La consule générale de France à Québec, Laurence Haguenauer, a remis mardi dernier au directeur de l’Observatoire de Charlevoix, Jean-Michel Gastonguay, deux impactites de météorite datant de 200 millions d’années.

Météorite: des spécimens d'un cratère français dans Charlevoix

Les visiteurs de l’Observatoire de l’Astroblème de Charlevoix pourront contempler deux impactites de météorite datant de plus de 200 millions d’années dès la saison prochaine. La France a remis ces spécimens provenant du cratère de Rochechouart-Chassenon au petit musée de La Malbaie.

L’impactite est le résultat de la fusion entre la roche terrestre et un météorite au moment de l’impact de ce dernier.

Ce don est en quelque sorte un retour de faveur puisque l’automne dernier, l’Astroblème de Charlevoix a contribué à une exposition sur les météorites au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris en prêtant un de ses spécimens d’impactites du cratère charlevoisien.

«Honnêtement, le Muséum d’Histoire naturelle de Paris c’est une institution qui a des centaines d’années, avec des dizaines et des dizaines d’employés, donc on s’entend que c’est beaucoup plus gros que ce qu’on a ici dans Charlevoix», explique Jean-Michel Gastonguay, fondateur de l’Observatoire. Celui-ci espère que cette collaboration pourra «passer à un autre niveau» à l’avenir. «On ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, mais c’est certain qu’on va être ouvert à contribuer davantage si eux le demandent», poursuit-il.

Les deux impactites remises par la France à l’Astroblème de Charlevoix.

Le cratère de Rochechouart-Chassenon est situé à environ quatre heures de route au sud de Paris. Il se classe au 37e rang des plus gros cratères au monde avec son diamètre de 21 kilomètres créé par un caillou de 1,5 kilomètre de diamètre. L’impact a libéré une énergie équivalente à 14 millions de fois celle d’une bombe atomique.

Les transformations naturelles du paysage ont, cependant, depuis fait en sorte qu’il est devenu très difficile de distinguer son relief.

À titre comparatif, la météorite qui est tombée dans la région de Charlevoix, il y a environ 400 millions d’années, était trois fois plus grosse. Ses 54 kilomètres de diamètre lui valent le titre de 11e plus gros site d’impact météoritique sur Terre et de troisième au Canada, derrière ceux de Manicouagan et Sudbury.

Jean-Michel Gastonguay juge que cette relation avec le musée français donne de la crédibilité à l’Observatoire de l’Astroblème de Charlevoix, «parce qu’on est un tout petit musée».

«Nous on aime beaucoup parler d’autres endroits dans le monde où il y a eu aussi des météorites qui ont frappé. D’enrichir notre collection avec des spécimens qui viennent de plusieurs endroits dans le monde, c’est un plus pour nous. Ça permet aussi aux gens qui ont fait la visite de notre centre de comprendre que Charlevoix, c’est un événement qui s’est passé, mais on n’est pas tout seul.»

M. Gastonguay affirme aussi que «c’est plus facile de collaborer avec un musée français — la barrière de la langue. […] Les gros musées comme à New York, ils en ont un petit peu aussi, mais les approches n’ont pas nécessairement porté fruit auprès d’eux.»