Un peu plus d'une centaine de personnes marchaient dans le Vieux-Québec vers 11h30.

Marche contre les OGM et Monsanto à Québec

Les militants en faveur de l'étiquetage des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans les aliments ont interpellé de nouveau le gouvernement du Québec, quelques jours à peine après le que fédéral ait dit non à un projet de loi qui allait en ce sens.
À l'occasion des marches citoyennes «Nous sommes plus forts que Monsanto», organisée à Québec par l'organisme AmiEs de la Terre, les quelque 150 manifestants réunis samedi ont une fois de plus demandé au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) d'étiqueter les produits alimentaires qui contiennent des OGM. 
«D'ici quelques mois, quelques années, on pourrait retrouver du saumon OGM sans le savoir dans les épiceries et les assiettes. Pour nous, c'est vraiment important que les gens sachent ce qu'ils mangent et qu'ils puissent être au courant de ce que c'est un OGM», a indiqué Estelle Richard, chargée du dossier agriculture et alimentation aux AmiEs de la Terre. Elle fait référence au cas récent d'un saumon génétiquement modifié approuvé pour alimentation humaine par Santé Canada et l'Agence canadienne d'inspection des aliments. 
Selon Jean-Pierre Guay, bénévole aux AmiEs de la Terre, les gens qui appuient l'étiquetage sont probablement ceux qui remettraient en question leur choix s'ils pouvaient décider entre deux produits similaires, dont l'un est génétiquement modifié. Une étude commandée par Santé Canada dont les résultats ont été connus en 2016 révélait que 78 % des Canadiens souhaitent l'étiquetage obligatoire des OGM dans les aliments. 
L'appel des militants pro-étiquetage s'inscrit dans le contexte où le gouvernement fédéral a récemment freiné l'élan lancé par le député néo-démocrate Pierre-Luc Dusseault qui tentait d'obliger l'étiquetage des OGM. Son projet de loi C-291, qui prévoyait des modifications à la Loi sur les aliments et drogues, a été rejeté en deuxième lecture à la Chambre des communes.
Glyphosate contesté
Les participants à la marche dénoncent aussi le lobby de la multinationale Monsanto auprès des gouvernements sur l'utilisation des pesticides, principalement le glyphosate. Selon Mme Richard, ce pesticide couramment utilisé par Monsanto «aurait de lourds impacts sur la santé humaine et l'environnement».
Le généticien André Comeau estime s'être fait mentir par les multinationales. Autrefois pro-OGM, il dénonce aujourd'hui que Santé Canada ait autorisé l'utilisation du glyphosate au pays pour les 15 prochaines années. 
L'agence fédérale a conclu, à la suite d'un réexamen, que l'utilisation du glyphosate «n'est pas génotoxique et il est peu probable qu'il présente un risque de cancer pour les humains», lit-on dans le résumé du rapport disponible sur le site Internet de Santé Canada. En 2015, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) avait établi que les produits contenant du glyphosate ne présentaient pas de risques inacceptables pour la santé humaine ou l'environnement lorsqu'ils sont utilisés conformément aux modes d'emploi révisés sur les étiquettes des produits», est-il écrit dans la décision de Santé Canada.
«Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a lui-même évoqué [l'utilisation croissante des pesticides] comme un problème et quelque chose d'alarmant sur lequel il fallait s'attarder. Pour l'instant, il n'y a pas de mesures qui ont été prises en ce sens», s'est désolée Mme Richard. Elle déplore que le gouvernement du Québec soit inactif sur cet aspect également.