Un ami de Marilyn Bergeron, Jonathan Gauthier (photo), et sa mère ont rencontré la presse à Montréal, vendredi.

Marylin Bergeron aurait vécu ou vu quelque chose d’horrible à Montréal

Quelques mois avant sa disparition du domicile de ses parents à Québec le 17 février 2008, Marilyn Bergeron aurait vécu ou vu quelque chose d’horrible à Montréal, où elle résidait. C’est ce qu’ont révélé un ami de Marilyn et sa mère dans une conférence de presse tenue dans la métropole vendredi.

«Je lui demandais si elle avait assisté à un meurtre, si elle s’était fait violer, et à chaque fois, elle me répondait: “Non, c’est pire! C’est encore pire que ce que tu peux imaginer!”» a déclaré Jonathan Gauthier, un ami de Marilyn, au sujet d’une conversation qu’il a eue avec elle le 18 décembre 2007.

Convaincus qu’elle a été victime d’un crime, la famille et les proches de Marilyn Bergeron demandent à nouveau qu’une enquête criminelle soit lancée concernant sa disparition et que le dossier soit transféré à la Sûreté du Québec ou au Service de police de la Ville de Montréal. 

Jonathan Gauthier, qui réside à Chicoutimi, mais habitait Montréal à l’époque, se souvient encore très bien de cette soirée où Marilyn semblait particulièrement troublée. «Je suis arrivé chez elle et elle était dans le noir, elle jouait de la musique et elle avait l’air extrêmement triste. On s’est rendus à une fête dans Hochelaga-Maisonneuve et elle s’est mise à angoisser en discutant avec des amis. Je l’ai ramassée en miettes et je l’ai ramenée chez moi. Elle pleurait, elle semblait avoir peur de quelque chose», a raconté le jeune homme.

Il ajoute que Marilyn ne voulait pas parler de ce qui la terrorisait. Il a laissé la jeune femme dormir chez lui et dit l’avoir entendue pleurer toute la nuit. «Le lendemain, quand je me suis levé, elle était partie chez elle. J’étais inquiet pour elle et j’en ai parlé à des amis et à sa famille.»

«Ça fait 10 ans que ça me trotte dans la tête», ajoute-t-il au sujet de cette soirée avec Marilyn. Jonathan a parlé de ces événements à plusieurs personnes de l’entourage de la disparue de même qu’à la police. «Je l’ai dit à la police, mais ils m’ont parlé cinq minutes, gros max...» déplore-t-il.

Plus la même fille

Pour Jonathan, il est clair que Marilyn avait vécu ou vu «quelque chose d’horrible» trois semaines ou un mois avant cette discussion. La mère de Marylin, Andrée Béchard, corrobore ces informations. «Depuis octobre, ce n’était plus la même fille», affirme-t-elle. «Moi aussi, j’ai essayé de la faire parler, mais je n’ai pas été capable.»

Quelques mois plus tard, au début du mois de février 2008, Marilyn quittait son appartement montréalais de façon précipitée pour rejoindre la maison familiale à Québec. Une semaine plus tard, elle disparaissait pour ne plus jamais être revue.

«Aujourd’hui, nous sommes convaincus que quelque chose de grave lui est arrivé. Elle avait peur de rester à son appartement. On aurait dit une fille en état de choc. De quoi Marylin avait-elle peur? De qui Marylin avait-elle peur? Pourquoi Marilyn avait-elle peur?» s’interroge la mère de famille.

Celle-ci se rappelle aussi une conversation avec Marylin. «Je lui ai demandé si elle avait des problèmes de drogue, elle a dit non. Des problèmes amoureux, elle a dit non. Quand j’ai parlé d’agression, elle s’est mise à pleurer...»

L’avocat de la famille, Me Marc Bellemare, a ajouté que la famille avait reçu 43 signalements concernant Marylin après sa disparition. «Plusieurs l’ont vue en Ontario ou en direction de l’Ontario. Elle aurait été aperçue à la gare de Kingston et à Hawkesbury.»

Contexte criminel

Me Bellemare estime que ces éléments justifient qu’une enquête criminelle soit lancée. «Il y a un contexte criminel, c’est clair. Même s’il s’agit de menaces qu’elle aurait reçues, c’est criminel. Mais la police de Québec continue de dire que ce n’est pas criminel. C’est décevant. C’est décevant aussi que ça relève de la police de Québec alors que Montréal est le terreau sur lequel il faudrait enquêter», déclare Me Bellemare.

Celui-ci rappelle qu’il y a deux ans, le ministère de la Sécurité publique a refusé la demande d’Andrée Béchard de transférer l’enquête sur la disparition de Marilyn Bergeron à la police de Montréal ou à la Sûreté du Québec.

L’avocat indique que la famille souhaite maintenant déposer une autre demande en ce sens. «La meilleure façon d’avoir des résultats serait d’aller à la police de Montréal. Nous allons relancer ce dossier avec la police de Montréal et la SQ en espérant avoir davantage de réponses.»

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PAS UNE ENQUÊTE CRIMINELLE

Même si la famille de Marilyn Bergeron aimerait qu’une enquête criminelle soit instaurée concernant la jeune femme disparue depuis presque 10 ans, la police de Québec continue de considérer ce dossier comme une enquête de disparition.

«C’est une enquête de disparition, mais oui, on prend ça au sérieux», a déclaré vendredi l’agente Cyndi Paré, porte-parole de la police de Québec, ajoutant qu’elle ne commenterait pas davantage les demandes de la famille formulées en conférence de presse.

L’agente Paré a cependant tenu à préciser que le Service de police de la Ville de Québec avait une très bonne collaboration avec les autres corps policiers et qu’elle gardait toujours le contact avec la famille Bergeron.

«Nous avons des contacts réguliers avec la famille Bergeron depuis le début et ça se poursuit encore aujourd’hui», a conclu Mme Paré.