Martin Thériault a à coeur le développement et la pérennité de l’entreprise Eddyfi.

Martin Thériault: conjuguer passion et convictions

En 2010, ils étaient trois pour lancer Eddyfi Technologies. Huit ans plus tard, ils sont 260 travailleurs, dont la moitié travaille à Québec. Les autres sont au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, à Dubaï, aux États-Unis.

Dans quelques mois, toute l’équipe de Québec déménagera dans de nouveaux locaux pour la prochaine étape de croissance de l’entreprise spécialisée dans les tests non destructifs avec la technologie des courants de Foucault.

Choisi pdg de l’année de l’Association québécoise des technologies (AQT), Martin Thériault se souvient des débuts de la compagnie et des rêves du départ qui se réalisent maintenant dans une perspective planétaire.

«Lors de la récession en 2009, la multinationale pour qui nous travaillions a décidé de laisser tomber certains secteurs. Nous avons vu [les associés du départ] une opportunité pour nous lancer en affaires», relate-t-il. L’entreprise n’a cessé de croître. Les revenus aussi. De presque rien, le chiffre d’affaires passe les 100 millions $ cette année.

La croissance, organique au départ, s’est accélérée avec les acquisitions. C’était la meilleure manière d’acheter des technologies complémentaires, de nouvelles idées et des ressources talentueuses pour amener les nouveaux produits à des niveaux supérieurs.

Les convictions

Pour en arriver là, Martin Thériault parle de ses convictions, de la passion et de la vision d’aller toujours plus loin. Un peu comme un athlète qui découvre son potentiel pour passer aux compétitions olympiques, l’homme d’affaires a su saisir les opportunités pour aller plus loin dans le développement de son marché. Il ne faut pas lésiner sur les efforts pour être sur la plus haute marche du podium.

«Avant d’acheter l’entreprise en Afrique du Sud, il n’y avait pratiquement pas moyen de faire des affaires ou de proposer nos produits et nos technologies. Maintenant, nous avons une équipe sur place. Ce sont des gens du pays qui connaissent tous ceux avec qui nous voulons faire des affaires», illustre M. Thériault.

C’est la même chose à Dubaï et au Royaume-Uni. Ce sont des gens bien implantés dans leur milieu qui permettent d’ouvrir des portes pour saisir les bonnes occasions et faire valoir l’expertise d’Eddyfi. Les nouveaux marchés sont l’occasion d’investir en recherche et en développement dans ces pays et à Québec pour perfectionner les produits et la technologie qui supportent le tout.

Être plus efficace

Améliorer, peaufiner, arranger, c’est dans la nature du patron d’Eddyfi. Depuis aussi longtemps qu’il se souvient, lorsqu’il voit un concept, un appareil, une technologie, il essaie de comprendre son fonctionnement, critique la conception en se demandant s’il n’y aurait pas moyen de faire mieux, d’être plus efficace.

C’est aussi ce qui le préoccupe pour l’entreprise : comment augmenter les revenus récurrents? Or, la technologie, la dématérialisation des processus, les capteurs et les logiciels qui se perfectionnent avec l’apport de l’intelligence artificielle, tout cela vient ouvrir une nouvelle porte vers la croissance.

«Nous sommes dans les équipements haut de gamme avec une concurrence internationale. Alors, la recherche d’occasions d’acquisition à l’étranger permet d’aller plus loin dans notre développement. Mais ce sera toujours une croissance réfléchie. Nous ne voulons pas d’une entreprise qui serait un château de cartes. Chaque acquisition et chaque projet, ce sont de nouvelles possibilités de répondre aux besoins des clients. Cela se traduit par des emplois ici à Québec et de l’argent neuf à Québec aussi», avance-t-il.

Et ce prix du pdg de l’année lui fait d’autant plus plaisir que la reconnaissance vient des gens du milieu de la technologie. Rien ne semble lui faire plus plaisir que d’avoir été honorés par ses pairs.