Sur le coup de midi, le dimanche, l'apparition du pape à l'une des fenêtres du palais du Vatican permet de mieux prendre conscience des proportions gigantesques de Saint-Pierre de Rome.

Marcelle Mallet, la religieuse «vénérable»

Les fidèles peuvent maintenant prier publiquement la fondatrice de la congrégation des Soeurs de la Charité de Québec, Marcelle Mallet. Le Vatican vient de l'élever au rang de «vénérable».
«Ça fait longtemps qu'elle est sainte dans nos coeurs», se réjouit la supérieure générale, Carmelle Landry. «Nous sommes très, très, très heureuses de ça. Ça rejaillit sur les Soeurs de la Charité de Québec.»
La religieuse est d'autant plus aux anges que le dossier chemine... depuis 1978. «C'est très, très, très spécial parce que ça fait des années qu'on a commencé à travailler, parce que ce n'est pas facile pour la cause des saints, ce n'est pas simple.»
Mais lundi, à son réveil, Mme Landry a appris que leurs efforts ont porté leurs fruits par courriel envoyé depuis Rome. Le pape venait de reconnaître «l'héroïcité des vertus» de mère Mallet, sur la recommandation des théologiens et des cardinaux de la Congrégation pour la cause des saints.
Prières et miracle
Ancienne soeur grise de Montréal, Marcelle Mallet est débarquée à Québec en 1849 avec cinq collègues. Elles se sont installées près de la place D'Youville, où la communauté offre encore son soutien aux plus démunis, relate Anne-Marie Gagné, la religieuse qui porte sur ses épaules le dossier de la candidate à une éventuelle béatification, voire à une canonisation. Durant ses belles années, la congrégation a connu une expansion importante, installant des points de service de La Pocatière jusqu'en Amérique du Sud et au Japon.
Depuis lundi, il est donc permis d'ériger des statues représentant Marcelle Mallet, d'afficher sa photo dans les lieux de culte publics et de l'implorer de répondre à ses prières. Et si certaines des prières sont exaucées au point qu'un miracle se produise, peut-être que sa cause pourra gravir un échelon de plus vers la sanctification. «Ça prend un miracle reconnu par Rome. Ils sont assez exigeants sur les miracles. Exigeants et difficiles. On vit d'espérance», explique soeur Anne-Marie Gagné.
Comme de nombreuses communautés religieuses, les Soeurs de la Charité de Québec vieillissent. La congrégation qui compte moins de 400 membres a donc vendu plusieurs édifices. Aussi, elle a fait don de quelque 6500 objets au Musée de la civilisation en 2012.
Les religieuses s'occupent toujours de la soupe populaire et du comptoir vestimentaire fréquentés par 200 à 250 personnes chaque jour, sur l'avenue Honoré-Mercier. Elles prennent aussi soin des soeurs plus âgées, dont plusieurs rentrent de l'étranger à la fin de leur carrière.