Une dizaine de chauffeurs de taxi ont profité de la tenue d'un colloque régional organisé par le Parti libéral afin de manifester leur mécontentement au gouvernement.

«Mon permis ne vaut plus rien»

Près d'une dizaine de chauffeurs de taxi sont venus exprimer leur mécontentement au premier ministre Philippe Couillard ainsi qu'à d'autres ministres libéraux samedi, en marge d'un colloque régional organisé par le Parti libéral. Ils critiquent l'attitude du gouvernement dans le déroulement du projet pilote Uber. 
Plusieurs chauffeurs ont dénoncé la chute de la valeur du permis de taxi depuis que la multinationale Uber a percé le marché québécois. En octobre dernier, le gouvernement libéral a mis sur pied un projet pilote qui permet à Uber de transporter des passagers en toute légalité dans quelques villes de la province. 
Ahmed, un chauffeur qui sillonne les rues de la capitale depuis plusieurs années, possède trois taxis. «J'arrive à l'âge de la retraite, je veux prendre ma retraite et mon permis ne vaut plus rien. J'aurais aimé poser la question à M. Couillard : qu'est-ce que vous allez faire avec moi?» a-t-il demandé. Il affirme qu'il y a à peine six mois, ses permis de taxi valaient environ 200 000 $ chacun. Aujourd'hui, ils sont à vendre, mais personne n'est preneur. 
Un autre chauffeur, Jean-Marie Tremblay, déclare qu'il fera faillite, maintenant que la banque a refusé de lui prêter plus d'argent. «Il a fallu que je fasse des cartes de crédit et tout pour pouvoir payer mon permis qui ne vaut rien.» En plus des coûts du permis de taxis élevés, les chauffeurs de taxi critiquent qu'ils doivent assumer seuls les frais d'immatriculation et d'assurance de leur véhicule. 
Expérimentation
Interpellé par un petit nombre de chauffeurs, le ministre libéral François Blais a voulu se faire rassurant. 
«Je pense que ce que la population nous a demandé, c'est d'essayer de trouver un équilibre. J'espère que cet équilibre-là, on va le trouver. En ce moment, on fait une expérimentation, c'est ce qu'on voulait. On va apprendre ensemble de cette expérimentation-là. On le fait progressivement et il n'y a aucune porte qui est fermée, j'en suis convaincu», a-t-il répondu aux manifestants.