L'épaisseur des glaces a empêché le traversier Camille-Marcoux d'assurer ses liaisons entre Matane et la Côte-Nord pendant quelques jours.

Matane: traversiers paralysés par les glaces

Les glaces trop abondantes et les forts vents empêchent certains navires de prendre le large. C'est le cas du traversier Camille-Marcoux et du traversier-rail Georges-Alexandre-Lebel, qui sont demeurés au quai de Matane pendant quelques jours.
«Il a fait très froid très tôt dans l'hiver, constate le vice-président de l'exploitation de la Société des traversiers du Québec (STQ), François Bertrand. Les glaces s'empilent une par-dessus l'autre, ce qui crée un mur de glaces et qui fait qu'un bateau ne peut pas passer. C'est un hiver où les conditions de navigation sont très difficiles.»
Depuis une semaine, le navire amiral de la STQ a effectué des liaisons entre Matane et Baie-Comeau ainsi qu'entre Matane et Godbout à de rares occasions. D'ailleurs, la quarantaine de passagers qui étaient à bord du traversier entre la Côte-Nord et Matane ont célébré le début de la nouvelle année en mer, alors que le bateau est resté pris dans les glaces pendant quelques heures, à l'approche de Matane. «La traversée a été plus longue, confirme M. Bertrand. Elle a été de sept heures plutôt que de deux heures. Les gens ont quand même bien pris ça.»
Samedi et dimanche, aucune traversée n'a été effectuée par le Camille-Marcoux. Lundi, une seule liaison aller-retour a pu être assurée. Mais depuis mardi, le bateau n'a fait aucune sortie en mer. Il n'a pas pu compter sur l'assistance d'un brise-glace de la Garde côtière puisque les cinq navires étaient très sollicités un peu partout.
Brise-glace en renfort
Après avoir dépêtré un cargo à Cap-Chat mercredi, le brise-glace Henry-Larsen s'est dirigé vers Port-Alfred, au Saguenay. Jeudi, il devrait normalement ouvrir la voie au Camille-Marcoux, pourvu que, selon le porte-parole de la STQ, les vents soufflent du sud-ouest afin de diminuer la pression des glaces.
«Sinon, c'est pas parce qu'on aura un brise-glace qu'on sera capable de naviguer, allègue François Bertrand. Chose certaine, on risquera pas de se prendre dans les glaces et de mettre la sécurité des passagers en danger ou de briser des équipements.»
Plusieurs travailleurs et camionneurs qui n'ont pu monter à bord du traversier pour rejoindre la Côte-Nord ont dû se résigner à faire un détour par Québec, ce qui représente plus de 800 km.
L'unique traversier-rail du Québec, le Georges-Alexandre-Lebel, qui est propriété du CN, est demeuré lui aussi coincé dans les glaces pendant quatre jours. «Grâce à des vents favorables et à l'intervention d'un brise-glace, il a pu se déprendre», raconte la porte-parole du CN, Nurua Perez De Leon. Accosté au quai de Matane, il n'a pas effectué de sortie en mer depuis lundi. «On surveille la météo et c'est ce qui déterminera si le bateau pourra reprendre la mer au cours des prochains jours», indique Mme Perez De Leon.