À Québec, les manifestatants ont bravé le froid pancarte à la main.

Marche pour le climat dans un froid polaire

Équipées de pancartes et de bons habits de neige, quelques centaines de personnes, petites et grandes, ont marché pour inciter les instances gouvernementales à adopter des mesures pour limiter le réchauffement climatique.

Si le froid en a découragé plus d’un à se déplacer pour l’occasion — plus de 2000 citoyens avaient signifié leur intérêt sur Facebook —, il a fourni des armes aux participants pour convaincre les climato-sceptiques qu’une telle température est une preuve du dérèglement planétaire.

Organisée dans 191 villes du monde, cette marche nommée Climate Alarm est une initiative du collectif Citoyens pour le Climat en marge de la conférence sur le climat (COP24) qui se déroule jusqu’au 14 décembre, en Pologne.

À Québec, ce mouvement a trouvé écho chez des regroupements, dont AmiEs de la Terre de Québec, Accès transports viables, La planète s’invite au parlement, Mouvement pour une ville zéro déchet et Transition Capitale-Nationale.

D’abord rassemblés devant l’Assemblée nationale, les participants se sont déplacés devant l’hôtel de ville où ils ont observé une minute de silence en écoutant une chanson de «lourde signification» : Ne tuons pas la beauté du monde. Ils ont par la suite entrepris de retourner devant le parlement.

«En état d’alerte»

Selon les organisateurs, tous les voyants sont au rouge et «on entre en état d’alerte». La démission du ministre de la Transition énergétique en France, Nicolas Hulot, a été un «électrochoc à travers le monde», tout comme l’avertissement lancé par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Il affirmait qu’il ne restait plus que deux ans pour modifier son comportement sans quoi les conséquences des changements climatiques s’amplifieraient et deviendraient irréversibles.

«On n’est pas sur la bonne voie», reconnaît Pierre Richard, conférencier formé par Al Gore.

Les organisateurs de la marche de Québec s’entendent pour dire que si les cibles de l’Accord de Paris ne sont pas en voie d’être atteintes, c’est «parce qu’on n’a pas fait notre job» et non parce que celles-ci étaient trop ambitieuses.

Le biologiste Jérémie Fuller déplore que la mentalité des gouvernements soit axée vers un «compromis entre environnement et économie». Il est possible de créer des emplois tout en protégeant l’environnement, dit-il.

Jeune et moins jeunes tenaient à se faire entendre samedi à Québec.

L’importance du Pacte

Questionné sur le poids d’une initiative comme le Pacte pour la transition écologique, Éric Dugal estime que «présentement tout est important».

«Ça a son importance. C’est un des outils pour sensibiliser les gens et il faut monter la masse critique de personnes qui vont être touchées par ça pour arriver à un point où là on va pouvoir commencer à faire changer les choses. Cette masse-là on ne l’a pas encore atteinte», explique le citoyen engagé.

Principalement, le groupe d’organisateurs réclame des gouvernements «qu’ils reconnaissent l’urgence climatique et l’accélération de la perte de la biodiversité», «qu’ils interdissent tout nouveau projet d’exploration ou d’exploitation des hydrocarbures» et «qu’ils développent un plan de lutte aux changements qui respectent les cibles du GIEC».

Ce groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU a publié en octobre dernier un rapport spécial sur la hausse des températures sur la planète. Le GIEC recommandait alors de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 45% d’ici 2030 et d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

La France marche aussi

En France, quelques dizaines de milliers de personnes ont participé à des marches pour le climat dans plusieurs villes, dont certains portaient des gilets jaunes, avec des slogans appelant à lutter dans un même élan contre l’urgence climatique et l’urgence sociale.

À Paris, plusieurs milliers de personnes ont pris la rue pour insister sur l'importance des enjeux climatiques.

Des marches étaient annoncées dans plus de 120 villes de l’Hexagone. À Paris, plusieurs milliers de personnes — 25 000 selon les organisateurs — dont certaines revêtues de gilets jaunes, ont rallié la place de la République dans une ambiance très familiale.

«Gilets jaunes, Gilets verts, on exprime la même colère», scandait la manifestation, partie de Nation, qui devait se poursuivre avec des prises de paroles et un concert place de la République, avec pour mot d’ordre fête et non-violence.

Comme dans d’autres villes, le parcours avait été changé pour l’éloigner des manifestations liées aux «gilets jaunes». Mais les organisateurs ont refusé de reporter la marche, comme le souhaitait le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, et certaines personnalités et organisations écologistes, comme Nicolas Hulot et le WWF.

C’est le jour choisi par le président américain Donald Trump pour critiquer une nouvelle fois l’accord de Paris sur le climat, estimant que le mouvement des «gilets jaunes» en France était la preuve que cet accord «ne marche pas» et affirmant, sans preuve, que des manifestants scandaient «Nous voulons Trump».  Avec AFP