Les élèves débuteront les classes lundi au Cégep de la Gaspésie et des Îles.
Les élèves débuteront les classes lundi au Cégep de la Gaspésie et des Îles.

«Manque de créativité» dénoncé pour la rentrée au Cégep de la Gaspésie et des Îles

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Alors que la rentrée collégiale bat son plein, plusieurs élèves et parents dénoncent le «manque de créativité» du Cégep de la Gaspésie et des Îles, qui a décidé de donner le minimum de classes en personne même s’il est situé dans une région peu touchée par le virus.

«Personne ne semble prendre en compte les impacts que ça va avoir sur la vie des étudiants», se désole Maéli Pagé, une étudiante du collège en deuxième année de sciences de la nature. Comme plusieurs autres, tous programmes confondus, elle craint que le format «hybride» proposé par le Cégep ne lui permette pas de vivre l’expérience à fond. «Nos parents disent que le cégep est l’une des périodes de notre vie ou nous sommes censés bâtir de belles amitiés. Visiblement, ça ne s’applique pas à nous», déplore Maéli. 

Si d’autres cégeps en région ont décidé d’opter pour la présence complète des étudiants, comme c’est le cas au Cégep de Baie-Comeau, l’administration du Cégep de la Gaspésie et des Îles a choisi la ligne dure, dès la mi-mai. «On ne peut pas changer de plan en cours de route, il faut une marge de manœuvre», note le directeur des études, Jean Gagné. 

Pas d’activités étudiantes pour la rentrée, pas (ou peu) d’activités d’intégration pour les nouveaux élèves et tous les cours en ligne, sauf pour les laboratoires. Pour un élève en sciences de la nature, cela représente plus ou moins deux matinées en classe par semaine. Les lieux publics tels que la cafétéria, l’agora ou encore la salle d’études seront fermés cette année et tous les services, sauf la travailleuse sociale, seront offerts de la maison. Les visites seront aussi interdites dans les résidences du collège, même s’il s’agit d’un autre étudiant du cégep habitant hors des résidences et il sera interdit de manger dans le cégep. 


« Nos parents disent que le cégep est l’une des périodes de notre vie ou nous sommes censés bâtir de belles amitiés. Visiblement, ça ne s’applique pas à nous »
Maéli Pagé

De son côté, l’Association étudiante du campus de Gaspé ne dénonce pas la décision, faute d’avoir les «connaissances requises» pour se positionner. On avance toutefois que le cégep a fait preuve d’une extrême prudence. «Ils sont très, très, très prudents, surtout si on se compare», lance l’adjointe au Conseil exécutif de l’association, Isabelle Faguy, qui travaillera toute l’année à la maison, le bureau de l’association étudiante étant fermé.

Lors de la présentation du plan pour la rentrée du gouvernement, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a dit souhaiter la «fréquentation la plus grande possible» en présence sur les campus. Selon la mère d’un des élèves, Danièle Whittom, le Cégep de la Gaspésie et des Îles devrait imiter d’autres institutions où plus de cours seront offerts en personne. «Si c’est le maximum d’heures [en personne] que le cégep peut offrir selon leur interprétation des directives, pourquoi est-ce que les cégeps qui ont réussi à faire beaucoup plus ne partagent pas leur recette ?», se demande-t-elle. «On est en zone froide, il doit y avoir quelque chose à faire», ajoute la mère. 

Espace restreint

Le cégep suit «à la lettre» les consignes gouvernementales, explique la conseillère en communication de l’établissement, Julie Lépine. «Le ministère a statué que tout ce qui peut se faire à la maison doit se faire à la maison», rappelle-t-elle. Elle rapporte aussi que le principal défi du collège est la grandeur de ses classes. «Les classes ici sont particulièrement petites, c’est vraiment ça le défi».

Le directeur des études du collège comprend que les étudiants puissent être insatisfaits de la façon dont se dérouleront les classes, mais explique que le cégep n’aurait pas pu procéder autrement. «On ne veut pas plus être catholiques que le pape, mais on a pas vraiment le choix, note Jean Gagné. C’est un problème physique, nos classes sont trop petites, plusieurs ne peuvent accueillir que sept ou huit élèves au lieu de vingt-quatre». Il rappelle aussi que toutes les décisions du cégep sont soumises à la santé publique régionale.

Les élèves débuteront les classes lundi au Cégep de la Gaspésie et des Îles.