L'aéroport international Jean-Lesage évalue de 2 à 3 millions de dollars les coûts de réaménagement de sa zone de taxis.

Manif des taxis: campagne de peur, selon Uber

Alors que les taxis s'apprêtaient à prendre d'assaut les aéroports de Québec et de Montréal, vendredi, le directeur général d'Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a associé les manifestations répétitives à une campagne «de peur et d'intimidation».
«L'industrie du taxi essaie d'intimider le gouvernement, prend en otage la population et c'est inacceptable. Depuis le début du débat, à aucune occasion les taxis n'ont proposé de piste de solution pour permettre la coexistence» des deux modèles d'affaires, a dénoncé M. Guillemette en entrevue téléphonique au Soleil, après une conférence de presse tenue à Montréal.
Au contraire, il y a eu selon lui des agressions physiques à Montréal et du vandalisme à Québec contre des chauffeurs d'Uber.
«Le message qu'on envoie à la population, c'est: ne laissons pas le lobby du taxi protéger son monopole et influencer le gouvernement en sa faveur. Assurons-nous que le gouvernement réglemente dans une optique d'équité», a poursuivi le DG d'Uber.
Ce dernier n'a pas manqué de souligner l'ouverture des villes d'Ottawa et de Toronto, qui viennent de permettre le modèle d'Uber sous certaines conditions: inspections mécaniques, vérifications d'antécédents judiciaires, zones exclusives pour les taxis, montant fixe à payer par le siège social et ristournes imposées sur chaque course, entre autres.
Des balises qui pourraient servir d'inspiration au gouvernement du Québec, selon le patron local d'Uber. «On ne cherche pas la perfection, mais de continuer à opérer», résume-t-il, donnant l'exemple du site de location d'appartements privés Airbnb.
Beaucoup de temps
M. Guillemette a admis qu'il trouvait, à l'instar des taxis, que le gouvernement met beaucoup de temps à accoucher d'une proposition législative. Il espérait lui aussi le dépôt d'un projet de loi avant la fin mars, tel qu'annoncé initialement. «Ça fait deux ans qu'on demande à être réglementés, donc on a hâte que le gouvernement arrive à une conclusion», a-t-il lancé.
Le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT) n'a pas mis de temps à réagir. Leur communiqué de presse commence ainsi: «Fidèles à eux-mêmes et forts des milliards acquis illégalement, Jean-Nicolas Guillemette et Uber continuent leur exercice de désinformation.»
«Ça prend un front de boeuf pour mentir de manière aussi éhontée, en s'achetant des sondages et en insultant les élus du Québec», a déclaré Guy Chevrette, porte-parole du CPCDIT, faisant référence aux résultats d'un sondage voulant que les Québécois soient favorables à Uber.
Se portant à la défense des manifestants, M. Chevrette estime que «ce sont les bandits qui font la morale aux honnêtes travailleurs» actuellement.