Mercredi dernier, une douzaine de policiers de Québec ont participé à la perquisition du dispensaire 710 Smoke & Vapors.

Marijuana thérapeutique: sitôt fermé, sitôt rouvert!

Fermé mercredi après une perquisition de la police de Québec, le dispensaire de marijuana thérapeutique 710 Smoke & Vapors du chemin de la Canardière avait de nouveau ouvert ses portes lundi... mais sans «médication» à l’intérieur cette fois!

«Quand ils ont fait leur descente, je leur ai dit que j’allais rouvrir le lendemain parce que mes patients en ont besoin. Peut-être qu’ils m’ont trouvé un peu “baveux” parce qu’ils m’ont dit que je courrais après le trouble!» déclare au bout du fil Alain Lévesque, franchisé à Québec de la chaîne de dispensaires lancée par l’homme d’affaires Albert Krespine. M. Lévesque se trouvait à la succursale de Trois-Rivières lundi alors que son associé Stéphane Bédard était en poste à Québec.

Le cannabis et ses produits dérivés sont cependant bien absents du 710 de Québec depuis la perquisition. «Pour le moment, on n’en a plus en stock... On peut encore ouvrir des dossiers pour des clients et leur faire rencontrer un médecin par Skype pour les aider à avoir un permis de Santé Canada. Mais s’ils veulent de la médication, il faudra la faire descendre de Trois-Rivières ou de Montréal par la poste», explique Alain Lévesque, qui veut éviter de voir de nouveau les policiers débarquer chez lui.

«Par contre, il faudra un jour que j’aie de nouveau de la médication offerte sur place parce que tant que je ne peux pas mettre de médication là, je n’arriverai pas financièrement», précise-t-il.

Sans hésiter

Malgré tout, le franchisé dit n’avoir pas hésité une seconde à redémarrer son commerce, même après la perquisition et même si les trois autres dispensaires qui avaient été fermés par la police de Québec avant le sien n’avaient jamais rouvert par la suite. 

«Je n’avais pas le choix de rouvrir. Moi, je le sais que je suis légal. Je veux que les patients aient accès à leur médication. En fait, je fais ça pour aider les gens.»

Alain Lévesque raconte que mercredi, une douzaine de policiers de Québec ont participé à la perquisition visant son dispensaire et qu’ils ne sont repartis qu’avec une petite quantité de cannabis (75 g et des produits dérivés, selon les informations officielles de la police)  en plus de lui passer les menottes et de l’amener au poste de police. «Je pense qu’ils voulaient m’intimider. Honnêtement, j’ai trouvé qu’ils avaient gaspillé l’argent des contribuables. Ils ont saisi mon pot, ils ont saisi mon argent. Ils n’ont même pas voulu prendre en considération que je possédais un permis de Santé Canada [pour sa consommation personnelle] et que la médication qui était sur place appartenait aux patients et qu’on la gardait pour eux», poursuit le franchisé.

Difficile à Québec

Les policiers ont aussi informé Alain Lévesque que des accusations de possession de cannabis dans le but d’en faire le trafic seraient éventuellement déposées contre lui avant de le libérer sous promesse de comparaître. «J’ai essayé de leur expliquer que ce qu’on fait est légal, qu’un enquêteur de Laval avait déjà investigué sur nos succursales de Laval et de Trois-Rivières et sur l’Association des consommateurs de cannabis médical du Québec et qu’il avait conclu que tout était en loi. Je leur ai dit que personne ne pouvait acheter s’il n’avait pas de diagnostic, mais ils n’ont rien voulu entendre»

Il n’hésite d’ailleurs pas à parler d’acharnement pour qualifier l’attitude de la police de Québec envers les dispensaires de marijuana thérapeutique. «Je ne sais pas pourquoi ils font ça, surtout que même le cannabis récréatif sera légal bientôt. À Trois-Rivières, de la médication, on en garde en magasin et on n’a aucun problème avec la police. Même qu’il y a un policier qui passe souvent dans le secteur et on le salue en passant, on n’a pas de problème. À Québec, je pense que c’est [le maire Régis] Labeaume qui met de la pression!» conclut Alain Lévesque.