La programmation cherche donc à faire connaître l’histoire de la présence des noirs au Québec, à favoriser les échanges entre les groupes de différentes origines.

Mois de l’histoire des noirs de Québec: unis contre la haine

Le Mois de l’histoire des noirs, version ville de Québec, revient pour une deuxième année : conférences, activités sociales et éducatives s’étaleront du 1er au 28 février.

Le thème de la mouture 2018 — «S’unir pour bâtir ensemble» — a été choisi en opposition à la montée d’un certain populisme d’extrême droite décomplexé : «En réponse au discours haineux et divisif qui pullule aujourd’hui, y compris dans notre belle ville, la Table de concertation du Mois de l’histoire des noirs de Québec appelle à l’unité», lance un des organisateurs, Maxime-Kalifa Sanou. «En se donnant la main, nous serons plus forts pour bâtir ensemble notre société.»

La programmation cherche donc à faire connaître l’histoire de la présence des noirs au Québec, à favoriser les échanges entre les groupes de différentes origines. Mais, aussi, à amener la communauté noire elle-même à se questionner, à réfléchir notamment sur la discrimination envers les femmes et les LGBTQ en son sein.

Porte-étendard de l’événement, le boxeur professionnel de Québec Éric Martel-Bahoéli souligne que «l’ignorance, des fois, ça amène à avoir des préjugés non fondés». Il se réjouit donc que la programmation fasse une large place aux conférences permettant de raconter la présence noire en occident, au Québec.

Il est d’ailleurs amateur des luttes d’émancipation, portant sur sa peau les représentations de personnages forts qui ont façonné l’histoire des noirs, dont Rosa Parks, Martin Luther King et Malcom X. Né de la rencontre d’un Ivoirien venu étudier à l’université et d’une mère Québécoise, il constate que l’acceptation des minorités visibles a fait un bond important, dont à Québec. «Quand j’étais plus jeune, on était plus minoritaires. Aujourd’hui, il y en a de plus en plus. […] Ça devient de plus en plus multiculturel, c’est ce que je trouve beau de la ville.»

Au fait, Martel-Bahoéli offrira lui-même une conférence sur les grands boxeurs noirs le 10 février en compagnie de DJ Roody Rock.

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Loi de l’Assemblée nationale

L’universitaire Charles Moumouni tient quant à lui à souligner que l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, en 2006, la Loi proclamant le mois de l’histoire des noirs. «Le Québec a voulu souligner le rôle que les personnes des communautés noires ont joué dans l’histoire de ce pays, dans l’histoire de cette province. Cette histoire est méconnue, est inconnue et parfois, même, déniée. Pourtant, les noirs étaient là, ils étaient présents aux premières heures de la fondation de la Nouvelle-France.»

Il espère que les citoyens de la capitale, noirs ou non, participeront aux activités au programme pour en apprendre plus à ce sujet, pour contrer le discours de «haine», de «mépris». «C’est un discours qui se développe en marge du Québec. Ce n’est pas un discours qui ressemble au Québec. Ce n’est pas le Québec que j’ai connu, ce n’est pas le Québec que j’ai vécu.»

La programmation affiche de nombreuses activités. Du nombre : le 5@7 d’ouverture au Palais Montcalm le 1er février ; des conférences de Webster à l’Université Laval ainsi que dans les cégeps de la région les 12, 13 et 15 février ; une coupe interculturelle de soccer ; une soirée de littérature et musique ; un concert «pédagogique» The Gospel History. La plupart sont gratuites.