Vincent Duguay et Benoit Duguay.

Mise en demeure sur la saisie de cellulaire: plusieurs appuis pour Vincent Duguay

Si plusieurs adultes ont vertement critiqué la démarche de Vincent Duguay, ce dernier a reçu l’appui de bon nombre d’élèves de différentes écoles secondaires. L’adolescent, rappelons-le, a mis en demeure la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, jugeant la saisie de cellulaire pendant 24 heures comme étant une punition trop abusive et surtout inconstitutionnelle.

Mais des polyvalentes de la région vont encore plus loin dans leurs sanctions, ont dénoncé des élèves. En effet, à la polyvalente de Jonquière, le code de vie interdit l’utilisation, mais également le port du cellulaire dans les classes et sur les étages de l’école. 

À la première offense, l’enseignant saisit le téléphone non pas 24 heures, mais pendant trois jours. À un second manquement, le cellulaire sera confisqué sur une période de cinq jours ouvrables et c’est le parent qui doit venir le récupérer en main propre, peut-on lire dans le code de vie publié sur le site de la polyvalente. Si l’élève se fait prendre une troisième fois, le cellulaire est saisi pour une période indéterminée. 

«Plusieurs élèves de mon école (école secondaire Charles-Gravel, de Chicoutimi-Nord) m’ont félicité pour ma démarche et d’autres m’ont fait part de leurs sanctions encore plus sévères. Certains m’ont même demandé une copie de ma mise en demeure. Je le fais d’ailleurs pour les autres, car je n’ai pas utilisé mon cellulaire dans mes cours et je suis contre son utilisation. C’est un fléau d’ailleurs. Mais à mon avis, les sanctions doivent être adaptées à la réalité d’aujourd’hui et le saisir sur une aussi longue période, c’est trop. Seulement d’obliger les jeunes à mettre leur cellulaire dans des boîtes à l’entrée des classes viendrait régler ce problème. Mais cette façon de faire n’est pas incluse dans le code de vie. C’est à la discrétion des enseignants», donne en exemple Vincent Duguay, estimant que d’autres sanctions peuvent être mises en place plutôt que de saisir l’appareil au-delà des heures de classe.

Au moment d’écrire ces lignes, ce dernier n’avait toujours pas reçu de réponse de la part de la direction concernant sa mise en demeure. 

Commentaires haineux

À 15 ans, l’adolescent a goûté à un jeune âge aux aléas de la vie publique. Vincent Duguay a lu les centaines de commentaires à son sujet, dont plusieurs étaient disgracieux. 

«Je ne peux pas convaincre tout le monde. Et je comprends en même temps la réticence des gens. C’est un sujet qui suscite les réactions, car ça concerne l’autorité, les nouvelles technologies. Mais quand je lis que je suis un ‘‘enfant roi’’ ou que des ‘‘coups de pied se perdent’’, je ne réponds pas. D’autres m’ont dit de consacrer mon temps à d’autres causes. Ces gens ne savent justement pas sur quelle autre cause je mets du temps», pointe l’adolescent. 

En effet, cette mise en demeure n’est pas la première de Vincent Duguay. À l’automne dernier, après avoir été traité différemment que les clients adultes dans le Dollarama du secteur de Chicoutimi-Nord, l’adolescent a fait parvenir une mise en demeure à la compagnie. Les jeunes étaient surveillés et ils ne pouvaient pas magasiner plus que deux personnes à la fois. Ils devaient faire la file à l’entrée du commerce. Quelques semaines après cette mise en demeure, des jeunes ont dénoncé cette même situation dans une succursale de Jonquière, faisant ainsi les manchettes. 

Vincent Duguay, qui représente également deux autres jeunes dans cette affaire, est en discussion avec Dollarama pour une entente à l’amiable. 

Son père, Benoît Duguay, s’attendait à de vives réactions sur les réseaux sociaux sur sa démarche concernant la saisie de cellulaire. Il avait d’ailleurs prévenu son fils. 

«On l’avait averti que ça allait susciter des réactions. C’est un sujet polarisé. Mais il fait ces démarches parce que c’est un jeune qui n’aime pas les injustices. Et il a vu des élèves qui ont été brimés à la suite de la saisie de leur cellulaire. Il ne veut pas enlever les sanctions, il souhaite qu’elles soient différentes», insiste M. Duguay, entrepreneur forestier et chargé de cours à l’Université du Québec à Chicoutimi.