Le fondateur d’Intellinox Technologies, Mario Rousseau, ne manque pas d’idées pour que son entreprise demeure à l’avant-scène de l’économie d’énergie dans les cuisines professionnelles.

Mario Rousseau : un visionnaire déterminé

Mario Rousseau a été surpris lorsqu’il a su que sa candidature avait été retenue parmi les finalistes du trophée Vision 2017 pour l’entrepreneur le plus visionnaire. Cet honneur-là, il ne l’avait pas vu venir.

Ce sont ses employés qui ont soumis son nom au concours. Tout c’est fait en catimini, surtout pas de courriel qui aurait pu laisser une trace. Ce fut donc une grande surprise sur toute la ligne pour l’homme d’affaires. Ce fut aussi un honneur qui rejaillit sur toute l’équipe, car Mario Rousseau pense en terme d’équipe, de partenaires.

«Être reconnu par ses pairs, souligne-t-il, c’est important. Ça ajoute à la notoriété de l’entreprise tout en étant un bon argument pour convaincre nos clients potentiels. Avec les autres honneurs remportés au fil des ans, les gens prennent le temps de nous écouter sachant que nos propositions sont sérieuses.»

Il estime que l’honneur ne lui revient pas à cause de sa vision, mais à cause de l’histoire de sa compagnie fondée en 2007. En février, il avait tout perdu dans une faillite de l’entreprise qu’il avait cautionnée. «J’ai tout perdu. Plus d’argent, plus de fonds de pension, plus rien. Je venais de tomber à zéro. En réfléchissant, j’ai compris que j’étais rendu à zéro. Je n’étais pas fini. J’étais à zéro et je pouvais repartir en affaires.»

À cause de la faillite, pour relancer sa carrière, il doit passer devant le juge. Il raconte son histoire, les déboires qui ne dépendent pas de lui. Il était loin d’être démuni. Et le juge lui permet de se refaire une nouvelle vie, une nouvelle entreprise.

«J’ai embauché deux jeunes finissants en génie. Nous nous sommes installés dans un cabanon de 10 pieds sur 16 pour commencer nos maquettes avec des blocs Lego. Et notre premier laboratoire, c’était un garage en ripe pressée avec un toit en polythène.»

Si les bâtiments étaient brinquebalants, la vision était solide. Il savait qu’à trois ingénieurs, ils pourraient relancer l’entreprise et proposer aux hôtels et aux restaurants l’idée d’une hotte de cuisine capable de leur faire réaliser des économies d’énergie substantielles et diminuer leur empreinte de carbone grâce à la technologie.

Le vent dans les voiles

Dix-huit mois plus tard, le laboratoire déménage dans un vrai garage. Les affaires ont le vent dans les voiles. Les clients sont plus nombreux. «Ceux qui visent l’avenir avec leur produit sont derrière nous. C’est notre entreprise qui repousse les limites, raconte le fondateur d’Intellinox Technologies. «Nous sommes en avance sur tous nos concurrents, affirme-t-il. Et 80 % de nos composantes sont fabriquées à Québec.»

Dix ans plus tard et quelques brevets en poche, Mario Rousseau parle des ses partenaires à Barcelone, Fribourg, Paris, Marseille, au Michigan, en Ohio, à Toronto, Montréal, sans oublier de mentionner les discussions avec Dubaï, l’Australie, la Suisse et ailleurs dans le monde. Ses produits s’installent partout. Une chaîne de 1200 restaurants aux États-Unis est en pourparlers pour ses hottes écoénergétiques, l’hôtel de MGM à Las Vegas aussi.

Avec ses 15 employés, il voit encore plus loin. Il a agrandi l’actionnariat chez ses employés en pensant à la pérennité de la compagnie. Il songe à de nouvelles percées technologiques avec le nettoyage des hottes avec la biotechnologie permettant la récupération de l’énergie pour chauffer le restaurant. «Je veux voir des restaurants carboneutres, avance-t-il, de sorte que le steak du client réchauffera la place.»

Et aussi une plateforme Web qui permettra de valider l’efficacité énergétique en temps réel en permettant des ajustements dans la même semaine grâce à la technologie à distance.

Mario Rousseau a des idées plein la tête, de l’énergie à revendre. Si jamais vous prononcez le mot impossible devant lui, l’effet sera de décupler sa détermination à trouver une solution. Il regarde toujours vers l’avant.