Le masque sera obligatoire en tout temps pour les élèves du secondaire, même en classe. 
Le masque sera obligatoire en tout temps pour les élèves du secondaire, même en classe. 

Masque en classe au secondaire, sports et loisirs de groupe interdits en zone rouge

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Masque obligatoire en tout temps pour les élèves du secondaire, même en classe. Présence en classe un jour sur deux en 4e et 5e secondaires. Universités et cégeps en mode à distance à 100 % ou presque. Sports et loisirs organisés et de groupe interdits. Les centres de conditionnement physique ferment.

La chaleur grimpe vite dans les zones rouges du Québec et le gouvernement Legault tente de contenir le feu de la COVID-19 à l’aide de plusieurs nouvelles mesures de restriction sanitaire annoncées lundi pour ces régions spécifiques.

«Là, c'est une question de vie ou de mort! Pour continuer, faut prendre des mesures, faut prendre les moins pires mesures», a résumé le premier ministre François Legault, lors de son propre point de presse tenu à 17h, à Montréal.

Quelques heures plus tôt, l'annonce officielle avait été faite par son trio de ministres en éducation.

Réduire la taille des classes 

Arrêt des sports d'équipe, masque en classe, enseignement à distance à mi-temps : l’Association des pédiatres du Québec parle de «sacrifice générationnel» pour les élèves de 4e et 5e secondaires.

«Dans un monde idéal, faudrait réduire la taille de toutes les classes, mais on n'a pas assez d’écoles et d’enseignants pour faire ça. Et on n'a pas exigé le masque au primaire parce qu'en plus du risque moins élevé, l'aspect de l'apprentissage et de la socialisation est plus présent chez les plus jeunes. C'est malheureux, mais peut-être qu'ils [les élèves de 4e et 5e secondaires] sont un peu plus autonomes pour travailler à la maison une journée sur deux», a justifié M. Legault.

«C'est une recommandation ferme de la Santé publique. Et réduire la taille des classes, il n'y a pas cinquante-six milles manières de faire ça», tranche le premier ministre.

À ses côtés, le directeur national de la santé publique souligne qu'«il n'y pas une décision qui n’a pas d'effets pervers sur un groupe. C’est un grand sacrifice, on en est très conscients. J’espère juste que ça ne va pas perdurer», a commenté de son côté le Dr Horacio Arruda, disant au passage souhaiter que ces nouvelles mesures sauront «sensibiliser ls jeunes à l'importance des rassemblements».

En vigueur à compter de jeudi

La majorité de ces mesures destinées aux régions en situation d’alerte maximale de la COVID-19 entreront en vigueur ce jeudi, 8 octobre, et dureront au moins trois semaines, soit jusqu’au 28 octobre. Le gouvernement et la Santé publique feront alors une nouvelle évaluation de l’état de la contagion selon les régions et ajusteront encore les mesures en conséquence.

«On veut tout faire pour garder nos écoles ouvertes, en zone rouge comme ailleurs, il n’y a pas de débat là-dessus […] J’ai confiance que ces mesures vont aider à limiter la transmission», a déclaré le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui menait le premier point de presse quotidien à 13h, aussi de Montréal.

Il y était accompagné du conseiller médical stratégique à la Direction générale de santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux, Richard Massé, tandis que ses collègues ministres Danielle McCann, à l’Enseignement supérieur, et Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation chargée du dossier des loisirs et des sports et ministre responsable de la Condition féminine, participaient en visioconférence à partir du Centre des congrès de Québec.

Sports-études sous conditions

En cette journée record de 1191 nouveaux cas positifs, le Dr Massé soulignait à quel point en quatre semaines le virus avait repris force au Québec. On détectait une centaine de cas par jour au début de septembre, alors qu’on en est maintenant près de 1200.

Comme pour l’annonce de la fermeture des bars, restaurants, cinémas et autres lieux publics la semaine passée, l’idée consiste à limiter au minimum les contacts prolongés entre les individus.

Le ministre Roberge suspend du même coup toutes les activités parascolaires, compétitions intra ou interscolaires et sorties scolaires autant au primaire qu’au secondaire.

La pratique des programmes sports-études et arts-études demeure possible, mais à l’intérieur d’un même groupe-classe stable. Les cours d’éducation physique continuent aussi comme avant, sans masque.

Les élèves utilisant le transport scolaire auront une place assignée et les élèves dîneront autant que possible dans leur classe, si ce n’est pas déjà le cas. Si l’utilisation de la cafétéria est nécessaire, chaque classe aura sa table prédéterminée.

De l’aide pour les proprios de gyms

«Je suis consciente d’en décevoir plusieurs», a de son côté affirmé la ministre Charest, émotive, annonçant que la pratique sportive en zone rouge ne serait plus limitée qu’à la pratique libre en solo ou en duo à 2 m de distance.

«On sait à quel point le sport est important pour la réussite scolaire, la santé mentale, la motivation, la forme physique. Mais l’épreuve qu’on vit aujourd’hui demande des sacrifices. Et n’oubliez surtout pas que cette mesure est temporaire. Je vous invite à continuer à bouger, mais à le faire autrement», a indiqué l’ancienne championne du monde de patinage de vitesse sur courte piste.

Alors que les lieux de pratique libre demeurent ouverts, sous respect des mesures de distanciation, la ministre Charest précise que les propriétaires de salles d’entraînement physique forcés de fermer leur commerce auront droit à l’aide financière du ministère de l’Économie.

Tout à distance si possible

La ministre de l’Enseignement supérieur met pour sa part en lumière l’objectif de limiter la circulation de la population étudiante et du personnel.

«On demande le plus possible que toute la formation et toutes les activités soient données à distance, sauf si la présence est absolument essentielle, comme dans les laboratoires de recherche ou les stages en milieu de travail», explique Mme McCann.

«Tout ce qui peut être fait à distance doit être fait à distance», résume-t-elle, précisant que «les activités de socialisation sur le campus strictement interdites».

On interdit dorénavant les visites dans les résidences étudiantes, sauf pour ceux qui habitent seuls.

Les bibliothèques des établissements d’enseignement supérieur demeurent ouvertes, mais juste le comptoir de prêts et les espaces de travail individuel.

2000 recrues en éducation

Le gouvernement Legault lance par ailleurs un nouvel appel général à la population pour venir prêter main-forte dans les écoles.

Le ministre Roberge vise l’embauche d’au moins 2000 personnes dans les prochains jours, soit autour de 500 éducatrices de service de garde, 750 concierges et 750 surveillants d’élèves.

La nouvelle plate-forme «Je réponds présent» est en ligne au Québec.ca/répondezprésent.

Les volontaires auront droit d’une à trois journées de formation payées, puis à un salaire entre 20 $ et 24 $ l’heure.

M. Roberge chiffre cette dépense à 25 millions $.