Médecins de famille: meilleur climat, mais les besoins demeurent [VIDÉO]

Dans la Capitale-Nationale, 84 % de la population est prise en charge par un médecin de famille, ce qui est nettement mieux que les chiffres de 2014. Le climat des discussions avec le ministère de la Santé entourant la médecine familiale serait aussi beaucoup mieux.

«Le climat qu’on a vécu au cours des dernières années, c’est derrière nous. Le gouvernement actuel comprend les politiques qu’il y avait avant, les orientations ont changé, on n’est pas du tout dans le même climat de discussions avec le ministère de la Santé», assure le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Louis Godin. 

Selon lui, le règne de Gaétan Barrette aura découragé la relève médicale à choisir la médecine familiale comme spécialité, ce qui a créé un grand manque d’effectif partout en province. Toutefois, les chiffres s’améliorent depuis les deux dernières années.

Pour répondre convenablement à toutes les demandes, la Capitale-Nationale aurait besoin d’une cinquantaine de médecins de plus. Mais c’est pire ailleurs dans la province, comme sur la Côte-Nord, où les conditions sont à la «limite du tolérable».

Service «attaqué»

«Il faut souligner les progrès qui ont été faits dans les dernières années. On sait qu’il y a encore du travail à faire. C’est un défi, il faut inciter à nouveau la relève à choisir la médecine familiale.»

Selon le Dr Godin, la médecine familiale a été «beaucoup attaquée» entre 2014 et 2018. Les étudiants se sont dirigés vers une autre spécialité et plusieurs médecins de famille sont partis prématurément pour la retraite.

«On a passé différents projets de loi qui voulaient imposer un nombre minimum de patients et un temps de consultation minimum. Il y avait beaucoup de discours qui disaient que les médecins de famille ne travaillaient pas assez, qu’ils passaient plus de temps à la maison qu’à leur bureau. Ça a eu des effets négatifs.»

Combler les départs

Dans la région, la moyenne d’âge des médecins de famille est de 55 ans. Il faut donc rapidement recruter pour combler les futurs départs à la retraite. À l’heure actuelle, plus de 67 000 personnes sont en attente d’être pris en charge. Un médecin peut s’occuper de 1000 patients en moyenne.

Dr Godin insiste pour dire les médecins de famille ont répondu présent comme jamais dans les dernières années, 1,1 million de patients supplémentaires ont été pris en charge, mais «on n’a pas encore atteint ce qu’on veut».

Dans toute la province, 81 % de la population profite du service d’un médecin de famille, contre 67 % en 2014. La pénurie d’effectifs est évaluée à plusieurs centaines de médecins omnipraticiens.