L’assemblée citoyenne de mercredi soir en prévision du G7 n’a pas suffi à apaiser les inquiétudes des commerçants du centre-ville.

Mieux vaut contacter son assureur... avant le G7

Les résidents et les commerçants du centre-ville qui craignent les dommages collatéraux des manifestations attendues lors du G7 ont tout intérêt à vérifier les détails de leur police d’assurance... avant la tenue du sommet.

Le programme d’indemnisation du gouvernement fédéral pour le sommet du G7 ne rembourse pas ce qui est normalement couvert par une police d’assurance. Tout acte de vandalisme est donc exclu du programme et chaque réclamation devra se faire auprès de son assureur. Ce qui implique que tout sera évalué au cas par cas. 

À l’image des représentants du Bureau de gestion des sommets d’Affaires mondiales Canada ou du Groupe intégré de sécurité du G7, le Bureau d’assurance du Canada (BAC) refuse de s’avancer sur les possibilités d’indemnisation. 

La raison? On ne sait pas ce qui va se passer. «C’est seulement quand on détermine la cause du dommage qu’on est en mesure de déterminer s’il y a couverture», a expliqué jeudi Anne Morin, responsable des affaires publiques du BAC, une association privée qui n’a rien à voir avec le gouvernement fédéral et qui représente la plupart des assureurs de dommages au pays.

Des précédents

La bonne nouvelle est qu’il y a des précédents en matière de manifestations et d’émeutes au Canada. «D’emblée, si on se fie à des évènements passés [manifestations étudiantes de 2012, le G20 à Toronto en 2010, les émeutes à Vancouver après l’élimination des Canucks en 2011], très souvent on était dans des situations où les dommages observés étaient associés à du vandalisme. On peut penser qu’il va y avoir une couverture assez étendue», a exposé Mme Morin. 

«On peut penser», mais on ne peut pas garantir. «On est assez prudent dans l’interprétation qu’on pourrait faire [des événements]. On peut penser qu’effectivement, s’il y a des manifestations pacifiques mais que des black blocs [s’infiltrent et font des dommages], on pourrait associer ça au vandalisme», a-t-elle dit, avant d’ajouter qu’on ne pouvait «présumer de rien». «On ne veut pas créer d’attentes.»

L’assurance pour les véhicules est déjà plus simple. Si le propriétaire possède la couverture chapitre B, donc contre le feu, le vol ou le vandalisme, bref tout ce qui n’est pas une collision, il sera indemnisé par sa police d’assurance. 

Mais «quand on tombe dans l’assurance-habitation, l’assurance-entreprise, on a du mot à mot qui définit les choses de façon beaucoup plus précise» dans chaque contrat, a indiqué la représentante du BAC. Un même dommage peut être interprété de différentes façons. Est-ce du dommage par le feu, par la fumée, du vandalisme? 

Pour éviter les mauvaises surprises, Mme Morin recommande aux citoyens, aux commerçants et aux organismes de vérifier les détails de leur protection. Le BAC peut aussi répondre à certaines interrogations (1-877-288-4321). 

Rencontre avec les commerçants

L’assemblée citoyenne de mercredi soir en prévision du G7 n’aura pas suffi à apaiser les inquiétudes des commerçants. Ces derniers auront droit à une nouvelle rencontre de l’organisation du sommet «prochainement», a-t-on indiqué au Soleil vendredi. La date de cette nouvelle assemblée n’a pas été annoncée.

Mercredi, des commerçants avaient l’impression de devoir jouer à la roulette russe, pris avec la décision de fermer et perdre des revenus, ou encore d’ouvrir avec la possibilité de faire des affaires d’or grâce aux nombreux visiteurs attendus ou d’être la cible d’émeutiers.