Et pendant cette déferlante, il a fallu gérer les travaux de rénovation d’envergure de la nouvelle maison sise au 2909, avenue Kepler dans le parc industriel Colbert.
Et pendant cette déferlante, il a fallu gérer les travaux de rénovation d’envergure de la nouvelle maison sise au 2909, avenue Kepler dans le parc industriel Colbert.

Moisson Québec aura sa nouvelle maison de 8 M$

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Ça aura été un peu plus long, un peu plus compliqué, que souhaité. Mais Moisson Québec emménagera finalement, d’ici la fin novembre, dans une nouvelle maison. Un projet d’envergure pour l’organisme de charité : 8 millions $.

Pour mettre en perspective : Moisson Québec a déclaré des revenus d’environ 2,2 à 2,3 millions $ au cours des deux dernières années, selon les rapports d’activités. Des revenus qui proviennent en majorité de dons.

«C’est un gros projet», convient Élaine Côté, directrice générale, au cours d’un entretien téléphonique. «Ça donne le vertige en période de COVID.»

Un mois habituel, Moisson Québec aide autour de 35 000 personnes en leur offrant des aliments. «Au printemps, avec la COVID-19, on a monté à 70 000 personnes !»

Et pendant cette déferlante, il a fallu gérer les travaux de rénovation d’envergure de la nouvelle maison sise au 2909, avenue Kepler dans le parc industriel Colbert. 

«On a acheté ça en novembre dernier», note Mme Côté. Moisson Québec évaluait alors qu’il lui faudrait un an pour tout retaper et y déménager ses activités actuellement dispersées dans trois entrepôts loués. Mais le coronavirus a ralenti les ardeurs du secteur de la construction : «Il y a eu quelques délais.» Les ouvriers sont arrivés en juin.

Sauf que les baux de location n’ont pas été renouvelés… ««Il FAUT qu’on soit là en novembre 2020.»

Les mois à venir s’annoncent donc chargés pour la troupe d’Élaine Côté. «Cet automne, on parle de 3 déménagements en période de COVID avec la finalisation de la campagne de financement.»

Quelle campagne de financement ? Celle pour payer le 8 millions $.

Vous n’en aviez peut-être pas entendu parler. C’est normal. Car Moisson Québec ne voulait pas user des dons des citoyens pour éponger les factures de béton et d’acier. Il s’est donc tourné vers le milieu des affaires et les institutions. L’objectif de 4 à 5 millions $ n’est toutefois pas atteint. «On poursuit.»

Le reste du budget viendra d’un prêt hypothécaire. Prêt qui sera grandement diminué par la contribution de l’ancien propriétaire des lieux. Yvon Maheux, président des immeubles Y. Maheux, a vendu sa bâtisse au prix du marché; mais il a ensuite fait un don de 1,5 million $ à Moisson Québec. Un jeu comptable et fiscal qui aura permis à Moisson Québec de réaliser son projet, autrement trop dispendieux.

«Pas les moyens»

Car l’équipe d’Élaine Côté avait cherché ailleurs, sans succès. «Ça fait quelques années que c’est dans nos cartons. Ça fait depuis 2017 qu’on cherche à relocaliser notre entrepôt.» Acquérir un terrain ou un bâtiment au plein prix n’était cependant pas à sa portée, fait-elle valoir. «On a vite mis ça de côté parce qu’on n’avait pas les moyens.»

Pour tout l’est

Le débours demeure considérable, mais il y aura des gains importants, insiste Mme Côté. D’abord avec la centralisation des activités dans un seul lieu. Aussi parce qu’il y aura plus de place pour entreposer des denrées.

Les équipements seront en outre mieux adaptés au tri et à la conservation des dons des épiceries, plus variés mais plus fragiles que les dons d’aliments non périssables des grossistes.

Il y a plus, se félicite Élaine Côté. Maintenant à son aise, Moisson Québec pourra également aider les organismes de soutien alimentaire de l’est du Québec également. Ceux-ci ne pouvaient pas toujours recevoir leur part quand de grands dons étaient reçus à Montréal, par exemple. À l’avenir, cette part arrivera à l’entrepôt de la capitale dans les camions de Moisson Québec avant de repartir. Cela pour diminuer les coûts de transport pour les groupes de l’est.

Moisson-Québec ne distribue pas les aliments directement à la population. Elle les offre à des groupes communautaires qui aident leur clientèle. Son territoire : la région de Québec jusqu’à Stoneham, Portneuf, la Côte-de-Beaupré. Aussi la région de Lévis.

Au fait, malgré le branle-bas du chantier immobilier des prochaines semaines, Moisson Québec poursuivra sa mission première, tient à souligner Élaine Côté. «Je veux juste rassurer la population et tout notre réseau : cet automne on continue nos activités. On sait que les besoins seront importants.»