Femme énergique avec du caractère, Marie-Claude Houle avoue son côté audacieux parce qu’elle aime les défis.

Marie-Claude Houle: de l’audace pour relever les défis

Marie-Claude Houle est la première femme à la présidence du conseil d’administration de l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ), en 74 ans d’histoire dans ce secteur industriel composé à majorité d’hommes.

Présentation

Lauréate : Marie-Claude Houle, présidente de EBC Inc.

Occasion : elle est la première femme présidente du conseil d’administration de l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ).

Mais les temps changent, raconte Mme Houle. Il y aura quatre femmes dans le nouveau conseil d’administration de l’ACRGTQ. La présidente de l’entreprise EBC ne sera pas la première personne de l’entreprise à cette table, mais la quatrième. Elle prendra la relève de son père Fernand qui a occupé le même poste en 1984, comme Richard Gagné et François Groleau.

Avec les autres femmes au conseil, Mme Houle représente la deuxième génération d’entrepreneurs qui ont pris la relève de leur père.

Les défis

Elle était déjà à la table du conseil d’administration depuis quelques années parce qu’elle voulait prendre part aux débats sur les grands enjeux dans le domaine des grands travaux. Femme énergique avec du caractère, elle avoue son côté audacieux parce qu’elle aime les défis. 

D’ailleurs, au fil des ans, elle a vu l’industrie se transformer à cause des projets de plus en plus importants et comportant plus de risques pour les entreprises. Or, la façon de faire croître l’entreprise consiste à s’engager dans des projets d’envergure, mais pas nécessairement seul.

Elle donne l’exemple du premier barrage pour Hydro-Québec, le SM3, dans lequel EBC était engagé. «Nous avons conclu un partenariat avec une firme française parce que nous n’avions pas l’expérience de tel chantier. Les autres contrats, nous pouvions voler de nos propres ailes,» confie-t-elle.

Des partenariats

Et les partenariats, les fameux consortiums, sont de plus en plus nombreux entre les entreprises étrangères et les grandes compagnies québécoises. Les raisons sont assez faciles à comprendre : l’ampleur des chantiers, les risques financiers élevés et l’expertise nécessaire dans plusieurs projets valant des milliards de dollars.

C’est le cas avec le nouveau pont Champlain à Montréal dans lequel EBC a une petite part avec SNC-Lavalin et des entreprises étrangères. Même chose pour le Réseau électrique métropolitain de Montréal.

«Les grandes entreprises étrangères ont les yeux ouverts sur les projets au Québec, ajoute Mme Houle, parce que les projets d’infrastructures sont nombreux, très gros et très imposants en termes de risques financiers.» Elle craint par contre que des intérêts étrangers veuillent mettre la main sur des fleurons québécois pour se tailler une place dans l’attribution des contrats.

Le génie civil

Pourtant, la présidente d’EBC, lorsqu’elle étudiait en génie civil, ne cherchait pas à dénicher un poste dans l’entreprise familiale fondée par son père Fernand Houle avec son frère Germain en 1968. «Je voulais travailler pour une autre entreprise et prendre de l’expérience. J’aurais voulu développer le côté design de projet. Mais, les circonstances ont fait en sorte que je vienne travailler pour mon père.»

Elle a commencé dans la gestion des projets de bâtiments et d’autres postes. Puis, elle a complété un MBA à l’université Laval, ce qui l’a menée à la direction de la qualité des processus. «C’est comme cela que j’ai pu connaître tous les rouages de la compagnie», affirme celle qui dirige l’entreprise depuis 1999.

L’entreprise compte quelque 375 employés permanents, mais selon les chantiers et les contrats, le nombre d’employés passe à 1500 voire plus de 2000 personnes.

Le sigle EBC signifie Entreprise Bon Conseil, du nom de la petite compagnie fondée par Germain Houle alors qu’il œuvrait à Notre-Dame-du-Bon-Conseil, près de Drummondville.