Marianne Théberge est rentrée de Lenzerheide, en Suisse, en début de semaine. L’athlète de 17 ans est redescendue de l’avion, mais sans complètement retomber sur terre.

Marianne Théberge: étoile montante sur deux roues

Au début, ça ne lui tentait pas pantoute. Après avoir dû abandonner la gymnastique par manque de temps, la perspective d’aller pédaler en sentiers avec ses parents n’était pas exactement l’idée que la préadolescente d’alors se faisait de la performance sportive.

«J’ai quand même fait une première course... et je n’ai jamais arrêté depuis! Le vélo, c’est ma passion!» clame la jeune athlète de 17 ans. Théberge est redescendue de l’avion en début de semaine, mais sans complètement retomber sur terre.

Pour cause. Sa performance du 6 septembre, à Lenzerheide, en Suisse, fait de la résidente de Saint-Rédempteur la meilleure Québécoise depuis la création en 1996 de la catégorie junior (18 ans ou moins) en cross-country aux Championnats du monde de vélo de montagne.

Théberge décroche aussi le meilleur résultat pour une Canadienne junior en une décennie et se classe troisième ex æquo parmi les filles juniors canadiennes en 23 ans d’histoire, derrière la Britanno-Colombienne Erica Drew (3e en 2000) et l’Albertaine Carrie Tuck (6e en 1998).

Il s’agissait de ses premiers Mondiaux, puisqu’elle atteindra la majorité en novembre. Sa première course en Europe, aussi. Elle passera ensuite dans la catégorie des espoirs de 23 ans et moins. Son succès lui ouvre d’ailleurs la porte l’an prochain à tout le calendrier U-23 des coupes du monde.

Et où seront présentés les Championnats du monde de vélo de montagne en 2019? Au Mont-Sainte-Anne. Aussi bien dire dans sa cour arrière. Reste à voir si elle y obtiendra une invitation de la part de Cyclisme Canada, comme sa victoire à la Coupe Canada de Baie-Saint-Paul lui a valu un laissez-­passer pour Lenzerheide, cette année.

Elle a en somme connu une excellente saison, occupant le sommet du classement junior féminin cumulatif autant au Québec qu’au Canada.

Mieux que prévu

Partie de Québec avec en tête l’objectif d’un top 15, Théberge a dû freiner ses ardeurs une fois sur le tracé situé à quelque 140 km de Zurich. «On s’est entraîné trois jours sur un parcours très glissant, c’était pas évident. Alors j’avais réduit mes attentes à livrer une course propre, sans plus.

«Puis le matin de la course, le parcours était sec, poursuit-elle. Je ne voulais quand même pas trop penser au résultat pour ne pas être déçue», explique-t-elle, ayant pris le départ aux côtés de 53 concurrentes. Elles étaient quatre Canadiennes : trois filles de la région de Québec, avec Roxane Vermette (22e, Saint-Ferréol) et Mireille Larose-Gingras (28e, Québec), et une Albertaine.

Théberge s’est frayé un chemin parmi les 10 de tête dès la première des cinq boucles pour passer la majorité des 21 km au septième rang, avant de poser le pied au dernier tour et de perdre un échelon.

«Avant d’y aller, je me disais que si j’obtenais un top 15, je serais capable de me rendre loin dans le vélo. Un top huit prouve que j’ai raison de vouloir continuer pour longtemps», résume-t-elle avec humilité.

Un sport familial

Membre du même club de vélo de montagne depuis ses débuts, il y a sept ans, l’étoile montante est bien entourée dans les sentiers de ses parents, adeptes du sport avant elle, ainsi que de ses deux petits frères. Tout le monde pédale chez les Théberge-­Poulin. Sans oublier le soutien de son entraîneur Aroussen Laflamme, qui la dirige depuis trois ans.

Si une huitième place aux Championnats du monde s’avère fantastique, elle n’en est pas à ses premières réalisations sur deux roues. Elle a rapporté six médailles de ses deux participations aux Jeux du Québec, étant même porte-drapeau pour la délégation de Chaudière-Appalaches lors de la cérémonie de fermeture de 2016.

Maintenant que sa saison est terminée, Théberge en profitera pour reprendre le temps perdu dans ses études au Cégep de Sainte-Foy, avant de reprendre l’entraînement vers la mi-octobre.