Le Lomer-Gouin, prisonnier des glaces pendant plus de deux heures en début de journée, le 19 janvier, est finalement rentré à bon port. Parti de Lévis à 6h  avec 60 passagers et 25 véhicules à son bord, le traversier n'a jamais atteint la rive nord dans les délais prévus. Le brise-glace Des Groseilliers de la Garde côtière canadienne lui est venu en aide.

Marées de glace sur Québec

Les grandes marées libèrent d'immenses plaques de glace ces jours-ci dans le secteur de Québec, perturbant la circulation maritime et obligeant le brise-glace Pierre-Radisson à travailler sans relâche pour prévenir les embâcles à la hauteur des ponts.
Pascale Fortin, porte-parole de la Garde côtière canadienne, explique qu'un premier bloc de glace de très grande taille s'est détaché des battures de Saint-Augustin mercredi soir. Le Pierre-Radisson s'y est attaqué dans la nuit pour éviter qu'il n'aille se coincer sous les ponts. À cause de la marée descendante, un bouchon s'est tout de même créé avec les retailles en matinée, et la glace s'est vite accumulée de part et d'autre. 
Peu après 10h, les deux traversiers ont été pris dans ce magma glacial et ont dérivé pendant de longues minutes avant d'être escortés par le brise-glace aux quais de Québec et de Lévis. Un navire commercial a aussi été forcé de s'amarrer en attendant que la voie maritime soit dégagée. 
Comme les grandes marées doivent durer quelques jours, Mme Fortin explique que d'autres «battures» - c'est le nom donné aux plaques de glace se détachant du rivage - risquent de dévaler le fleuve. Les observateurs de glaces surveillent les mouvements du haut des airs, en hélicoptère, pendant que le Pierre-Radisson continue donc de dépecer les gros morceaux qui font route vers Québec. Un autre brise-glace, le Terry-Fox, a été appelé en renfort. Jeudi, il s'est mis en route, en provenance de Matane. 
Besoins immenses
Les besoins sont immenses actuellement, souligne la porte-parole de la Garde côtière, car le couvert de glace est épais partout sur le fleuve et dans le golfe. 
«On y va par priorité et c'est de contrôler les risques d'inondation», fait-elle remarquer. La création d'embâcles à la hauteur de Québec pourrait en effet avoir des conséquences importantes pour les riverains. Pascale Fortin qualifie la situation actuelle de «normale». Pour un bon hiver québécois, s'entend.