Les tiques sont responsable de la transmission de la maladie de Lyme.

Maladie de Lyme: attention aux charlatans, avertit Barrette

Les personnes atteintes de la maladie de Lyme qui se sont déplacées à l’Assemblée nationale pour demander d’être mieux traitées se sont heurtées au ministre de la Santé Gaétan Barrette, qui s’est porté à la défense de «la qualité de la médecine au Québec».

Le ministre a servi une mise en garde aux patients qui sont tentés d’aller aux États-Unis pour se faire soigner. Car selon lui, les traitements qui leur sont offerts au sud de la frontière sont le fruit de charlatans, qui font de la publicité pour attirer une certaine clientèle.

«Les médecins américains, ils ne sont pas plus intelligents que les médecins québécois», a soutenu le ministre. M. Barrette a reconnu toutefois que le diagnostic de cette maladie était plus difficile à faire lorsqu’elle devient chronique. «Les présentations peuvent être très variables, très subtiles et tout à fait confondantes par rapport à d’autres maladies», mais «ce qui est flou ici est flou aussi aux États-Unis.»

Le nombre de personnes atteintes augmente au Québec, ayant passé de 144 en 2009 à 917 en 2015, selon les chiffres de Santé Canada. Le ministre Barrette a toutefois cherché à calmer le jeu. «N’alertons pas la population à une situation qui pourrait, en apparence, inquiéter les gens.»

La ministre déléguée à la Santé publique Lucie Charlebois a soutenu que le gouvernement «n’est pas sans rien faire» sur cette question, ayant mis en place un système de veille des patients atteints, qui sont situés en majorité dans le sud du Québec, dans les régions de la Montérégie, de l’Estrie ou de Chaudière-Appalaches, où la tique porteuse de la maladie de Lyme se fait de plus en plus présente. 

Climat toxique

Les patients atteints eux, n’hésitent pas à qualifier le climat entourant la maladie de Lyme de «toxique» au Québec. Marguerite Glazer, présidente de l’Association québécoise de la maladie de Lyme, soutient que des patients se font souvent «accuser d’exagérer des symptômes, de fabriquer leur souffrance», et doivent consulter 10 ou 20 médecins avant d’avoir accès à un traitement. «C’est honteux et franchement inhumain.»

Selon Mme Glazer, certains médecins «mènent une campagne de salissage» envers les membres de l’association, qui se retrouvent souvent cloués au lit en raison de leurs douleurs. 

«Cette maladie est mal comprise et mal prise en charge par le système de santé médical», soutient Mme Glazer, qui pointe aussi les tests sanguins québécois, qui sont «peu sensibles». 

Selon elle, les lignes directrices de traitement et de diagnostic pour la maladie de Lyme utilisées au Québec «datent de plus de 20 ans et sont désuètes et inadaptées».

Le Parti québécois, représenté par le député Sylvain Pagé, a déposé une pétition de 9000 noms demandant qu’on reconnaisse que la maladie de Lyme est «un problème urgent de santé publique» au Québec et qu’un plan d’action soit adopté. La motion à cet effet présentée par M. Pagé a été rejetée par le gouvernement.

+

AGENTS DE LA FAUNE EN DANGER

Le syndicat des agents de protection de la faune du Québec demande à ce que la maladie de Lyme soit reconnue comme une maladie professionnelle. Il soutient que ses travailleurs sont en contact étroit avec les animaux auxquels s’accroche la tique porteuse de la maladie. 

Rémy Fortin est venu raconter à l’Assemblée nationale qu’il est le cinquième agent infecté par la maladie de Lyme au Québec. Dans 9 mois, il devrait perdre son emploi, car il n’a plus la force physique de l’occuper. Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, a soutenu que son ministère offrait «un accompagnement personnalisé» à ceux qui souffrent de la maladie. 

«C’est préoccupant, parce qu’il faut protéger notre personnel. Je reconnais tout le travail qu’ils font et le niveau de risque», a-t-il assuré, ne pouvant toutefois s’avancer sur la reconnaissance par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) de cette maladie.