Loai Essabawi et sa femme Laila

Manif pour le peuple palestinien: une histoire d'amour et de séparation

Au beau milieu d'une manifestation d'appui au peuple palestinien, dimanche, se trouvait une histoire d'amour. Celle de Loai Essabawi et de sa femme Laila, longtemps séparés par les restrictions entre leurs colonies respectives.
Lui est né dans un camp de réfugiés au Liban, puis a grandi à Gaza; elle vient de la Cisjordanie.
Cela ne les a pas empêchés de se rencontrer il y a plus d'une quinzaine d'années, alors que Laila était en visite à Gaza. À l'époque, «il y avait des blocus mais c'était moins pire que maintenant», explique Loai Essabawi, volubile Canadien d'adoption.
L'homme de 32 ans affirme que la situation s'est aggravée depuis 2008, avec des contrôles plus arbitraires que jamais aux frontières. «C'est complètement impossible de se déplacer entre les deux colonies», dit-il. «Moi, je n'ai pas le droit de sortir de ma ville, elle n'a pas le droit de venir me voir. C'était extrêmement difficile.»
Internet a permis de maintenir leur relation pendant des années, avant que le couple décide de se marier en septembre dernier. Encore là, il était inimaginable de convoler dans l'une des deux colonies. «C'était quelque chose, parce qu'il fallait amener nos familles à l'étranger», relate-t-il.
C'est ainsi que les familles de Loai et Laila sont allées les rejoindre en Jordanie pour assister à leur union.
Loai Essabawi vit à Québec depuis maintenant sept ans, avec sa mère qui l'a rejoint récemment. Ne manquerait plus que Laila, qui semble considérer l'option. Elle est en visite dans la capitale depuis mars, mais elle devra repartir le mois prochain à l'expiration de son visa.
«Pour la justice»
Entre-temps, le couple a voulu montrer qu'il n'oubliait pas ses proches, coincés entre les bombardements d'Israël et ceux de radicaux palestiniens.
Les deux jeunes Palestiniens faisaient partie de la quarantaine de citoyens qui se sont joints à une marche pour dénoncer l'attitude d'Israël envers le peuple palestinien. Le rassemblement a débuté devant le parlement et s'est mis en marche jusqu'en basse ville en scandant «Israël terroriste, Canada complice».
«Si je suis là, c'est pour la justice, a tenu à partager Loai Essabawi. Tout le monde est capable de réagir. Même si on est au Canada, on peut toujours faire quelque chose, comme parler de la cause palestinienne pour sensibiliser tout le monde et boycotter les produits israéliens, parce qu'ils proviennent des colonies palestiniennes», a-t-il soutenu.