Le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, est rentré de Madrid avec un goût doux-amer en bouche, à la suite de la COP25, la 25e Conférence annuelle sur les changements climatiques organisée par l’Organisation des Nations Unies.
Le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, est rentré de Madrid avec un goût doux-amer en bouche, à la suite de la COP25, la 25e Conférence annuelle sur les changements climatiques organisée par l’Organisation des Nations Unies.

Marché du carbone: la Nouvelle-Zélande pourrait se joindre au Québec et à la Californie

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
La Nouvelle-Zélande songe à se joindre au marché du carbone qui existe déjà entre le Québec et la Californie.

Le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, est rentré de Madrid avec un goût doux-amer en bouche. Et pas à cause des tapas.

La semaine dernière, dans la capitale de l’Espagne, M. Charette a participé à la COP25 (Conference of the Parties), la 25e Conférence annuelle sur les changements climatiques organisée par l’Organisation des Nations Unies (ONU).

«Du point de vue strictement gouvernemental québécois, on revient très enthousiaste compte tenu des avancées faites. Mais du point de vue international, on partage notre déception», a reconnu le ministre, lundi, joint au téléphone alors qu’il venait d’annoncer un projet de gaz naturel renouvelable produit par les agriculteurs de Warwick, près de Victoriaville.

«Le marché du carbone avec la Californie est déjà bien établi, mais on a eu une autre rencontre Californie–Nouvelle-Zélande–Québec pour voir si ce marché pourrait s’étendre éventuellement à la Nouvelle-Zélande», révèle M. Charette.

«Plusieurs autres États et mêmes provinces canadiennes ont sollicité des rencontres avec nous pour voir notre approche et comment on peut leur partager certains de nos procédés, comment on peut collaborer», a-t-il poursuivi, rappelant le partenariat signé sur place avec le Chili pour la mise sur pied d’un marché du carbone chilien.

Une rencontre avec deux ministres de l’Allemagne ouvre aussi la porte à une future collaboration «très prometteuse». «Un [des deux] devrait venir au Québec au cours des prochains mois avec différentes entreprises allemandes voir comment créer un maillage avec des entreprises québécoises spécialisées dans l’hydrogène et l’électrification», explique le ministre.

En plus d’un intérêt économique évident, M. Charette y voit une occasion de «diminuer notre propre bilan carbone». La prochaine rencontre, plus formelle, devrait se tenir début juin, à Mont­réal, dans la foulée de la grande foire internationale de la mobilité durable Movin’On.

Issue décevante

Côté moins brillant de la médaille, les délégués des quelque 200 pays représentés ont décidé de reporter à la COP de l’an prochain les pourparlers sur la réglementation des marchés du carbone, l’article 6 de l’Accord de Paris.

Le marché «du Québec et de la Californie répond aux plus hauts standards et notre souhait est que ces standards soient reconnus et partagés par les autres États, qu’ils participent à notre marché au pas. Ç’a été un article âprement discuté, mais il y avait des visions différentes», entre autres de la part du Brésil et de l’Australie.

Lui qui en était à sa première COP, puisqu’il a été nommé ministre en janvier, M. Charette espère maintenant que «la COP26, l’hiver prochain, à Glasgow», où sera aussi son patron et premier ministre François Legault, «nous permette d’aplanir les divergences.

«Je partage le constat des personnes qui sont déçues [de l’issue de la COP25]. Il y a énormément d’engagements pris par les pays et les États comme le Québec. Malheureusement, on se rapproche de l’échéancier de ces engagements et aucun n’a réussi à atteindre ses cibles.»

Le ministre québécois a aussi profité de son passage à Madrid pour rencontrer pour la première fois son nouvel homologue fédéral, Jonathan Wilkinson, tout juste nommé.

Quant aux États généraux sur les changements climatiques réclamés par le Parti libéral du Québec, le ministre Charette estime non seulement que la demande s’avère tardive, mais qu’une telle démarche ne serait «pas pertinente» et «contre-productive». 

«C’est à se demander où était le Parti libéral au cours des derniers mois, sinon des 15 dernières années! Au cours de l’automne, on a fait bien plus que des États généraux pour préparer le plan d’action 2020-2030 qu’on déposera en janvier. On a mis sur pied cinq comités de travail, qui nous ont remis leur rapport, et fait une tournée des régions où on a rencontré plus de 550 acteurs de tout acabit. Sans compter le comité interministériel et la consultation en ligne qui nous a permis de recevoir plus de 3000 commentaires», énumère le ministre.