Maquette du projet de terminal de conteneurs du Port de Québec, où pourraient transiter annuellement 500 000 boîtes.

Marché des conteneurs: pas d'arbitrage entre Québec et Montréal

Le gouvernement du Québec ne jouera pas à l’arbitre entre le Port de Québec et celui de Montréal, qui misent tous les deux sur le marché des conteneurs pour se développer et augmenter le trafic maritime sur le fleuve Saint-Laurent.

«Je n’ai pas l’intention d’aller mettre le doigt entre l’arbre et l’écorce. Ce que je veux, c’est une circulation maritime qui va nous permettre d’exporter davantage et de créer des emplois», dit le ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D’Amour.

Les libéraux ont réservé 1,5 million $ dans le récent budget provincial pour des études visant le développement des zones industrialo-portuaires et de pôles logistiques. Elles serviront à «établir les besoins en infrastructures et à évaluer les investissements requis».

Une somme supplémentaire d’un demi-million de dollars a également été mise de côté pour une étude sur «les perspectives de compétitivité et de croissance à long terme du transport international des marchandises sur le Saint-Laurent». Le document proposera une vision stratégique et une approche réseau avec l’objectif de rehausser la concurrence du Québec et de stimuler la prospérité. 

Cela alors que l’Administration portuaire de Québec (APQ) veut réinvestir le marché des conteneurs, après l’avoir délaissé pendant 40 ans. L’agrandissement de 17 hectares dans le secteur de la baie de Beauport est d’ailleurs destiné à un terminal de conteneurs où pourraient transiter annuellement 500 000 boîtes «équivalent 20 pieds». 

Pour justifier ce retournement, le président-directeur général du Port de Québec, Mario Girard, plaide sur toutes les tribunes que le Saint-Laurent perd du terrain au profit de la côte est américaine et qu’il faut des quais en eaux profondes pour accueillir les nouveaux porte-conteneurs de fort gabarit. Québec possède naturellement la profondeur nécessaire de 15 mètres. Montréal, qui est bloquée à 11,3 mètres, plaide plutôt le marché de niche et projette un nouvel agrandissement à Contrecoeur. 

«Favoriser le développement»

Le ministre D’Amour ne veut pas forcer de négociations ou de compromis entre les deux plus gros ports du Québec. «Je n’ai pas l’objectif de les forcer à quoi que ce soit. Ce que je veux, c’est leur donner, à chacun de ces ports, un outil qui va leur permettre de prendre les meilleures décisions qui soient. J’ai déjà indiqué au Port de Québec comme au Port de Montréal: tout ce qui crée de l’emploi, de l’activité dans le respect de l’environnement, on est d’accord», commente-t-il. 

«Je n’ai pas l’intention d’aller mettre le doigt entre l’arbre et l’écorce. Ce que je veux, c’est une circulation maritime qui va nous permettre d’exporter davantage et de créer des emplois», dit le ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D’Amour.

L’élu a hâte d’avoir accès à des données «big picture», neutres et fiables. «Si ça donne comme orientation que le Port de Québec a un bel avenir au niveau du conteneur — ce dont M. Girard est convaincu — bravo, moi je vais l’aider. Si ça amène Montréal à développer davantage aussi au niveau du conteneur, bravo, je vais aussi aider. Je ne veux pas contrôler le développement, je veux le favoriser», poursuit-il. 

Les fonctionnaires complètent actuellement le devis de l’étude de compétitivité, indique M. D’Amour. Un appel d’offres public devrait être publié d’ici quelques semaines pour trouver un consultant. Ce pourrait être une firme québécoise ou de l’extérieur. Le ministre aimerait avoir un rapport en main «idéalement» à l’automne. 

La semaine dernière, le grand patron du Port de Québec s’est réjoui de l’étude à venir. Selon Mario Girard, c’est par là que passent «les discussions sur le futur» du Saint-Laurent. Lui-même prône une collaboration entre les ports pour maximiser les retombées pour le Québec.