vote de ce pays», a-t-il asséné.

«Laissez le peuple décider»

«Nous ne pouvons accepter cela», a-t-il ajouté, promettant de mener à bien la deuxième partie de ce procès historique de façon «efficace et rapide» pour que tous les Américains puissent se tourner vers le rendez-vous électoral du 3 novembre.

«Laissez le peuple décider, c’est ce que les pères fondateurs voulaient», a-t-il conclu.

La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, a mis le président en accusation le 18 décembre.

Preuve que Donald Trump peut compter sur un «Grand Old Party» au garde-à-vous, pas un seul républicain n’avait alors soutenu ce vote d’«impeachment».

Samedi, les partisans du président sont montés en première ligne. «Deux heures de vérité écrasent largement 20 heures de spéculations et de rumeurs», a tweeté l’élu républicain Jim Jordan en référence aux arguments développés par les démocrates depuis mercredi.

Mais dans une Amérique très divisée, rien n’indique que ces auditions fassent véritablement bouger les lignes, parmi les élus comme parmi les électeurs.

«Il sera intéressant de voir, quand tout sera terminé, combien d’Américains auront regardé à la fois l’accusation et la défense», soulignait David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama.

«Ou est-ce que ce sera comme l’essentiel de notre débat politique, avec des gens qui n’écoutent que les arguments qui les renforcent dans leurs convictions ?»

Monde

Liban: nouvelles violences à Beyrouth au 100e jour de la contestation

BEYROUTH — Des heurts ont de nouveau opposé samedi des protestataires aux forces de l’ordre à Beyrouth, au 100e jour d’une contestation inédite contre le pouvoir, les manifestants dénonçant l’affiliation du nouveau gouvernement à une classe politique accusée de corruption et d’incompétence.

Au moins 20 personnes ont été blessées dans les deux camps, dont 18 ont été soignées sur place, a indiqué à l’AFP le secrétaire général de la Croix-Rouge libanaise, Georges Kettaneh.

Sous le slogan «Pas de confiance», plusieurs marches pacifiques ont été organisées en début d’après-midi dans plusieurs rues de la capitale avant que le mouvement ne dérape après l’arrivée des manifestants au centre de Beyrouth.

Sur la place Riad el-Solh, la foule massée au pied de la colline du Sérail — le siège du gouvernement où réside le nouveau Premier ministre Hassan Diab —, a tenté d’arracher les barbelés et de déplacer les blocs en béton ainsi qu’un grand portail grillagé, selon un correspondant de l’AFP.

Les manifestants ont également lancé des pierres et des pétards sur la police anti-émeute postée de l’autre côté, qui a répliqué par des tirs de canon à eau et de gaz lacrymogène.

Bouclier à la main et en rangs serrés, les membres de la force anti-émeute ont fini par disperser les manifestants qui avaient réussi à démonter quasiment tous les obstacles érigés à l’entrée du siège du gouvernement, selon le correspondant de l’AFP.

La nouvelle ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, a déploré la «violence» et les «destructions» occasionnées par les manifestants.

«Partage de gâteau»

Ces deux dernières semaines, des heurts violents ont opposé les contestataires aux forces de l’ordre, alors que le pays était toujours sans gouvernement, faisant des centaines de blessés et entraînant des dizaines d’arrestations.

Le Liban s’est finalement doté mardi d’un nouveau cabinet, près de trois mois après la démission, sous la pression de la rue, de l’ancien Premier ministre Saad Hariri.

Mais la nouvelle équipe est affiliée, comme les précédentes, à des partis politiques que la rue conspue.

Elle est constituée cette fois par un seul camp politique, celui du puissant mouvement armé du Hezbollah pro-iranien et ses alliés.

La rue réclame depuis le 17 octobre une refonte du système politique et le départ de l’ensemble de la classe dirigeante.

Le point de départ de ce changement réside, selon les manifestants, dans la formation d’un cabinet réduit et transitoire composé de spécialistes indépendants du sérail politique, au pouvoir depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).

«Ce n’est pas le gouvernement que nous avons réclamé», déplore Perla Maalouly, une manifestante.

«Après 100 jours, ils continuent de faire ce qu’ils veulent, comme si le peuple n’avait rien dit», ajoute-t-elle.

La rue dénonce un «partage de gâteau» entre partis politiques, dans un pays où la formation de gouvernements prête souvent le flanc à d’interminables négociations pouvant durer plusieurs mois.

Il a fallu un mois au premier ministre Hassan Diab pour former son gouvernement, composé de 20 ministres, dont certains universitaires et professionnels, sur fond de divisions sur l’attribution des portefeuilles ministériels.

Cette grave crise politique s’est accompagnée ces derniers mois d’une détérioration de la situation économique, avec des licenciements en masse, des restrictions bancaires drastiques et une dépréciation de la monnaie nationale sur le marché parallèle.

Le Liban fait face à une «catastrophe» économique, a reconnu mercredi M. Diab, promettant que son gouvernement allait déployer tous les efforts pour éviter un effondrement.

Le pays croule sous une dette avoisinant les 81 milliards d’euros, soit plus de 150% de son produit intérieur brut (PIB), l’un des taux les plus élevés mondialement.

Samedi, le président français Emmanuel Macron a exprimé son «souhait de mesures de réforme qui répondent aux aspirations exprimées par les Libanais» au cours d’un entretien téléphonique avec son homologue libanais Michel Aoun, selon l’Élysée.

Monde

Turquie: course contre la montre des secouristes après le séisme

ELAZIG — Les secouristes luttaient contre la montre et le froid samedi pour extirper à temps des personnes coincées sous les décombres, au lendemain d’un puissant séisme qui a frappé l’est de la Turquie, faisant près de 30 morts.

Le tremblement de terre, qui a été ressenti dans plusieurs pays voisins, s’est produit vendredi dans la province d’Elazig et a été mesuré à une magnitude de 6,7 par l’institut américain USGS.

En signe de solidarité avec les sinistrés, le président Recep Tayyip Erdogan s’est rendu à Elazig, dans le quartier de Mustafa Pasa, où deux immeubles résidentiels se sont effondrés, affirmant que l’État ferait «tout ce qui est en son pouvoir» pour aider les habitants.

Selon un nouveau bilan provisoire de l’agence gouvernementale des situations de catastrophe (AFAD), au moins 29 personnes ont été tuées et près de 1500 blessées. En outre, 43 personnes ont été extraites en vie des décombres.

À Mustafa Pasa, quartier populaire d’Elazig aux rues poussiéreuses, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi, observant les secouristes dans l’odeur âcre émanant de braseros de fortune.

«Trois de mes proches sont coincés dans les décombres. Que Dieu nous vienne en aide. Nous ne pouvons rien faire, sauf prier», confie Mustafa, qui habite le quartier.

«J’étais chez moi pendant le séisme. C’était tellement long !», raconte-t-il. «Ma femme et mes deux enfants criaient. Moi, j’étais incapable de bouger», ajoute-t-il.

«Pensé à la mort»

Juchés sur l’amas de béton plié et de poutres fracassées de l’un des deux immeubles de quatre étages écroulés à Mustafa Pasa, des secouristes ont minutieusement déblayé les gravats pendant des heures, un seau après l’autre.

Leur travail de fourmi a été récompensé par la découverte de quatre rescapés. Mais, à trois reprises, ils n’ont pu que récupérer des corps sans vie, dont celui d’un nourrisson.

Postée devant une supérette non loin de là, Hayriye Durmaz, 32 ans, dit avoir vu les deux bâtiments s’affaisser.

«C’est comme si la fin du monde était arrivée», dit-elle en se frottant les mains pour les réchauffer. «Les voitures s’arrêtaient, les gens en descendaient et récitaient des prières».

Elle est interrompue par une ambulance quittant la scène, sirènes hurlantes.

Plusieurs immeubles alentour, fissurés par la secousse, ont été évacués par précaution. Après avoir retiré sa casquette traditionnelle à huit bords, un homme âgé demande à un jeune policier s’il peut monter récupérer quelques effets. Requête refusée.

Fatih Cakmak, 34 ans, était employé d’une épicerie se trouvant au rez-de-chaussée d’un des immeubles écroulés. Il a fermé la boutique moins d’une heure avant la secousse.

Lorsque la terre a tremblé, il est sorti de chez lui en vitesse et s’est réfugié sous une voiture.

«Je n’ai pensé à rien d’autre qu’à la mort», souffle-t-il. «J’ai eu très peur, ça ne peut pas s’expliquer».

2000 secouristes

Selon la présidence turque, environ 2000 secouristes ont été dépêchés dans la province d’Elazig et celle voisine de Malatya, elle aussi durement touchée.

Des gymnases, des écoles et des bibliothèques ont ouvert leurs portes pour accueillir les personnes ayant fui leurs maisons après le séisme.

Immédiatement après le tremblement de terre vendredi, des internautes s’en sont pris au «laxisme» des autorités en matière de normes antisismiques, une accusation que rejette le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

Samedi, le bureau du procureur d’Ankara a annoncé l’ouverture d’une enquête visant les auteurs de «provocations» sur les réseaux sociaux.

La ville d’Elazig, dont l’agglomération compte quelque 350 000 habitants, dont une importante communauté kurde, est régulièrement secouée par des tremblements de terre.

La Turquie est située dans une des zones sismiques les plus actives du monde. En 1999, un séisme de magnitude 7,4 avait frappé le nord-ouest du pays, faisant plus de 17 000 morts, dont un millier à Istanbul.

Le dernier puissant séisme à frapper la Turquie (7,1 sur l’échelle de Richter) s’était produit en 2011 dans la province de Van (est), faisant plus de 600 morts.

En septembre, un séisme de magnitude 5,7 avait touché Istanbul, la capitale économique du pays.

Les experts estiment qu’un tremblement de terre majeur peut à tout moment toucher cette ville de plus de 15 millions d’habitants, où l’habitat, souvent anarchique, n’est que rarement aux normes antisismiques.

Monde

Virus en Chine: le bilan monte à 56 morts, avertissement de Xi Jinping

WUHAN — Le bilan de l’épidémie de pneumonie virale en Chine est monté à 56 morts et près de 2000 personnes sont contaminées, ont indiqué dimanche les autorités, au lendemain de l’avertissement du président Xi Jinping sur une accélération de la propagation du coronavirus.

L’épidémie a atteint l’Europe et l’Australie, malgré le renforcement des mesures prises pour tenter d’enrayer sa propagation.

À compter de lundi, les agences de voyages chinoises ne pourront plus vendre de réservations d’hôtels ni de séjours à des groupes, a annoncé la chaîne de télévision CCTV.

La crise survient en plein chassé-croisé du Nouvel An, lorsque les Chinois mettent à profit leurs sept jours de congé pour voyager d’un bout à l’autre de leur pays.

Des médecins militaires ont été dépêchés à Wuhan, la ville du centre de la Chine où est apparu en décembre le virus, actuellement de facto mise en quarantaine, et la construction d’un deuxième hôpital d’urgence y a été lancée.

Quinze nouveaux décès ont été enregistrés, parmi lesquels un premier mort à Shanghaï, et au moins 688 nouveaux cas d’infections au coronavirus ont été confirmés, soit un total de 1975 dans le pays, selon la commission nationale de la santé.

Une première ville chinoise, Shantou, à plus d’un millier de km au sud de Wuhan, va mettre en place dimanche à partir de minuit (16H00 GMT) des mesures de restrictions d’accès pour tous les véhicules non essentiels à cette mégapole de plus de 5 millions d’habitants.

Les autorités de Tianjin, 15 millions d’habitants, ont pour leur part annoncé la suspension à compter de lundi des liaisons en bus longue distance, devenant la deuxième grande métropole à prendre une telle mesure après Pékin.

«Une épidémie qui s’accélère» 

La Chine multiplie ainsi les initiatives pour tenter d’enrayer la progression du coronavirus désormais présent sur quatre continents.

«Face à la situation grave d’une épidémie qui s’accélère (...) il est nécessaire de renforcer la direction centralisée et unifiée du Comité central du Parti», a déclaré le président Xi Jinping au cours d’une réunion du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste, l’instance de sept membres qui dirige la Chine.

La France a pour sa part annoncé vendredi trois cas de contamination confirmés, présentés comme les premiers en Europe, l’Australie faisant état samedi de quatre malades, des personnes récemment rentrées de Chine.

Une demi-douzaine de pays d’Asie sont désormais touchés et un deuxième cas a été confirmé aux États-Unis. Un cas suspect a été détecté pour la première fois au Canada.

L’étude des premiers cas tend toutefois à montrer que le taux de mortalité de ce virus baptisé 2019-nCoV, de la famille des coronavirus, est assez faible.

Ce taux «est pour l’instant de moins de 5 pour cent», juge le professeur français Yazdan Yazdanpanah, expert auprès de l’OMS et qui a pris en charge des patients en France.

Le Syndrome respiratoire aigu sévère avec 774 morts dans le monde en 2002/2003 avait un taux de mortalité de 9,5%.

La Chine est entrée dans l’année du Rat sous le signe du coronavirus.

Pour le jour de l’An, les rues de Wuhan sont comme mortes, les rares passants se couvrant le visage avec un masque de protection dont le port est obligatoire, a constaté une équipe de l’AFP.

Coupée du monde 

En ville, il faut attendre des heures pour pouvoir consulter un médecin.

Aux limites de la zone interdite, à une vingtaine de kilomètres à l’est du centre-ville, des véhicules tentant de franchir un péage autoroutier doivent faire demi-tour.

Les trains et les avions n’ont en principe plus le droit de quitter Wuhan depuis jeudi. Les pays occidentaux se mobilisent afin d’organiser dans les prochains jours l’évacuation de leurs ressortissants.

Les États-Unis ont annoncé dimanche organiser le départ de leur personnel diplomatique et de citoyens américains, espérant faire partir mardi un vol direct de Wuhan à San Francisco.

Outre Wuhan, pratiquement toute la province du Hubei est coupée du monde, portant le nombre total des habitants confinés à plus de 56 millions, soit presque la population de l’Afrique du Sud.

L’armée a envoyé dans la zone interdite trois avions d’où ont débarqué vendredi 450 médecins militaires et autres membres du personnel médical.

Certains d’entre eux ont l’expérience de la lutte contre Ebola et le SRAS, une souche similaire au nouveau coronavirus, qui avait entraîné la mort de 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003.

Les hôpitaux étant débordés, la construction d’un deuxième site devant accueillir plus de mille lits a commencé à Wuhan. Elle doit être achevée... sous quinzaine, selon les médias publics.

Tous les décès sauf trois ont été enregistrés dans cette cité ou ailleurs au Hubei.

À Hong Kong, où cinq cas de contamination ont été enregistrés, l’alerte maximale a été décrétée, entraînant notamment des fermetures d’école et de Disneyland.

Monde

Les Verts allemands: 40 ans de révolution apprivoisée

Il y a 40 ans, les Verts allemands faisaient peur. Aujourd’hui, ils flirtent avec le pouvoir. Si la tendance se maintient, il est possible que ce soit un Vert qui succède à la chancelière Angela Merkel, à la tête du gouvernement. Reste que les écolos de 2020 n’ont plus rien à voir avec ceux de 1980. Retour sur une révolution domestiquée.

Est-ce la fin de la civilisation? Les vandales aux portes de Rome? Le 28 mars 1983, l’arrivée des premiers députés verts au Parlement ouest-allemand cause un scandale. Les 28 élus sont comparés à des Martiens hippies. Ou à une horde de Néandertaliens chevelus. «Retourne dans ton arbre!» «As-tu déjà eu un vrai travail»? hurlent certains députés. (1) 

Loin de calmer le jeu, les Verts se présentent comme «le Parti des anti-partis». Ils n’ont que faire des traditions «d’un autre âge». Au Parlement, la plupart des hommes refusent de porter le veston et la cravate. Ils arborent de longues barbes qui les font ressembler au magicien Gandalf, dans le «Seigneur des anneaux». Les femmes tricotent. Pire, elles décorent leur bureau avec d’immenses bouquets de fleurs des champs. 

Le simple fait que le Parti impose la «parité» entre les hommes et femmes, dans son caucus de députés, est perçu comme une provocation. Quand la députée Waltraud Schoppe parle du «sexisme au quotidien», la Chambre explose de rage. «Sorcière!» «Sorcière!» aboient des députés. C’est à peine s’ils ne brandissent pas des crucifix et des gousses d’ail, comme pour repousser un vampire.

Les Verts accusent leurs ainés d’avoir «saccagé» la planète. Leur programme de 1980 évoque «une crise écologique mondiale qui s’intensifie de jour en jour». Il parle d’en finir avec la société de consommation. Il exige que l’Allemagne quitte l’OTAN et ses plans «belliqueux». Le manifeste condamne aussi l’énergie nucléaire. «Nous sommes en train de transmettre aux générations futures un héritage sinistre», peut-on y lire. (2)

Soudain, des ministres regrettent de ne pas avoir interdit ce Parti de pacifistes «enragés», lors de sa fondation, en 1980. (3) À défaut de le voir disparaître, on décide de lui faire la vie dure. Jusque dans les détails. «Pour leurs déplacements, les députés écolos reçoivent des billets de train de seconde classe alors que les [autres députés] voyagent en première». Ça leur apprendra. (4) 

monde

La vie zéro déchet dans la Chine du plastique

PÉKIN — Une montagne de déchets toujours plus haute, à mesure que les Chinois, atteints par le virus de la consommation, commandent toujours plus de colis...

Carrie Yu a dit non. Dans son appartement de Pékin, cette femme de 28 ans a créé son petit royaume minimaliste, où tout ou presque est recyclé.

Dans la cuisine, une boîte à œufs en carton est prête à être réutilisée autant que nécessaire. Son recyclage obligerait à consommer de l’eau et de l’énergie.

Dans la salle de bains, des cotons démaquillants sont en train de sécher après lavage.

Dans l’armoire, les vêtements sont souvent d’occasion ou redécoupés, après avoir vécu d’autres vies.

Quand elle fait ses courses, la jeune Chinoise achète en vrac des produits non emballés au marché du coin. Elle snobe les restaurants qui offrent des baguettes jetables.

Un comportement qui n’aurait rien d’incongru à Paris ou New York, mais tranche dans un pays ou pendant très longtemps la conscience écologique a brillé par son absence.

Une goutte d’eau 

Cette vie «zéro déchet», Carrie la vit depuis 2016, lorsqu’un déménagement l’a forcée à se séparer d’une grande partie de ses biens. «Je me sens beaucoup plus légère», sourit-elle.

Une fois que tout a été soit recyclé, soit réutilisé, soit composté, Carrie et son compagnon arrivent à faire entrer trois mois de déchets dans deux bocaux en verre.

Le jeune couple a lancé The Bulk House, une boutique en ligne, qui vend des produits zéro déchet tels qu’adhésifs biodégradables à base d’amidon ou serviettes hygiéniques lavables.

Une goutte d’eau dans un océan d’emballages usés qui ne fait que grandir : la Chine, qui ne produisait que 30 millions de tonnes de déchets en 1980, en a accumulé 210 millions de tonnes en 2017, selon des chiffres de la Banque mondiale.

C’est toujours moins que les États-Unis (258 millions de tonnes), mais le géant asiatique devrait atteindre les 500 millions de tonnes en 2030, d’après l’institution internationale.

Coût énorme

Passer du jour au lendemain de la pénurie à la surconsommation a créé de mauvaises habitudes.

À l’ère maoïste, avant les réformes de la fin des années 1970, il était courant de devoir consigner bouteilles et pots de yaourt, rappelle Mao Da, historien de l’environnement à l’Université normale de Pékin.

«On nous avait habitués à penser qu’il était glorieux d’être frugal», explique-t-il.

Depuis, la hausse du niveau de vie et l’omniprésence du commerce en ligne, avec des applications comme Taobao ou Meituan, ont transformé des centaines de millions de consommateurs en acheteurs compulsifs, qui commandent leur repas ou leurs moindres envies en quelques clics sur leur portable.

Un cauchemar pour Carrie, qui se souvient de son enfance dans un village du Hubei. L’eau jadis limpide des rivières et des lacs «est remplie de déchets» aujourd’hui, témoigne-t-elle.

Les jeunes comme elle qui sont partis à la ville reviennent à chaque visite les bras chargés de paquets.

«Tout est enveloppé dans du plastique, parce que c’est commode. Mais le coût de la commodité est énorme», déplore-t-elle.

Prise de conscience

Une prise de conscience est-elle enfin en train de se dessiner?

Le gouvernement central a annoncé dimanche une guerre au plastique non recyclable. Dès cette année, les pailles et sacs à usage unique vont devenir hors-la-loi dans les grandes villes.

Shanghai, la plus grande métropole du pays, vient de lancer un ambitieux programme de tri des ordures, avec amendes à l’appui. Pékin doit suivre cette année.

Les mentalités évoluent aussi.

«Avant, quand j’apportais mes propres boîtes et mes sacs, les commerçants me regardaient d’un air bizarre», confie Wei Wei, une styliste indépendante. «Aujourd’hui, ça s’arrange nettement. Même au marché on me dit : c’est bon pour l’écologie».

Les géants du commerce en ligne ont entendu le message.

Alibaba a mis en place 75 000 points de recyclage des emballages dans tout le pays après sa «Fête des célibataires», le plus gros événement mondial de commerce en ligne.

La dernière édition, le 11 novembre, a vu circuler 2,3 milliards de colis, selon la Poste chinoise. Presque deux par habitant...

Monde

Un couple d’escrocs à l’énergie solaire fait main basse sur 1 milliard $

WASHINGTON — Plusieurs maisons, 148 voitures, et même une équipe de baseball : un couple de Californiens a plaidé coupable vendredi d’avoir volé près d’un milliard de dollars à des investisseurs, qui pensaient financer le développement d’un générateur solaire, et non leur train de vie luxueux.

Jeff Carpoff, 49 ans, et sa femme Paulette, 46 ans, qui habitent au nord de San Francisco, avaient attiré les investisseurs en leur présentant le générateur solaire ultra-technologique qu’ils souhaitaient développer via leur entreprise DC Solar, selon deux communiqués publiés par le gendarme boursier américain (SEC) et le ministère de la Justice. Les investisseurs pouvaient même bénéficier d’une aide fédérale, pour ce matériel vert.

Le couple a levé 910 millions de dollars entre 2011 et 2018 auprès de 17 investisseurs, ce qui en fait l’une des plus importantes escroqueries de ce type.

Schéma classique

Mais sur les 17 000 appareils que les époux Carpoff ont prétendu avoir fabriqués, au moins la moitié n’a en réalité jamais vu le jour. Selon le schéma classique de la pyramide de Ponzi, les premiers souscripteurs sont rémunérés grâce à l’argent des nouveaux investisseurs, jusqu’à l’épuisement du mécanisme.

«Alors que le discours des Carpoff aux investisseurs semblait nouveau et innovant, leur fraude était ancienne et simple», a commenté Daniel Michael, un responsable du gendarme boursier.

Jeff et Paulette Carpoff ont gardé au moins 140 millions de dollars pour leur propre usage, et ont acheté des bijoux, 148 voitures — dont la Firebird de 1978 de l’acteur Burt Reynolds —, une équipe de baseball, de l’immobilier de luxe... 

Ils ont également payé un abonnement à un service d’avions privés.

«Selon toutes les apparences, il s’agissait d’une entreprise légitime couronnée de succès. Mais tout cela n’était qu’un écran de fumée», a déclaré Kareem Carter, enquêteur responsable de cette affaire à l’IRS, les services fiscaux américains.

Plus de 120 millions de dollars de biens confisqués vont aller aux victimes, et 500 millions ont déjà été récupérés par le département du Trésor.

Jeff et Paulette Carpoff seront jugés le 19 mai. Ils encourent respectivement 30 et 15 ans de prison.

Quatre autres personnes ont plaidé coupables dans cette affaire, une septième doit être entendue le 11 février.

L’affaire Madoff, qui a fait perdre plus de 20 milliards de dollars à des investisseurs, constitue la «fraude de Ponzi» la plus importante.

Monde

Deux policiers limogés pour avoir arrêté illégalement Stormy Daniels

WASHINGTON — Deux policiers américains ont été limogés pour avoir illégalement arrêté l’actrice X Stormy Daniels, connue pour la liaison qu’elle affirme avoir eue avec Donald Trump, alors qu’elle se produisait dans un club d’effeuillage de l’Ohio en juillet 2018, selon des documents rendus publics vendredi.

L’actrice, dont le vrai nom est Stephanie Clifford, avait été arrêtée par la police de la ville de Columbus pour comportement sexuel inapproprié — en l’occurrence pour avoir touché «une zone anatomique déterminée» des clients. Les charges avaient été rapidement abandonnées.

Pendant sa performance, elle aurait amené «de force les têtes des clients contre sa poitrine en utilisant ses seins nus pour les gifler», selon un procès-verbal de la police diffusé à l’époque par les médias locaux.

Or, une loi de l’Ohio interdit aux employés «d’une entreprise à vocation sexuelle» tout contact physique avec des clients.

Elle avait porté plainte en janvier 2019, assurant que cette arrestation avait des motivations politiques liées à sa liaison supposée en 2006 avec le futur président. L’actrice avait obtenu quelques mois plus tard 450 000 dollars dans le cadre d’un règlement à l’amiable avec la mairie de Columbus.

Le directeur de la sécurité publique de la municipalité, Ned Pettus, a expliqué dans une lettre aux policiers qu’ils étaient limogés pour avoir fait preuve d’un excès de zèle.

«Aucun autre suspect n’a été privé de ses droits en étant arrêté “sur-le-champ” [...] sauf Mme Clifford, ce qui montre un manquement grossier à vos devoirs et votre incompétence», a écrit M. Pettus.

Selon la procédure, après avoir constaté l’infraction, les policiers auraient dû adresser à l’actrice de films pornographiques une simple convocation au tribunal.

Stormy Daniels est devenue célèbre aux États-Unis quand elle a tenté d’obtenir en justice l’annulation d’un accord de confidentialité signé en 2016 avec l’avocat de Donald Trump, Michael Cohen. Elle avait touché 130 000 $ en échange de son silence sur la liaison qu’elle dit avoir eue avec le milliardaire.

Michael Cohen a plaidé coupable en 2018 d’avoir violé les lois sur le financement électoral en versant cette somme, une transaction ordonnée par Donald Trump, selon lui. 

Monde

Procès en destitution: Trump accusé d’être un «danger» pour la démocratie

WASHINGTON — Les procureurs démocrates au Sénat ont accusé vendredi Donald Trump d’être un «danger» pour la démocratie, dans un réquisitoire adressé autant aux électeurs américains qu’aux élus chargés de juger si le président mérite d’être destitué.

Lors d’une troisième et dernière journée consacrée à l’accusation, celle-ci a poursuivi sa présentation des reproches adressés au président, le troisième seulement de l’histoire des États-Unis à subir un procès en destitution au Sénat.

Leur déroulé méthodique des faits, entrecoupé d’extraits vidéo, de références historiques et d’envolées lyriques a dressé un portrait peu flatteur de l’impétueux milliardaire républicain.

«Le président a tendance à mettre ses intérêts avant ceux du pays» : c’est «Trump d’abord et pas l’Amérique d’abord», a assené le procureur en chef Adam Schiff, élu de la Chambre des représentants, en référence au slogan de campagne de l’ancien magnat de l’immobilier.

Sa conduite «met en danger notre sécurité nationale», a-t-il poursuivi. «Notre démocratie est en jeu, c’est aussi simple que ça».

Les faits sont peu contestés : Donald Trump a demandé à l’Ukraine d’enquêter sur le démocrate Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle de novembre, en même temps qu’il gelait une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit avec la Russie.

Le président a utilisé les moyens de l’État pour faire pression sur Kiev afin de «salir» son rival et «tricher à l’élection», selon Adam Schiff.

Une fois «démasqué», après l’intervention d’un mystérieux lanceur d’alerte, «il a travaillé dur pour étouffer l’affaire» et bloquer l’enquête du Congrès, a ajouté l’élu Hakeem Jeffries.

L’entrave du milliardaire, qui a interdit la diffusion de documents ou le témoignage de ses proches conseillers, «a été catégorique, généralisée et sans précédent», a encore commenté l’élue Val Demings.

La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, l’a mis en accusation le 18 décembre pour «abus de pouvoir» et «entrave au travail du Congrès». Pas un seul républicain n’avait apporté sa voix à ce vote d’impeachment.

Cette solidarité des républicains, majoritaires au Sénat (53 sièges sur 100), devrait permettre à Donald Trump d’être rapidement acquitté.

L’opposition espère toutefois écorner son image, alors qu’il est en pleine campagne de réélection.

«Il est qui il est et cela ne changera pas, le président des États-Unis continuera à abuser de son pouvoir», a mis en garde M. Schiff.

«Conflit d’intérêts» 

M. Trump, qui a participé vendredi au rassemblement annuel de militants antiavortement, une partie de sa base électorale, s’était auparavant plaint d’avoir «eu à endurer des heures et des heures de mensonges, de fraudes et de tromperies».

«Le coup monté de la destitution perturbe les élections de 2020», a-t-il reconnu sur Twitter.

Ses défenseurs prendront la parole samedi à partir de 10h et disposeront à leur tour de 24 heures maximales sur trois jours pour développer leurs arguments.

L’avocat personnel de Donald Trump, Jay Sekulow, a promis qu’il allait «démentir et réfuter» les accusations en présentant «un dossier convaincant».

«L’idée que vous commettez une entrave au Congrès en exerçant vos prérogatives constitutionnelles est tout à fait absurde», a-t-il ajouté, invoquant le principe de la séparation des pouvoirs.

Pour ses partisans, le président pouvait légitimement demander à l’Ukraine d’enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption alors que son père, vice-président, supervisait la politique américaine envers Kiev.

«Rien de nouveau»

«Comment pouvons-nous ignorer les Biden en Ukraine? C’est un évident conflit d’intérêts qui compromet notre sécurité nationale», a déclaré l’influent sénateur républicain Lindsey Graham, évoquant un des arguments amenés à être développés par la défense.

Ce proche du président a reconnu qu’Adam Schiff avait «fait du bon boulot», mais que la décision d’écarter M. Trump du pouvoir revenait «aux électeurs».

D’autres élus de la majorité ne se sont pas montrés aussi élégants. «On n’a rien entendu de nouveau», a affirmé Jim Inhofe.

Lors de cette nouvelle journée marathon, les sénateurs républicains ont été vus haussant les épaules, ricanant ou piquant du nez. L’un d’eux a même écrit un grand «SOS» sur une feuille visible depuis la tribune réservée à la presse.

D’autres se sont régulièrement échappés dans l’antichambre du Sénat, en violation des règles strictes du procès qui leur interdisent de parler, de sortir de la salle d’audience ou de consulter leurs portables.

Autour du globe, 25 janvier 2020

Monde

Greta Thunberg accuse Davos d’avoir «ignoré» les revendications climatiques

DAVOS — Des revendications climatiques «complètement ignorées» : la militante Greta Thunberg a dressé vendredi son bilan, sans appel, du Forum de Davos au cours duquel elle a été prise pour cible par l’administration américaine.

«Nous avions quelques revendications [en arrivant]. Évidemment elles ont été complètement ignorées. Mais nous nous y attendions», a dit à la presse la jeune Suédoise qui demande un arrêt immédiat du financement des énergies fossiles.

Greta Thunberg, invitée pour la deuxième année consécutive au rassemblement annuel de l’élite politique et économique, a conclu sa semaine en organisant au pied des pistes sa «grève pour le climat». Une manifestation qu’elle a lancée, d’abord seule, en Suède tous les vendredis avant de devenir la figure de proue d’une mobilisation mondiale de la jeunesse.

Le Forum économique mondial de Davos, réuni de mardi à vendredi, a pourtant été nettement dominé par l’inquiétude climatique.

Le long de la Promenade, rue principale de Davos transformée pour quelques jours en vitrine géante des entreprises et des gouvernements, les slogans et affiches de telle ou telle multinationale en faveur d’une économie «verte», ou «durable» étaient omniprésentes.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a par exemple dit que l’humanité était «perdue» si les efforts de réduction des émissions de CO2 n’étaient pas amplifiés.

Des arbres par milliards

Des annonces ont été faites, mais sans aller aussi loin que ne le demandent les militants du climat.

Une autre figure de la mobilisation pour le climat présente à Davos, l’Allemande Luisa Neubauer qui vient de refuser le siège offert par une filiale du géant industriel Siemens au conseil de surveillance de sa branche énergie, a martelé que les beaux discours ne suffisaient pas.

«Nous n’avons jamais fait la grève pour que les discours changent», a-t-elle dit, mais pour «une action climatique concrète».

Les organisateurs du Forum ont lancé une campagne pour planter ou sauver «1000 milliards d’arbres», ce qui permet de capter du C02, mais ne change rien au volume des émissions.

Le géant américain de la finance BlackRock avait, lui, marqué les esprits avant même Davos en promettant de liquider les actions et obligations qu’il détient dans des sociétés générant plus de 25 % de leurs revenus à partir de la production de charbon thermique».

Tranchant avec la tonalité générale, l’importante délégation américaine, conduite par Donald Trump, a contesté ouvertement l’existence même d’une urgence climatique, prenant la jeune Suédoise pour cible.

Le président américain a ainsi fustigé les «prophètes de malheur et les prédictions d’apocalypse» climatique mardi, dans un discours auquel assistait la militante.

Visiblement peu impressionnée, Greta Thunberg a de son côté répété ses virulentes mises en garde à l’élite politique et économique, martelant qu’il était temps de «paniquer» parce que «la maison brûle», comme elle l’avait déjà fait l’an dernier à Davos.

Vendredi, elle est de plus revenue sur des déclarations la visant d’un ministre américain, assurant qu’elles n’avaient «pas d’effet» sur elle.

Problème «parmi d’autres»

«Cela n’a évidemment pas d’effet. Nous sommes constamment critiqués de cette manière. Si nous y faisions attention, nous ne pourrions pas faire ce que nous faisons. Nous nous mettons nous-mêmes sous le feu des projecteurs», a dit la militante.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin avait conseillé jeudi à Greta Thunberg de «faire des études d’économie et d’aller à l’université». «Qui est-elle? Une cheffe économiste?», avait-il ironisé. La Suédoise, qui a interrompu pour un an son cursus scolaire afin de se consacrer à la mobilisation climatique, avait répliqué qu’il n’y avait «pas besoin de diplôme universitaire» pour déterminer que les efforts de réduction des émissions de CO2 étaient insuffisants, graphique à l’appui. 

Vendredi, M. Mnuchin a également estimé que, selon lui, «il faudrait parler de problèmes environnementaux, pas de changement climatique» et estimé que de son point de vue, c’était «un problème parmi beaucoup d’autres».

Monde

Second cas de virus chinois aux États-Unis

WASHINGTON — Une femme sexagénaire revenue de Wuhan le 13 janvier et habitant Chicago a été infectée par le nouveau coronavirus chinois, ont confirmé vendredi les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le second cas aux États-Unis.

Hospitalisée principalement dans le but d’empêcher des contaminations, «elle se porte bien cliniquement» a dit Allison Arwady, responsable de santé publique à Chicago, dans une conférence téléphonique avec la presse. Elle n’a pas pris les transports en commun et a eu très peu de contacts depuis son retour de Chine, a-t-elle dit.

«Tout est très rassurant en termes de risque d’infection pour le grand public», a-t-elle dit.

Nancy Messonnier, responsable des CDC pour les maladies respiratoires, a indiqué qu’en tout 50 patients faisaient en ce moment l’objet d’analyses pour confirmer si leurs symptômes étaient dus au virus, baptisé 2019-nCoV. Ces tests à partir d’un échantillon sanguin sont réalisés à Atlanta au siège des CDC, mais seront prochainement décentralisés.

Onze autres personnes ont reçu un résultat négatif, et deux cas ont donc été confirmés, d’abord dans l’Etat de Washington, puis à Chicago. L’homme de l’État de Washington va bien et aucune des personnes de son entourage n’a de symptômes, selon Nancy Messonnier.

En tout, ces 63 personnes sont réparties dans 22 États.

«Bien qu’il reste de nombreuses inconnues, les CDC estiment que le risque immédiat pour les Américains reste faible à ce jour», a martelé Nancy Messonnier.

Elle a également indiqué que la période d’incubation du virus était apparemment d’environ deux semaines, et que les personnes infectées ne semblaient pas être contagieuses avant l’apparition des symptômes.

Une attention particulière doit être portée aux personnes ayant quitté Wuhan avant l’instauration cette semaine par les autorités chinoises de mesures de confinement, dont la suspension des liaisons aériennes, a dit Martin Cetron, responsable des quarantaines aux CDC.

Selon lui, 2000 personnes débarquant de 200 vols ont fait l’objet de contrôles à l’arrivée dans les cinq aéroports américains surveillés par les CDC depuis vendredi dernier, mais aucun n’a testé positif au virus.

Les autorités américaines réfléchissent toutefois à «changer leur approche» de contrôles, puisque les voyageurs arrivant sans fièvre ni symptômes peuvent quand même avoir été infectés, a expliqué Martin Cetron.

Monde

Au moins deux morts dans l'explosion d'un entrepôt à Houston

HOUSTON — Une puissante explosion dans un entrepôt industriel de la ville texane de Houston, tôt vendredi matin, a causé la mort d’au moins deux personnes et fait d’importants dégâts.

«Nous avons […] au moins deux morts confirmés», a déclaré à la presse le chef de la police de Houston, Art Acevedo.

«La police de Houston a ouvert une enquête pénale», a-t-il précisé, tout en invitant les passants à éviter la zone.

L’explosion, qui «a été sentie à bonne distance» selon le chef de la police, s’est produite vers 4h15 (5h15 heure du Québec) dans un entrepôt du nord-ouest de la ville, provoquant d’importants nuages de fumée et de nombreux dégâts.

Sur des images filmées depuis les airs et retransmises par les télévisions américaines, on pouvait voir des bâtiments détruits et des débris calcinés d’où s’échappait de la fumée blanche.

Les témoins interrogés par l’AFP insistaient sur la force de la déflagration.

«On a entendu une très forte explosion ce matin, on pensait que c’était le tonnerre, mais on a regardé dehors et il ne pleuvait pas», a confié à l’AFP Dina Lopez. «On a commencé à entendre des ambulances et la police», a-t-elle précisé, rapportant que le toit de la maison de son frère s’était effondré.

Boule de feu

De nombreuses maisons alentour ont été endommagées, avec des fenêtres et des portes soufflées ou des toits effondrés.

«Il devait être 4h du matin et tout d’un coup on a entendu un gros boum […] la fenêtre de notre maison a volé en éclats», a raconté à l’AFP Adrian, 15 ans.

Une caméra de surveillance a capté la forte explosion. On y voit une boule de feu s’élever dans les airs. Les pompiers et les services d’urgence ont accouru sur place, et ont pu contenir les flammes après quelques heures.

Les causes de la détonation étaient pour le moment inconnues, mais les autorités semblaient davantage privilégier la piste accidentelle à celle d’un éventuel attentat.

«Nous vous informerons de la cause de l’explosion dès que nous aurons des informations concrètes», a annoncé Samuel Pena, le chef des pompiers de Houston sur Twitter.

Il a ajouté qu’aucun ordre d’évacuation n’avait été donné et qu’il n’y avait pour le moment aucune indication sur une éventuelle pollution de l’air.

Des personnes étaient toutefois accueillies dans une église voisine utilisée comme refuge.

Monde

Trump s’affiche avec les militants anti-avortement

WASHINGTON — Les yeux rivés sur le scrutin de novembre, Donald Trump participe vendredi à Washington à la grand-messe annuelle des militants anti-avortement, une première pour un président en exercice.

Sur les immenses pelouses du «National Mall», l’avenue monumentale de la capitale fédérale, le président américain sera la star incontestée de cette «Marche pour la vie».

Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, dans l’enceinte du Congrès, les sénateurs poursuivront leurs débats dans son procès en destitution, tache indélébile sur son mandat.

Le milliardaire républicain qui, en 1999, se disait très pro-choix (favorable à la possibilité de choisir l’avortement), est plus que jamais déterminé à se positionner comme le président le plus pro-vie de l’Histoire.

La démarche est loin d’être anodine : en 47 ans d’existence, la «March for Life» n’a jamais accueilli un hôte de la Maison-Blanche. Marjorie Dannenfelser, présidente de «Susan B. Anthony List», puissante organisation anti-avortement, y voit un véritable «tournant».

Soucieux de théâtraliser sa participation, Donald Trump a débuté sa journée en citant, dans un tweet, Jeanne Mancini, présidente du mouvement organisateur de ce grand rendez-vous : «Nous n’avions jamais vu un président des États-Unis venir en personne à la Marche pour la vie». «Maintenant, c’est fait! À tout à l’heure Jeanne», a-t-il ajouté.

Après le discours présidentiel, prévu en milieu de journée, le cortège remontera l’artère verdoyante du Mall pour rejoindre le bâtiment de la Cour suprême, situé juste à côté du Congrès.

En 2019, l’ancien homme d’affaires de New York avait promis aux manifestants, par écran géant interposé, d’opposer son veto à toute législation «affaiblissant la protection de la vie humaine».

La manifestation est organisée tous les ans autour du 22 janvier, date anniversaire de l’arrêt emblématique de la Cour suprême «Roe v. Wade», rendu en 1973, et légalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans tous les États-Unis.

Le test de la Louisiane

À l’approche du scrutin du 3 novembre, où il briguera un second mandat, Donald Trump, qui n’a jamais cherché à élargir son socle électoral, sait qu’il doit jouer serré avec les chrétiens évangéliques blancs, qui avaient voté à 8 1% pour lui en 2016.

Avec les nominations de Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh à la Cour suprême, qui ont cimenté l’institution dans le conservatisme, il a galvanisé les militants anti-avortement.

Leur rêve ? Remettre en cause l’arrêt «Roe v. Wade». Ou, à défaut, autoriser les États à adopter des lois très restrictives sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Le premier test décisif aura lieu en mars, quand la Cour suprême se penchera sur une loi adoptée en 2014 en Louisiane, État conservateur du Sud.

Le texte prévoit d’imposer aux médecins volontaires pour pratiquer des IVG d’avoir une autorisation d’exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l’opération.

Selon les défenseurs du droit à l’avortement, ces conditions sont trop drastiques et seul un médecin et une clinique pourront continuer à pratiquer des IVG dans tout l’État. Un nombre très insuffisant, soulignent-ils, pour les quelque 10 000 avortements pratiqués chaque année.

La Louisiane justifie cette mesure en évoquant les risques de complication et la nécessité, en cas de problème, de pouvoir transférer les patientes dans des hôpitaux voisins.

La décision permettra d’évaluer si le temple du droit américain a, sur ce sujet très sensible, changé de position. En juin 2016, six mois avant l’arrivée du magnat de l’immobilier au pouvoir, elle avait jugé illégale une loi similaire adoptée au Texas.

Monde

Coronavirus: des millions de gens confinés pour le Nouvel An lunaire

WUHAN — Un grand nombre de festivités prévues pour le Nouvel An lunaire devaient être annulées samedi en Chine, où les autorités redoublent d’efforts pour contenir la propagation d’un nouveau virus mortel, qui a déjà fait 41 morts dans ce pays, avec le confinement de plus de 40 millions de personnes.

La maladie causée par ce coronavirus apparu en décembre sur un marché de Wuhan, une ville du centre de la Chine, a fait 41 morts dans le pays, et le nombre de personnes contaminées a bondi à près de 1300, ont précisé samedi (tard vendredi à l’heure du Québec) les autorités locales.

Quatre cent cinquante médecins et autre personnel médical de l’Armée populaire de libération ont débarqué à Wuhan pour participer à la lutte contre le virus.

Certains d’entre eux ont l’expérience de la lutte contre le virus Ebola et le SRAS, un virus similaire au coronavirus qui a contaminé depuis décembre plus d’un millier de personnes et fait 41 morts dans toute la Chine.

À l’étranger, un second cas de virus a été confirmé aux États-Unis, et trois cas ont été confirmés et hospitalisés vendredi en France, les premiers en Europe.

«Cette année, notre Nouvel An fait très peur», a commenté un chauffeur de taxi de Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants placée de facto en quarantaine depuis jeudi. «On n’ose plus sortir à cause du virus», dit-il.

Température en public

À Pékin, des employés du métro en tenue de protection prennent la température des voyageurs à l’entrée d’une station.

Le long congé du Nouvel An chinois, avec ses centaines de millions de déplacements susceptibles de favoriser la contagion, a commencé vendredi, à la veille du début de l’Année du Rat.

Symbole de l’inquiétude qui s’est emparée de toute la Chine, les autorités ont annoncé la fermeture de sections de la célèbre Grande Muraille et de monuments emblématiques comme les tombeaux des Ming et la forêt des pagodes. Le célèbre stade national de Pékin, dit «nid d’oiseau», construit pour les jeux Olympiques de Pékin en 2008, gardera portes closes jusqu’au 30 janvier.

À Pékin, il n’est plus possible depuis jeudi d’accéder à la Cité interdite, l’ancien palais des empereurs, et les festivités du Nouvel An qui drainent habituellement des centaines de milliers de badauds dans les parcs ont été annulées.

Disneyland fermé

À Shanghai, Disneyland a annoncé qu’il fermait ses portes. De Montréal, le Cirque du Soleil a déclaré qu’il suspendait un spectacle en Chine à la demande des autorités.

Face à la crise, le régime communiste a pris jeudi la décision inédite d’interdire le départ de Wuhan des trains et des avions et d’y bloquer les autoroutes. Autocars et bateaux sur le Yangtsé, qui arrose cette métropole, ont reçu l’ordre de s’arrêter dans les deux sens. Les rues de Wuhan sont désertes, les commerces fermés et la circulation réduite au minimum. Le port du masque est obligatoire sous peine d’amende.

La population ne devrait toutefois pas avoir à connaître de pénuries de produits alimentaires, beaucoup ayant de longue date fait des provisions en prévision du Nouvel An.

Mais dans des hôpitaux visités par l’AFP, des patients attendent frénétiquement qu’une infirmière en combinaison de protection prenne leur température.

Les hôpitaux étant débordés, la construction d’un site devant accueillir un millier de lits a commencé vendredi. Il doit être achevé... dans 10 jours, le 3 février, selon les médias publics.

Au total, selon un calcul de l’AFP, 13 localités de la région sont coupées du monde, rassemblant 41 millions de personnes, soit davantage que la population de la Pologne ou du Canada.

Les mesures qui y ont été prises vont de limitations imposées aux grands rassemblements à la fermeture des lieux publics et à l’arrêt des transports urbains.

Essais cliniques

Pour le moment, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé qu’il était «trop tôt» pour parler d’«urgence de santé publique de portée internationale».

L’OMS n’a jusqu’ici utilisé ces termes que pour de rares cas d’épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.

L’institution assure qu’il n’y a pour l’instant aucune preuve de transmission entre humains en dehors de la Chine et qu’elle semble y être «limitée à des groupes familiaux et à des travailleurs de la santé».

L’OMS ne recommande pas de restrictions de voyages, mais d’établir des dépistages dans les aéroports. L’organisation demande aussi à «tous les pays» de mettre en place des mesures pour détecter les cas de coronavirus, contre lequel il n’existe pas actuellement de traitement ou de vaccin.

Les essais cliniques concernant un premier vaccin pourraient avoir lieu «dès l’été», selon la Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI).

Des cas de contamination ont été annoncés en Asie (Hong Kong, Macao, Taïwan, Corée du Sud, Japon, Thaïlande, Singapour, Vietnam), mais aussi aux États-Unis.

L’épidémie fait redouter une répétition du SRAS, un virus similaire qui a provoqué la mort de quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003.

Monde

Buckingham nie que le prince Charles ait snobé Mike Pence en Israël

Le prince Charles n’a pas snobé le vice-président américain Mike Pence jeudi à Jérusalem lors d’une cérémonie marquant le 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, a indiqué le palais de Buckingham, affirmant qu’ils avaient auparavant eu « une discussion chaleureuse ».

Sur une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, le prince Charles discute avec plusieurs personnes, dont le président allemand Frank-Walter Steinmeier, invitées comme lui par Israël aux commémorations organisées au mémorial de la Shoah à Jérusalem.

Monde

L’humanité se rapproche encore du «précipice»

WASHINGTON — L’horloge de l’Apocalypse, imaginée en 1947 pour symboliser l’imminence d’un cataclysme planétaire, a été avancée à minuit moins 100 secondes par le groupe de scientifiques la gérant, soulignant les dangers présentés par le changement climatique et la prolifération nucléaire.

«Nous exprimons désormais en secondes le temps séparant le monde de la catastrophe, non plus en heures ou en minutes», a déclaré Rachel Bronson, présidente et directrice générale du Bulletin of Atomic Scientists, lors d’une conférence de presse à Washington, comme tous les ans en janvier.

L’an dernier, l’horloge indiquait minuit moins 2. L’aiguille a donc été avancée de 20 secondes.

Un groupe d’experts, dont 13 lauréats du prix Nobel, fixe chaque année la nouvelle heure.

À l’origine, après la Seconde Guerre mondiale, l’horloge indiquait minuit moins 7. En 1991, à la fin de la Guerre froide, elle avait reculé jusqu’à 17 minutes avant minuit. En 1953, ainsi qu’en 2018 et 2019, elle affichait minuit moins 2.

Sur le front nucléaire, les scientifiques ont constaté le démantèlement du socle de contrôle international des armements, avec le retrait des États-Unis et de la Russie du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) en 2019. Les États-Unis de Donald Trump menacent de ne pas renouveler le traité New Start sur les armements stratégiques nucléaires, conclu en 2010, après son expiration en 2021.

«Cette année, nous pourrions assister à d’autres événements que l’effondrement total de l’accord sur le nucléaire iranien», a déclaré l’experte Sharon Squassoni.

Quant à la Corée du Nord, l’approche directe de Donald Trump avec Kim Jong-un n’a toujours pas porté ses fruits, dit-elle.

Sur le climat, les experts ont pointé la déception de deux grands sommets consacrés au climat, qui n’ont pas suscité les engagements nécessaires des grands pays pollueurs pour infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre.

Désinformation

L’année 2019 fut la deuxième la plus chaude jamais enregistrée, après 2016, et le dérèglement climatique s’est illustré avec les records de chaleur, la fonte de l’Arctique et les incendies exceptionnels en Australie.

«Si l’humanité pousse le climat vers l’opposé d’un âge de glace, nous n’avons aucune raison de croire qu’un tel monde resterait hospitalier pour la civilisation humaine», a dit Sivan Kartha, scientifique du Stockholm Environmental Institute.

Le groupe a aussi blâmé d’autres catalyseurs de délitement sociétal tels que les campagnes de désinformation et les vidéos deepfakes, ainsi que l’émergence des armes fondées sur de l’intelligence artificielle, comme des drones capables de tuer sans supervision humaine. Sans compter la nouvelle militarisation de l’espace.

«Nous appelons les dirigeants mondiaux à éloigner l’humanité du précipice», a lancé Mary Robinson, présidente du groupe des Anciens (Elders) et ancienne présidente irlandaise. «Le temps est venu de se rassembler et d’agir».

Monde

Procès en destitution: Trump s’est pris «pour un roi», plaide l’accusation

WASHINGTON — L’accusation a assuré jeudi, au troisième jour du procès historique de Donald Trump devant le Sénat américain, que le président méritait d’être destitué parce qu’il s’était pris «pour un roi».

Au lendemain d’une séance consacrée à exposer les faits, les procureurs démocrates se sont évertués à démonter les arguments avancés dans les médias par les défenseurs du président, qui ne se sont pas encore exprimés à la barre.

Compte tenu de la majorité républicaine au Sénat (53 sièges sur 100), les élus démocrates n’ont quasiment aucune chance de gagner le procès, mais ils espèrent marquer les esprits des électeurs à dix mois de la présidentielle.

D’emblée, l’élu de la Chambre des représentants Jerry Nadler a accusé le locataire de la Maison-Blanche d’avoir eu une conduite «mauvaise, illégale et dangereuse».

Le président a commis un «abus de pouvoir» en demandant à l’Ukraine d’annoncer une enquête sur Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle du 3 novembre, afin de «le mettre à genoux», a plaidé M. Nadler.

Pour parvenir à ses fins, le milliardaire «est allé plus loin» en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit avec la Russie, a poursuivi l’élu de New York, un ennemi de longue date du milliardaire.

Pour lui, «la destitution est la réponse ultime de la Constitution à un président qui se prend pour un roi».

Vieilles interviews

Les faits sont peu contestés. Les défenseurs de Donald Trump, à commencer par la vedette des prétoires Alan Dershowitz, arguent en revanche que le dossier d’accusation ne comprend pas de crime au sens pénal du terme et que la procédure de destitution n’est pas pertinente.

Mais, comme l’a rappelé Jerry Nadler, ils n’ont pas toujours soutenu cette position. L’élu démocrate a ainsi diffusé un extrait d’une interview accordée par M. Dershowitz en 1998, quand Bill Clinton était empêtré dans le scandale de sa liaison avec Monica Lewinsky.

«Il n’y a certainement pas besoin d’un crime si vous avez quelqu’un qui a corrompu sa fonction de président», avait alors déclaré le professeur de droit.

«Quand vous commencez à user de votre pouvoir et faites du mal à des gens, alors vous commettez un crime grave» au sens de la Constitution, estimait à la même époque l’élu républicain Lindsey Graham, devenu l’un des plus fidèles soutiens de Donald Trump.

Le sénateur s’est brièvement absenté pendant la diffusion de cet extrait.

Les partisans du président assurent par ailleurs qu’il était dans son rôle en demandant à l’Ukraine d’enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption.

«Vous croyez vraiment qu’il s’agissait de lutte contre la corruption?» a rétorqué le procureur en chef Adam Schiff, en assurant que le président voulait seulement «une annonce» sur l’ouverture d’une enquête.

«C’est uniquement quand Biden a commencé à le battre dans les sondages qu’il a commencé à réclamer ces enquêtes», a renchéri sa consœur Sylvia Garcia.

Sermon 

Pendant leur présentation, qui de l’aveu même d’Adam Schiff comprend «des répétitions», les sénateurs ont été vus en train de s’étirer ou de s’absenter brièvement dans l’antichambre de l’hémicycle.

Le procès est pourtant encadré par des règles strictes : les élus doivent être présents aux audiences, abandonner leurs téléphones portables et rester silencieux «sous peine d’emprisonnement», comme leur rappelle chaque jour le «sergent d’armes» du Sénat.

«Seigneur, aide les sénateurs à se rappeler qu’écouter veut souvent dire plus qu’entendre», a déclaré jeudi, dans sa prière quotidienne, l’aumônier de la chambre haute, Barry Black. «Porter une attention empathique peut créer des ponts et de l’unité».

Mais l’heure est plutôt à l’invective. Dans une série de tweets vengeurs, Donald Trump a accusé les «démocrates et Schiff le fourbe» de se livrer à une présentation «pleine de mensonges et de déformations de la réalité».

Monde

Coronavirus: 25 millions d’individus confinés

PÉKIN — Les autorités chinoises ont décidé jeudi d’imposer des restrictions de déplacement dans huit villes où vivent quelque 25 millions de personnes, dans un effort sans précédent pour contenir le nouveau coronavirus qui s’est déjà propagé à d’autres parties du monde.

Par ailleurs, la Commission nationale de la santé a indiqué que le nombre de malades souffrant du coronavirus avait grimpé à 830, dont 177 cas jugés graves. Le nombre de morts a aussi augmenté, passant de 17 à 25.

Vendredi matin (à l’heure locale), elle a aussi confirmé qu’un premier décès avait été enregistré à l’extérieur de la province de Hubei. Un homme de la province orientale de Hebei a annoncé qu’un homme âgé de 80 ans était mort après avoir montré des symptômes liés au coronavirus. L’homme revenait d’un séjour de deux mois à Wuhan où il avait été visité des proches.

La gare et l’aéroport de Wuhan, épicentre de l’épidémie, ont été fermés et les services de traversiers, de métro et d’autobus ont été interrompus. Les rues et les lieux publics habituellement animés de cette ville de 11 millions d’habitants étaient étrangement calmes jeudi. La police vérifiait tous les véhicules entrant dans la ville, mais n’a pas fermé les routes.

Les autorités ont annoncé que des mesures similaires entreraient en vigueur vendredi dans les villes voisines de Huanggang et Ezhou. À Huanggang, les salles de spectacle, les cafés internet et les autres lieux de divertissement ont également été fermés.

À l’ouest de Wuhan, une autre localité, Xiantao, a condamné les accès à une grande voie de circulation et au sud Chibi a interrompu tous ses transports publics. Ces deux cités rassemblent plus de deux millions d’habitants.

Tous les transports sont aussi suspendus à Lichuan, une ville d’un million d’habitants à 700 km de Wuhan.

Ces mesures de confinement sont sans précédent en Chine et dans le monde. Elles touchent une population comparable à celle des villes de New York, Los Angeles et Chicago réunies.

À Pékin, les autorités ont annulé indéfiniment les «événements majeurs» en cette période de réjouissances du Nouvel An chinois. 

Pas d’urgence internationale

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tout de même estimé jeudi que l’épidémie de coronavirus n’était pas considérée pour l’instant comme une «urgence de santé publique de portée internationale».

L’OMS n’a jusqu’ici utilisé ce terme que pour de rares cas d’épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.

Le virus de Wuhan, de la même famille que le SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), a gagné plusieurs pays d’Asie et même les États-Unis. Le Vietnam et Singapour ont à leur tour annoncé des cas.

L’OMS ne recommande pas actuellement de restrictions de voyages, mais d’établir des dépistages dans les aéroports. L’organisation demande aussi «à tous les pays» de mettre en place des mesures pour détecter les cas de coronavirus, contre lequel il n’existe pas actuellement de traitement ou de vaccin. Les contrôles de température corporelle se sont généralisés dans plusieurs aéroports, notamment à Dubaï, l’un des plus grands du monde, visant tous les passagers en provenance de Chine.

Autour du globe, 24 janvier 2020

Monde

Le coronavirus se cacherait dans les chauves-souris et les serpents

MONTRÉAL — Le nouveau coronavirus qui circule en Asie proviendrait partiellement des chauves-souris et se serait caché dans les serpents avant de passer aux humains, concluent des chercheurs chinois.

Dans une étude publiée en ligne par le Journal of Medical Virology, les chercheurs de l’Université de Wuhan - la ville où l’éclosion a été détectée pour la première fois - rappellent que les victimes ont fréquenté un marché en plein air où elles ont côtoyé des fruits de mer, de la volaille, des serpents, des chauves-souris et du bétail.

En procédant à une analyse génétique détaillée du 2019-nCoV et en le comparant au profil génétique d’autres virus, les scientifiques concluent que le nouveau virus semble provenir d’une combinaison entre un coronavirus trouvé chez les chauves-souris et un autre coronavirus d’origine inconnue.

Le 2019-nCoV se serait ensuite caché dans des serpents avant de sauter aux humains.

«Oui, c’est possible, a commenté par courriel le chercheur Gary Kobinger, du département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval. Le virus s’apparente aux coronavirus de chauves-souris (nous et d’autres l’avions noté) et selon cette analyse de serpents. Il ne s’agit que de l’origine qui peut dater de plusieurs années/décennies. Tout est possible. Dans tous les cas, la vraie réponse va venir des échantillons récoltés dans le marché et ailleurs (échantillonnage de l’environnement qui inclut les animaux).»

Les chercheurs chinois croient que l’identification des serpents comme étant «fort probablement le réservoir (...) est très importante pour un contrôle efficace de l’éclosion causée par le 2019-nCoV».

Un commentaire qui accompagne l’étude recommande de tester l’efficacité des antiviraux actuellement disponible face au nouveau coronavirus.

Monde

Destitution: Trump a voulu «tricher» pour être réélu, assène l’accusation

WASHINGTON — Donald Trump a essayé de «tricher» pour remporter un second mandat à la Maison-Blanche, a accusé mercredi l’élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff en ouvrant les débats de fond au procès en destitution du président des États-Unis.

Après une première journée marathon qui a fixé le cadre de ce procès historique, les cent sénateurs se sont retrouvés mercredi à la mi-journée pour écouter dans le plus grand silence l’accusation dérouler ses griefs.

L’élu démocrate de la Chambre des représentants Adam Schiff, assisté par six confrères, est revenu sur les deux chefs d’accusation retenus le 18 décembre contre le locataire de la Maison-Blanche : abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.

Donald Trump a «exercé des pressions sur l’Ukraine pour qu’elle annonce des enquêtes» pouvant servir sa campagne de réélection, dont l’une visait à «salir» un de ses rivaux potentiels, le démocrate Joe Biden, a assené cet ancien procureur.

Pour parvenir à ses fins, «en d’autres mots pour tricher», le président a notamment «gelé des centaines de millions de dollars d’aide militaire à un allié stratégique en guerre avec la Russie», a-t-il poursuivi.

Une fois ses actes rendus publics, Donald Trump a «utilisé ses pouvoirs» pour mettre des bâtons dans les roues aux enquêteurs de la Chambre, a encore déroulé Adam Schiff.

Ce fin connaisseur du dossier d’accusation, qui a supervisé les investigations à la Chambre, a appuyé son intervention d’extraits vidéo des auditions de témoins ou d’entrevues de l’impétueux milliardaire et de son entourage.

Ponctuant son intervention de références historiques, il s’est fait grandiloquent pour appeler les sénateurs à voter la destitution : sinon, «nous allons écrire l’histoire de notre déclin de nos propres mains», a-t-il mis en garde.

«Ces gens sont fous!» Depuis la Suisse, où il assistait au Forum économique mondial de Davos, Donald Trump s’était redit dans la matinée victime d’un «coup monté» orchestré par l’opposition démocrate. 

Le président de 73 ans a assuré qu’il aurait «adoré» assister aux débats, mais que ses avocats n’y étaient pas favorables.  

Monde

Un ancien de la CIA justifie l’usage de la torture aux accusés du 11-Septembre

WASHINGTON — Un psychologue qui fut employé par la CIA sous l’administration de George W. Bush a justifié l’usage de la torture, cette semaine, devant un tribunal militaire de la base militaire américaine de Guantanamo, à Cuba.

«Je le referais aujourd’hui», a déclaré mardi, lors des audiences préparatoires du procès des cinq hommes accusés d’avoir planifié les attentats du 11-Septembre, James Mitchell, considéré comme l’architecte du programme d’interrogatoires «poussés» utilisé à l’époque dans des prisons secrètes de la CIA.

Selon un compte-rendu du pré-procès publié mercredi par le New York Times, l’ancien sous-traitant de la CIA a expliqué qu’après les attentats du 11 septembre 2001, qui ont fait 2976 morts, il considérait comme un «devoir moral» de prévenir toute nouvelle attaque.

«Protéger la vie des Américains était plus important que l’inconfort de terroristes qui avaient volontairement pris les armes contre nous», a ajouté le psychologue, qui a reconnu avoir participé lui-même à plusieurs sessions de simulations de noyade (waterboarding).

Le procès des cinq hommes accusés d’avoir planifié les attentats du 11-Septembre, dont le cerveau autoproclamé de l’attaque Khaled Cheikh Mohammed, doit s’ouvrir en janvier 2021 à Guantanamo.

Les cinq accusés, détenus depuis une quinzaine d’années sur cette base militaire située à la pointe sud-est de Cuba, ont été inculpés il y a dix ans, mais la procédure s’est éternisée en raison de l’extrême complexité du dossier.

L’une des difficultés tient au fait que les prisonniers ont subi ces «procédures d’interrogatoires poussés». C’est en particulier le cas pour Khaled Cheikh Mohammed (dit KSM, ses initiales en anglais), arrêté au Pakistan en 2003, qui a notamment été soumis à de nombreuses sessions de waterboarding avant d’être transféré à Guantanamo en 2006.

Or la justice américaine ne considère pas les aveux obtenus sous la torture comme des preuves admissibles, a rappelé une juriste d’Amnistie Internationale, Julia Hall.

«Mitchell est une des principales raisons pour lesquelles les familles des victimes n’ont toujours pas obtenu justice», a-t-elle conclu. 

Monde

Piratage: le prince héritier saoudien aurait voulu se venger de Bezos

NEW YORK — Un virus implanté dans le téléphone portable de Jeff Bezos par le prince héritier saoudien lui-même pour se venger du fondateur d’Amazon : c’est le scénario improbable évoqué mercredi par des enquêteurs de l’ONU, qui demandent que la justice se saisisse du dossier.

La révélation a été faite par un canal improbable, celui de deux experts de l’ONU, basés à Genève, ayant eu accès à des informations «qui suggèrent la possible implication» du prince saoudien Mohammed ben Salmane dans l’opération.

Il y a près d’un an, Jeff Bezos avait mis en cause l’Arabie Saoudite après la publication par l’hebdomadaire à scandale National Enquirer de textos passionnés échangés entre le pdg d’Amazon, qui était encore marié, et sa maîtresse.

Dans un langage parfois crypté, l’homme le plus riche du monde insinuait que le propriétaire du National Enquirer, American Media Inc (AMI), s’en serait pris à lui avec la complicité des autorités saoudiennes.

À l’origine de ce montage, la colère du Royaume contre les articles du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critiques du régime et publiés dans le Washington Post, dont Jeff Bezos est propriétaire.

L’analyse du téléphone de Jeff Bezos, à laquelle ont eu accès Agnès Callamard, rapporteuse sur les exécutions extrajudiciaires, et David Kaye, rapporteur sur la liberté d’expression, laisse penser, selon eux, à l’implication directe de «MBS» dans l’affaire.

En mai 2018, le prince héritier, qui avait échangé son numéro avec le fondateur d’Amazon quelques semaines plus tôt, a envoyé, via l’application WhatsApp, un fichier contenant vraisemblablement un virus, selon l’enquête.

D’importantes quantités de données ont alors été extraites du cellulaire, probablement à l’aide d’un logiciel dont le modèle est régulièrement utilisé par les services de renseignement saoudiens.

En mars, un enquêteur engagé par Jeff Bezos avait conclu à l’existence d’un lien entre le piratage supposé du téléphone, qu’il attribuait déjà aux Saoudiens, et les textos et photos qui se seraient retrouvés en possession du National Enquirer.

«Implication directe et personnelle»

Loin de jouer la discrétion, le prince héritier aurait ensuite envoyé à l’homme le plus riche du monde plusieurs messages contenant «des informations privées et confidentielles sur la vie privée de Jeff Bezos, qui n’étaient pas accessibles publiquement», selon les deux rapporteurs des Nations unies.

Des communications faites entre novembre 2018 et février 2019, soit après le meurtre de Jamal Khashoggi, le 2 octobre 2018 au consulat saoudien d’Istanbul, indiquent les enquêteurs, qui relèvent que le Washington Post avait publié plusieurs articles d’investigation sur le prince héritier.

Le piratage présumé «exige une enquête immédiate de la part des autorités américaines et des autres autorités compétentes», ont exhorté les experts, qui sont mandatés par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, mais ne s’expriment pas au nom de l’ONU.

Ils demandent que l’enquête porte notamment sur «l’implication directe et personnelle du prince héritier dans les efforts visant à cibler les opposants présumés».

Qualifiant ces allégations d’«absurdes», l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington a elle aussi demandé une enquête «afin que toute la lumière soit faite sur ces faits».

«Nous sommes au courant des informations publiées dans les médias et nous sommes préoccupés par ces allégations», a réagi auprès de l’AFP un responsable du département d’État américain.

Également contacté par l’AFP au sujet de l’ouverture possible d’une enquête, un porte-parole du ministère américain de la Justice a indiqué être aussi «au courant» des informations publiées mercredi, mais n’avoir «aucun commentaire».

Pour les rapporteurs de l’ONU, cette affaire «renforce les informations faisant état d’un programme de surveillance ciblée des personnes perçues comme étant des opposants et de celles qui revêtent une importance stratégique» aux yeux de Riyad.

En décembre, un tribunal saoudien a exonéré l’entourage de Mohammed ben Salmane de toute responsabilité dans le meurtre de Khashoggi, un verdict largement décrié comme une parodie de justice dans le monde, à l’exception de Washington.

La CIA comme l’envoyée spéciale des Nations unies Agnès Callamard, qui avait déjà été mandatée par le Conseil des droits de l’Homme pour enquêter sur les circonstances de la mort du journaliste, ont directement lié le prince Mohammed ben Salmane au meurtre, ce que dément avec véhémence le Royaume.

Monde

Le hockey très politique de Poutine

MOSCOU — Échanges virils sur les patins et jeux d’influence dans les vestiaires : Vladimir Poutine réunit dans des matchs de hockey une partie de l’élite politico-économique russe et notamment certains des membres du gouvernement formé mardi.

Le nouveau premier ministre et ex-patron du fisc, Mikhaïl Michoustine, est ainsi, comme le président, membre de la «Notchnaïa khokeïnaïa Liga», la «Ligue de hockey nocturne».

Lancée fin 2011 par le maître du Kremlin, cette compétition amicale est devenue, avec ses centaines d’équipes à travers le pays, un cercle d’échanges et de rencontres pour les influents et les privilégiés.

Vladimir Poutine ne joue bien sûr pas toutes les semaines, mais prend part à plusieurs matchs de gala très médiatisés chaque année, entourés de puissants collaborateurs et amis.

Le dernier en date, en fin d’année dernière, s’était déroulé sur une patinoire installée sur la Place Rouge, à l’ombre des murs du Kremlin.

Plus intéressant que le nombre de buts marqués par le président russe, ou que sa chute en mai 2019 lors d’un tour d’honneur à Sotchi, la liste des joueurs.

Politiques et milliardaires

Aux côtés d’anciennes gloires du hockey, on retrouve les proches de Vladimir Poutine, à commencer par le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, maître d’œuvre de la profonde modernisation de l’armée russe, mais aussi partenaire de randonnée, de pêche ou de chasse du président.

Dans les buts de l’équipe du chef de l’État, Alexeï Dioumine, 47 ans, un ancien garde du corps qui a le vent en poupe. Après avoir été chef-adjoint de la sécurité présidentielle, il a occupé des postes élevés dans le renseignement militaire, avant de devenir en 2016 gouverneur de la région de Toula.

Les frères Arkadi et Boris Rotenberg sortent également sur la glace. Amis d’enfance de Vladimir Poutine, avec lequel ils s’entraînaient au judo, les deux hommes sont devenus riches dans la foulée de son ascension au pouvoir.

L’entreprise d’Arkadi Rotenberg, également président de la Ligue de hockey russe (KHL), a aussi construit le pont reliant la Crimée annexée à la Russie. Un contrat de confiance.

«Ce sont tous des membres du Politburo», l’organe directeur de l’URSS, résume le politologue Evguéni Mintchenko. Les matchs sont «un symbole évident de [leur] proximité» avec le chef de l’État.

L’un des oligarques les plus puissants du pays, Guennadi Timtchenko, 49e fortune mondiale en 2019 et sous sanctions américaines, est très souvent de la partie. De même que Vladimir Potanine, magnat du nickel.

Comme le golf aux États-Unis

Judoka accompli, Vladimir Poutine s’est mis tardivement au hockey, à 58 ans, en s’entraînant tard le soir selon Dmitri Peskov, son porte-parole. Un narratif qui colle avec la promotion d’un «mode de vie sain» par le président russe.

L’exemple de Poutine a créé une mode chez les élites russes, et le hockey est devenu leur sport de prédilection.

«Depuis que Poutine a enfilé des patins, il est clair que le hockey est devenu le sport le plus populaire parmi les hauts fonctionnaires et les hommes d’affaires», constate Evguéni Mintchenko.

«C’est maintenant comme le golf aux États-Unis», dit-il, au sujet du sport pratiqué par une grande partie de l’élite politique, économique et culturelle américaine, à l’instar de Donald Trump.

La «Notchnaïa Liga» du président russe a connu un succès indéniable : fin 2019, elle a dépassé les 1000 équipes à travers le pays.

Pour le politologue Andreï Kolesnikov, cité par le site d’information Dojd, ces rencontres «sont comme une loge maçonnique [...] où des gens qui se vouvoient dans la vie deviennent très proches».

Répondant à une question sur la «diplomatie du hockey», Vladimir Poutine disait lui au printemps dernier que «cela rapproche les gens et permet de créer des relations de confiance».