Le Festival des arts de Bali, en Indonésie

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Homosexualité au Malawi: une «maladie incurable»

LILONGWE — Pendant des années, il a vécu dans la crainte des insultes, des coups et, surtout, du regard des autres. Alors un beau jour, lassé d'être montré du doigt, Adil, 24 ans, a préféré quitter son Malawi natal pour aller vivre en Afrique du Sud.

Tiré à quatre épingles, le jeune homme souffre de ce qu'une large part de la population malawite considère comme un maladie incurable, dans ce pays pauvre d'Afrique australe ancré dans des traditions séculaires : il est homosexuel.

«Nos lois au Malawi sont très répressives», explique Adil, à l'abri des murs d'un centre d'accueil de la capitale, Lilongwe, où il est revenu vivre depuis. «J'ai pris des risques mais il fallait que j'aille voir ailleurs.»

Il a mis le cap en 2014 sur l'Afrique du Sud, où la loi interdit toute discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et permet le mariage entre personnes du même sexe. Une exception sur un continent qui reste très homophobe, malgré la décision mardi du Botswana de dépénaliser l'homosexualité.

Pendant deux ans, ce jeune Malawite, fils banni d'une famille musulmane aisée, a survécu en se prostituant dans les rues de Johannesburg. Dangereux mais, au moins, il ne se cachait plus.

Il a toutefois préféré rentrer à Lilongwe en découvrant son infection par le virus du sida.

La condition des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers (LGBTQ) — leur nombre est estimé à 10 000 au Malawi — n'y avait pas changé. Rejetés par leur propres familles, stigmatisés par les autorités, contraints de se cacher...

«Indécence caractérisée»

En 2010, le pays avait fait les gros titres de la presse internationale en condamnant pour «indécence caractérisée» à 14 ans de réclusion criminelle un couple de gays qui avaient osé célébrer leur «mariage» en public.

Le président Bingu wa Mutharika avait alors dénoncé un crime contre la culture, la religion et les lois. Avant de finalement gracier le couple après une entrevue avec le patron de l'ONU de l'époque, Ban Ki-moon.

La répression s'est un peu assouplie depuis. Les autorités ont suspendu en 2014 une loi de l'époque coloniale réprimant la sodomie et même annoncé deux ans plus tard une «consultation publique» sur l'opportunité de réformer sa législation sur les relations entres personnes du même sexe.

La loi n'a cependant pas été amendée jusque-là.

Et la question homosexuelle a été ignorée pendant la présidentielle de mai, qui s'est soldée par la réélection controversée du sortant Peter Mutharika, le frère de Bingu wa Mutharika.

«Cette communauté est tout simplement ignorée», regrette amèrement une militante, Beatrice Mateyo, de la Coalition pour l'autonomisation des femmes et des filles.

«Les programmes [des candidats à la présidentielle] ne disent rien sur les LGBTQ», poursuit-elle.

«Ils [les candidats] ne sont même pas capables de choisir une femme comme vice-présidente, comment pourraient-ils ne serait-ce que penser à des gens qui ne sont pas dans la norme?»

Traditions et religions

Beatrice Mateyo met en cause le poids des traditions et surtout des religions qu'elle accuse de perpétuer les stéréotypes en faisant de l'homosexualité un «péché», dans un pays où la majorité des 18 millions de Malawites sont chrétiens ou musulmans.

En 2016, quelque 3000 chrétiens avaient défilé dans les rues de Lilongwe et de Blantyre contre l'homosexualité, en dénonçant une «abomination».

«Nous sommes considérés comme une nation qui craint Dieu [...] où, si votre sexualité est différente, vous êtes vus comme un pécheur», relève Beatrice Mateyo. «Les homosexuels se cachent et les rares qui osent l'assumer publiquement en souffrent car ils sont stigmatisés.»

La communauté LGBTQ du Malawi reste particulièrement vulnérable, estiment des ONG internationales.

«J'ai peur d'être attaqué, même en pleine rue», déplore le transgenre Patrick, 28 ans. «À la banque, on regarde votre carte d'identité et vous devez prouver que vous êtes bien du sexe qu'on vous a attribué à la naissance.»

«On veut juste vivre en sécurité, s'emporte-t-il. Il n'est pas question de militantisme ou de vouloir changer la société!»

«En sécurité»

La décision de la justice du Botswana voisin de dépénaliser l'homosexualité, après le Mozambique, l'Angola ou les Seychelles récemment, a toutefois réveillé les ardeurs revendicatrices des militants malawites de la cause LGBTQ.

«Ce jugement est une victoire [...] nous souhaitons que le Malawi suive bientôt ce bon exemple», se félicite Gift Trapence, le directeur du Centre pour le développement du peuple (Cedep). «Plusieurs dossiers équivalents dorment aux greffes des tribunaux du Malawi, j'espère que ça va les réveiller.»

En attendant un éventuel épilogue judiciaire heureux, son ONG s'est organisée pour protéger la communauté LGBTQ, avec l'ouverture depuis trois ans de quatre maisons destinées à accueillir des membres, à Lilongwe, Blantyre, Mzuzu et Mangochi.

Mi-cliniques de jour mi-centres sociaux, elles offrent aujourd'hui leurs services à plus de 2000 personnes.

«Ici, on se connaît tous», apprécie un des usagers du centre de Lilongwe, un charpentier de 27 ans qui préfère taire son nom. Il n'hésite pas à marcher 30 km toutes les semaines pour venir s'y approvisionner discrètement en préservatifs.

«Ici on peut s'habiller comme on veut, on peut penser ce qu'on veut parce que c'est le seul endroit où on se sent en sécurité», confirme Adil. «Dehors, c'est vraiment dur.»

Monde

Hong Kong suspend le projet de loi sur l'extradition

HONG KONG — L'exécutif pro-Pékin de Hong Kong a annoncé samedi, après des semaines de manifestations massives, qu'il suspendait son projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine, sans parvenir à faire annuler une nouvelle manifestation prévue dimanche.

«Le gouvernement a décidé de suspendre la procédure d'amendement législatif, de relancer notre communication avec tous les secteurs de la société, de travailler davantage [...] et d'écouter les différents points de vue de la société», a déclaré lors d'une conférence de presse Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif de l'ancienne colonie britannique.

Mais la manifestation prévue dimanche reste maintenue, ont annoncé ses organisateurs, qui réclament le retrait du projet de loi qu'ils jugent dangereux pour les droits de l'homme.

«Nous devons dire au gouvernement que le peuple de Hong Kong continuera de manifester tant que nous ne verrons pas un retrait du projet», a déclaré à la presse Jimmy Sham, du Civil Human Rights Front.

«Carrie Lam a perdu toute crédibilité dans la population, elle doit démissionner», a déclaré la députée pro-démocratie Claudia Mo aux journalistes. «Elle reste, nous restons», a-t-elle dit, en référence à la manifestation prévue dimanche.

Le retrait «ne devrait pas apaiser la société civile et nous nous attendons à une autre participation importante à la manifestation demain», a estimé Jason Ng, membre du Groupe des juristes progressistes, qui réunit des membres des professions juridiques qui militent pour la démocratie et l'État de droit.

Avec ce projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine, Hong Kong a connu mercredi ses pires violences politiques depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Des dizaines de milliers de protestataires ont été dispersés par la police anti-émeutes avec des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène.

Un million de personnes, selon les organisateurs, avaient manifesté dimanche dernier dans ce territoire de 7 millions d'habitants.

Après une semaine de protestations sans précédent, la responsable était sous pression, y compris de la part de ses propres conseillers et alliés politiques, pour lâcher du lest à la veille de la nouvelle manifestation dimanche.

Samedi soir, un homme qui avait organisé une manifestation anti-extradition au sommet d'un immeuble est décédé après en être tombé, a déclaré l'autorité hospitalière de Hong Kong à l'AFP, sans plus détails.

Il avait déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire : «Retirez entièrement le projet de loi sur l'extradition de la Chine».

Rare concession

La suspension, mais non le retrait, du texte est une rare concession de la part du gouvernement de Hong Kong.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt a félicité samedi le gouvernement de Hong Kong pour avoir «tenu compte des inquiétudes des citoyens courageux qui se sont levés pour défendre leurs droits de l'Homme».

«Préserver les droits et libertés prévus par l'accord de rétrocession est la meilleure voie politique pour Hong Kong, et la Grande-Bretagne continue à soutenir cet accord qui engage légalement», a-t-il ajouté sur Twitter.

Pékin de son côté a réagi de façon ambigüe : «Nous soutenons, respectons et comprenons cette décision», a déclaré un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères, parlant de la nécessité de «restaurer le calme au plus vite» dans le territoire.

Mais dans un communiqué séparé, l'agence chinoise chargée des relations avec Hong Kong a redit que la loi sur l'extradition était «nécessaire et justifiée» et que Pékin continuait à la soutenir, et était «très attentif» à l'opposition à cette loi.

Nommée à la tête de l'exécutif par une commission largement composée de loyalistes pro-Pékin, Carrie Lam a répété que cette loi était nécessaire pour empêcher la place financière asiatique de devenir un refuge pour criminels, tout en admettant que son administration avait sous-estimé l'opposition populaire.

Selon ces détracteurs, ce projet placerait la population à la merci du système judiciaire de Chine continentale, opaque et sous influence du Parti communiste.

L'opposition au projet de loi réunit notamment avocats, organisations juridiques influentes, capitaines d'industrie, chambres de commerce, journalistes, militants et diplomates occidentaux.

Les milieux d'affaires craignent que la réforme nuise à l'image internationale et l'attractivité du centre financier.

Si la manifestation de dimanche se déroule dans le calme, «on devrait connaître une trêve dans les mois qui viennent», a estimé l'analyste politique Dixon Sing. «Mais la crainte que la loi revienne devant le Parlement et finisse par être votée va rester présente un bon moment», a-t-il déclaré à l'AFP.

En vertu du principe «un pays, deux systèmes», l'ancienne colonie britannique continue à jouir de libertés inconnues dans le pays 22 ans après son retour dans le giron chinois.

Mais ces dernières années, la disparition de plusieurs libraires et d'un milliardaire chinois critiques envers Pékin ont semé le trouble. Ils sont ensuite réapparu en Chine, où ils ont fait face à des poursuites judiciaires.

Pour Pékin, qui s'inquiète du ralentissement de l'économie dû aux tensions commerciales avec les États-Unis, l'agitation dans l'ancienne colonie britannique tombe au plus mal, à quelques mois des célébrations, en octobre, des 70 ans de la fondation de la Chine communiste.

L'événement devrait illustrer la toute-puissance du président Xi Jinping, dont la «pensée» est entrée fin 2017 dans la constitution chinoise, faisant de lui l'égal du fondateur de la dynastie communiste, Mao Tsé-toung.

Monde

Qui sera la première femme sur la Lune?

WASHINGTON — Douze femmes sont astronautes à la NASA. Le suspense est entier, mais la femme qui marchera sur la Lune en 2024 est probablement l'une d'elles.

Elles ont entre 40 et 54 ans. Elles sont d'anciennes pilotes militaires, médecins ou titulaires de doctorats, recrutées parmi des milliers par l'agence spatiale américaine depuis la fin des années 1990.

Prédire laquelle sera choisie pour rejoindre Neil Armstrong dans les livres d'histoire est impossible, mais pour plusieurs anciens astronautes et experts interrogés par l'AFP, la proximité de l'échéance forcera la NASA à sélectionner l'une des 12, plutôt que de futures débutantes.

«Je ne serais pas opposée à l'envoi d'une rookie. Mais il y a assez d'astronautes qui ont déjà volé, qui savent déjà comment elles réagissent dans l'espace», dit à l'AFP Eileen Collins, ancienne astronaute, qui a piloté et commandé la navette spatiale dans les années 1990 et 2000.

«Ce serait mieux d'envoyer des gens qui ont déjà fait au moins un vol», confie aussi à l'AFP Ken Bowersox, un haut responsable de la NASA.

Ce sera d'autant plus aisé qu'elles n'ont jamais été aussi nombreuses.

Au début, la NASA ne recrutait que des militaires et donc des hommes. Les 12 astronautes à avoir marché sur la Lune entre 1969 et 1972 étaient tous des hommes. La première Américaine dans l'espace fut Sally Ride, en 1983.

Pour le retour sur la Lune décrété par Donald Trump, le programme «Artemis», la NASA a promis qu'il y aurait une astronaute.

Anne, Christina, Jessica, Nicole

Les quatre femmes de la 21e «promotion», recrutées en 2013, représenteront un bon équilibre entre jeunesse et expérience. Âgées de 40 ou 41 ans aujourd'hui, elles auront chacune effectué leur premier séjour spatial d'ici 2020.

Anne McClain, ancienne pilote d'hélicoptères de l'armée de Terre, est jusqu'à fin juin dans la Station spatiale internationale (ISS). Regard assuré, parole claire, léger sourire : tout son être exprime l'ineffable «étoffe des héros», cette tranquille force de caractère des recrues originelles de la NASA.

Dans le huis-clos de l'ISS flotte aussi Christina Koch, ingénieure et passionnée d'escalade. Elle va battre, avec 11 mois, le record du séjour féminin le plus long dans l'espace.

Le duo a failli effectuer la première sortie spatiale 100% féminine, mais un problème de combinaison a forcé Anne McClain à céder sa place à son collègue Nick Hague.

«Christina Koch et Anne McClain sont mes deux favorites», dit Janet Ivey, animatrice d'une émission sur l'espace pour enfants et membre du conseil des gouverneurs de la National Space Society.

Mais leurs deux camarades de promotion, la biologiste marine spécialiste des manchots et des oies Jessica Meir et l'ancienne pilote d'essai de chasseurs F/A 18 Nicole Mann, qui a participé aux guerres d'Irak et d'Afghanistan, seront tout aussi qualifiées : elles sont en plein entraînement pour se rendre dans l'ISS.

Dans une interview en 2016, les quatre se déclaraient volontaires pour Mars si l'opportunité se présentait. On les imagine mal refuser la Lune.

Monde

O.J. Simpson ouvre un compte Twitter afin de «régler des comptes»

LOS ANGELES — O.J. Simpson a lancé son compte Twitter en publiant une vidéo dans laquelle l'ancienne vedette de la NFL a déclaré qu'il avait des comptes à régler.

Simpson a confirmé l'ouverture de son compte Twitter à The Associated Press, samedi, affirmant lors d'une entrevue téléphonique donnée sur un terrain de golf de Las Vegas que l'aventure serait très plaisante.

«J'ai des choses à rectifier», a-t-il mentionné.

Simpson n'a pas précisé sa pensée et il a mis fin à l'appel.


Monde

Le prince héritier saoudien accuse l'Iran des attaques contre les pétroliers

RYAD — Le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, a accusé dimanche l'Iran, grand rival de son pays dans la région, des attaques contre les deux tankers en mer d'Oman jeudi.

«Le régime iranien n'a pas respecté la présence du premier ministre japonais à Téhéran et à répondu à ses efforts [diplomatiques] en attaquant deux pétroliers, dont l'un était japonais», a déclaré le prince dans une interview au quotidien Asharq al-Awsat.

L'Iran, également accusé par les États-Unis de ces attaques, a nié avec véhémence toute implication.

Les attaques sont survenues près du détroit d'Ormuz, par lequel transite le tiers du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.

Elles ont visé jeudi un navire japonais transportant du méthanol et un pétrolier chypriote transportant du naphta, au moment où le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe était en visite à Téhéran dans l'espoir d'apaiser les tensions entre Iran et États-Unis.

«Nous ne voulons pas une guerre dans la région [...] Mais nous n'hésiterons pas à réagir à toute menace contre notre peuple, notre souveraineté, notre intégrité territoriale et nos intérêts vitaux», a averti MBS.

L'Iran, riverain du détroit d'Ormuz, a menacé à plusieurs reprises de le bloquer en cas d'attaque des États-Unis.

Plus tôt samedi, le ministre saoudien de l'Énergie, Khaled al-Falih, avait quant à lui demandé «une réponse prompte et décisive aux menaces sur les approvisionnements en énergie» découlant des «récents actes terroristes».

Monde

Notre-Dame: première messe depuis l'incendie pour célébrer une cathédrale «bien vivante»

PARIS — Célébrer «d'abord un lieu de culte» et une cathédrale «bien vivante» : en aube et chasuble beiges, casque de chantier sur la tête, l'archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit a célébré samedi, en comité restreint, la première messe à Notre-Dame depuis l'incendie qui a partiellement détruit la cathédrale il y a deux mois.

Dans une cathédrale vide, silencieuse, presque austère n'étaient quelques raies de lumière du côté du pignon sud, le prélat a commencé son office à 18h (12h, heure du Québec) devant une trentaine de personnes, pour moitié des prêtres, réunies dans la chapelle située juste derrière le choeur, la Chapelle de la Vierge.

En face, la Croix dorée et la Pieta, et, suspendus au dessus du choeur, interdit d'accès, des filets dans lesquels ont échoué quelques pierres sous un trou béant dans la toiture. Des gravats jonchent encore le sol mais les stalles sont intactes.

Dans son homélie, Mgr Aupetit a affirmé que Notre-Dame était avant tout un lieu de foi, alors que l'incendie qui a ravagé l'édifice le 15 avril avait soulevé une vague d'émotion bien au-delà de la seule communauté des croyants.

«Cette cathédrale est un lieu de culte, c'est sa finalité propre et unique. Il n'y a pas de touristes à Notre-Dame», déclare-t-il dans un édifice encore profondément marqué par le sinistre et que le président français Emmanuel Macron a promis de rebâtir d'ici cinq ans.

Affirmant que cette cathédrale «s'effondrerait» sans la présence du Christ, Mgr Aupetit a dénoncé «l'ignorance abyssale de nos contemporains» en matière de religion, qu'il a attribuée à «l'exclusion de la notion divine et du nom même de Dieu dans la sphère publique», au nom de la laïcité républicaine.

«Peuple de Dieu», avait-il entonné avec sa poignée de célébrants, accompagné d'un chantre ancien «maîtrisien». Le Choeur de la Maîtrise de Notre-Dame, lui, ne participait pas, à la célébration.

«Il s'agit de rappeler que cette cathédrale est toujours vivante et de célébrer ce pourquoi elle a été construite», a déclaré à l'AFP Mgr Aupetit peu avant la messe, qui n'était pas ouverte aux fidèles pour des raisons de sécurité.

Monde

Médias et GAFA à la recherche d’un nouvel équilibre

Athènes — Alliés, adversaires ou «frenemies»? La presse est à la recherche d’un nouvel équilibre avec les tout-puissants géants du Net, plus que jamais incontournables pour sa mutation numérique, mais accusés de siphonner ses revenus.

Cette question est au cœur du GEN Summit, qui réunit jusqu’à samedi à Athènes dirigeants de médias, journalistes et représentants des GAFA.

«Il est essentiel que nous construisions des ponts» entre les rédactions et les plateformes comme Facebook, a lancé Jesper Doub, un des invités de cet événement organisé par le Réseau mondial des rédacteurs en chef (Global Editors Network, GEN).

Ce vétéran de la presse écrite et en ligne (il a notamment dirigé les activités web du magazine allemand Der Spiegel), longtemps très critique à l’égard de Facebook, a rejoint le réseau social où il est responsable des partenariats avec les médias en Europe, Afrique et Moyen-Orient.

La situation économique dramatique dont souffrent de nombreux médias à travers la planète pousse pourtant à un antagonisme renforcé.

D’ailleurs, cette semaine, la presse américaine a lancé une offensive inédite contre Google, l’accusant de «siphonner» ses recettes en ligne. Tandis que dans l’UE, les médias ont fait campagne il y a quelques mois avec succès pour une réforme historique du droit d’auteur, qui obligera les plateformes à les rémunérer en contrepartie de l’utilisation de leurs contenus.

Mais pour Bertrand Pecquerie, directeur général du GEN, l’heure est plutôt désormais à la recherche de coopérations. Autrefois, «les relations étaient conflictuelles», mais «l’atmosphère a changé», en raison de la montée des fake news, estime-t-il.

Selon lui, «un double mouvement est à l’œuvre», avec d’un côté, «des médias qui reconnaissent que les plateformes sont incontournables pour lutter contre la désinformation, notamment avec l’émergence des deepfakes» (vidéos truquées), et de l’autre côté, «des plateformes qui s’aperçoivent qu’il y a un rejet d’une partie de la population et des gouvernements qui veulent légiférer» et ont soudainement besoin des médias pour s’en sortir.

Pour Phil Chetwynd, directeur de l’information de l’AFP, les plateformes ont opéré un revirement depuis l’élection américaine de 2016, où elles ont été accusées de servir de support à des campagnes d’ingérence russe.

«Aujourd’hui, elles admettent leur responsabilité, c’est une étape majeure», a-t-il souligné.

Frustrations

Mais beaucoup restent sceptiques quant à l’attitude des plateformes. «Ce qui est frustrant, c’est qu’ils prennent soin de participer à ce genre d’événement, ce qui est très positif, mais ils ne demandent pas leur avis aux rédactions, alors que cela pourrait les aider à prendre des décisions éditoriales, et les choses n’avancent pas», a relevé Jenni Sargent, directrice de First Draft, un réseau de médias qui mène des projets contre la désinformation.

D’autant que les GAFA contrôlent la plupart des innovations que les médias doivent adopter pour survivre, comme l’intelligence artificielle ou les assistants vocaux. Ce qui ne va pas sans générer des tensions.

Travailler avec les GAFA, «ça fait peur à certains dans les rédactions, mais c’est aussi intéressant et passionnant», a résumé Lucas Menget, directeur adjoint de la rédaction de Franceinfo, qui a développé des bulletins audio pour les assistants vocaux d’Amazon et Google.

Un projet qui aide ce média public à rajeunir son audience, mais qui lui a posé un dilemme. Franceinfo refuse par exemple de saucissonner ses bulletins sujet par sujet pour préserver la cohérence éditoriale de ses contenus. Malgré des demandes en ce sens des deux géants, «on ne le fera pas», a assuré M. Menget.

Et la question du partage des revenus du numérique reste brûlante, d’où la réticence des médias américains face au service d’Apple News+, qui offre l’accès à des centaines de titres pour moins de 10 dollars par mois, mais qui est boudé par les grands quotidiens. Et Facebook a été vivement critiqué l’an dernier pour avoir, du jour au lendemain, restreint la diffusion des contenus issus de médias auprès de ses utilisateurs, via un changement d’algorithme controversé, faisant chuter leur trafic.

Pour Natalia Antelava, ancienne correspondante à la BBC et confondatrice de Coda Story, un site d’enquêtes au long cours, les médias doivent se mobiliser eux-mêmes «au lieu de suivre le mouvement en faveur d’une régulation».

«Nous pouvons faire beaucoup de choses pour nous mettre sur un pied d’égalité» avec les plateformes, dit-elle, appelant les médias «à réfléchir, par exemple, à la façon dont nous couvrons ces entreprises et à enquêter sur leurs algorithmes».

Monde

Attaques de pétroliers en mer d’Oman: la signature de l’Iran?

WASHINGTON — Donald Trump a rejeté vendredi les dénégations de Téhéran sur sa responsabilité dans l’attaque de deux pétroliers en mer d’Oman, affirmant que les dégâts subis par les navires portaient la signature de l’Iran, alors que les appels au calme se sont multipliés par peur d’un embrasement dans la région du Golfe.

Deux pétroliers, norvégien et japonais, ont été la cible jeudi d’attaques d’origine indéterminée alors qu’ils naviguaient près du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique à l’échelle mondiale.

Ces attaques interviennent un mois après le sabotage de quatre navires, dont trois pétroliers, au large des Émirats arabes unis. Washington avait alors déjà montré du doigt Téhéran, qui avait démenti.

«On voit le bateau, avec une mine qui n’a pas explosé et c’est signé» de l’Iran, a assuré le président américain sur Fox News, en s’appuyant sur une vidéo publiée par le Pentagone. Celle-ci semble montrer l’accostage d’un des navires-citernes par une vedette rapide des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime iranien, qui retire une «mine ventouse non explosée» de la coque du pétrolier.

Les Gardiens «ne voulaient pas laisser de preuves derrière eux», a estimé M Trump.

Moscou, allié de l’Iran, a condamné «sévèrement» les attaques et a demandé à Washington de ne pas «tirer des conclusions hâtives» alors que plusieurs analystes ont estimé que les images vidéo étaient inexploitables. L’ONU a réclamé une enquête indépendante pour trouver les auteurs de l’attaque.

La Chine a appelé au «dialogue» tandis que l’Irak, proche à la fois de Téhéran et de Washington, a prôné «l’apaisement». La Ligue arabe a mis en garde contre «une confrontation qui ne laissera personne en sécurité».

Les alliés de Washington dans la région ont également condamné les attaques. L’Arabie saoudite a fait part de sa «grande inquiétude» et les Émirats ont dénoncé une «dangereuse escalade».

Londres, autre ennemi historique de la République islamique, a également estimé que l’Iran était «presque certainement» responsable de l’attaque qui s’est produite au large de ses côtes.

«Sabotage diplomatique»

L’Iran a démenti toute implication, jugeant les accusations américaines «sans fondement».

Press TV, la chaîne d’information en anglais de la télévision d’État iranienne, a pour sa part affirmé que les Gardiens de la Révolution étaient «la force la plus proche du lieu de l’incident» et que l’Iran avait «été le premier à se rendre sur place pour sauver les équipages».

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a accusé sur Twitter les États-Unis «de sabotage diplomatique et de maquillage de son #TerrorismeEconomique contre l’Iran».

Et le président iranien Hassan Rohani, en visite au Kirghizstan, a accusé les États-Unis «de représenter une grave menace à la stabilité dans la région et dans le monde, en violant toutes les règles internationales».

Les États-Unis ont envoyé début mai des renforts militaires au Moyen-Orient, accusant l’Iran de préparer des attaques «imminentes» contre des intérêts américains.

Washington accuse Téhéran de chercher à perturber l’approvisionnement du marché mondial en bloquant le détroit d’Ormuz par lequel passe 30 % du pétrole transporté par voie maritime, une menace déjà évoquée par le passé par l’Iran.

Menaces sur Ormuz 

Les Iraniens «ne vont pas fermer [le détroit]. Il ne va pas être fermé, il ne va pas être fermé pendant longtemps et ils le savent. Cela leur a été dit dans les termes les plus forts», a toutefois assuré vendredi Donald Trump.

Mais les transporteurs maritimes sont inquiets : «Si ces eaux devenaient dangereuses, l’approvisionnement de l’ensemble du monde occidental pourrait être menacé», a expliqué Paolo d’Amico, le président d’Intertanko, une association de pétroliers dont font partie les propriétaires des navires touchés jeudi.

«Objet volant»

Trois explosions ont secoué le Front Altair, qui transportait du naphta, un produit pétrolier, provoquant un incendie finalement maîtrisé. Les 23 membres d’équipage ont été secourus par la marine iranienne et transportés au port iranien de Bandar Abbas avant leur rapatriement, selon Frontline, la compagnie propriétaire du navire.

Le Kokuka Courageous, un méthanier, a essuyé des tirs et sa cargaison est intacte, selon son opérateur japonais, Kokuka Sangyo. Le navire et les 21 membres d’équipage ont été secourus par l’US Navy et escortés vers le port de Khor Fakkan aux Émirats.

Selon le propriétaire, l’équipage a vu un «objet volant» viser le navire-citerne. «Puis il y a eu une explosion».

Signe de la fébrilité ambiante, les cours du pétrole ont terminé en hausse vendredi, les investisseurs s’inquiétant des potentielles répercussions de l’attaque sur le marché du brut. avec Shatha YAISH à Dubaï.

Monde

Primaire: Sanders contre Biden lors du premier débat démocrate

WASHINGTON— Les deux candidats en tête de la course à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine, Joe Biden et Bernie Sanders, s’affronteront sur le même plateau lors du premier débat de la primaire, organisé sur deux soirs consécutifs afin d’accommoder le nombre record de 20 participants.

Avec dix candidats chaque soir, les débats se dérouleront les 26 et 27 juin à Miami, en Floride, État clé où le président républicain Donald Trump doit aussi se rendre, dès mardi, pour lancer officiellement la campagne pour sa réélection en novembre 2020.

Face au nombre inédit de candidats à la présidentielle — 23 —, le parti démocrate a procédé à un écrémage basé sur les scores dans les sondages et le nombre de donateurs.

Parvenus à un groupe (légèrement) plus restreint, ils ont procédé à un tirage au sort vendredi en prenant soin de conserver un équilibre entre les candidats principaux et les plus petits prétendants.

L’affiche du second soir, le 27 juin, rassemble le plus de grands noms médiatiques.

L’ancien vice-président Joe Biden, largement en tête des sondages démocrates (32 % selon la moyenne RealClearPolitics) partagera la scène avec le deuxième dans les sondages et ex-candidat malheureux en 2016 Bernie Sanders (16,5 %).

Ils seront accompagnés de deux candidats du peloton de tête : le jeune maire de South Bend dans l’Indiana Pete Buttigieg et la sénatrice californienne Kamala Harris.

Cela laisse à la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (12 %), troisième dans les sondages, une nette pole position dans le groupe du premier soir. Le 26 juin, elle sera sur scène avec le médiatique Beto O’Rourke (3,5 %), le sénateur Cory Booker (2,3 %) et la sénatrice centriste Amy Klobuchar (1 %).

Les débats seront retransmis sur NBC News, MSNBC et la chaîne Telemundo.

Ce groupe de candidats à la Maison-Blanche affiche une diversité record — avec six femmes — et les deux sénateurs noirs Kamala Harris et Cory Booker, l’ex-ministre hispanique Julian Castro, l’élue du Congrès d’origine samoane et de confession hindouiste Tulsi Gabbard, et le premier candidat de premier plan vivant ouvertement son homosexualité Pete Buttigieg.