Le médecin de l’Hôpital Saint-François d’Assise avait fait une demande d’amitié Facebook à son jeune patient pour ensuite avoir des échanges qui sont devenus des propos à connotation sexuelle.

Messages à connotation sexuelle: un médecin de Québec radié un an

Un médecin de Québec est radié pour une période d’un an pour avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à un patient après lui avoir fait une demande d’amitié Facebook. Une sanction qui, selon le Conseil de discipline du Collège des médecins, «envoie un message clair aux membres de la profession que les inconduites de nature sexuelle, sous différentes formes, ne sont plus tolérées».

Les faits reprochés au Dr Sébastien Paquin remontent au 31 décembre 2016, quelques heures après que le médecin ait évalué un jeune patient de 19 ans qui avait consulté à l’urgence de l’Hôpital Saint-François d’Assise pour des douleurs abdominales. 

Cet après-midi-là, le Dr Paquin a fait une demande d’amitié au jeune homme sur Facebook, demande que ce dernier a acceptée. «Si jamais ca feel pas hesites pas a m’écrire! Ca va me faire plaisir», lui écrit d’abord le médecin. 

Les échanges se sont poursuivis jusqu’au 4 janvier, pour devenir ce jour-là des propos à connotation sexuelle. Le Dr Paquin lui a alors clairement fait savoir qu’il ne dirait pas non à un «trip à trois» auquel participerait son jeune correspondant. Après un silence de quelques heures, le jeune homme lui a répondu qu’à son avis, cette conversation n’était pas appropriée «pour un médecin avec son patient». 

Dans sa décision longue de 60 pages, le Conseil de discipline du Collège des médecins note que le patient est jeune, et que l’intimé le sait. «À cela s’ajoute que l’offre est reçue brutalement par le patient. Sa réponse le démontre. Il est évident que l’utilisation d’une communication par clavardage favorise les écarts constatés par le présent dossier. L’intimé aurait dû le savoir», écrit le Conseil, qui reproche au Dr Paquin d’avoir utilisé son statut de médecin pour entreprendre le clavardage. 

«Geste grave»

Selon le Conseil de discipline, «le geste posé par l’intimé est grave, tant en raison du geste lui-même que du contexte dans lequel il a été posé». 

En vertu de l’article 156 du Code des professions, un professionnel reconnu coupable d’inconduite de nature sexuelle envers un patient s’expose maintenant à une radiation minimale de cinq ans, sauf exception. 

Dans le cas du Dr Paquin, qui réclamait une radiation de deux mois assortie d’une amende de 2500 $, il y a des facteurs atténuants, dont le fait qu’il n’a pas d’antécédents disciplinaires, qu’il a reconnu sa culpabilité à la première occasion, qu’il éprouve des remords et des regrets sincères, qu’il a entrepris, de sa propre initiative, un suivi psychologique hebdomadaire et que son risque de récidive apparaît minime, énumère le Conseil de discipline. 

Mais sa façon d’agir a «porté atteinte à l’honneur et à la dignité» des membres du Collège, estime-t-il. «L’inconduite de l’intimé affecte la confiance du public envers les médecins et la profession», écrit le Conseil. 

Selon lui, «les médias sociaux représentent certainement une forme de danger pour tous». «Le dossier de l’intimé doit rappeler aux membres de la profession que ces moyens de communication axés sur la spontanéité et l’instantané sont difficilement appropriés dans le contexte de la profession de médecin, notamment lors d’échanges avec un patient», prévient le Conseil. 

À son avis, une radiation d’un an assortie d’une amende de 2500 $ «dissuadera l’intimé de récidiver et l’incitera à prendre les moyens nécessaires pour éviter qu’il ne reproduise un tel comportement».

«Quant à l’objectif d’exemplarité, le Conseil est d’avis que cette sanction envoie un message clair aux membres de la profession que les inconduites de nature sexuelle, sous différentes formes, ne sont plus tolérées», conclut-il.