L’intégration du projet d’un monorail dans la trame urbaine de Québec a été jugée impossible par la Ville. Selon des esquisses, la rue Saint-Jean près de l’intersection Turnbull aurait eu ce visage après la construction des infrastructures nécessaires au passage du métro aérien.

Métro aérien: «personne ne voudrait ça en avant de chez lui»

Le président du Réseau de transport de la Capitale est catégorique : «On a discarté des projets de monorail semblables à ça».

Rémy Normand a fait une sortie publique, jeudi, pour faire le point sur un projet de métro aérien (monorail) qui, selon les promoteurs d’un consortium qui approché la Ville — sans succès — et l’opposition officielle, n’aurait jamais été étudié par l’administration Labeaume.

«On trouve ça pesant de se justifier sur des éléments farfelus», a lancé M. Normand, au moment où le coup d’envoi du projet de tramway est donné. Il maintient que des projets similaires de monorail ont été analysés parmi les 143 propositions déposées lors des consultations publiques. Mais l’intégration d’un tel équipement dans la trame urbaine de Québec a été jugé impossible. «Imaginez, sur René-Lévesque. Personne ne voudrait ça en avant de chez lui. Ça été rejeté assez rapidement. Je n’ose pas imaginer les questions qu’on aurait eues si on avait présenté ça», lance-t-il sans détour.

Selon lui, le projet du consortium qui a fait la manchette au cours des derniers jours «manque de rigueur». 

Il en coûterait 1,54 milliard $ pour construire sur la rive nord 37 kilomètres de rails et 41 stations réparties sur trois lignes, d’après le groupe. En ajoutant Lévis, on parle de 61 km et 57 stations pour 2,3 milliards $, soit encore 700 millions $ de moins que le projet actuel de tramway et de trambus, uniquement pour la capitale. Le président Normand doute aussi des chiffres présentés.

«On trouve ça pesant de se justifier sur des éléments farfelus», a lancé Rémy Normand.

Quant aux avantages présumés d’un métro aérien, M. Normand rappelle que Sydney en Australie a mis fin aux activités du sien en 2013 après un succès de fréquentation mitigé et songe à le remplacer par un tramway. «C’est le genre de bidule qui fait bien dans un parc d’attraction», indique-t-il encore.

Plus tôt en journée, le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville a réclamé une énième fois que l’administration Labeaume mette un frein au projet de tramway et prenne le temps d’étudier celui du consortium. 

«On ne peut pas se laisser distraire. On pourrait l’analyser, mais ça ne servirait à rien. La solution, on l’a», insiste M. Normand.