Monde

L’ex-porte-parole de la Maison-Blanche bientôt sur Fox News

WASHINGTON — Sarah Sanders, ancienne porte-parole de la Maison-Blanche, interviendra bientôt sur Fox News, chaîne avec laquelle Donald Trump entretient des liens étroits.

L’ancienne «Press Secretary» fera ses débuts le 6 septembre dans Fox and Friends, émission matinale assidûment regardée par le milliardaire américain, comme en témoignent ses innombrables tweets y faisant référence.

Elle offrira «des commentaires et analyses politiques», a annoncé jeudi la chaîne.

Farouche avocate du président américain en toutes circonstances, Sarah Sanders a, lors de son passage à ses côtés, profondément modifié le rôle — prestigieux mais exposé — de «porte-parole de la Maison-Blanche».

En rupture avec une tradition solidement établie depuis des décennies, elle a progressivement abandonné la rencontre quotidienne dans la salle de presse, lui préférant des séances de questions/réponses improvisées et souvent cacophoniques, à l’image de celles dont raffole le président septuagénaire.

«Je suis plus que fière de rejoindre l’incroyable équipe d’intervenants [sur Fox News]», a-t-elle indiqué jeudi.

Mercredi, c’est Sean Spicer, son prédécesseur au poste de porte-parole de l’exécutif américain, qui a fait parler de lui. La chaîne ABC a en effet annoncé qu’il participerait à la nouvelle saison de l’émission Danse avec les stars.

L’arrivée sur Fox News de Sarah Sanders devrait réjouir Donald Trump qui, depuis quelque temps, a montré des signes d’agacement vis-à-vis de la chaîne prisée des conservateurs.

«Fox, ce n’est plus ce que c’était», a-t-il lancé récemment.

Le président républicain s’est en particulier agacé des rencontres télévisées avec les électeurs organisées par Fox pour plusieurs candidats démocrates qui espèrent le défier en novembre 2020.

Bill Shine, ancien dirigeant de Fox News, fut pendant près d’un an directeur de la communication de Donald Trump. Il avait remplacé à ce poste Hope Hicks, proche collaboratrice de M. Trump, qui a elle-même rejoint Fox News.

Autour du globe, 23 août 2019

Monde

Feux en Amazonie : l'«inquiétude» s’internationalise

RIO DE JANEIRO — Le président brésilien Jair Bolsonaro, qui a dénoncé jeudi une «psychose environnementale», a été vivement interpellé par l’ONU et la France sur les feux de forêt en Amazonie tandis que ses voisins s’inquiétaient d’une possible propagation.

Au moment où cette crise s’internationalisait, il a par ailleurs lancé une nouvelle charge contre les ONG, «soupçonnées» d’être responsables des départs de feux.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit sur Twitter «profondément préoccupé» par les incendies dans la plus vaste forêt tropicale du monde.

«En pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons accepter davantage de dégâts sur une source majeure d’oxygène et de biodiversité», a écrit Antonio Guterres, en réclamant que l’Amazonie soit «protégée».

Peu après c’est le président français Emmanuel Macron qui exprimait son inquiétude, sur Twitter également.

«Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence».

Son chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian avait auparavant indiqué dans un communiqué que «la France est très préoccupée par les nombreux incendies, d’une ampleur inédite, qui touchent la forêt amazonienne depuis plusieurs semaines (...) avec de graves conséquences pour les populations locales et pour la biodiversité».

Le Pérou, où des fumées, mais non des feux, étaient visibles, a annoncé jeudi être «en état d’alerte».

«Plus de 200 gardes forestiers (...) surveillent minute par minute l’état de l’incendie dans les forêts amazoniennes du Brésil et de Bolivie, pour la prévention», a déclaré sur Twitter le Service national des aires protégées (Sernanp).

La Bolivie et le Paraguay voisins étaient eux aussi confrontés à des feux de forêt ayant causé des dégâts irréversibles à la faune et la flore, mais distincts de ceux d’Amazonie.

Si la situation dans la plus vaste forêt tropicale de la planète était très difficile à évaluer, l’Institut national de recherche spatiale (INPE) a fait état de près de 2.500 nouveaux départs de feu en l’espace de seulement 48 heures dans l’ensemble du Brésil.

«Forts soupçons»

D’après l’INPE, 75.336 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays de janvier jusqu’au 21 août, soit 84% de plus que sur la même période de l’an dernier. Selon un collectif d’ONG, 54% de ces feux concernent l’Amazonie.

Tandis que la presse brésilienne commençait à rapporter des problèmes sanitaires, notamment respiratoires, dans certaines villes, les feux affectant «le poumon de la planète» restaient jeudi au Brésil la première tendance sur Twitter, avec en illustration son lot de photos ou vidéos n’ayant aucun rapport avec l’Amazonie.

Sous les mots-clés  #Nasa et  #AmazoniasSemONGs (Amazonie sans ONG), des internautes assuraient que des photos-satellites de l’agence américaine provenaient en fait de Bolivie ou soutenaient la charge anti-ONG du président.

Au coeur de la tempête après ses déclarations polémiques de la veille, Jair Bolsonaro a accusé la presse d’avoir déformé ses propos sur une responsabilité des ONG dans les feux en Amazonie, tout en réaffirmant que «les plus forts soupçons viennent» de celles-ci.

«À aucun moment, je n’ai accusé les ONG des feux en Amazonie. C’est incroyable ce qui s’écrit dans les journaux!» a-t-il lancé à des journalistes à Brasilia.

Le président d’extrême droite a expliqué qu’il pourrait tout aussi bien accuser de ces «incendies criminels (...) les indigènes, les Martiens ou les grands propriétaires terriens».

«Tout le monde peut être suspect. Mais les plus forts soupçons pèsent sur les ONG», a-t-il dit, enfonçant le clou.

Mercredi Jair Bolsonaro avait déjà montré du doigt les ONG de défense de l’environnement. «Il pourrait s’agir, oui, il pourrait, mais je ne l’affirme pas, d’actions criminelles de ces “ONGéistes” pour attirer l’attention contre ma personne, contre le gouvernement brésilien. C’est la guerre à laquelle nous sommes confrontés» avait-il lancé.

«Les ONG perdent de l’argent, qui venait de la Norvège et de l’Allemagne. Elles n’ont plus d’emplois, elles essaient de me renverser», a-t-il assuré jeudi, en référence à la suspension par ces deux pays de leurs subventions au Fonds Amazonie affecté à la préservation de l’immense forêt tropicale.

«Cramer l’image du Brésil» 

Il a exprimé toutefois sa préoccupation pour les retombées économiques.

«Si le monde entier commence à dresser des barrières commerciales (contre le Brésil) notre agronégoce va chuter, l’économie va reculer (...) et votre vie à vous éditeurs, propriétaires de télévision va être compliquée», a-t-il menacé.

«Cette psychose environnementale nous empêche d’agir», a-t-il dit.

Dans une tribune, 118 ONG se sont élevées contre «l’irresponsabilité» présidentielle.

«Bolsonaro n’a pas besoin des ONG pour cramer l’image du Brésil dans le monde entier», lit-on dans ce texte, qui dénonce un président «qui manipule l’opinion publique contre le travail réalisé par la société civile, avec des allégations irresponsables et inconséquentes».

Monde

Environ 60% des Américains désapprouvent la gestion de Donald Trump

NEW YORK - Environ six Américains sur 10 désapprouvent de façon générale le rendement du président Donald Trump, selon un nouveau sondage publié jeudi par le centre pour la recherche sur les affaires publiques de l’Associated Press-NORC, qui montre certains appuis à la gestion de l’économie par M. Trump, mais lui accorde de mauvaises notes sur d’autres questions majeures.

Seulement 36 pour cent des Américains approuvent la façon dont M. Trump exerce les fonctions de président; 62 pour cent désapprouvent son travail.

Ces statistiques ne sont peut-être pas reluisantes pour un président dans un premier mandat qui cherchera à être réélu dans 14 mois, mais elles sont remarquablement stables. La cote d’approbation de M. Trump n’a jamais été inférieure à 32 pour cent ni supérieure à 42 pour cent dans les sondages AP-NORC depuis son entrée en fonction. En comparaison, l’approbation du président Barack Obama n’a jamais été inférieure à 40 pour cent dans les sondages de Gallup.

Les notes médiocres s’étendent à la gestion par M. Trump de plusieurs problèmes clés: l’immigration, les soins de santé, la politique étrangère et les armes à feu. Les opinions sur la gestion de l’économie par le président républicain restent relativement bonnes malgré les craintes d’une récession, mais au moins 60 pour cent des Américains désapprouvent ses performances sur d’autres sujets. La constance des statistiques laisse croire que la position de faiblesse relative du président vis-à-vis de la population américaine est figée après deux ans de crises politiques quasi constantes, de déclarations scandaleuses et de discours discordants à la Maison-Blanche.

La nouvelle enquête a été menée peu après des fusillades successives au Texas et en Ohio ayant fait des dizaines de morts et suscité de nouveaux appels à l’action des élus de la part de citoyens américains. M. Trump s’est engagé à prendre des mesures immédiates après les fusillades, mais a depuis changé d’avis à quelques reprises sur la pertinence de renforcer les contrôles des antécédents des personnes cherchant à acheter des armes à feu.

Selon le sondage, 36 pour cent des gens approuvent la politique de M. Trump sur les armes à feu, tandis que 61 pour cent la désapprouvent, des statistiques qui reflètent plus généralement sa cote de popularité.

Sept républicains sur dix approuvent la gestion par M. Trump de la politique en matière d’armes à feu, l’une de ses plus mauvaises notes du côté des républicains.

À l’exception de la question du contrôle des armes à feu, M. Trump reste très largement populaire au sein de son propre parti.

Près de huit républicains sur 10 approuvent le rendement général de M. Trump, tandis que 20 pour cent le désapprouvent. Comme ce fut le cas depuis son entrée en fonction, les démocrates s’opposent à sa direction à une majorité écrasante: 94 pour cent des démocrates désapprouvent sa présidence selon le nouveau sondage.

Les appuis des indépendants restent également très bas pour M. Trump, avec environ les deux tiers désapprouvant son administration.

Un nombre relativement plus important d’Américains approuve la gestion de l’économie par M. Trump, même s’il ne s’agit pas d’une majorité: 46 pour cent des gens approuvent sa gestion et 51 pour cent la désapprouvent.

La cote d’approbation sur le plan économique représente une baisse de cinq points de pourcentage par rapport à la même période de l’année dernière.

Seuls cinq pour cent des démocrates approuvent son rendement général, mais 16 pour cent approuvent sa gestion de l’économie.

Monde

Fedor, premier robot humanoïde russe dans l’espace, en route vers la Station spatiale

MOSCOU - La Russie a lancé jeudi pour la première fois dans l’espace un robot humanoïde, Fedor, pour un séjour dans la Station spatiale internationale (ISS) qui doit servir de tests avant des missions plus risquées et plus lointaines.

Le robot, qui porte le numéro d’identification Skybot F850, a décollé à bord d’une fusée Soyouz à 03H38 GMT depuis le cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan. Il doit arriver sur l’ISS samedi et y rester dix jours, jusqu’au 7 septembre.

«C’est parti, c’est parti», a lancé le robot au moment du lancement, selon la séquence retransmise à la télévision, reprenant les mots prononcés par Youri Gagarine lors de son départ pour le premier vol d’un homme dans l’espace en 1961.

Une autre vidéo diffusée par l’agence spatiale Roskosmos l’a montré à bord de la capsule Soyouz tenant un petit drapeau russe dans la main.

Le robot au corps anthropomorphe argenté mesure 1,80 m de haut et pèse 160 kg. Fedor correspond  à l’acronyme de «Final Experimental Demonstration Object Research» et fait référence au prénom russe Fiodor.

Fedor dispose de comptes sur les réseaux sociaux Instagram et Twitter, qui détaillent sa vie quotidienne, par exemple lorsqu’il apprend à ouvrir une bouteille d’eau. «Je m’en vais accomplir la mission qui m’a été confiée. Que cache encore l’espace?», peut-on lire sur l’un des messages.

Pas un «Terminator»

Une fois arrivé à bord de l’ISS, le robot testera ses capacités en conditions de gravité très basse, sous la supervision du cosmonaute russe Alexandre Skvortsov. Parmi ses principaux savoir-faire figure notamment celui d’imiter les mouvements humains, ce qui veut dire qu’il pourrait aider les astronautes à réaliser leurs tâches.

Ses opérations l’amèneront à manier un tournevis ou encore des clés, a précisé Alexandre Blochenko, directeur des programmes prometteurs chez l’Agence spatiale russe (Roskosmos), dans un entretien au journal Rossiïskaïa Gazeta.

Selon M. Blochenko, Fedor a été conçu pour travailler dans les conditions les plus difficiles, qui seraient dangereuses pour l’homme. À l’intérieur de la station, son corps sera «fixé» et il ne pourra pas encore se déplacer librement.

En avril 2017, une vidéo diffusée par les médias russes montrait un prototype de Fedor tirer sur des cibles avec un pistolet dans chaque main. Les autorités russes s’étaient alors défendu de vouloir «créer un Terminator», tout en affirmant que la «robotique de combat est la clé vers la création de machines intelligentes».

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Les États-Unis vont autoriser la détention illimitée d’enfants migrants

WASHINGTON — Le gouvernement de Donald Trump a annoncé mercredi qu’il comptait retirer les strictes limites régissant le temps passé en centres de rétention par les enfants migrants, nouvelle initiative controversée dans sa politique de fermeté face à l’immigration clandestine.

Associations de défense des droits humains et opposition démocrate ont immédiatement dénoncé cette initiative, promettant de combattre en justice la nouvelle règle, qui doit encore être révisée par un juge fédéral.

Le ministère américain de la Sécurité intérieure veut mettre fin à une décision judiciaire de 1997, dites «Flores», imposant aux autorités fédérales de ne pas maintenir en détention les enfants plus de 20 jours.

Une nouvelle règle, qui doit être mise en oeuvre sous 60 jours, ne limitera plus le temps passé par les enfants ou leurs familles en centres de rétention.

Il s’agit, pour l’administration Trump, de décourager les migrants qui affluent en nombre record à la frontière avec le Mexique, avec l’espoir d’être relâchés rapidement après leur arrestation s’ils sont avec des enfants, et de pouvoir ainsi rester aux États-Unis.

«Pour protéger ces enfants face aux abus et arrêter le flot illégal» de migrants, «nous devons mettre un terme à ces vides juridiques», a déclaré le président des États-Unis, selon un communiqué de la Maison-Blanche. «Il s’agit d’un besoin humanitaire urgent.»

Droit du sol «ridicule»

Parallèlement, le milliardaire républicain a laissé planer le spectre d’un nouveau front, réaffirmant vouloir s’attaquer au droit du sol qui permet aux enfants nés aux États-Unis de bénéficier de la nationalité américaine.

Interrogé sur son intention de revenir sur ce droit inscrit dans le 14e amendement de la Constitution américaine, il a répondu : «nous regardons cela très, très sérieusement».

«Vous traversez la frontière, vous faites un bébé : félicitations, le bébé est un citoyen américain!», a-t-il ironisé, avant de pester : «c’est franchement ridicule».

Confronté à l’arrivée chaque mois à la frontière de dizaines de milliers de migrants, le gouvernement républicain a séparé des enfants de leurs parents, gardés eux en rétention, au nom du respect de la norme «Flores».

La réforme annoncée mercredi vise à «s’assurer que les familles étrangères puissent être ensemble pendant les formalités migratoires», affirme la Maison-Blanche. «Cette nouvelle règle garantira que les enfants étrangers sont en sécurité et que l’on prend bien soin d’eux en détention».

«Nous avons vu cette année un flot inédit de familles, venant surtout d’Amérique centrale, arriver à notre frontière du sud-ouest», a expliqué devant la presse Kevin McAleenan, le ministre par intérim de la Sécurité intérieure.

Près de 475 000 migrants arrivés en famille ont été interpellés entre octobre 2018 et juillet, soit trois fois plus que le record précédent, a-t-il déclaré.

La règle «Flores» a «généralement forcé les autorités à relâcher les familles dans le pays après 20 jours, encourageant les entrées illégales», a-t-il affirmé, alors que les formalités migratoires peuvent prendre des mois, voire des années.

«Traumatisme»

Les défenseurs des droits humains ont immédiatement annoncé qu’ils combattraient en justice l’abrogation de la norme «Flores».

«Il s’agit d’une nouvelle attaque cruelle contre les enfants» migrants, a dénoncé une responsable de l’organisation de défense des libertés ACLU, Madhuri Grewal. «Le gouvernement ne devrait pas emprisonner des enfants, et devrait encore moins chercher à mettre plus d’enfants en prison, pendant plus longtemps.»

Des parlementaires démocrates ont appelé les tribunaux à «stopper immédiatement cette action illégale».

«Il n’y a aucune justification à la détention indéfinie des enfants et aucune excuse pour le traumatisme que cette politique va infliger aux familles», a réagi le chef du parti démocrate, Tom Perez.

Monde

Las Vegas: 23 suprémacistes blancs, 152 chefs d’accusation

LAS VEGAS — Dix-neuf hommes et quatre femmes ont été accusés à Las Vegas d’appartenir à un gang de suprémacistes blancs ayant des liens avec la prison d’État et de nombreux crimes commis, dont des meurtres, du trafic de drogue et des vols d’identité, selon des documents rendus publics mercredi.

Un total de 152 chefs d’accusation a été déposé devant un tribunal du Nevada contre les 23 accusés que l’on soupçonne d’être membres ou associés aux «Aryan Warriors» (Guerriers aryens). L’acte d’accusation soutient qu’ils ont pris part à une entreprise de racket criminel.

Deux des prévenus, Devin Alan Campbell et Christopher Gene Ashoff, sont accusés d’avoir abattu deux hommes en janvier. Les victimes seraient Josué Contreras-Verdin et David Esparza-Sanchez.

On reproche également à Devin Alan Campbell d’avoir poignardé et tué Thomas Patrick Glenn, 49 ans, également en janvier.

L’avocat de Christopher Gene Ashoff, Mace Yampolsky, a indiqué que son client avait plaidé non coupable aux accusations de meurtre qui ont maintenant été incluses dans un acte d’accusation révisé et élargi.

Mace Yampolsky a exprimé sa surprise face à l’ampleur des accusations et à l’inclusion d’un chef de racket exigeant que les procureurs démontrent que les accusés ont agi de concert «pour se livrer à des actes de violence ou d’intimidation afin de promouvoir leur entreprise criminelle».

«Je ne crois pas qu’il exerce des activités de racket comme cela est allégué», a mentionné l’avocat de la défense.

Le procureur du comté de Clark, Steve Wolfson, n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Deux autres prévenus, Anthony Williams et Tarik Goicechea, sont accusés d’avoir poignardé à mort un détenu de la prison d’État, Andrew Ryan Thurgood, dans sa cellule de la prison High Desert State en février 2016. Le décès de M. Thurgood a entraîné le dépôt d’une poursuite contre l’institution carcérale en 2018.

Anthony Williams et Tarik Goicechea sont toujours en prison.

Un autre accusé, Zackaria Luke Luz, fait face à un chef de conspiration criminelle et un autre de possession d’un dispositif de numérisation, en plus de 82 accusations de vol d’identité.

Les avocats qui représentent les prévenus Luz et Williams n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Les autorités ont précisé que 14 des accusés étaient déjà détenus dans une prison d’État ou dans la prison du comté de Clark à Las Vegas.

Sept autres accusés ont été arrêtés avant que l’acte d’accusation ne soit rendu public mercredi. Trois derniers suspects sont actuellement recherchés et font l’objet d’un mandat d’arrêt.

Monde

Wayne LaPierre, pilier du lobbyisme pro-armes

WASHINGTON — Le lobby des armes perd-il son influence en Amérique? Wayne LaPierre, son puissant patron, n’a eu qu’à décrocher son téléphone pour parler à Donald Trump et apporter une réponse cinglante à la question.

La longue discussion entre le directeur général de la National Rifle Association (NRA) et le maître de la Maison-Blanche s’est tenue mardi, sans être rendue publique.

Mais, comme l’a révélé The Atlantic, au moment où les deux hommes ont raccroché, un point crucial était scellé : il n’y aura pas de renforcement des vérifications des antécédents judiciaires et psychiatriques pour les acquéreurs d’armes à feu aux États-Unis.

Cette mesure aurait pu être la seule notable adoptée dans le sillage de deux attaques au fusil d’assaut qui ont fait 31 morts le premier week-end d’août au Texas et dans l’Ohio.

M. LaPierre, 69 ans, se voyait crédité mercredi d’être parvenu à «retourner» le président américain qui, après ces deux tragédies, avait au contraire évoqué la possibilité de mieux contrôler ces antécédents.

En presque trois décennies, Wayne LaPierre a connu d’autres succès dans son combat pour enterrer toute initiative visant à limiter l’accès aux armes individuelles au pays de Colt et Smith & Wesson.

Aura éraflée

Semblant aussi inoxydable que les fusils qu’il aime brandir dans les réunions de la NRA, il a toutefois été récemment fragilisé par une féroce lutte de pouvoir à la tête de l’organisation.

Celle-ci a opposé M. LaPierre à l’ancien officier controversé Oliver North, qui a été jusqu’à fin avril président de l’organisation, un poste plutôt davantage honorifique.

Ce rififi s’est accompagné d’un grand déballage embarrassant pour Wayne LaPierre, à coups de documents internes qui ont fuité sur internet ou été anonymement transmis à la presse, suspecté d’abus de bien sociaux.

On a ainsi appris que, inquiet pour sa sécurité après une fusillade ayant fait 17 morts dans un lycée en Floride début 2018, le chef de la NRA avait souhaité déménager avec sa femme Susan dans une demeure ultra-sécurisée au Texas.

La NRA aurait accepté de financer l’achat de cette maison de 900 m2 à Dallas, à hauteur de 6,5 M$, même si la transaction n’a pas été finalisée.

Wayne LaPierre s’est aussi vu reprocher des dépenses, réglées par la NRA grâce notamment à des montages financiers impliquant Ackerman McQueen, une agence de publicité : une facture de 39 000 $ dans un magasin de vêtements de Beverly Hills ou un transport en avion de 40 000 $, de Washington aux Bahamas, le 17 décembre 2012.

Un voyage en 2014 en Italie et à Budapest a particulièrement fait tiquer : les frais de M. LaPierre ont inclus une note d’hôtel de 6500 $ et un autre séjour dans un palace avec une facture dépassant 18 000 $ pour une voiture avec chauffeur.

Le lobbyiste des armes a également obtenu la prise en charge des 13 800 $ du loyer d’une mystérieuse stagiaire d’été.

Réélu malgré tout

Ces polémiques n’ont pas empêché ce descendant d’une vieille famille française émigrée en Amérique d’être réélu fin avril aux commandes de la NRA.

Il en restera donc le visage public, celui que les Américains ont l’habitude de voir défendre farouchement le deuxième amendement de la Constitution sur la détention d’armes à feu, celui qui martèle que «le seul moyen de stopper un salaud avec une arme, c’est un type bien avec une arme».

Wayne LaPierre fait probablement partie des hommes les plus détestés aux États-Unis. Il est cependant aussi adulé par des millions d’autres Américains qui apprécient ses diatribes visant les milliardaires «socialistes» George Soros ou Michael Bloomberg, les démocrates, les élites d’Hollywood, les universités, ou les mouvements anti-bavures policières comme Black Lives Matter.

Au-delà du discours, M. LaPierre a radicalement transformé la NRA, fondée en 1871 pour promouvoir l’habileté au tir : d’une association au fort ancrage local, œuvrant à la sécurité des tireurs, l’organisation est devenue une machine politique redoutable, à l’influence dépassant celle des 5 millions de membres qu’elle revendique.

C’est sous la houlette de Wayne LaPierre que la NRA est devenue extrêmement active auprès des élus, qu’elle finance ou note défavorablement, parvenant à bloquer au Congrès les propositions de loi qu’elle estime défavorables.

La NRA a versé 30 millions de dollars à la campagne de Donald Trump en 2016.

Monde

Trump annule sa visite au Danemark

COPENHAGUE — Si le Danemark a joué l’apaisement mercredi, Donald Trump, visiblement vexé, a justifié l’annulation de sa visite dans le pays scandinave par le ton «méchant» des propos de la première ministre danoise et le refus de Copenhague de vendre le Groenland aux États-Unis.

«La déclaration de la première [ministre] selon laquelle c’était une idée absurde» d’acheter le Groenland «était méchante», a tonné le président américain, interrogé par les journalistes, alors que Mette Frederiksen avait assuré plus tôt qu’il n’y avait «pas de crise» entre Copenhague et Washington.

«Tout ce qu’elle avait à faire était de dire non nous ne serons pas intéressés» par l’idée de vendre le Groenland, a poursuivi l’ancien homme d’affaires new-yorkais.

«Elle ne s’adresse pas à moi, elle s’adresse aux États-Unis d’Amérique. On ne parle pas de cette façon aux États-Unis», a averti M. Trump, rappelant que le président Truman, au milieu de 20e siècle, s’était intéressé également à cette immense île de l’Arctique.

En déplacement au Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, la première ministre danoise Mette Frederiksen avait qualifié d’«absurde» la proposition d’achat du président américain. Copenhague, avait-elle rappelé en substance, n’a pas même le pouvoir de vendre cette entité bénéficiant d’une large autonomie.

Le milliardaire républicain avait annoncé dans une salve de tweets mardi soir l’annulation de sa rencontre avec la première ministre danoise et de sa visite dans le pays, visiblement vexé par le manque d’intérêt de Mette Frederiksen pour discuter du sujet.

«Le Danemark est un pays très spécial avec des gens incroyables, mais étant donné les commentaires de la première ministre Mette Frederiksen, selon lesquels elle n’aurait aucun intérêt à discuter de l’achat du Groenland, je vais repousser notre rencontre prévue dans deux semaines à un autre moment», a tweeté M. Trump.

Cette annonce intervient dans une séquence diplomatique importante pour le dirigeant américain qui doit bientôt s’envoler pour la France, où il assistera au sommet du G7 à Biarritz, du 24 au 26 août.

Aux côtés des autres leaders des grandes puissances mondiales, il pourrait encore jouer les trouble-fêtes, tant les sujets de discorde se multiplient entre les États-Unis et leurs alliés traditionnels.

«La réalité transcende la fiction»

À Copenhague, la reine Margrethe, à l’origine de l’invitation, a exprimé sa «surprise», dans un commentaire écrit transmis à la chaîne de télévision publique DR.

Et l’ensemble de la classe politique du pays scandinave a exprimé sa stupéfaction.

«La réalité transcende la fiction [...], cet homme est imprévisible», a tweeté Morten Østergaard, chef de la gauche radicale et membre de la majorité parlementaire.

En fin de semaine dernière, la presse américaine avait révélé que Donald Trump s’était renseigné sur la possibilité pour les États-Unis d’acheter le Groenland, immense territoire de quelque 56 000 habitants.

M. Trump avait ensuite confirmé son intérêt pour l’île glacée de l’Arctique, déclenchant une salve de réactions mi-indignées, mi-amusées au Groenland et au Danemark.

Mais l’annulation impromptue de sa visite au Danemark prévue les 2 et 3 septembre montre, une nouvelle fois, la capacité du 45e président américain à casser les codes de la diplomatie traditionnelle.

Pour le politologue Marc Jacobsen, spécialiste du Groenland à l’université de Copenhague, Donald Trump se comporte en «maître colonial ignorant».

«L’idée de Donald Trump d’acheter le Groenland est absurde et l’annulation de sa visite d’État au Danemark est tout aussi absurde alors qu’il sait qu’il n’y a aucune chance que le Groenland devienne le 51e État de l’Amérique», a-t-il dit à l’AFP.

Autour du globe, 22 août 2019

Monde

Royaume-Uni: guerre au plastique à l’épicerie

LONDRES — Des légumes «nus», des féculents en vrac pour des clients munis de leurs propres contenants : face à des consommateurs de plus en plus soucieux de l’environnement, des supermarchés britanniques rivalisent pour réduire l’emballage plastique dans leurs rayons, accusé de polluer la planète.

«Aujourd’hui, j’ai fait mes premières courses sans plastique!», se réjouit May Stirling, une mère de famille de 49 ans, venue «spécialement» de Ramsbury, à 60 km, pour le grand «déballage» organisé pendant l’été dans l’un des magasins de la chaîne Waitrose à Oxford (centre de l’Angleterre).

Ici, 160 sortes de fruits et légumes ont été dépouillés de leur emballage plastique et un espace de vrac pour féculents, céréales, vin et bière a été installé.

Une scène qui tranche avec le tableau habituel des supermarchés britanniques où tout semble sous plastique : bananes, avocats, concombres... À elles seules, les dix principales enseignes mettent chaque année sur le marché 810 000 tonnes d’emballage plastique à usage unique, et distribuent des centaines de millions de sacs, d’après une enquête des ONG Greenpeace et EIA (Environmental Investigation Agency) parue en novembre qui dénonce l’impact de la pollution plastique sur la biodiversité marine.

«Libérateur»

Faire ses courses sans plastique, «c’est si libérateur, ça veut dire qu’on peut œuvrer un peu pour l’environnement», sourit May Stirling, le panier plein, tout en avouant avoir été un peu dépitée de ne trouver que deux sortes de céréales dans l’espace en vrac.

Nombre de clients sont prêts à jouer le jeu et certains en réclament même davantage : réutilisation des bouteilles de lait, de shampoing... Dans le magasin, plusieurs centaines de notes de suggestions sont affichées sur un mur dédié.

Waitrose, qui avait lancé cet essai pour 11 semaines, a décidé de le prolonger et de l’initier dans trois autres magasins de cette chaîne qui en compte plus de 300.

Mais pour être pérenne, la formule doit être «commercialement viable», rappelle un porte-parole de l’enseigne, James Armstrong.

Alors que l’emballage plastique est l’un des moins coûteux, les clients sont-ils prêts à payer davantage pour un système d’emballage plus écologique?

Fran Scott, venue avec ses tupperwares, hésite. «J’aimerais penser que oui, mais honnêtement je ne sais pas», admet cette consultante en marketing de 55 ans.

D’autres géants du secteur se positionnent. Signataires du «UK Plastic Pact», qui les engage à ne recourir qu’à de l’emballage réutilisable, recyclable ou biodégradable d’ici 2025, Tesco et Asda ont récemment annoncé cesser d’utiliser des sacs plastiques pour leurs livraisons d’achats en ligne; Morrisons a promis des zones sans plastique pour fruits et légumes dans 60 magasins en 2019.

«Faire pression» 

Précurseur, l’un des magasins à Londres de la franchise Budgens se targue d’avoir réorganisé sa logistique en dix semaines dès novembre dernier pour éliminer l’emballage plastique de 1800 de ses 14 000 produits.

«On a fait ça pour montrer aux autres gros supermarchés que ça n’était pas aussi difficile qu’ils le disent», explique à l’AFP son directeur, Andrew Thornton.

Le plastique ne disparaît toutefois pas totalement. Par exemple, le fromage est encore livré avec. Mais après l’avoir découpé en tranches, les employés utilisent désormais du film cellulose à base de canne à sucre pour le remballer.

À quelques mètres du stand de fromages, Richard Brady, 44 ans, achète une boîte de sushis. «J’ai du plastique dans les mains», rit-il, gêné. «C’est comme ça. Et ma femme a faim! C’est aux supermarchés de trancher, pas à nous, non?».

«Nous achetons des produits encore emballés de plastique, car nous n’avons pas encore persuadé [tous nos fournisseurs] de changer» de méthode, explique Andrew Thornton, qui appelle les plus «grosses entreprises [...] à faire pression sur les gros fournisseurs».

Pour Mark Miodownik, professeur spécialiste des matériaux à l’université UCL, «il faudrait changer tout le fonctionnement du système». Le plastique est un «matériau formidable», notamment pour le matériel hospitalier, les tuyaux, etc. C’est aussi selon lui un emballage bienvenu s’il peut être correctement recyclé.

Mais le plastique est devenu problématique à partir des années 60 quand le marketing l’a érigé en «symbole de modernité», souligne M. Miodownik, incarnant un style de vie «pratique» dans une économie où étaient vantés les mérites du jetable, des couches aux serviettes en papier.

«Les bouteilles d’eau sont une sorte de folie [...], c’est devenu une routine d’en vendre, comme si c’était l’unique moyen de boire de la “vraie” eau...», illustre l’expert.

Gaspillage alimentaire?

Des alternatives existent en fonction des aliments : papier, carton, bocaux en verre... Mais «le plastique présente des bénéfices, comme son imperméabilité à l’air et à la moisissure, qui peuvent prolonger la vie de produits», relève l’Agence des normes alimentaires (FSA).

«On ne peut pas laisser la solution de ce problème au bon vouloir de supermarchés bien intentionnés», fustige Sam Chetan Welsh, conseiller chez Greenpeace, qui appelle «le gouvernement à fixer des limites légales à la quantité de plastique fabriquée et utilisée».

Pour Barry Turner, directeur du Plastics and Flexible Packaging Group, qui représente les fabricants d’emballage plastique, la solution réside dans «l’amélioration des infrastructures de recyclage».

Car en réduisant trop l’emballage plastique, les supermarchés pourraient être confrontés à des «conséquences inattendues», comme «le gaspillage alimentaire», assure-t-il.

Pourtant, chez Budgens Belsize Park, pas de gaspillage constaté, selon son directeur qui persévère : le magasin comptait plus de 2300 produits sans plastique cet été.

Monde

À Cuba, les révolutionnaires n’ont plus la barbe, les jeunes branchés oui [PHOTOS]

LA HAVANE - C’est une mode internationale, mais à Cuba, elle a une saveur spéciale : la barbe fleurit depuis quelques mois sur les visages des jeunes Cubains, mais sans la signification politique donnée par Fidel Castro et ses rebelles «barbus» lors de la révolution de 1959.

Ironie du sort, dans le gouvernement présidé par Miguel Diaz-Canel depuis avril 2018, la seule barbe historique encore présente est celle du Commandant de la révolution Ramiro Valdés, 87 ans, un des vice-présidents.

Dans les rues de La Havane, porter la barbe est désormais plutôt une affaire de style.

«Beaucoup de gens, surtout les jeunes, se laissent pousser la barbe, c’est tendance», témoigne David Gonzalez, barbier de 31 ans, en taillant celle d’un client dans son salon du centre-ville. «Certains la portent plus longue», mais la majorité la préfère courte, chaleur oblige.

Rue Obispo, dans le quartier historique de La Havane, Franco Manso, 24 ans, profite d’un moment de calme dans sa boutique d’artisanat pour faire quelques retouches à sa barbe. «J’ai vu que ça m’allait plutôt bien et, comme c’est à la mode, je l’ai gardée», confie-t-il, petits ciseaux en main.

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Monde

Le Japon, pionnier du paiement électronique, mais accro aux billets

TOKYO - Dans un pittoresque quartier commerçant de Tokyo, un petit écriteau incite le client à payer via son mobile. Mais ici, beaucoup préfèrent les espèces sonnantes et trébuchantes, jugées plus tangibles que le «cashless».

Le gouvernement japonais voudrait doubler la part des transactions électroniques à 40% d’ici à 2025. Le pays est en effet loin derrière d’autres puissances économiques. En Corée du Sud, le ratio s’élève déjà à 90%, selon Yuki Fukumoto, chercheur à l’institut NLI de Tokyo.

Les récents déboires du géant de la distribution dans l’archipel, Seven & I Holdings, ne vont pas arranger les choses. Son système 7Pay de paiement par QR code a dû être abandonné à la suite d’un piratage.

C’est d’autant plus dommage que les Japonais connaissent depuis déjà une quinzaine d’années l’argent virtuel, via des porte-monnaie à puces sans contact (Felica, de Sony), insérées dans une carte en plastique ou dans le mobile: le client paie en effleurant le terminal.

Les précurseurs ont été le «pass» de transport ferroviaire Suica et ses dérivés, ou les cartes de fidélité/porte-monnaie des géants de la distribution (Nanaco chez Seven & Holdings, Waon chez Aeon).

Ces cartes sont cependant souvent utilisées pour des petits paiements de quelques centaines de yens (quelques euros). Paradoxalement, pour des montants plus élevés, les Japonais sortent les liasses de billets!

«2 à 3 clients par semaine»

Mais un tel attachement au «liquide» coûte cher: 2000 milliards de yens (23,4 milliards $CAN) pour gérer les distributeurs et transporter l’argent, selon une étude du Boston Consulting Group citée par le quotidien Nikkei. Sans compter la main-d’oeuvre requise, au moment où le pays manque pourtant de bras.

Même si le PDG de la galerie marchande en ligne Rakuten, Hiroshi Mikitani, prédit une disparition totale des pièces et billets, les gérants des systèmes de paiement dématérialisés rongent leur frein. C’est que contrairement au liquide anonyme qui ne laisse pas de trace, leurs technologies sont un moyen de collecter pléthore de données sur les habitudes d’achats des utilisateurs.

Les services, souvent basés sur les QR code, ces codes-barres en deux dimensions créés par la société nippone Denso Wave, se sont multipliés ces derniers mois au Japon.

Dans une boutique de réparation de bicyclettes, PayPay - né d’une co-entreprise entre SoftBank Corp et Yahoo - est testé depuis l’an dernier.

Le principe est simple: le client, qui a au préalable téléchargé l’application et enregistré ses données bancaires, approche son mobile pour scanner le QR code du commerçant, saisir la somme et régler ainsi son achat.

Mais le propriétaire de l’établissement, Katsuyuki Hasegawa, est sceptique. «Personnellement, je préfère le liquide. Avec PayPay, on ne se rend pas compte des flux d’argent», témoigne-t-il, précisant que seulement deux à trois clients par semaine paient ainsi.

Avec ce moyen, les clients «craignent de trop dépenser» sans vraiment s’en rendre compte, selon l’expert de NLI.

Alléchantes ristournes

«Dans un endroit comme ici, tout est très lent, nous avons beaucoup de gens âgés qui discutent avec nous et, tout en bavardant, sortent leurs pièces. Ils n’ont pas besoin de transactions rapides», explique le commerçant de 40 ans, un regard sur la ruelle où les mamies déambulent.

«Du fait du vieillissement de la société, les nouveautés mettent du temps à être adoptées. Le défi à partir de maintenant, c’est de savoir comment motiver» les gens pour qu’ils renoncent aux pièces et billets de banque, souligne un expert du Nomura Research Institute (NRI).

Pourquoi abandonner les espèces dans un pays où l’on ne risque pas les vols à l’arraché, où la contrefaçon de billets est rare, où les distributeurs sont partout et où les petites boutiques n’acceptent souvent que le liquide pour s’éviter de coûteux frais de transaction ?

Pour y parvenir, il faut accorder des récompenses, auxquelles les Japonais sont très sensibles, via un système de points ou de ristournes, préconise Akiko Yamanaka, qui tient un coquet restaurant, «Koguma» (ourson), dans une vieille maison en bois.

Cet été, «le client qui paie via PayPay reçoit une réduction de 10% sur l’addition», et cela attire du monde, explique-t-elle, estimant que «plus il y aura de campagnes de ce type, plus les gens se convertiront au cashless».

Le gouvernement aussi veut croire à l’attractivité des ristournes: pour faire digérer la hausse de TVA prévue en octobre, il va rembourser une partie de leurs achats aux consommateurs sous forme de points quand ils paieront de façon électronique à compter d’octobre.

Monde

Bolsonaro insinue que des ONG provoqueraient des incendies de forêt

RIO DE JANEIRO — Une agence fédérale au Brésil a signalé une forte augmentation des incendies de forêt cette année et le président Jair Bolsonaro a laissé entendre mercredi que des organisations non gouvernementales pourraient avoir provoqué ces incendies pour le faire mal paraître.

L’Institut national de recherche spatiale du Brésil, une agence fédérale de surveillance de la déforestation et des incendies de forêt, a indiqué que le pays avait enregistré un nombre record d’incendies de forêt cette année, soit 74 155 en date de mardi, ce qui représente une augmentation de 84 % par rapport à la même période l’année dernière.

M. Bolsonaro est entré en fonction le 1er janvier.

«Peut-être — je ne l’affirme pas — que ces personnes d’ONG mènent actuellement des actions criminelles pour attirer l’attention sur moi, contre le gouvernement du Brésil», a déclaré M. Bolsonaro dans une vidéo publiée sur son compte Facebook. «C’est la guerre à laquelle nous sommes confrontés.»

Lorsque les journalistes lui ont demandé s’il avait des preuves, le président n’en a fourni aucune.

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Monde

Les Saoudiennes peuvent désormais sortir du pays sans la permission d'un homme

RYAD — Les autorités d'Arabie saoudite ont commencé mardi à appliquer la réforme annoncée début août permettant aux femmes d'obtenir un passeport et de voyager à l'étranger sans la permission d'un «gardien» mâle.

L'administration saoudienne a commencé mardi «à recevoir des demandes de femmes âgées de 21 ans et plus pour obtenir ou renouveler un passeport et voyager hors du royaume sans permission», a annoncé le département des passeports sur Twitter.

La mesure, annoncée le 1er août, a écorné le système saoudien de «gardien masculin», qui assimile les femmes à des mineures toute leur vie durant en les soumettant à l'autorité arbitraire de leur mari, père ou autres parents mâles.

Cette réforme est intervenue alors que plusieurs affaires d'évasions à l'étranger de jeunes Saoudiennes se déclarant victimes de violences de la part de leurs «gardiens» ont défrayé la chronique ces derniers mois.

Elle s'inscrit dans la série de mesures de libéralisation du prince héritier Mohammed ben Salmane, homme fort du royaume ultra-conservateur. La plus emblématique de ces mesures a été celle permettant aux femmes de conduire une voiture depuis juin 2018.

Autres changements qui, sans le démanteler, affaiblissent le système de «gardien» obligatoire pour les femmes: les Saoudiennes peuvent désormais déclarer officiellement une naissance, un mariage ou un divorce, et être titulaires de l'autorité parentale sur leurs enfants mineurs, des prérogatives jusqu'ici réservées aux hommes.

Ces changements ont été largement salués en Arabie saoudite, mais également critiqués comme «anti-islamiques» par des ultra-conservateurs sur les réseaux sociaux.

Monde

Vente du Groenland: Trump annule son voyage au Danemark

WASHINGTON — Donald Trump a annoncé mardi repousser sa rencontre prévue avec la première ministre danoise car elle ne souhaite pas vendre le Groenland aux États-Unis, nouvel épisode d'une saga diplomatique à rebondissements concernant ce territoire danois riche en ressources naturelles.

La visite au Danemark du président américain prévue début septembre a tout simplement «été annulée à ce stade», a précisé à l'AFP un porte-parole de la Maison-Blanche, quelques instants après une série de tweets de son locataire.

«Le Danemark est un pays très spécial avec des gens incroyables mais étant donné les commentaires de la première ministre Mette Frederiksen, selon lesquels elle n'aurait aucun intérêt à discuter de l'achat du Groenland, je vais repousser notre rencontre prévue dans deux semaines à un autre moment», a lancé M. Trump.

«La première ministre a été en mesure de faire l'économie d'argent et d'efforts pour les États-Unis et le Danemark en étant si directe. Je la remercie pour cela et ai hâte de reprogrammer à un moment dans le futur» cette rencontre, a poursuivi le milliardaire républicain.

Cette annonce intervient dans une séquence diplomatique importante pour le dirigeant américain qui doit bientôt s'envoler pour la France, où il assistera au sommet du G7 à Biarritz, du 24 au 26 août.

Aux côtés des autres leaders des grandes puissances mondiales, il pourrait encore jouer les trouble-fêtes, tant les sujets de discorde se multiplient entre les États-Unis et ses alliés traditionnels.

«Grosse transaction»

En fin de semaine dernière, la presse américaine avait révélé que Donald Trump s'était renseigné sur la possibilité pour les États-Unis d'acheter le Groenland, immense territoire autonome rattaché au Danemark qui compte quelque 56 000 habitants.

À LIRE AUSSI : Trump confirme qu'il aimerait acheter le Groenland

Si cette idée avait d'abord fait sourire certains, ce dernier rebondissement montre, une nouvelle fois, la capacité du 45e président américain à casser les codes de la diplomatie traditionnelle.

Le week-end dernier l'ancien homme d'affaires new-yorkais avait confirmé de vive voix s'intéresser au Groenland en qualifiant devant la presse cette éventuelle transaction de «grosse transaction immobilière», qui serait «stratégiquement intéressante».

Début septembre, M. Trump ne se rendra donc pas au Danemark où il avait accepté une invitation de la reine Margrethe II.

Il avait pourtant assuré dimanche que cette visite n'était «pas du tout» liée à son ambition territoriale.

De leur côté, les autorités locales n'ont pas apprécié cette convoitise de l'ex magnat de l'immobilier.

«Le Groenland est riche en ressources précieuses [...]. Nous sommes prêts à faire des affaires, pas à vendre» le territoire, avait réagi vendredi le ministère groenlandais des Affaires étrangères.

Le Groenland est une gigantesque île arctique, grande comme quatre fois la France et riche en ressources naturelles (pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc, plomb).

C'est le deuxième soir d'affilée que le dirigeant républicain mentionne sur Twitter la question de l'achat du Groenland.

«Je promets de ne pas faire ça au Groenland!» avait écrit lundi le milliardaire, non sans humour, dans un tweet accompagné d'un photomontage montrant son immense hôtel aux vitres dorées de Las Vegas s'élever au milieu d'un paysage bucolique du territoire danois.

Monde

Le premier ministre italien démissionne en blâmant les députés

ROME — Le premier ministre italien Giuseppe Conte a démissionné mardi, imputant la chute de son gouvernement populiste en poste depuis seulement 14 mois à son ministre de l'Intérieur rebelle et anti-migrants, Matteo Salvini, qui a déclenché une crise politique pour forcer des élections anticipées.

S'adressant au Sénat, M. Conte a reproché à Matteo Salvini d'avoir mis en branle «une spirale vertigineuse d'instabilité politique et financière» en signant l'arrêt de mort du gouvernement. La Ligue, le parti d'extrême droite de M. Salvini, a demandé un vote de confiance contre M. Conte plus tôt ce mois-ci, une décision étonnamment audacieuse de la part du partenaire de la coalition gouvernementale.

Giuseppe Conte, un avocat sans expérience politique qui avait été appelé à mettre fin à l'impasse postélectorale de l'année dernière, a remis sa démission au président Sergio Mattarella mardi soir.

M. Mattarella a demandé à M. Conte et au reste du cabinet de continuer de gouverner sur une base intérimaire, pendant qu'il tentera dans les prochains jours de déterminer s'il convient d'organiser de nouvelles élections. M. Mattarella cherchera d'abord à déterminer si une autre coalition viable peut être formée.

Matteo Salvini, qui était assis à côté de M. Conte lors de son discours, souriant parfois, a déclaré : «Je le referais». Il a embrassé à plusieurs reprises un chapelet qu'il a retiré de sa poche immédiatement après que M. Conte lui a reproché d'associer «des slogans politiques à des symboles religieux».

En insistant pour que des élections soient organisées le plus tôt possible, M. Salvini a déclaré : «Je ne crains pas le jugement des Italiens».

Lors des élections européennes qui ont eu lieu il y a trois mois en Italie, ainsi que dans les sondages d'opinion actuels, la Ligue est devenue la première puissance politique du pays. Ses mesures répressives à l'égard des migrants, auxquels la base électorale du parti associe en grande partie la criminalité, semblent être un facteur déterminant de la popularité grandissante de Matteo Salvini.

Monde

Trump prêt à bousculer à nouveau ses alliés du G7

WASHINGTON — Ses meilleurs alliés doivent-ils à nouveau s'attendre au pire? Donald Trump pourrait encore jouer les trouble-fêtes ce week-end au sommet du G7 de Biarritz, en France, tant les sujets de discorde se multiplient entre les États-Unis et les autres pays riches.

Les chefs d'État et de gouvernement des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) étaient habitués à de paisibles retrouvailles annuelles entre amis au sein de ce qu'ils surnomment parfois le «club des démocraties» — surtout depuis que la Russie de Vladimir Poutine n'y est plus conviée.

Mais ça, c'était avant Donald Trump et son interprétation toute personnelle des relations internationales.

Après un constat de désaccord en 2017 en Italie sur le réchauffement climatique, le G7 au Québec avait été l'an dernier le théâtre de déchirements inédits. Le président des États-Unis avait chamboulé la scénographie d'ordinaire millimétrée de ces grands raouts internationaux, traité le premier ministre canadien Justin Trudeau de «malhonnête» sur fond de tensions commerciales, et refusé de signer la déclaration commune du sommet.

Sur la côte atlantique française, il risque à nouveau d'être comme «l'éléphant dans un magasin de porcelaine», prévient Robert Guttman, de la Johns Hopkins University. «Trump ne vient pas en tant qu'homme d'État, mais en tant qu'homme politique qui se bat pour être réélu» en novembre 2020 et qui ne s'adresse qu'à «sa base», ajoute-t-il.

Son slogan, «America First», ou «l'Amérique d'abord», risque de mal s'accommoder du thème choisi par le président français Emmanuel Macron pour ce G7, à savoir la lutte contre les inégalités dans le monde.

Sans parler du climat, également à l'ordre du jour, mais sur lequel les autres pays membres ont pris acte du fossé insurmontable qui les sépare du milliardaire républicain.

D'ailleurs, tout a été fait pour prévenir un «clash». Une source diplomatique française insiste sur le côté informel que Paris veut donner aux débats, en abandonnant toute ambition d'un communiqué final exhaustif.

La «stupidité de Macron»

Malgré cela, les sujets susceptibles de provoquer des étincelles sont nombreux.

Sans attendre d'arriver dans la station balnéaire, Donald Trump a mis les pieds dans le plat en réaffirmant mardi être favorable à un retour au G8, avec la réintégration de la Russie qui avait été écartée de ce groupe en 2014 après l'annexion de la Crimée. «C'est bien plus sensé d'avoir la Russie», a-t-il plaidé.

De nombreux différends opposent en outre l'hôte du sommet et le locataire de la Maison-Blanche, qui aimaient à leurs débuts afficher leur entente.

Donald Trump a dénoncé fin juillet la «stupidité de Macron» au sujet de la taxe française sur les géants américains du numérique, et menacé en retour de s'attaquer à un trésor tricolore, le vin, via une hausse des droits de douane. Le président français espère déminer ce conflit.

Emmanuel Macron souhaite aussi obtenir un geste du président américain sur l'Iran.

Si Donald Trump veut un nouvel accord avec Téhéran comme il l'affirme, résume une source diplomatique française, la pression ne suffit pas, il faut que les États-Unis donnent une marge de manoeuvre pour pouvoir offrir quelque chose aux Iraniens en échange d'une négociation.

La France plaide pour que l'administration américaine marque une pause dans ses sanctions en acceptant par exemple des dérogations permettant à Téhéran d'exporter un peu de son pétrole.

Mais là aussi, les tentatives de médiation françaises semblent avoir été douchées à l'avance par un tweet assassin. «Personne ne parle pour les États-Unis à part les États-Unis eux-mêmes», a mis en garde Donald Trump, accusant son homologue français de contribuer à brouiller le message américain auprès de l'Iran.

Le président américain devrait avoir au moins un allié autour de la table en la personne du nouveau premier ministre britannique Boris Johnson, qui a besoin du soutien américain dans la perspective d'une sortie sans accord de l'Union européenne.

Quant aux autres, ils sont obligés malgré tout de cohabiter avec Donald Trump s'ils veulent tenter de tenir tête à la Russie et à la Chine dans la compétition stratégique entre puissances.

L'UE, notamment, «n'est pas parvenue à devenir une superpuissance et doit encore compter sur les États-Unis», souligne James Roberts, de la fondation conservatrice Heritage. «Ils n'aiment pas le style du président Trump, mais ils ne peuvent pas changer les faits juste parce qu'ils n'aiment pas le messager.»

Et le bouillonnant président restera incontournable pendant un certain temps : en 2020, c'est lui qui accueillera le G7. Ou le G8?

Monde

Essai d'un missile américain: Moscou et Pékin crient à l'escalade militaire

MOSCOU — La Russie et la Chine ont condamné mardi le premier essai par les États-Unis d'un missile de portée intermédiaire depuis la Guerre froide, dénonçant le risque d'une «escalade des tensions militaires» et d'une relance de la course aux armements.

Ce test américain entérine la mort du traité de désarmement INF qui abolit l'usage — par la Russie et les États-Unis seuls — des missiles terrestres d'une portée de 500 à 5500 kilomètres, officiellement suspendu par les deux puissances rivales il y a moins d'un mois.

L'essai, réussi, a été effectué dimanche depuis l'île de San Nicolas, au large de la Californie, à 14h30 (17h30 heure du Québec), selon le Pentagone, qui a précisé qu'il s'agit d'une «variante d'un missile de croisière d'attaque sol-sol Tomahawk».

Des images publiées par l'armée américaine montrent le missile tiré à proximité du rivage, depuis un système de lancement vertical Mark-41.

Cet essai a été vivement critiqué par Moscou, pour qui il «montre une nouvelle fois que les Américains travaillaient en vue de la destruction du traité INF».

«Ils s'y préparaient depuis le début car il est impossible de mettre en oeuvre un essai pareil en seulement quelques semaines, quelques mois», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

«Cela signifie que ce n'est pas la Russie mais les États-Unis qui ont par leurs actions mené à la mort du traité INF», a-t-il estimé.

La Chine a de son côté déploré, par la voix du porte-parole de sa diplomatie Geng Shuang, «une escalade des confrontations militaires» qui «aura de graves conséquences négatives pour la sécurité régionale et internationale». Il a accusé Washington de chercher «la supériorité militaire unilatérale».

Après six mois d'un dialogue de sourds, la Russie et les États-Unis avaient pris acte début août de la fin du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), dont la signature à la fin de la Guerre froide en 1987 avait mis un terme à la crise des euromissiles, déclenchée par le déploiement en Europe des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires.

«Écouter» la Russie

Le traité avait été dénoncé par le président américain Donald Trump le 1er février, puis par Moscou le lendemain, les deux pays s'accusant mutuellement de le violer.

Les Américains mettent notamment en cause le missile russe 9M729 d'une portée, selon eux, de 1500 km, ce que Moscou dément. La Russie dénonce de son côté le système de défense antimissile américain Aegis Ashore déployé en Pologne et en Roumanie.

Les États-Unis déploient depuis longtemps des missiles de croisière de moyenne portée embarqués, généralement tirés depuis des systèmes Mark-41. Ce qui est nouveau avec le test de dimanche, c'est que ce système de lancement était installé au sol. Le missile est conventionnel, mais tout missile peut, par la suite, être équipé de tête nucléaire.

Selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, l'usage du Tomahawk et du Mark-41 signifie que «ces systèmes seront utilisés pour le lancement non seulement de missiles intercepteurs, mais aussi de missiles de croisière», qui disposent d'une longue portée.

Le diplomate a assuré que Moscou «ne cédera pas à la provocation», regrettant une «escalade des tensions militaires».

En visite en France lundi, le président russe Vladimir Poutine a accusé les Américains de ne pas «écouter» Moscou. «Les Européens ont intérêt à ce qu'on nous écoute et à réagir», a-t-il lancé.

«Éviter le chaos»

Début août, M. Poutine avait déjà appelé Washington à un «dialogue sérieux» sur le désarmement pour «éviter le chaos».

Il a donné fin février l'ordre de mettre au point de nouveaux types de missiles terrestres dans les deux ans, notamment en adaptant des engins de portée intermédiaire déjà existants mais déployés en mer ou dans les airs.

Il avait également menacé de déployer de nouvelles armes «invincibles» mises au point par son pays pour viser les «centres de décision» dans les pays occidentaux.

Il ne reste désormais en vigueur qu'un seul accord nucléaire bilatéral entre Moscou et Washington : le traité START, qui maintient les arsenaux nucléaires des deux pays bien en-deçà du niveau de la Guerre froide. Il doit arriver à échéance en 2021.

Avec Sylvie Lanteaume à Washington

Autour du globe, 21 août 2019

Monde

Hong Kong: malgré la grande manifestation pacifique, la tentation de la violence

HONG KONG — Les manifestants prodémocratie ont réussi leur pari, dimanche à Hong Kong, avec un rassemblement massif et surtout pacifique pour démentir les accusations chinoises de terrorisme. Mais faute de concessions de l’exécutif pro-Pékin, le risque de nouvelles violences reste bien réel.

Les organisateurs affirment que le succès de cette marche — une marée noire de centaines de milliers de personnes envahissant dans le calme le coeur de l’ex-colonie britannique — est la preuve que la mobilisation sans précédent qui a débuté début juin n’a pas échappé à tout contrôle.

Les semaines précédentes, la plupart des manifestations s’étaient achevées par des batailles rangées entre militants radicaux et forces de l’ordre faisant un usage massif de lacrymogènes. Des violences qui donnaient aussi à Pékin des arguments en faveur d’une reprise en main de la turbulente région semi-autonome.

Policiers et manifestants ne cessent de se renvoyer la responsabilité de l’escalade de la violence. Celle-ci a sidéré la communauté internationale en minant la réputation de stabilité sur laquelle s’est assise la prospérité de l’ex-colonie britannique.

Deux mois et demi après le début de la contestation, en dépit de cette démonstration de force tranquille du week-end, il est probable que la mobilisation continue de faire coexister «les rassemblements pacifiques et le recours à la force de la frange radicale», estime Willy Lam, politologue à l’Université chinoise de Hong Kong.

«Les deux continueront»

Si le gouvernement hongkongais n’accède pas à leurs demandes, avertit-il, «les deux continueront».

Cette crise politique, la plus grave à Hong Kong depuis sa rétrocession en 1997, est née en juin du rejet d’un projet de loi de l’exécutif local pro-Pékin qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine.

Le mouvement a depuis considérablement élargi ses revendications, toutes plus ou moins directement liées à la dénonciation d’un recul des libertés et d’une ingérence grandissante de la Chine.

Les manifestants ont cinq demandes fondamentales, parmi lesquelles l’abandon total du projet de loi sur les extraditions, la démission de la cheffe de l’exécutif Carrie Lam ou encore une enquête sur l’usage de la force par la police.

Le gouvernement se dit prêt à «un dialogue sincère» avec la population. Mais à condition que l’ordre soit rétabli.

Cette inflexibilité justifie selon les manifestants que la mobilisation, globalement pacifique, ait pu déraper en affrontements de rue, ou que le sit-in à l’aéroport de Hong Kong, bon enfant pendant plusieurs jours, ait pris un tour plus musclé la semaine dernière, certains contestataires empêchant les voyageurs d’embarquer, ce qui a entraîné l’annulation de centaines de vols.

L’image de la mobilisation a par ailleurs été ternie par l’agression à l’aéroport de deux hommes soupçonnés d’être des espions pro-Pékin.

Peu de révolutions pacifistes

«Nous avons commencé de façon très pacifique, mais le gouvernement ne répond pas à nos cinq demandes», a accusé lundi un manifestant masqué se faisant appeler Brian, lors d’une conférence de presse.

«Une chose en entraîne une autre», a-t-il ajouté, en refusant d’exclure a priori de nouvelles violences.

La police, elle, accuse les radicaux de plonger la ville, un des plus grands centres financiers de la planète, dans le chaos.

«Si les manifestants sont violents, la police utilisera la force», a déclaré lundi John Tse, un haut responsable de la police.

En toile de fond plane la menace d’une intervention chinoise, entretenue par les accusations de terrorisme formulées par Pékin, ou par les images de forces chinoises concentrées à Shenzhen, ville frontalière de Hong Kong.

Pour certains manifestants, l’équilibre est difficile à trouver entre les rassemblements non-violents et les actions musclées.

«Les révolutions sans que le sang ne coule sont très rares», observe de son côté Adrian, un manifestant de 24 ans.

«Mais tout le monde n’est pas prêt à la confrontation. Le prix sera très élevé pour les manifestants, donc ceux qui sont favorables à la violence doivent y réfléchir attentivement.»

Le mouvement prodémocratie n’est probablement pas uni quant à la marche à suivre, d’autant plus qu’il n’a pas de leaders identifiés. Mais il est indéniablement sorti renforcé du test de ce week-end.

«Il est dans une très bonne position», estime Suzanne Pepper, de l’Université chinoise de Hong Kong.

«Les militants prodémocratie n’étaient jamais parvenus à mobiliser autant contre les ingérences grandissantes» de la Chine, rappelle-t-elle.

Monde

Pékin a utilisé Twitter et Facebook contre les manifestants à Hong Kong

SAN FRANCISCO — Les autorités chinoises ont utilisé près d'un millier de comptes Twitter, et dans une moindre mesure des pages Facebook, pour discréditer et diviser les manifestants pro-démocratie à Hong Kong, ont indiqué lundi les deux réseaux sociaux.

Twitter a suspendu 936 comptes, «coordonnés dans le cadre d'une opération soutenue par l'État» chinois pour «miner la légitimité et les positions politiques» des manifestants, affirme Twitter dans un post de blogue.

«Nous avons identifié de larges ensembles de comptes qui se comportaient de façon coordonnée de manière à amplifier les messages concernant les manifestations à Hong Kong», souligne le groupe californien.

Facebook, informé par Twitter, a indiqué pour sa part avoir supprimé, pour les mêmes raisons, sept pages, cinq comptes et trois groupes du réseau social, eux aussi «liés à des individus associés au gouvernement de Pékin».

Non sans ironie, Twitter rappelle qu'il est banni de Chine continentale par le régime de Pékin, dont les agents ont dû en grande partie faire appel à un VPN (un réseau virtuel permettant de contourner des restrictions géographiques par exemple). D'autres ont avancé moins masqué en utilisant des adresses IP débloquées pour l'occasion.

Au total, Twitter indique avoir suspendu 200 000 comptes avant qu'ils ne soient réellement actifs sur le réseau.

Facebook — également interdit en Chine continentale — a précisé qu'environ 15 500 comptes suivaient l'une ou plusieurs des pages désormais supprimées de sa plateforme.

Mais Twitter et Facebook ne disent rien de l'impact qu'ont pu avoir ces comptes.

Ce nombre de comptes de propagande ou de désinformation pilotés par les autorités de Pékin reste relativement limité, le gouvernement disposant de nombreux leviers à Hong Kong pour influencer l'opinion publique et exerçant un contrôle très sévère de l'information en Chine continentale même.

Les manifestations pro-démocratie qui durent maintenant depuis plusieurs mois à Hong Kong ont suscité la diffusion sur internet d'innombrables rumeurs, de florès de fausses informations et de théories du complot venant en soutien à l'une ou l'autre partie.

Selon Rachel Lao, une avocate proche des manifestants pro-démocratie, «le parti communiste chinois est très habile à créer la confusion parmi le public en Chine et à dénigrer ces mouvements».

Russie, Iran, Birmanie...

La Russie de Vladimir Poutine avait déployé des efforts bien plus conséquents sur plusieurs années aux États-Unis pour influer sur les élections présidentielles en faveur de Donald Trump.

L'Iran se voit aussi régulièrement cloué au pilori par Twitter et Facebook qui accusent Téhéran de manipuler les comptes par centaines pour faire passer ses messages sous couvert de sites d'informations notamment.

En Birmanie, l'armée avait fait de ses comptes Facebook un véritable outil de propagande pour nier le nettoyage ethnique contre la minorité Rohingyas avant que le réseau ne suspende ses pages. Pour faire bonne mesure, Facebook avait aussi mis sur sa liste noire des groupes rebelles qui, selon le réseau, appelaient à la violence.

Là comme aux États-Unis, Facebook avait tardé à mesurer l'ampleur de la désinformation et à réagir pour supprimer les sites incriminés ce qui lui a valu de nombreuses récriminations d'élus comme de groupes de défense des droits humains.

Le premier réseau social du monde fondé par Mark Zuckerberg a depuis investi beaucoup d'argent dans l'intelligence artificielle et des humains pour éviter que ces problèmes ne se reproduisent avec plus pou moins de succès face au torrent d'informations que font circuler les quelques deux milliards et demi d'usagers réguliers de Facebook.

Les usagers eux mêmes peuvent maintenant signaler plus facilement des contenus qu'ils estiment être de la désinformation, même si on reproche encore très souvent aux réseaux de mettre trop de temps à bloquer ou supprimer un compte.

Instagram — le réseau social centré sur l'image et contrôlé par Facebook — a annoncé le 15 août qu'il serait possible d'ici la fin du mois de dénoncer la désinformation en quelques clics. Cela permettra de signaler une publication puis de choisir «désinformation» (false information) et ainsi attirer l'attention de fact-checkers indépendants pour qu'ils puissent la vérifier

Les publications sur Instagram qui auront été signalées ne seront pas effacées, si elles ne violent pas le règlement du réseau, mais elles n'apparaîtront pas en utilisant la fonction «explore» ou en faisant une recherche à l'aide d'un mot-dièse.

Monde

New York: cinq ans après, renvoi d'un policier accusé d'avoir asphyxié un Noir

NEW YORK — L'affaire avait catalysé le mouvement BlackLivesMatter dénonçant les violences policières contre les Noirs: cinq ans après, le chef de la police new-yorkaise a annoncé le renvoi du policier accusé d'avoir asphyxié un homme non armé qui résistait aux injonctions de la police.

Le chef James O'Neill a indiqué avoir décidé de suivre la recommandation d'une juge administrative, qui avait appelé au licenciement à l'issue d'un procès disciplinaire qui s'était terminé en juin.

«Je suis d'accord» avec cette recommandation, l'officier de police Daniel «Pantaleo ne peut plus servir de façon efficace comme policier à New York», a indiqué James O'Neill, tout en soulignant que la décision avait été «extrêmement difficile».

L'histoire, qui suscita de nombreuses manifestations et déchaîna les passions, remonte au 17 juillet 2014 : Eric Garner, 43 ans, père de six enfants, avait été violemment plaqué au sol par des policiers qui le soupçonnaient de vendre illégalement des cigarettes dans un quartier de Staten Island.

Obèse et asthmatique, M. Garner, qui refusait d'être interpellé mais n'était pas armé, avait perdu connaissance alors que cinq hommes s'employaient à le menotter, avant de décéder.

Les images de l'interpellation, filmées par un ami, avaient fait le tour du monde : on y entend Eric Garner répéter à maintes reprises, «Je ne peux pas respirer» («I can't breathe»).

Malgré les manifestations que la mort avait suscitées, le policier Daniel Pantaleo avait gardé son emploi, mais était cantonné à des tâches administratives. Il avait été récemment suspendu dans l'attente de la décision de M. O'Neill.

Pressions

Son licenciement semblait cependant la seule option depuis la recommandation de la juge début août.

De puissantes associations de défense des droits civiques, dont celle du célèbre révérend Al Sharpton, avaient appelé le chef de la police à s'y conformer.

Le sujet était aussi devenu très sensible pour le maire démocrate de New York, Bill de Blasio. Candidat à la présidentielle 2020, qui se positionne comme un grand défenseur des minorités et ne cesse de citer son bilan en matière de criminalité à New York parmi ses points forts.

Lundi, il a, comme la procureure noire de New York Letitia James et d'autres responsables démocrates, salué une décision «objective», espérant qu'elle «apporte la paix et le sentiment que la page peut être tournée à la famille Garner».

Emerald Garner, fille d'Eric Garner, a cependant prévenu qu'elle allait «continuer à se battre» pour une loi interdisant les techniques d'asphyxie que les policiers restent autorisés à pratiquer dans certains cas limités.

«Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'il n'y ait plus jamais d'Eric Garner», a-t-elle déclaré, Al Sharpton à ses côtés.

Colère des policiers

M. O'Neill, qui a servi quelque 30 ans comme policier avant d'être promu à la tête de la police new-yorkaise, a lui anticipé que sa décision déclencherait la colère parmi les policiers new-yorkais.

«Si j'étais encore policier aujourd'hui, je serai probablement furieux contre moi», a-t-il déclaré, faisant valoir que les policiers exerçaient «l'un des métiers les plus difficiles au monde» et devaient prendre des décisions difficiles «en un instant».

Mais «c'est ma responsabilité de protéger la ville comme les policiers new-yorkais», s'est-il justifié.

Un syndicat de policiers, the Police Benevolent Association, l'a immédiatement accusé d'avoir, par cette décision, «privilégié la politique et ses propres intérêts plutôt que ceux des policiers qu'il prétend diriger».

Explications «mensongères»

Dans un avis de 46 pages, dont des extraits ont été publiés par les médias américains dimanche, la juge qui a présidé au procès administratif avait estimé que le policier Daniel Pantaleo avait fourni, lors d'une enquête interne sur les circonstances de la mort d'Eric Garner, des explications «non plausibles et mensongères».

Elle avait aussi jugé «non fiables» les témoignages des autres policiers interrogés sur cet incident.

Si le mouvement BlackLivesMatter est moins fort aujourd'hui, les polémiques sur les violences policières contre des Noirs reviennent régulièrement.

En janvier 2019, un policier blanc de Chicago, reconnu coupable du meurtre, quatre ans plus tôt, d'un adolescent sur lequel il avait tiré 16 fois, a été condamné à près de sept ans de prison.

La condamnation, relativement clémente, a choqué une partie de la ville, et le maire démocrate Rahm Emanuel a décidé de ne pas se représenter, après avoir été critiqué pour avoir tardé à diffuser la vidéo de la fusillade.

Monde

La course aux missiles reprend

WASHINGTON — Moins d'un mois après la mort du traité de désarmement INF, la course aux missiles a déjà repris: les États-Unis ont annoncé lundi avoir réalisé avec succès leur premier test de missile de portée intermédiaire depuis la Guerre froide.

Le test, réussi, a été effectué dimanche depuis l'île de San Nicolas, au large de la Californie, à 14h30 locales (17h30, heure du Québec), a précisé le Pentagone dans un communiqué.

«Le missile testé a quitté sa rampe de lancement terrestre et touché avec précision sa cible après plus de 500 km de vol», a précisé le ministère américain de la Défense dans un communiqué.

«Les données recueillies et les leçons tirées de ce test donneront au ministère de la Défense les informations nécessaires au développement de nouvelles armes de moyenne portée», conclut le Pentagone dans ce très bref communiqué.

Le missile testé est «une variante d'un missile de croisière d'attaque sol-sol Tomahawk», a précisé un porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Robert Carver. Le test a été mené par l'US Navy, en coopération avec le bureau des capacités stratégiques du Pentagone, a-t-il précisé.

Des images publiées par l'armée américaine montrent le missile tiré à proximité du rivage, depuis un système de lancement vertical Mark 41.

Les États-Unis déploient depuis longtemps des missiles de croisière de moyenne portée embarqués, et ils sont généralement tirés depuis des systèmes Mark 41. Ce qui est nouveau avec ce test, c'est que le système de lancement était installé au sol.

Selon le responsable militaire, qui a requis l'anonymat, le lanceur est d'un type différent de celui qui équipe le système antimissile AEGIS déployé en Roumanie et en cours de déploiement en Pologne, que la Russie accusait depuis des années de violer le traité INF.

Le missile testé dimanche est conventionnel, mais tout missile peut, par la suite, être équipé de tête nucléaire.

Recherches lancées en 2017

Les États-Unis ont quitté le 2 août le traité de désarmement INF qui abolissait les tests et l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5500 km.

Le jour-même, le ministre de la Défense Mark Esper annonçait que les États-Unis allaient désormais accélérer le développement de nouveaux missiles sol-air, en réponse au missile russe 9M729 qui selon les Occidentaux viole le traité INF, ce que Moscou dément, insistant sur le fait que son nouveau missile a une portée maximale de «480 km».

«Maintenant que nous nous sommes retirés, le ministère de la Défense va poursuivre pleinement le développement de ces missiles sol-air conventionnels dans une réponse prudente aux actions de la Russie», expliquait M. Esper.

Il avait précisé que les Américains avaient commencé en 2017 des recherches sur ces systèmes de missiles, tout en restant dans les limites du traité INF sur les Forces nucléaires intermédiaires.

Mais pour le député russe Iouri Chvytkine, vice-président de la Commission de la défense de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, «les essais de ce missile confirment une fois de plus que les USA violaient l'accord INF».

«Ils préparaient à l'avance d'en sortir unilatéralement», a précisé à l'agence russe Ria-Novosti cet élu de la chambre basse du Parlement russe.

Le traité INF avait permis dans les années 1980 l'élimination des missiles russes SS20 et américains Pershing, au coeur de la crise des euromissiles.

En visite en France, le président russe Vladimir Poutine a évoqué le sujet lors d'une conférence de presse commune avec le président français Emmanuel Macron, rendant Washington responsable de la mort du traité.

«Ce n'est pas la Russie qui s'est retirée de manière unilatérale du traité», a-t-il dit. «Maintenant il y a la question de reconduire le traité START III. Pour l'instant nous ne voyons pas non plus d'initiative de la part de nos partenaires américains bien que nos propositions soient déjà sur la table.»

Le dernier volet du traité START, qui maintient les arsenaux nucléaires des deux pays bien en-deçà du niveau de la Guerre froide, arrive à échéance en 2021.

M. Poutine a assuré que Moscou ne déploierait pas d'armes nucléaires de portée moyenne et de plus petite portée «tant que les systèmes américains ne seront pas déployés».

Monde

Epstein aurait pu être arrêté il y a plus de 20 ans, soutient une femme

SANTA MONICA — Il y a plus de 20 ans, en 1997, une femme déposait en Californie l'une des plus anciennes plaintes pour crimes sexuels portées contre Jeffrey Epstein : elle soutenait à l'époque que l'influent financier l'avait touchée de façon inappropriée pendant ce qui devait être une entrevue de mannequin pour le catalogue «Victoria's Secret».

Alicia Arden soutient qu'elle n'a jamais eu de nouvelles des enquêteurs par la suite — et aucune accusation n'a jamais été portée non plus dans cette affaire. Aujourd'hui, elle estime que cela aurait pu empêcher Jeffrey Epstein d'agresser sexuellement des dizaines d'adolescentes et de jeunes femmes par la suite.

Un épais mystère plane toujours sur la vie des «amis» riches et célèbres qui ont gravité autour de Jeffrey Epstein, mais aussi sur ses contacts précoces avec la justice. Lorsque la plainte déposée par Mme Arden en 1997 auprès de la police de Santa Monica a été révélée pour la première fois il y a plusieurs années, le service policier en a peu parlé et les avocats de M. Epstein ont seulement plaidé que la police avait écarté les allégations.

En réponse aux requêtes de l'Associated Press et à une demande d'accès à l'information, la police de Santa Monica a accepté la semaine dernière de résumer certaines parties des notes de l'enquêteur au dossier. Ce policier masculin a notamment écrit que Mme Arden ne voulait pas porter plainte contre M. Epstein : elle voulait seulement le mettre en garde sur son comportement — une affirmation qu'elle nie catégoriquement. Dans une déclaration ultérieure, la porte-parole de la police, la lieutenante Candice Cobarrubias, a refusé de fournir une preuve documentaire de cette affirmation.

Jointe cette semaine par l'AP, Mme Arden est catégorique: elle n'a en aucune manière indiqué à la police qu'elle ne voulait pas porter plainte. Elle était d'ailleurs outrée d'apprendre que la police soutenait le contraire.

«Le fait de ne rien faire et de me discréditer de la sorte, c'est comme un coup de poignard au coeur», a déclaré Mme Arden.

Autour du globe, 20 août 2019

Monde

Arrestations à Moscou: passe d'armes Poutine-Macron sur les «gilets jaunes»

BORMES-LES-MIMOSAS — Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ont eu un échange virulent lundi quand le président russe a cité la crise des «gilets jaunes» pour justifier les arrestations massives d'opposants à Moscou.

Arrivé tout sourire au Fort de Brégançon, le président russe est passé à l'offensive à la fin d'une conférence de presse commune, en réponse à une question sur la répression des manifestations organisées depuis la mi-juillet dans la capitale russe, avec près de 3000 arrestations.

«Ce genre de situation ne se passe pas qu'en Russie. Je suis invité par le président français et je suis un peu mal à l'aise en évoquant ce sujet. Mais nous savons ce qui s'est passé pendant les manifestations des gilets jaunes, où — selon notre décompte — il y a eu onze personnes tuées et 2500 blessées, dont 2000 policiers. On ne veut pas du tout que des événements pareils se passent dans la capitale russe», a lancé M. Poutine.

Selon les autorités françaises, un seul mort a été recensé lors des manifestations de gilets jaunes : une femme de 80 ans tuée par une grenade lacrymogène alors qu'elle était sur son balcon. Dix autres personnes ont été tuées dans des accidents causés par des barrages routiers des manifestants.

Piqué au vif, Emmanuel Macron a répliqué sèchement à Vladimir Poutine que «partout dans nos pays il y a des manifestations qui se tiennent» mais «ce qui est important est que quand on a contracté souverainement des traités, on les respecte».

«La Russie comme la France ont contracté des accords internationaux qui font que nous avons décidé que la liberté d'expression, d'opinion, de manifestations, de se présenter librement à des élections soit respectée dans nos démocraties. C'est pourquoi la France s'est exprimée cet été pour qu'il en soit ainsi, y compris sur la situation à Moscou car beaucoup s'inquiètent», a-t-il ajouté.

«Il y a eu en France des situations qui ont donné lieu à des violences» avec des manifestants et des policiers gravement blessés. «Néanmoins la France a toujours respecté sa constitution et les droits du Conseil de l'Europe» a martelé le président français.

«La liberté de manifestation a été protégée, mais lorsque certains attentent à l'ordre public, il faut [le] protéger», a-t-il poursuivi.

«En France je le dis ici clairement, et c'est pour cela que comparaison ne vaut pas raison, ceux qui ont manifesté se sont présentés librement aux élections. Ceux qu'on appelle les gilets jaunes sont allés librement aux élections européennes et iront aux municipales», s'est-il félicité, jugeant que cela «réduit la conflictualité».

«On est un pays ou les gens peuvent s'exprimer, librement, manifester librement, exprimer leur opinion librement», c'est «la différence entre la liberté qui suppose de protéger l'ordre public et le non-respect de liberté», a-t-il conclu.

«C'est ce que nos faisons», a riposté à nouveau le président Poutine, soulignant que «deux fois en juillet et août des manifestations de masse ont été déclarées et autorisées». «C'est de cette manière que je voudrais que les choses se passent chez nous et dans d'autres pays», a-t-il conclu.

Monde

Le randonneur français Simon Gautier serait mort peu après sa chute

SAN GIOVANNI A PIRO — Le randonneur français Simon Gautier serait mort peu après sa chute dans un ravin du sud de l’Italie, selon une source au sein de la gendarmerie italienne, qui a procédé lundi à une première analyse de son corps.

«La mort a suivi de peu son appel (au secours, à 8h57). À 10h, il était probablement déjà mort», a souligné cette source à des journalistes. Le corps du randonneur présentait de graves blessures aux jambes, mais sa tête ne semblait pas avoir été touchée, a-t-on précisé de même source.

Le père de Simon, qui a participé aux recherches avec sa mère et d’autres proches du jeune homme, a reconnu le corps à l’hôpital de Sapri.

Des membres des secours alpins avaient veillé toute la nuit le corps retrouvé dimanche soir après neuf jours de recherche. Les délicates opérations pour le remonter ont duré toute la matinée.

Dans cette zone escarpée où les falaises plongent dans la mer, sur la commune de San Giovanni a Piro, à près de 200 km au sud de Naples, les secouristes ont placé le corps sur une civière et l’ont fait descendre en rappel jusqu’à une petite plage en contrebas.

De là, une vedette des garde-côtes l’a récupéré et emmené au port de Policastro Bussentino.

Sportif et organisé, Simon Gautier vivait depuis deux ans à Rome pour rédiger une thèse en histoire de l’art.

Il était parti le jeudi 8 août, avec de l’eau et des vivres, pour plusieurs jours de randonnée en solitaire le long de la côte, mais avait appelé à l’aide le lendemain matin en expliquant s’être cassé les deux jambes en tombant d’une falaise.

Malheureusement, il n’a pas pu dire où il se trouvait. «Au milieu de nulle part, sur la côte». Il n’a pas été possible de localiser son téléphone et il n’a pas répondu aux appels successifs des secours. «Il a probablement perdu connaissance et laissé tomber son téléphone», a souligné cette même source au sein de la gendarmerie.

«On pouvait faire plus»

C’est seulement après une forte mobilisation de ses proches et des appels dans les médias que des témoignages ont permis de restreindre la vaste zone de recherche et que des renforts expérimentés sont arrivés sur place.

«Il y a eu des erreurs du début à la fin, depuis le moment où la machine des secours s’est mise en marche», ont dénoncé des amis du jeune homme à des médias italiens. «On pouvait faire plus et surtout, les efforts qui ont été faits ces derniers jours auraient dû être faits dès le 9 août».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a pour sa part remercié dimanche soir les autorités italiennes «qui se sont mobilisées pour le retrouver», tout en exprimant sa «tristesse».

Samedi, la préfecture de Salerne avait assuré dans un communiqué que tout avait été fait dès l’appel à l’aide pour localiser le jeune homme puis tenter de le retrouver, dans une vaste zone escarpée qui s’étendait au départ sur 140 km2.

D’abord peu nombreux, les spécialistes (pompiers, secours alpins, équipes cynophiles) étaient une centaine à pied d’oeuvre dimanche, neuf jours après la disparition de Simon Gautier, avec un hélicoptère et des drones, ainsi que l’aide d’habitants des environs.

C’est finalement avec une paire de jumelles qu’un membre des secours alpins a repéré un sac en plastique blanc.

Dépêchée sur place, une équipe a découvert en contrebas le sac à dos du jeune homme, puis son corps sans vie.

«Comme vous pouvez l’imaginer, nous sommes tous épuisés, tant physiquement que psychologiquement», a réagi sur les réseaux sociaux une amie du jeune homme, à propos de la vingtaine de proches accourus pour arpenter les sentiers à sa recherche, pendant plusieurs jours sous un soleil de plomb.

Une cagnotte ouverte dimanche sur internet pour soutenir financièrement ceux d’entre eux à court de ressources a récolté plus de 8700 euros.

Monde

Merkel commémore la fin du Rideau de fer et plaide pour une Europe «à visage humain»

SOPRON — Trente ans après la chute du Rideau de fer, la chancelière allemande Angela Merkel a plaidé lundi pour une Europe «de solidarité et de liberté», à l’image des événements de 1989 qui ont conduit à la fin de la séparation entre l’est et l’ouest du continent.

À l’invitation du premier ministre Viktor Orban, Angela Merkel s’est rendue lundi en Hongrie, dans la ville frontalière de Sopron où, le 19 août 1989, plus de 600 Allemands de l’Est, en vacances en Hongrie, avaient profité de l’ouverture d’un poste-frontière avec l’Autriche, à l’occasion d’un «pique-nique paneuropéen», pour fuir à l’Ouest.

L’événement fut une brèche décisive dans le «Rideau de fer», cette séparation idéologique puis physique, établie en Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale entre la zone d’influence soviétique à l’Est et les pays de l’Ouest, symbolisée par le Mur de Berlin.

Ce pique-nique «est devenu un symbole international prouvant que le désir de liberté ne peut pas être repoussé», a estimé Mme Merkel lors d’un discours prononcé aux côtés de M. Orban, après un service religieux dans une église de la ville.

«Sopron montre ce qui fait de nous des Européens, a-t-elle ajouté: (le pique-nique) était un positionnement en faveur de la solidarité, de la liberté et de la paix, pour une Europe à visage humain».

Ce sont ces valeurs qui doivent continuer «d’unir l’Europe», a soutenu la chancelière, appelant à «combattre les causes de la fuite et des persécutions» qui poussent les réfugiés issus de «zones de guerre et de crise» à l’exil, vers l’Europe notamment.

La politique européenne d’asile a suscité ces dernières années de vives crispations incarnées par les postures divergentes d’Angela Merkel et Viktor Orban au pic de la vague de réfugiés de 2015.

Alors que la chancelière conservatrice avait d’abord plaidé pour une politique généreuse envers les réfugiés fuyant la guerre, le premier ministre souverainiste hongrois y a opposé un refus catégorique de l’immigration au nom de la défense de valeurs chrétiennes.

Libérés du «joug soviétique»

Vétérans de la politique européenne — Angela Merkel est au pouvoir depuis 2005, Viktor Orban depuis 2010 — les deux dirigeants se sont rencontrés pour la dernière fois en juillet 2018, à l’occasion d’un déplacement de Viktor Orban à Berlin.

Angela Merkel avait profité de l’occasion pour rappeler son homologue au devoir «d’humanité», alors que la Hongrie a été épinglée à de nombreuses reprises pour son traitement des demandeurs d’asile retenus à ses frontières.

Depuis 2015, plus de 200 kilomètres de clôtures érigées par le gouvernement de Viktor Orban contre les migrants ferment les frontières sud de la Hongrie avec la Serbie et la Croatie. Angela Merkel a toujours rejeté cette «politique des barbelés» au coeur de l’UE.

Chacun à sa façon, la chancelière et le premier ministre ont été profondément marqués par les événements de 1989 qui menèrent à la chute du Mur, le 9 novembre.

«L’ouverture du Rideau de fer en Hongrie a ouvert la route vers la réunification allemande», a rappelé Viktor Orban lundi.

«Nous savions que notre libération du joug soviétique ne serait définitive qu’avec une Allemagne unie», a-t-il ajouté.

Fille d’un pasteur parti vivre avec toute sa famille volontairement dans l’Allemagne de l’Est communiste et athée pour prêcher l’Évangile, Angela Merkel, âgée de 65 ans, s’affiche comme une responsable qui ne cède rien sur les valeurs de liberté, de justice et d’État de droit.

Aux yeux de Viktor Orban, âgé de 56 ans et qui a débuté dans l’arène politique comme dissident libéral en 1989, la chute du communisme a d’abord marqué pour la Hongrie et les pays de l’Est la reconquête de leur souveraineté, une notion sur laquelle il s’est montré de plus en plus intransigeant au fil des ans, jusqu’à être accusé de dérives antidémocratiques dans son exercice du pouvoir.

Au-delà de leurs divergences politiques, les deux gouvernements ont des intérêts économiques étroitement liés, l’Allemagne étant le principal partenaire économique de la Hongrie du fait notamment de la forte implantation de ses constructeurs automobiles dans le pays.

Monde

«Drame environnemental» à Grande Canarie, ravagée par un incendie

MONTAñA ALTA — Des centaines de pompiers restaient mobilisés dans la nuit de lundi à mardi sur l'île touristique de Grande Canarie, pour lutter contre «l'incendie le plus important» survenu cette année en Espagne, selon le gouvernement.

Le président des Canaries, Angel Victor Torres, l'a qualifié de «drame environnemental» car il touche des espaces naturels protégés de l'île située dans l'Atlantique, au large du Maroc.

«Il s'agit d'un grand incendie de forêt, extrêmement sérieux, qui est arrivé avec une vague de chaleur» et n'est toujours pas contrôlé, a dit vers 23h30 locales (17h, heure du Québec) M. Torres, lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision.

Le périmètre de ce feu de forêt, qui s'était déclaré samedi dans le centre montagneux de l'île située au large du Maroc, «augmente» et «on estime que 10 000 hectares sont affectés», ont déploré les services d'urgence régionaux sur leur compte Twitter.

Plus de 9000 personnes ont déjà été évacuées de leur logement, mais aucun blessé n'a été déploré.

«Nous allons vaincre cet incendie et ce que nous voulons, c'est que quand il s'achèvera, nous n'ayons pas à déplorer des victimes», a dit M. Torres.

«Il s'agit probablement de l'incendie le plus important que nous ayons eu en Espagne depuis le début de l'année», a commenté à son côté le ministre de l'Agriculture, Luis Planas.

Un millier de pompiers et agents ont été mobilisés sur le terrain lundi, ainsi que 14 moyens aériens.

Les avions ont déversé tout au long de la journée «un million de litres d'eau», selon les services d'urgence.

Deux autres hélicoptères bombardiers d'eau doivent arriver sur place mardi, a confirmé le ministre de l'Agriculture.

Les températures élevées, le vent et les pluies de cendres pouvant causer de nouveaux départs de feu rendent cet incendie particulièrement difficile à combattre.

Son front principal se trouve dans le parc naturel de Tamadaba, une forêt de pins parmi les territoires les plus sauvages de Grande Canarie.

«C'est le principal poumon vert de l'île, [...] le joyau environnemental de Grande Canarie», a également estimé Lourdes Hernandez, une spécialiste des incendies de forêt de l'organisation de protection de l'environnement WWF, interrogée par l'AFP.

«Ce n'est pas un incendie comme il y en avait ces dernières années», souligne-t-elle, mettant en exergue «la virulence du feu, la vitesse à laquelle les flammes se propagent et l'intensité des fronts».

Tourisme pas affecté

L'intérieur de Grande Canarie, aux paysages et micro-climats très divers, est prisé des randonneurs, bien que le gros des touristes fréquente plutôt les plages de l'île, la deuxième plus fréquentée de l'archipel des Canaries.

Les Canaries ont accueilli l'an dernier 13,7 millions de touristes, en particulier britanniques et allemands, et le tourisme représentait en 2017 35% du PIB et 40% des emplois de l'archipel, selon l'organisation patronale Exceltur.

Le gouvernement régional a d'ailleurs tenu à souligner dans un communiqué que le tourisme n'était pas affecté par l'incendie car «aucun complexe touristique n'en ressent les effets».

Reste que les incendies de cette ampleur vont se multiplier, conséquence du réchauffement climatique, a rappelé M. Planas.

La semaine dernière, une vague d'incendies a touché la Grèce, obligeant d'autres pays dont l'Espagne à envoyer des renforts pour les combattre. Fin juillet, c'est le Portugal qui a vu ses forêts brûler.

Cet incendie est le troisième en dix jours à avoir touché l'île de Grande Canarie. Les pompiers n'étaient pas parvenus à éteindre complètement le plus important des deux, qui a parcouru 1500 hectares, lorsque le nouvel incendie s'est déclaré.