Martin Hivon devant son Yak-55M acheté au début de l'année.
Martin Hivon devant son Yak-55M acheté au début de l'année.

Martin Hivon, du Tutor au Yak-55M, en passant par le CF-18

Paul-Robert Raymond
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
RIVIÈRE-DU-LOUP — Chose somme toute rare dans les spectacles aériens au Québec, un organisateur qui fait aussi partie de la programmation. C’est ce que fait en fin de semaine Martin Hivon, directeur général du Spectacle aérien de Rivière-du-Loup (SARDL).

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Le retraité des Forces armées canadiennes, aussi gestionnaire de l’aéroport de Rivière-du-Loup, donnera une prestation aérienne, avec son avion acrobatique de conception russe, un Yakolev-55M. M. Hivon a pris la livraison finale de son avion, en mai, un mois avant son premier spectacle à Saint-Hubert au début juin.

«Je devais le recevoir au début d’avril, mais ça a retardé. Disons que j’avais peu de temps pour préparer ma séquence, qui a été assez sécuritaire, compte tenu du peu de temps que j’ai eu pour la préparer», explique M. Hivon. «Disons que ce n’est pas le genre de chose que les gens qui ne sont pas pilote vont remarquer», ajoute-t-il.

En plus, la procédure pour avoir la «certification» pour voler un Yak-55M a été assez expéditive. «C’est pas compliqué. Ils se sont assurés que le chèque passe. Ils m’ont tendu les clés et m’ont dit : “See ya!” Pas plus compliqué que ça!» raconte le pilote d’expérience qui s’est procuré l’avion russe à Yazoo City au Tennessee.

Disons que Martin Hivon a tout de même plusieurs heures de vol dans son carnet de vol. Durant sa carrière militaire de plus de 20 ans, il a été pendant huit ans instructeur sur le CT-114 Tutor (le même avion que celui des Snowbirds), à Moose Jaw en Saskatchewan, pour l'entraînement avancé sur les avions à réaction. Le reste de sa carrière de pilote, il l’a fait sur l’avion de chasse CF-18 Hornet.

Lorsqu’on lui pose la question s’il avait aimé faire partie des Snowbirds, il répond non. «Je respecte énormément ce qu’ils font. Ils sont très hot! Ils sont vraiment bons! Mais moi, faire une saison de 75 spectacles aériens presque sans arrêt, ça ne m’intéressait pas! Et dans les années 1990, c’était l’enfer. C’était non-stop!!! Maintenant, les Snowbirds ont des pauses durant la saison», explique-t-il.

Il se contente d’une saison de six ou sept spectacles par année. À part le SARDL, il a fait sa séquence à Saint-Hubert, à Val-d’Or et à Havre-Saint-Pierre. Il reste Greenwood en Nouvelle-Écosse et Gatineau. «Celui de Bromont a été annulé.»

Avion «abordable»

En plus de son côté réactif, Martin Hivon adore le Yak-55M pour son prix. «C’est un avion avec un prix “intelligent”, contrairement aux avions européens comme l’Extra 300. Ils ne sont pas achetables!» explique le pilote.

La valeur sur le marché avoisine les 150 000 $. Mais il faut dire que M. Hivon a été chanceux. «Je l’ai payé moins cher que ça parce que je l’ai acheté d’un aviateur qui le vendait parce que son ami s’était écrasé avec un Sukhoi-26 [comme celui de Rick Volker]. Le gars voulait vraiment s’en débarrasser. Le malheur des uns fait le bonheur des autres…»

Au chapitre des manœuvres, c’est un avion «qui n’a pas de limite», dit-il. «Je l’explore encore!»

En fin de semaine, Martin Hivon a été évalué par M. Volker pour qu’il puisse faire des manœuvres au ras du sol. Vendredi, lors de sa répétion, il a fait sa séquence à «zéro pied», mais samedi et dimanche, il la fera à 250 pieds. Il reste une autre évaluation qui sera faite au spectacle aérien de Greenwood par le pilote Michael Goulian.

L'immatriculation C-FTOY du Yak-55M de Martin Hivon n'est pas le simple fruit du hasard. Les lettres d'appel étaient disponibles chez Transports Canada et il ne restait qu'à payer le montant pour les réserver comme pour les plaques d'immatriculation personnalisées.

Le «jouet»

L’œil aiguisé remarquera peut-être les lettres d’appel du Yak-55M, C-FTOY. «Quand on a vu que l’immatriculation était disponible chez Transports Canada, j’ai dit à Martin : “On la veut! Même si ça coûte 150 $!”» raconte Édith Lévesque, directrice des opérations au sol au Spectacle aérien de Rivière-du-Loup et aussi la femme de Martin Hivon.