Il semble que la ministre de la santé, Danielle McCann, privilégierait l’envoi d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en première ligne. Une solution qui satisferait le Comité de santé régional de Portneuf.

Manque criant de médecins dans Portneuf

Le manque de médecins de famille à Saint-Raymond et à Saint-Marc-des-Carrières pourrait laisser près de 13 000 patients orphelins d’ici moins de deux ans si le Département régional de médecine générale et le ministère de la Santé n’envoient pas de nouveaux bras dans ces secteurs.

Selon le Comité de santé régional de Portneuf mis sur pied il y a trois ans, sept médecins de Saint-Raymond et de Saint-Marc-des-Carrières ont annoncé vouloir prendre leur retraite cette année ou au plus tard l’an prochain.

L’un d’eux, qui pratique à Saint-Raymond, partira en mars, laissant 2800 patients orphelins. Avec le départ annoncé de trois autres médecins de Saint-Raymond d’ici un maximum de deux ans, ce sont 7900 patients du secteur qui risquent de se retrouver sans médecin de famille, calcule le Comité.

À Saint-Marc-des-Carrières, trois médecins ont aussi annoncé vouloir prendre leur retraite dans un avenir rapproché, ce qui laisserait entre 4000 et 5000 patients orphelins.

Dans le plan régional d’effectif médical 2020, la région de Portneuf-Nord Ouest n’a eu droit qu’à un seul nouveau médecin. Ensemble, les régions de Portneuf et de Charlevoix doivent se partager environ quatre nouveaux par année, nous dit-on. Cette année, Charlevoix-Est et Charlevoix-Ouest en ont eu trois, les besoins étant là aussi criants. Le Comité de santé régional de Portneuf espère que ce sera son tour en 2021.

Actuellement, les patients sans médecin de famille ou ceux dont le médecin ne travaille pas le soir et la fin de semaine doivent se rabattre sur l’urgence du CLSC de Saint-Marc-des-Carrières ou sur celle de l’Hôpital de Saint-Raymond, où il n’y a qu’un seul médecin de garde.

Si la région ne met pas la main rapidement sur de nouveaux médecins, les patients risquent de se bousculer davantage au portillon de ces deux urgences, où la majorité des visites (autour de 70 %, selon le Comité) ne sont pas des urgences.

Le porte-parole du Comité, Daniel Dion, rapporte que la ministre de la Santé, Danielle McCann, a été sensibilisée à la problématique de Portneuf Nord-Ouest lors de sa visite dans la région, en novembre. Il semble que la ministre privilégierait l’envoi d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en première ligne. Une solution qui satisferait le Comité de santé régional de Portneuf.

«On n’est pas des citoyens de seconde zone. Ce n’est pas normal de devoir faire 35 kilomètres pour voir un médecin. On a droit nous aussi à des services» de proximité, dit Daniel Dion.

Capitale-Nationale

Le Soleil a fait état au cours des derniers jours du manque criant de médecins dans la région de la Capitale-Nationale, où plusieurs médecins partent à la retraite ou quittent la prise en charge pour d’autres types de pratique, laissant orphelins des milliers de patients.

Le Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) ne cesse d’ailleurs de se remplir depuis deux ans dans la région, passant de 40 475 personnes en attente le 31 décembre 2017 à 73 415 deux ans plus tard. Près du tiers (26 342) de ces patients ont une cote de priorité urgente (A), pressante (B) ou prioritaire (C). Pour ces patients, le délai moyen d’attente était de 355 jours à la fin de l’année dernière, selon le ministère de la Santé. Pour les autres (D et E), il s’élevait à 506 jours.

On compte actuellement 1088 médecins de famille dans la Capitale-Nationale, selon la dernière compilation du Collège des médecins. L’Association des médecins omnipraticiens de Québec (AMOQ) calcule qu’il faudrait au moins 50 médecins de plus dans la région pour vider le GAMF. En moyenne, les médecins qui pratiquent à temps plein en première ligne suivent environ 1000 patients, selon l’AMOQ.

Découragés par l’interminable attente au GAMF (où les médecins n’ont aucune obligation de prendre leurs patients), plusieurs citoyens se tournent vers le privé, à en croire les nombreux commentaires reçus à la suite de nos reportages.

Selon les plus récentes données de la RAMQ, 339 omnipraticiens du Québec étaient désengagés ou non participants au régime public en janvier 2020, dont 34 dans la Capitale-Nationale. À titre de comparaison, au 22 mars 2012, 160 médecins de famille québécois avaient tourné le dos à l’État.