À la suite de l’article paru dans <em>Le Soleil, </em>la copropriétaire de la microbrasserie L’Esprit de Clocher,<em> </em>Nathalie Simard a reçu plusieurs messages d’encouragements.
À la suite de l’article paru dans <em>Le Soleil, </em>la copropriétaire de la microbrasserie L’Esprit de Clocher,<em> </em>Nathalie Simard a reçu plusieurs messages d’encouragements.

Microbrasserie L’Esprit de Clocher: après la tempête, la réflexion

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Le pub de la microbrasserie L’Esprit de Clocher, qui avait fermé après des insultes envoyées au personnel par des clients récalcitrants aux consignes sanitaires, demeurera fermée encore quelque temps. L’équipe utilisera ce moment de réflexion pour repenser l’avenir de l’entreprise.

Le pub de l’établissement de Neuville avait fermé ses portes le 1er août, l’équipe avait annoncé la nouvelle dans un déstabilisant message sur Facebook, partagé des centaines de fois et largement médiatisé, entre autres par Le Soleil. 

La copropriétaire indiquait ne plus être capable d’endurer les insultes ou commentaires désobligeants. La minorité de clients récalcitrants aux consignes sanitaires a mené Nathalie Simard à cette décision, pour le bien-être de ses employés 

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Nathalie Simard sera en vacances la semaine prochaine, les derniers mois n’ont pas été faciles, d’autres restaurateurs peuvent en témoigner. 

«On veut avoir la tête reposée pour prendre une décision. On a toujours été un endroit qui reçoit des gangs, des groupes qui fêtent des occasions. Là, j’ai l’impression qu’on ne répond plus aux besoins de notre clientèle», explique-t-elle. 

«Il y a eu une altercation verbale, c’était très intimidant et l’employée n’avait plus de plaisir à travailler. En plus de ça, la formule qu’on avait n’était pas évidente. On se dit : quel va être le plan de match pour septembre? On va réfléchir à tout ça. On est d’abord et avant tout un producteur agroalimentaire, c’est le cœur de l’entreprise. Est-ce qu’on devrait mettre plus d’énergie sur notre mise en marché?» 

L’équipe de L’Esprit de clocher pense à l’idée de délaisser le pub pour se concentrer sur la microbrasserie et ses dégustations et l’expérience découverte. Pendant la pandémie, elle voyait déjà à élargir son réseau au-delà de la région de Québec. 

«Peut-être qu’on est rendu ailleurs. La pandémie nous fait réfléchir. C’est tellement plaisant d’expliquer aux gens, leur faire goûter différentes céréales. Ça pourrait être intéressant de devenir une destination brassicole», ajoute Mme Simard. 

Il est certain que la COVID-19 force l’équipe à travailler en «mode adaptation». Il devient difficile d’espérer un retour à la normale dans les restaurants cet automne, ce qui entraîne une réflexion plus importante quant à la réouverture du pub. 

«La passion y est toujours, on va demeurer un lieu de découverte, où les gens peuvent venir goûter, quoiqu’il arrive. C’est certain, on ne produira pas en portes fermées!» 

Mme Simard rassure la clientèle, les affaires vont bien. L'entreprise va bien et peut se permettre de laisser son pub fermer pour l'instant. Elle choisit de se concentrer sur l'aspect de l'agroalimentaire. 

Des excuses 

À la suite de l’article paru dans Le Soleil, Nathalie Simard a reçu plusieurs messages d’encouragements. Quelques jours après la publication, elle a même reçu des excuses des personnes qui se sentaient visées par les actions reprochées. 

«On a reçu des excuses. Je les ai transmises à mon employée, elle était contente. Mais le mal est fait. Il faut comprendre que cette altercation-là était la goutte qui a fait déborder le vase. C’est aussi une accumulation. On avait des difficultés de faire respecter la distanciation sociale avant ça. L’altercation était de trop et les personnes impliquées l’ont reconnu.»