Sur les 500 salariés, un peu plus de 40 sont encore employés au Château Frontenac.
Sur les 500 salariés, un peu plus de 40 sont encore employés au Château Frontenac.

Mises à pied prolongées pour les employés du Château Frontenac

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Des employés du Château Frontenac, qui avaient été mis à pied en mars dernier en raison de la pandémie, ont reçu récemment un avis de licenciement collectif. Pour 90 % des 500 membres du syndicat démocratique des salariés du Château Frontenac, ce document précise que leur employeur ne sera pas en mesure de les réembaucher d’ici les six prochains mois.

Derrière «l’industrie du tourisme» se trouvent hommes et femmes qui, malgré l’amorce d’un déconfinement, ne seront pas en mesure de travailler dans le domaine qui les passionne. Pour les employés du Château Frontenac, le rideau vient de tomber : leur employeur ne sera pas en mesure de rappeler tout le monde au travail pour l’été.

Sur les 500 salariés, un peu plus de 40 sont encore employés au Château Frontenac. «Le Château a été en mesure de garder quelques salariés pour la cuisine, pour l’entretien de la bâtisse ou encore pour assurer la sécurité, mais la procédure de licenciement touche 90 % de mes membres. Ce sont tous les corps de métier qui sont concernés», explique Vincent Caron, président du syndicat démocratique des salariés du Château Frontenac. 

«Je comprends que ce document puisse inquiéter des gens. Toute cette situation fait peur. Il y a comme un vent de panique, mais l’avis de licenciement collectif est une procédure administrative obligatoire légalement pour l’employeur», précise M. Caron qui assure que la préservation du lien d’emploi, tel qu’il est inscrit dans la convention collective, est toujours de mise. Les employés syndiqués du Château Frontenac garderont donc un lien avec leur employeur pour une durée maximale de deux ans, période qui a débuté le 15 mars dernier, lors de la réception du premier avis de mise à pied des employés. 

Dans un courriel qu’il a fait parvenir au Soleil, Maxime Aubin, directeur adjoint du marketing et des communications pour le Château Frontenac, explique que le Château espère pouvoir réembaucher le plus rapidement possible bon nombre de ses employés. «Nous espérons sincèrement rappeler toutes les personnes licenciées le plus rapidement possible. Nous souhaitons pouvoir accueillir, dès cet été, un plus grand nombre de voyageurs afin de donner du travail au plus grand nombre d’employés possible. C’est pourquoi des campagnes de promotions seront lancées au cours des prochains jours et que le groupe Accor, dont Fairmont Le Château Frontenac fait partie, met en place des mesures [sanitaires] parmi les plus rigoureuses de l’industrie hôtelière pour pouvoir accueillir de façon sécuritaire nos clients», souligne M. Aubin.

Une aide gouvernementale qui tarde à arriver

M. Caron assure être actuellement en discussion avec la direction du Château pour permettre aux salariés de ne pas perdre les acquis qu’ils ont gagnés tout au long de leur carrière. Le président du syndicat déplore que le gouvernement ne vienne pas davantage en aide à l’industrie touristique. «Nous sommes en discussion avec le Château Frontenac pour qu’il accepte de s’inscrire au programme de subvention pour la prestation salariale, mais c’est complexe. On nous dit que les démarches sont compliquées. À trop vouloir éviter les pénalités et les fraudeurs, le programme décourage certaines entreprises», fait valoir M. Caron qui souhaite voir ses membres de retour au travail le plus rapidement possible.

Ce que demande le syndicat des salariés du Château Frontenac, c’est que les différents paliers gouvernementaux aident l’industrie du tourisme à redémarrer en injectant de l’argent, mais aussi en permettant un déconfinement plus souple.

«Je ne sais pas ce qu’ils ont les salariés du Château, mais ce sont des gens engagés qui tiennent au service à la clientèle. Ils ne veulent pas changer de secteur d’activité! Le domaine qui les passionne, c’est le public», conclut M. Caron. 

Pour les curieux qui auraient envie de «faire les touristes» dans leur propre ville, sachez que le Château Frontenac reste fermé au public pour une durée indéterminée et n’est accessible que pour les clients de l’hôtel. Les citoyens de Québec devront également attendre «l’après-COVID» pour profiter des autres services du Château tels que le bar 1608, le restaurant Place Dufferin ou le Moment Spa.