Mieux comprendre les enjeux de l’itinérance

Pour une 17e année, la Nuit des sans-abri permettra aux citoyens de la capitale d’en apprendre plus sur la vie dans la rue vendredi dès 16h à la place de l’Université-du-Québec dans Saint-Roch.

«Il faut se souvenir que c’est un événement pour la population en général. L’objectif : améliorer la compréhension des enjeux reliés à l’itinérance», explique Magali Parent, organisatrice communautaire au Regroupement pour l’aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ). «L’idée c’est d’avoir du plaisir, de se réunir, de partager, d’aller à la rencontre de l’autre, de changer un peu notre perception sur la différence.»

Sur place, les visiteurs retrouveront donc des kiosques d’information. Il y aura également de la distribution d’aliments et de vêtements. «Il y a même un spectacle de variétés amateur entre 19h30 et 23h. Par la suite, on allume des feux de camp et on poursuit une vigile de solidarité.»

Cet événement se tiendra dans la basse-ville, mais le RAIIQ avait choisi d’annoncer sa programmation à la place D’Youville, mercredi. Une façon de rappeler que les marginaux, les démunis, sont parfois chassés dans la capitale. Autrefois achalandés, les lieux sont aujourd’hui peu fréquentés par la faune urbaine.

«Il y a une grande richesse dans la diversité des personnes qui occupent les espaces publics», fait valoir Mme Parent. Elle craint qu’un nettoyage similaire ait lieu dans la basse-ville où les défis de cohabitation seront nombreux avec le déménagement de Lauberivière et l’implantation d’un site d’injection supervisé pour les utilisateurs de drogue.

Clientèle en croissance

D’autant plus que la clientèle des groupes d’aide serait en croissance. «Si on regarde les taux d’occupation, l’achalandage marqué et le débordement dans les refuges d’urgence de Québec, il faut se poser des questions», note Magali Parent. «Qu’est-ce qui fait qu’il y a autant de gens, et c’est en augmentation, qui ont besoin d’un endroit pour dormir et qui se retrouvent sans domicile fixe.»

«C’est un enjeu important […]. C’est une situation qui est alarmante déjà depuis plusieurs années. On a tenté d’ouvrir des places supplémentaires, et il y en a eu des places supplémentaires d’ouvertes. Mais rapidement, elles ont été toutes comblées. Il y a encore des refus par manque de place.»

Collectivement, il faudra rétablir un filet social qui retiendra les personnes qui trébuchent pour éviter qu’elles tombent dans la rue, évalue-t-elle. Et investir pour que ceux qui se relèvent ne retombent pas.

Lien vers l’événement Facebook : bit.ly/2NMEKur